Dimanche 6 juillet 2008





        «Essayez de vous représenter un homme d'action, une espèce d'explorateur en partance. La force de sa parole a suscité quelques enthousiastes qui ont décidé de le suivre. Le commencement du voyage est un triomphe. Pluie de fleurs, acclamations, délire de la multitude. Dans les villes et dans les villages on pavoise, on illumine, on régale les audacieux. Les campagnes même sont en ribote sur leur passage.

        Pourtant l'allégresse diminue bientôt. On entre dans des pays nouveaux qui ne savent rien, qui ne comprennent rien et qui s'en fichent. Quelquefois aussi les voyageurs excitent la défiance. Le désir passionné du OUI ou du NON évangéliques, exclusifs de toute autre forme du discours, n'est certes pas une recommandation. Insensiblement les victuailles et les vins fins sont remplacés par les épluchures, et le contenu de spots de chambre succède aux fleurs.

        L'enthousiasme des compagnons est déjà tout à fait éteint. Plusieurs se sont éloignés sous divers prétextes et ne sont pas revenus. Les rares fidèles, à leur tour, cherchent le moyen de fuir, sans trop de déshonorer. On n'avait pas prévu qu'il y aurait à souffrir.

        Toutefois on se résigne encore par pudeur ou par orgueil. Aussi longtemps qu'il y aura des habitations humaines et des hommes bons ou mauvais, avec un peu d'énergie, le voyage pourra être supporté.

        Mais voici que les unes et les autres se clairsèment. On entre dans le désert, dans la solitude. Voici le Froid, les Ténébres, la Faim, la Soif, la Fatigue immense, la tristesse épouvantable, l'Agonie, la Sueur de sang...

        Le téméraire cherche ses compagnons. Il comprend alors que c'est le bon plaisir de Dieu qu'il soit seul parmi les tourments et il va dans l'immensité noire, portant devant lui son coeur comme un flambeau.
»

 




 

Léon Bloy, L'Invendable (1909)





 




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Jeudi 12 juin 2008





« Bien qu'officiellement dissoute, la franc-maçonnerie se tiendrait dans les coulisses de toute cette affaire [le renversement de Mussolini par Badoglio]. Dans l'ombre, elle chercherait maintenant à se venger de Mussolini et à porter, à l'échelle mondiale, l'estocade à la conception autoritaire de l'Etat. »

 




 

Docteur Joseph Goebbels      
Journal (expurgé par la propagande ennemie)      
27 juillet 1943      





 




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Vendredi 22 février 2008





« Il faut ajouter que, dans l'occident, nous comprenons aussi le judaïsme, qui n'a jamais exercé d'influence que de ce coté là, et dont l'action n'a même peut-être pas été étrangère à la formation de la pensée moderne et, précisément, le rôle prépondérant joué dans le bolchevisme par les éléments israélites est pour les orientaux, et surtout pour les musulmans, un grave motif de se méfier et de se tenir a l'écart. Nous ne parlons pas de quelques agitateurs du type "jeune turc" qui sont foncièrement anti-musulmans souvent aussi israélites d'origine.
Nous ne voudrions pas formuler ici une appréciation quelconque sur le bolchevisme. Mais ce qu'il y a de certain c'est que ce mouvement est nettement antitraditionnel donc entièrement moderne et occidental.
 »

 




 

René Guénon Guénon,        
Orient et Occident.       





 



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Mardi 27 novembre 2007





«Au final, on nous dit que la France a perdu la guerre d’Algérie. Quel scoop ! Il suffit de regarder les rues de nos villes pour savoir qui l’a gagnée cette guerre !»

 




Dominique Venner,
Nouvelle revue d'histoire, 2007.

 








France Algérienne

Des Français supportant leur équipe


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Vendredi 30 mars 2007





«L’illusion de notre jeunesse fut de penser que la décentralisation et la fédération pourraient être obtenues en France par en bas, par l’initiative des groupes, et avant la restauration du pouvoir central. L’expérience m’a fait comprendre que nos groupes naturels sont trop désorganisés, trop faibles, trop flottants pour n’être pas maintenus indéfiniment dans leur état présent d’inorganisation, par tout gouvernement qui y a intérêt, c’est-à-dire par tout gouvernement électif. Toutes les fois qu’un groupe s’organisera sérieusement , il devra s’appuyer sur des idées absolument révolutionnaires, afin de pouvoir repousser et exclure dans tous les cas toute ingérence de l’Etat : ce groupe devra donc s’orienter dans une direction anarchiste et antinationale ; au lieu de fortifier la patrie par le réveil des groupes locaux, il a la diminuera par des tentatives de scission, d’ailleurs puériles, sottes et sans aucun profit pour ces groupes eux-mêmes. Ce mouvement organisateur aboutira donc, en fait, à des destructions. Nous l’avons vu, nous le verrons de plus en plus. J’en ai conclu qu’il faut commencer par en haut.»

 




Charles Maurras,
Action française mensuelle, 1904.

 








Charles Maurras à son bureau












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Vendredi 16 février 2007





« Au fond de toute lutte politique, il y a une bataille pour la culture. »

 




Onésimo Redondo.

 



















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Mercredi 7 février 2007





« Il peut y avoir sur un territoire des périodes où la nationalité semble abolie. Qu'importe, si elle a subsisté dans un certain nombre de cerveaux. »

 




Maurice Barrès, Discours du 7 février 1901,

lors du second dîner de l'Appel au soldat.

 



















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Jeudi 1 février 2007





« Lorsque les Etats occidentaux modernes se sont constitués, ils ont proclamé le principe suivant : le gouvernement doit être au service de l’homme, et l’homme vit sur cette terre pour jouir de la liberté et chercher le bonheur (cf. par exemple la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis). Or, voici qu’au cours des dernières décennies le progrès technique et le progrès social ont enfin permis de réaliser ce rêve : un Etat assurant le bien-être général. Chaque citoyen a reçu la liberté tant désirée, en même temps que la quantité et la qualité de biens matériels qui auraient dû assurer son bonheur – du moins selon la conception à bon marché qu’on s’en était forgée au cours des mêmes décennies. (En négligeant seulement un petit détail psychologique : le désir constant d’avoir toujours plus, toujours mieux, et la lutte serrée qu’il entraîne impriment sur beaucoup de visages occidentaux la marque de la préoccupation et même de l’accablement, en dépit de l’usage qui commande qu’on dissimule soigneusement des expressions comme celles-là. Cette concurrence active et serrée mobilise toutes les pensées de l’individu, bien loin de favoriser son libre développement spirituel.) Chacun se voit assurer l’indépendance par rapport à de nombreuses formes de pression étatique, la majorité dispose d’un confort dont nos pères et nos grands-pères n’avaient aucune idée, on peut désormais élever la jeunesse dans l’esprit des nouveaux idéaux, en l’appelant à l’épanouissement physique et au bonheur, de l’argent, des loisirs, en l’habituant à une liberté de jouissance presque sans limites – alors dites-moi au nom de quoi, dites-moi dans quel but certains devraient s’arracher à tout cela et risque leur précieuse vie pour la défense du bien commun, surtout dans le cas brumeux où c’est encore dans un pays éloigné qu’il faut aller combattre pour la sécurité de son peuple ?

Même la biologie sait cela: il n’est pas bon d’être habitué à un trop grand bien-être. Aujourd’hui, c’est de la vie de la société occidentale que le bien-être a commencé de soulever son masque funeste
»

 




Alexandre Soljénitsyune, Le Déclin du Courage. Discours de Harvard, 1978.

 



















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Mardi 30 janvier 2007





« Le déclin du courage est peut-être ce qui frappe le plus un regard étranger dans l’Occident d’aujourd’hui. Le courage civique a déserté non seulement le monde occidental dans son ensemble, mais même chacun des pays qui le composent, chacun de ses gouvernements, chacun de ses partis, ainsi que, bien entendu, l’Organisation des Nations Unies. Ce déclin du courage est particulièrement sensible dans la couche dirigeante et dans la couche intellectuelle dominante, d’où l’impression que le courage a déserté la société tout entière. Bien sûr, il y a encore beaucoup de courage individuel, mais ce ne sont pas ces gens-là qui donnent sa direction à la vie de la société. Les fonctionnaires politiques et intellectuels manifestent ce déclin, cette faiblesse, cette irrésolution dans leurs actes, dans leurs discours, et plus encore dans les considérations théoriques qu’ils fournissent complaisamment pour prouver que cette manière d’agir, qui fonde la politique d’un État sur la lâcheté et la servilité, est pragmatique, rationnelle et justifiée, à quelque hauteur intellectuelle et même morale qu’on se place. Ce déclin du courage, qui semble aller ici ou là jusqu’à la perte de toute trace de virilité, se trouve souligné avec une ironie particulière dans les cas où les mêmes fonctionnaires sont pris d’un accès subit de vaillance et d’intransigeance – à l’égard de gouvernements sans force, de pays faibles que personne ne soutient ou de courants condamnés par tous et manifestement hors d’état de rendre un seul coup. Alors que leur langue sèche et que leurs mains se paralysent face aux gouvernements puissants et aux forces menaçantes, face aux agresseurs et à l’Internationale de la terreur.

Faut-il rappeler que le déclin du courage a toujours été considéré comme le signe avant-coureur de la fin? »


 




Alexandre Soljénitsyune, Le Déclin du Courage. Discours de Harvard, 1978.

 



















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Samedi 6 janvier 2007





« – Je me demande ce que vous avez dans les veines aujourd’hui, vous autres jeunes prêtres ! De mon temps, on formait des hommes d’église – ne froncez pas les sourcils, vous me donnez envie de vous calotter – oui, des hommes d’Église, prenez le mot comme vous voudrez, des chefs de paroisse, des maîtres, quoi, des hommes de gouvernement. Ça vous tenait un pays, ces gens-là, rien qu’en haussant le menton. Oh ! je sais ce que vous allez me dire : ils mangeaient bien, buvaient de même, et ne crachaient pas sur les cartes. D’accord ! Quand on prend convenablement son travail, on le fait vite et bien, il vous reste des loisirs et c’est tant mieux pour tout le monde. Maintenant les séminaires nous envoient des enfants de chœur, des petits va-nu-pieds qui s’imaginent travailler plus que personne parce qu’ils ne viennent à bout de rien. Ça pleurniche au lieu de commander. Ça lit des tas de livres et ça n’a jamais été fichu de comprendre – de comprendre, vous m’entendez ! – la parabole de l’Époux et de l’Épouse. Qu’est-ce que c’est qu’une épouse, mon garçon, une vraie femme, telle qu’un homme peut souhaiter d’en trouver une s’il est assez bête pour ne pas suivre le conseil de saint Paul ? Ne répondez pas, vous diriez des bêtises ! Hé bien, c’est une gaillarde dure à la besogne, mais qui fait la part des choses, et sait que tout sera toujours à recommencer jusqu’au bout. La Sainte Église aura beau se donner du mal, elle ne changera pas ce pauvre monde en reposoir de la Fête-Dieu. J’avais jadis – je vous parle de mon ancienne paroisse – une sacristaine épatante, une bonne sœur de Bruges sécularisée en 1908, un brave cœur. Les huit premiers jours, astique que j’astique, la maison du bon Dieu s’était mise à reluire comme un parloir de couvent, je ne la reconnaissais plus, parole d’honneur ! Nous étions à l’époque de la moisson, faut dire, il ne venait pas un chat, et la satanée petite vieille exigeait que je retirasse mes chaussures – moi qui ai horreur des pantoufles ! Je crois même qu’elle les avait payées de sa poche. Chaque matin, bien entendu, elle trouvait une nouvelle couche de poussière sur les bancs, un ou deux champignons tout neufs sur le tapis de chœur, et des toiles d’araignées – ah, mon petit ! des toiles d’araignées de quoi faire un trousseau de mariée.
« Je me disais : Astique toujours, ma fille, tu verras dimanche. Et le dimanche est venu. Oh ! un dimanche comme les autres, pas de fête carillonnée, la clientèle ordinaire, quoi. Misère ! Enfin, à minuit, elle cirait et frottait encore, à la chandelle. Et quelques semaines plus tard, pour la Toussaint, une mission à tout casser, prêchée par deux Pères rédemptoristes, deux gaillards. La malheureuse passait ses nuits à quatre pattes entre son seau et sa vassingue – arrose que j’arrose – tellement que la mousse commençait de grimper le long des colonnes, l’herbe poussait dans les joints des dalles. Pas moyen de la raisonner, la bonne sœur ! Si je l’avais écoutée, j’aurais fichu tout mon monde à la porte pour que le bon Dieu ait les pieds au sec, voyez-vous ça ? Je lui disais : « Vous me ruinerez en potions » – car elle toussait, pauvre vieille ! Elle a fini par se mettre au lit avec une crise de rhumatisme articulaire, le cœur a flanché et, plouf ! voilà ma bonne sœur devant saint Pierre. En un sens, c’est une martyre, on ne peut pas soutenir le contraire. Son tort, ça n’a pas été de combattre la saleté, bien sûr, mais d’avoir voulu l’anéantir, comme si c’était possible. Une paroisse, c’est sale, forcément. Une chrétienté, c’est encore plus sale. Attendez le grand jour du Jugement, vous verrez ce que les anges auront à retirer des plus saints monastères, par pelletées – quelle vidange ! Alors, mon petit, ça prouve que l’Église doit être une solide ménagère, solide et raisonnable. Ma bonne sœur n’était pas une vraie femme de ménage : une vraie femme de ménage sait qu’une maison n’est pas un reliquaire. Tout ça, ce sont des idées de poète. »

Je l’attendais là. Tandis qu’il rebourrait sa pipe, j’ai maladroitement essayé de lui faire comprendre que l’exemple n’était peut-être pas très bien choisi, que cette religieuse morte à la peine n’avait rien de commun avec les « enfants de chœur », les « va-nu-pieds » qui « pleurnichent au lieu de commander ». 

– Détrompe-toi, m’a-t-il dit sans douceur. L’illusion est la même. Seulement les va-nu-pieds n’ont pas la persévérance de ma bonne sœur, voilà tout. Au premier essai, sous prétexte que l’expérience du ministère dément leur petite jugeote, ils lâchent tout. Ce sont des museaux à confitures. Pas plus qu’un homme, une chrétienté ne se nourrit de confitures. Le bon Dieu n’a pas écrit que nous étions le miel de la terre, mon garçon, mais le sel. Or, notre pauvre monde ressemble au vieux père Job sur son fumier, plein de plaies et d’ulcères. Du sel sur une peau à vif, ça brûle. Mais ça empêche aussi de pourrir. Avec l’idée d’exterminer le diable, votre autre marotte est d’être aimés, aimés pour vous-mêmes, s’entend. Un vrai prêtre n’est jamais aimé, retiens ça. Et veux-tu que je te dise ? L’Église s’en moque que vous soyez aimés, mon garçon. Soyez d’abord respectés, obéis. L’Église a besoin d’ordre. Faites de l’ordre à longueur du jour. Faites de l’ordre en pensant que le désordre va l’emporter encore le lendemain parce qu’il est justement dans l’ordre, hélas ! que la nuit fiche en l’air votre travail de la veille – la nuit appartient au diable. »


 




Georges Bernanos, Journal d'un curé de campagne.

 



















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Vendredi 22 décembre 2006





« Je le regardais avec méfiance, tâchant de peser la part de la lâcheté, de l’égoïsme brut. Il sentait mon regard, mais il ne s’en souciait pas ; il y eut toujours au fond de son œil une sorte de sourire incœrcible ; mais aucune forfanterie : il se connaissait et s’admettait largement, sans plus.
Enfin, je repris l’attaque.
- Mais si la fatalité de l’Europe, c’est d’être divisée en patries ? Il faut accepter la fatalité de ce qu’on aime. Si la fatalité de l’Europe est de finir dans un brasier ?..
- Qu’est-ce que c’est que cette assimilation des sentiments pour quelque chose de collectif aux sentiments qu’on peut avoir pour des personnes ? Certes, je puis supporter les défauts, les vices, les tares d’une femme parce que je l’aime : pourquoi en ferais-je autant pour un pays ?
- Il vous faut un pays comme il vous faut une femme.
- Mon pays se trouve là où ma vie est sauve.
- La forme fatale d’une société, c’est d’être une patrie, plus ou moins large. Un civilisé montre son amour de la civilisation en adhérant à tout le contenu de cette proposition, en adhérant à l’état de guerre permanent.. Si l’on accepte la patrie, on accepte la guerre. Car point de patrie sans guerre et pas de guerre sans patrie. Qui aime la patrie aime la guerre.
Je pleurais au fond de moi-même en m’écoutant parler. Toutefois, tel est le cul-de-sac où je vois l’Europe : les patriotes mourront au fond d’une cave. »


 




Pierre Drieu La Rochelle, La Comédie de Charleroi.

 



















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Vendredi 15 décembre 2006





« Le bourgeoisisme lui-même, en tant qu'état humain qui subsiste à perpétuité, n'est pas autre chose qu'une aspiration à la moyenne entre les innombrables extrêmes et antipodes de l'humanité. Prenons pour exemple une de ces paires de contrastes telle que le saint et le débauché, et notre comparaison deviendra immédiatement intelligible. L'homme a la possibilité de s'abandonner entièrement à l'esprit, à la tentative de pénétration du divin, à l'idéal de la sainteté. Il a également la possibilité inverse de s'abandonner entièrement à la vie de l'instinct, aux convoitises de ses sens, et de concentrer tout son désir sur le gain de la jouissance immédiate. La première voie mène à la sainteté, au martyre de l'esprit, à l'absorption en Dieu. La seconde mène à la débauche, au martyre des sens, à l'absorption en la putrescence. Le bourgeois, lui, cherche à garder le milieu modéré entre ces deux extrêmes. Jamais il ne s'absorbera, de s'abandonnera  ni à la luxure ni à l'ascétisme ; jamais il de sera un martyr, jamais il ne consentira à son abolition : son idéal, tout opposé, est la conservation du moi ; il n'aspire ni à la sainteté, ni à son contraire, il ne supporte pas l'absolu, il veut bien servir Dieu, mais aussi le plaisir ; il tient à être vertueux, mais en même temps à avoir ses aises. Bref, il cherche à s'installer entre les extrêmes, dans la zone tempérée, sans orage ni tempêtes violentes, et il y réussit, mais au dépens de cette intensité de vie et de sentiment que donne une existence orientée vers l'extrême et l'absolu. On ne peut vivre intensément qu'aux dépens du moi. Le bourgeois, précisément, n'apprécie rien autant que le moi (un moi qui n'existe, il est vrai, qu'à l'état rudimentaire). Ainsi, au détriment de l'intensité, il obtient la conservation et la sécurité ; au lieu de la folie en Dieu, il récolte la tranquillité de la conscience ; au lieu de la volupté, le confort ; au lieu de la liberté, l'aisance ; au lieu de l'ardeur mortelle, une température agréable. Le bourgeois, de par sa nature, est un être doué d'une faible vitalité, craintif, effrayé de tout abandon, facile à gouverner. C'est pourquoi, à la place de la puissance, il a mis la majorité ; à la place de la force, la loi ; à la place de la responsabilité, le droit de vote.
Il est clair que cet être pusillanime, en quelque grande quantité qu’il existe, est incapable de se maintenir, qu’en raison de ses facultés il ne peut jouer dans le monde un autre rôle que celui d’un troupeau de brebis entre des loups errants. Néanmoins, nous voyons que, aux périodes de domination des natures puissantes, le bourgeois, bien qu’opprimé, ne reste jamais sur le carreau et parfois paraît même régir le monde. Comment est-ce possible ? Ni la quantité numérique du troupeau, ni la vertu, ni le sens commun, ni l’organisation ne seraient assez puissants pour le sauver de la mort. Aucune médecine au monde ne saurait garder en vie celui dont la force vitale, dès l’abord, est à ce point affaiblie. Cependant le bourgeoisisme existe, il est fort, il est prospère. Pourquoi ? »


 




Hermann Hesse, Le Loup des Steppes.

 



















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Vendredi 8 décembre 2006





« Il y a cependant de l'authentique dans ce qui pousse étudiants et lycéens à manifester. On ne s'est pas assez avisé de la dégradation de notre environnement culturel dans les années 1980. Ces jeunes avaient entre 8 et 14 ans en 1981. Ce sont les enfants du rock débile, les écoliers de la vulgarité pédagogique, les béats de Coluche et Renaud nourris de soupe infra idéologique cuite au show-biz, ahuris par les saturnales de "touche pas à mon pote", et, somme toute, les produits de la culture Lang. Ils ont reçu une imprégnation morale qui leur fait prendre le bas pour le haut. Rien ne leur paraît meilleur que n'être rien, mais tous ensemble, pour n'aller nulle part. Leur rêve est un monde indifférencié où végéter tièdement. Ils sont ivres d'une générosité au degré zéro, qui ressemble à de l'amour mais se retourne contre tout exemple ou projet d'ordre. L’ensemble des mesures que prend la société pour ne pas achever de se dissoudre : sélection, promotion de l'effort personnel et de la responsabilité individuelle, code de la nationalité, lutte contre la drogue, etc., les hérisse. Ce retour au réel leur est scandale. Ils ont peur de manquer de moeurs avachies. Voilà tout leur sentiment révolutionnaire. C'est une jeunesse atteinte d'un sida mental. Elle a perdu ses immunités naturelles ; tous les virus décomposants l'atteignent. Nous nous demandons ce qui se passe dans leurs têtes. Rien, mais ce rien les dévore. Il aura suffi de cinq ans pour fabriquer dans le mou une telle génération. Serait-ce toute la jeunesse ? Certainement pas. N'ayant pas a courtiser les minus, osons dire que c'est la lie avec quoi le socialisme fait son vinaigre. »

 




Louis Pauwels, "Le Monome des zombies", éditorial  du

Figaro Magazine, 6 décembre 1986.

 
















Deux jours plus tard, le 8, la "droite" capitule en rase campagne face à ces sous-produits de la culture Lang.

Chirac vire Devaquet ; son projet est enterré, tout comme celui de René Monory. Tout comme celui sur la réforme du code de la nationalité.





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Mardi 5 décembre 2006





« L’Etat fasciste est une volonté de puissance et de domination. La tradition romaine est ici une idée de force. Dans la doctrine du fascisme, l’Empire n’est pas seulement une expression territoriale, militaire ou marchande, mais spirituelle et morale.

Pour le fascisme, l’aspiration à l’Empire est une manifestation de vitalité : son contraire, l’esprit casanier, est un signe de décadence. Les peuples forts sont impérialistes ».


 




Benito Mussolini, 5 décembre 1926..

 



















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Divers




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Curiosité : la Fresque Mussolini à Montréal ;

Debouzze
et Jean-Paul ;

Agriprocessors
, entre viande casher, clandestins, pollution et drogue ;

Le
Mai 68
de Bruno Gollnisch (par Bruno Gollnisch) ;

Codreanu Corneliu Zelea :
Agir
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Et aussi :
la dernière analyse en bois par LeBerlioz





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[Pour une présentation plus détaillée, voir ICI]