A tous points de vue, ces élections ne pouvaient être pire, pour nous. La (maigre) consolation est que nous le savions, même si pour de
nombreux camarades la pilule est, une fois encore, dure à avaler. Tous ne se satisfont pas de belles postures intellectuelles ni de vivre éternellement au milieu des ruines… L’assurance préalable
de la défaite n’empêchera pas, encore une fois, un certain nombre de militants d’abandonner définitivement le combat politique.
Ceux qui voulaient, pour les meilleures comme pour les plus misérables raisons, la mort du Front en seront pour leurs frais. Notre front est peut-être mort. Celui de Marine est plus
vivant que jamais. De voir tous ces "nationalistes" sauter sur leurs chaises comme des cabris en répétant « le Front est mort, le Front est mort, le Front est mort » ne cessera jamais de
m’étonner. Comment croire une seconde que ce qu’ils n’ont pas su, voulu ou pu faire au sein du Front, ils le feront ailleurs, et en mieux ? Et si ce n’était quelques questions de personnes et de
places la réponse serait évidente.
Brillant Sarközy qui aura réussit à faire réélire par les Français une assemblée sortante dont personne ne voulait plus pour mener une politique de rupture – avec combien ? 80% de député sortants
réélus ? . Brillante Marine qui sera parvenu à faire de l’aile dure du mouvement national son meilleure allié… pour détruire l’aile dure du mouvement national.
FN laminé, MNR agonisant (qui pourrait perdre toutes ses subventions de l’Etat), Gollnisch (9%), Bompard, Lang, Mégret, Martinelli, Lehideux (3% !), Martinez, éliminés, identitaires invisibles,
groupuscules savoyards et autres balayés : voilà le bilan de la soirée.
L’abstention a touché en premier lieu, et comme d’habitude, les électeurs les moins politisés du Front national. Et l’abstention a battu hier son taux record pour un premier tour des
législatives…
Cerise sur le gâteau : Rachida Dati se réjouissant sur le plateau de TF1 de la disparition de l’extrême droite. Car loin des préoccupations identitaro-centrée, la seule leçon du jour c’est que
pour beaucoup de gens, l’« extrême droite » sous toute ses formes a été éradiquée ou réduite à presque rien.
La marche forcée vers la bipolarisation, amorcée en 2002 semble s’achever en 2007. Si la droite nationale ne pèse plus grand-chose, le constat est le même pour l’ensemble des petits partis.
L’UDF-MODEM s’effondre totalement ; le PCF ne survit toujours que par la volonté socialiste ; les Verts sont à 3% ; l’extrême gauche trotzkyste n’aura pas plus d’existence parlementaire
qu'hier.
Félicitons Nicolas Sarközy qui a réussi avec brio son hold-up.
Il y aurait une raison de se réjouir : si tous ceux qui cherchent depuis 10 ans la mort du Front avait été capables de proposer autre chose. Hélas… qu’ont-ils fait de ces 10 ans (dix années…) de
scission ?
Sarközy n’est qu’un mondialiste métisseur, partisan de la discrimination négative, aussi libéraliste en mœurs et en économie que dictatorial en politique. Et ce n’est pas ce que les Français
attendent. Elu sur un programme - pas un électeur sur mille n'a lu - contraire, voilà notre espoir. Parce que le socialisme et la gauche sont
largement rejeté par le pays ; parce que c'est sur l'idéal Travail-(Famille)-Patrie que le rentier divorcé-trompé cosmopolite a été élu.
Alors oui
: il reste toujours cette espérance démocratique, parce que nous sommes incapables de rien d’autres que de belles paroles. Au mieux….
Notre Front reste aujourd’hui le seul lieu de cet espoir pour nous.bug_fck
François Dufossé, candidat dans la deuxième circonscription de St Etienne : «Quatre individus, de type punk, ont alors surgi. Ils
ont dit: sales fachos, on va vous tuer. Je me suis réfugié dans ma voiture. Ils ont jeté le pot de colle sur le pare-brise, qui a éclaté, et donné des coups de pied dans la carrosserie. J’étais
tétanisé, je n’ai pas réussi à démarrer. Je me suis dit: ils vont retourner la voiture ou y mettre le feu. Je suis alors ressorti pour m’enfuir à pied. C’est là que j’ai pris un coup de poing et
un coup de ceinture (…) Physiquement ça va mais le traumatisme est là. J’ai vu ma dernière heure arriver».
Charles Perrot, le secrétaire départemental du Front national: «Ce n’est pas la première fois que des militants du parti sont pris pour cible. Mais cette fois, c’est le
point culminant. On en a marre. Je vais écrire au préfet pour que la loi soit respectée. Car si nous ne pouvons plus exprimer nos idées sur les panneaux électoraux, nous ne bénéficions plus du
traitement d’égalité avec les autres candidats, et le libre exercice de la démocratie n’est pas respecté».
[Source : Le Progrès, 5 juin 2007]
Le numéro 2 du Front national, Bruno Gollnisch, était l'invité de I-Télévision/ France Info ce soir.
Voici la fin de son intervention :
«Le nouveau président [Nicolas Sarközy] semble déjà oublier qu'il a été élu par la droite» déclarait il y a peu Philippe De Villiers, ne
voyant vraisemblablement aucun inconvénient à conclure avec lui un accord politicien. De Villiers sera candidat de la « majorité présidentielle », et aucun candidat UMP ne sera présent contre
lui. Les deux autres députés sortants du département du MPF (UMPF ?) bénéficieront du même accord.
A Nice, Jérôme Rivière, trahi et abandonné par l’UMP, toute honte bue, se présentera lui comme « député de la majorité ».
Même attitude indigne du côté de Nicolas Dupont-Aignan, qui se renie pour un siège à l’Assemblée. Alors qu’il avait de lui-même quitté l’UMP au début de l’année, dénonçant les pratiques de son
ancien parti, le dirigeant du fantomatique mouvement Debout la République a quémandé – et obtenu – l’étiquette « majorité présidentielle ».
Cela suffira-t-il à ouvrir les yeux des électeurs trompés par le MPF et de ceux qui, dans notre propre camp, continuent à privilégier une attitude d'intégration au système, stratégie nous ayant
conduit de près de 20% a à peine plus de 10% ?
Un sondage amusant, réalisé par l’IFOP révèle que 55% des sondés disent ne pas même connaître le nom de leur député. Les mêmes sondés affirment pourtant à 81% que leur député – qu’ils affirment
ne pas connaître – est compétent, à 79% qu’il défend bien les intérêts de sa circonscription, 78% qu’il est dynamique et 73% qu’il est à l’écoute et présent sur le terrain…
Et dire que les sondés sont aussi des électeurs…
Ce soir sur France 3 à partir de 20 h 55 le documentaire de Serge Moati réalisé auprès des 4 principaux candidats à l'élection présidentielles.
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