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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 13:13

Depuis le président de leur République jusqu’au dernier des députés, l’ensemble de la classe politique française participait le mois dernier à la traditionnelle cérémonie de soumission à Israël. Une autre antenne du Lobby avait préparé le dîner annuel du CRIF.

Retour sur un discret voyage effectué en Israël dans la dernière semaine du mois de janvier.

 

 

       Cette période de débats sur les conflits d’intérêts aurait pu conduire les mouvements jeunes de l’UMP, du PS, du Modem et du Parti radical de Jean-Louis Borloo à un minimum de prudence. Surtout s’agissant du dernier État colonialiste du monde, possédant illégalement des centaines de têtes nucléaires, violant quotidiennement de multiples résolutions de l’ONU et ayant connu – plus exactement imposé à ses ennemis – un état de guerre permanent depuis 65 ans.

       Il n’en a rien été : l’Union des étudiants juifs [en] France (UEJF) a pu promener à sa guise les futurs dirigeants politiques en France. Tous ont répondu à son appel, à commencer par Benjamin Lancar pour l’UMP (1) et François-Xavier Pénicaud, président "jeune" pour le le MODEM. Il ne nous a pas été possible de trouver les noms des participants des jeunes socialistes et radicaux.

 

 

 

http://img703.imageshack.us/img703/7410/programmevoyageisralpal.jpg

 

 

      Ces Jeunes démocrates (MODEM) lancent « un grand bravo à l’UEJF pour son travail et sa recherche d’objectivité » (1) et évoquent par ailleurs un programme « riche et équilibréentre Israël et Palestine » (2). Qui, d’ailleurs, soupçonnerait une association communautariste juive de subjectivité ?

       En fait d’« équilibre », le programme de l’UEJF est totalement voué à la défense et la promotion d’Israël : ainsi, sur les cinq jours dans les terres occupées par Israël, un seul (20% du temps) est consacré en Palestine.

 

http://img607.imageshack.us/img607/8868/emblemedelautoritepales.jpg      Le rapide passage auprès des populations occupées se limite de plus à un cadre très étroit. En Israël, les jeunes venus de France ont rencontré des députés, les dirigeants des mouvements jeunes des partis juifs, ont visité l’assemblée israélienne (la Knesset) ou encore la responsable internationale du Parti travailliste – sans oublier de nombreuses autres manifestations à fort contenu sioniste.

      Côté palestinien ? Seule une rencontre avec un « négociateur » était prévue ainsi qu’une courte visite à des étudiants et des jeunes du seul Fatah. Cela ne choque pas les jeunes socialistes, libéralistes et démocrates que l’UEJF refuse aux Palestiniens la pluralité démocratique et se fasse le promoteur d’un parti unique renommé pour sa corruption.

      C’est pourtant le Hamas qui a gagné les dernières élections législatives, avec 43% des voix, devant le Fatah, parti largement minoritaire dans le Conseil législatif de Palestine. Inconnus encore le FPLP et les divers mouvements représentés au Parlement de Palestine. Il faut encore préciser que le « négociateur » choisi par l’UEJF est en réalité surtout le secrétaire général du Fatah, le parti de toutes les compromissions avec Israël. Objectivité ?

 


      Une autre rencontre est prévue en Palestine qui illustre mieux encore les intentions de l’UEJF et la soumission des jeunes du MODEM, du PS et de l’UMP au sionisme. Le seul élu prévu au programme est Salim Jabar. Il n’est pourtant le maire que d’un petit village (moins de 6 000 habitants), près de Jérusalem. Ce choix s’explique aisément : Abou Gosh n’est pas n’importe quelle localité. Elle présente la particularité unique d’être composée essentiellement de membres d’une même famille qui n’est pas arabe mais originaire du Caucase (3). Cette famille et ce village possède une autre particularité tout à fait unique en Palestine : ils ont toujours eu des liens très forts avec les Juifs et n’ont jamais soutenu les Palestiniens. Ses habitants ont même joué un grand rôle pour la réussite du sionisme en Palestine (4).

      Le terme d’objectivité prend définitivement tout son sens.

 

 

      Le reste de la visite en Palestine se limitait à la visite du Centre culturel français de Naplouse (bâtiment de l’administration française) et à la rencontre d’une équipe de football... judéo-"arabe". Or, le côté "arabe" de cette équipe est celle d’Abou Gosh dont nous avons précédemment dit ce qu’il faut savoir sur l’attachement à la Palestine et sur les origines étrangères. Seul un passage dans un camp de concentration israélien a été prévu, où sont parqués plusieurs dizaines de milliers de personnes expulsées de leurs terres par Israël. C’est d’ailleurs la seule visite qui a fait réagir : les jeunes politiciens étant désappointé par la colère des habitants (5).

      Le programme côté juif est d’une toute autre teneur. Le premier jour, une conférence est donnée par Denis Charbit. Professeur à l’université de Tel Aviv, il était l’invité il y a quelques mois de la secte maçonnique juive B'nai B'rith, à Paris sur le thème « Israël à l'épreuve » (6) et a également participé au salon du livre du B’N’B. Ce militant sioniste, présenté comme "universitaire", a consacré de nombreux ouvrages au sionisme.

 

http://img96.imageshack.us/img96/9350/bnaibrith.jpg

L’emblème du B’naï B’rith, une partie de la secte maçonnique particulièrement ouverte : aucun non-juif
n’y est admis. Le logo transpire toute l’objectivité, la tolérance et la volonté pacifique de ses membres.

 

      « Une conférence du Professeur de sciences politiques Israélien Denis Charbit nous ont permis de nous familiariser aux causes de la situation actuelle » peut-on lire dans le communiqué de l’UMP.

      L’objectivité, toujours.

 

 

      Le jour suivant, c’est la traditionnelle cérémonie d’endoctrinement et de repentance à Yad Vashem.

 

      Objectivité, suite : après la "shoah", la colonisation : la visite d’après est consacrée à la colonie de Maale Adoumim. Cette colonie non plus n’a pas été choisie au hasard. Elle est au cœur des tensions entre les ultras-sionistes et la communauté internationale. L’entité sioniste tente par tous les moyens de la rattacher à Jérusalem (7). Y compris en instrumentalisant la visite de jeunes politiciens tous droits arrivés de France.

      C’est ensuite la rencontre d’un médecin Juif, de journalistes juifs, la découverte de Jérusalem by night ou encore la participation au "shabbat".

 

 

      Ce programme ultra-sioniste a été validé par tous. Les jeunes socialistes précisent même :

 

« Pour que ce voyage soit le plus équilibré possible [sic], nous avions posé plusieurs conditions, toutes acceptées, à notre participation, sur son financement, sur le programme et sur la possibilité pour nous d’avoir des temps en dehors de la délégation. »

 

      C’est ce que déclare Guillaume Renaud, le secrétaire national à l'international du mouvement des Jeunes socialistes. Le même précise à la fin de son article avant le voyage : « Vous trouverez sur le site des Jeunes Socialistes un récit quotidien de ce voyage ». Remord tardif ? Aucun compte-rendu n’a été publié par les JS.

      Aucune information n’a été rendue publique sur le financement du voyage.

 

      Le consulat général de France reprend lui-même les mensonges sur une prétendue « équité » du voyage de l’UEJF. Pire encore : à lire le compte-rendu du Consulat, ce sont mêmes les Palestiniens qui ont été au cœur de cette visite.

      Ce sont finalement les Jeunes populaires les moins hypocrites : dans un communiqué de presse, les moins vieux de l’UMP, précisent que « le programme inclura des rencontres avec des députés de toutes tendances et des membres du Gouvernement israélien, des Officiels de l’Autorité Palestinienne et des acteurs déterminants de la vie culturelle, associative et universitaire israélienne. » Les Palestiniens sont bien réduits à la portion congrue. C’est peut-être pourquoi les jeunes sarközystes ont préféré comme leurs camarades ne donner à cette visite quasiment aucune publicité.

 

 

http://img218.imageshack.us/img218/5827/programmevoyageisralequ.jpg

L’équilibre ?  en jaune les manifestations pour Israël, en vert, pour la Palestine

 


       Dans plusieurs contributions, notamment celle des jeunes démocrates il est question de la corruption en Palestine et du financement de l’autorité palestinienne par la France. Il n’y a pas un mot sur la mafia juive, sur la présence en Israël de condamnés dans les affaires dites du Sentier ni sur l’inculpation des deux fils de l’ancien premier ministre Ariel Sharon il y a quelques jours, rien sur les dizaines de milliards escroqués à la France, à l’Europe, aux États-Unis qui financent Israël. Ce qui préoccupe c’est « la dérive islamiste du Hamas ».


      Les Chrétiens de Palestine n
auront, eux, jamais été évoqués.

 

      Ces jeunes ont-ils été manipulés ? Il est difficile de parler de manipulation pour des gens qui militent pour les Jean-François Copé, les Sarközy, les Fabius et les Strauss-Kahn, les Jean-Luc Benhamias... Yad Vashem, Gilad Shalit : les occupants peuvent être rassurés : les jeunes politiciens du système sont les dignes héritiers de leurs anciens. Du CRIF à l’UEJF, les politiques en action en France savent à qui il faut rendre hommage.

 

« En guise de conclusions, nous avons à cœur de remercier plusieurs personnes. D’abord, Arielle Schwab, présidente de l’Union des Etudiants Juifs de France, Jonathan Hayoun, son vice-président, et tout le Bureau National de l’UEJF pour l’extraordinaire travail d’organisation qu’ils ont accompli et pour l’honnêteté de leur démarche»

 

signent Benjamin, Elise, Mahmoud, Samuel et Thomas pour l’UMP.

 

      La manipulation est totale ; des différents comptes-rendus, ne ressort aucune solution, aucune proposition, aucune idée. Les modérés avancent : « L’espoir doit être recherché chez les modérés et les pragmatiques des deux camps. [...] Enfin, il faut espérer que les pays arabes voisins, qui sont à l’aube de changements politiques majeurs (comme l’Egypte ces jours-ci), iront vers la démocratie et donc la paix plutôt que vers l’islamisme et la radicalisation. »


        La radicalisation, la révolte, l’honneur : voilà les ennemis de ceux qui rêvent d’une humanité de consommateurs et de citoyens dociles et manipulés.

 

 

 

Liens

 

-Présentation du voyage par un responsable socialiste : <guillaumerenaud.wordpress.com>

-Annonce du voyage par Benjamin Lancar : <www.benjamin-lancar.fr>

-Compte-rendu du voyage sur le site des jeunes UMP : <www.jeunesump.fr/>

-Présentation du voyage pour le MODEM : <www.adrien-debever.com>

-Compte-rendu du voyage pour le MODEM : <www.adrien-debever.com>

-Abu Ghosh sur Wikipedia (en) : <en.wikipedia.org>

-Abu Ghosh sur Wikipedia (fr) : <fr.wikipedia.org>

 

 


1. Retour aux sources : la délégation de l’UMP était composée notamment de Benjamin Lancar, Samuel Laufer « Responsable des affaires international [rigoureusement sic] auprès du bureau national » et Mahmoud Tall, « délégué national à la culture et à la diversité ».

Leur compte rendu est édifiant et la première photo donne le ton : elle montre leur compassion à l’égard du soldat Gilad Shalit, membre d’une armée criminelle à papier français, arrêté en territoire ennemi il y a plusieurs années.

2. Compte-rendu du voyage pour le MODEM sur le site d’Adrien Debever.

3. Cité dans la présentation du voyage pour le MODEM sur le site d’Adrien Debever.

4. « La famille Abou-Gosh fut une famille musulmane originaire du Caucase. On estime que 98% de la population musulmanede Abou-Gosh est descendante de cette famille » (Wikipedia)

5. « Abu Ghosh is known for its good relations with the State of Israel and welcoming attitude toward Israelis » (Wikipedia)

6. En terme d’objectivité, l’UMP bat tous les records : le court passage consacré à la visite du camp se finit finalement en lamentations sur le sort des Israéliens :

 

« Nous nous sommes également intéressés aux conditions de vie et aux climats sociaux qui règnent en Israël et en Cisjordanie.Nous avons à ce titre tous été très frappés, voire même atterrés par les conditions de vie terribles des Palestiniens du camp de réfugiés de Balata, à proximité de Naplouse : pauvreté, coupures d’électricités, saleté, promiscuité et état de dégradation des bâtiments poussent la population du camp vers une grande colère envers les Israéliens, mais aussi envers les dirigeants de l’Autorité Palestinienne. Le récit d’Henri Cohen-Solal, président de l’association israélienne Beït Ham, qui accueille dans des maisons d’éducations les jeunes israéliens laissés pour compte nous a fait prendre conscience du niveau de paupérisation inattendu d’une partie de la population israélienne (20% vivant sous le seuil de pauvreté), alors qu’Israël est membre de l’OCDE. »

 

7. « Interviewé par Eric Halimi, Denis Charbit a analysé, avec brio, la situation d'Israël et les perspectives à venir » etc. sur le site du B’naï B’rith.

8. Pour seul exemple, l’ultra-sioniste JSS titre : « Maale Adumim n'est pas une colonie c'est Jérusalem »

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Published by Marie Mansard et Eric Adelofz - dans Occupation (1)
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LG 09/03/2011 15:13



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