Quinze ans après.
En 1993, Bernard Kouchner écrivait la préface du livre Tibet, l'envers du décor.
En 2008, Bernard Kouchner co-dirigeait - avec ses coreligionnaires Sarközy et Levitte - la diplomatie "française".
Morceaux choisis et illustrations.
1993 : « Des cris étouffés s'élèvent de ces montagnes et de ces hauts plateaux. Une population hurle silencieusement vers
nous : les Tibétains. Un homme nous tend la main : le Dalaï-Lama. Le Tibet souffre de nos timidités et de nos
conformismes. »
2008 : « La politique étrangère ne peut pas se réduire aux droits de l'homme » (8 avril, Le Figaro)
Kouchner. Sur de lui et dominateur.
1993 : « La conscience est en panne. Peut-on prendre l'ensemble du malheur de la planète sur soi ?... Oui. Nous le devons.
Ne pas s'indigner devant l'oppression, c'est plier l'échine et se résigner. En tout cas laisser mourir les autres (...) Avec la Chine, qui offre ses marchés, on a préféré le commerce aux Droits
de l'Homme. Cela s'appelle le réalisme politique. C'est une vue de l'Histoire, mais à court terme. Toute stratégie d'ampleur, toute politique de longue haleine auraient-elles disparu,
remplacées par le démarchage commercial ? »
2008 : « Quand on fait de la politique extérieure avec des pays aussi importants que la Chine, évidemment, quand on prend
des décisions économiques, parfois c’est aux dépens des droits de l’Homme, ça, c’est le réalisme élémentaire » (29 mars, France 5)

Kouchner a du nez.
1993 : « On peut facilement dresser le bilan catastrophique de l'occupation chinoise. Plus d'un million de Tibétains
auraient péri de mort violente entre 1950 et 1980 : 175.000 en prison, 156.000 sommairement exécutés, 413.000 morts de faim pendant une de ces «réformes agraires» dont les théoriciens marxistes
étaient friands, 92.000 morts sous la torture; près de 10.000 se seraient suicidés »
2008 : « Il y a aussi beaucoup d’enjeux économiques qui entraînent évidemment, soit du travail, soit du chômage en France,
qui entraînent un élan économique dont nous avons besoin. » (7 avril, LCI)
Kouchner, laïque
1993 : « (Le Dalaï-Lama) parcourt la planète pour attirer l'attention de l'opinion internationale sur les souffrances
qu'endure son peuple et la tragédie à huis-clos qui se joue depuis quarante ans au Tibet, où la violation des Droits de l'Homme s'avère quotidienne et systématique (...) les enfants obligés de
tirer sur leurs parents, les gens jetés vivants des avions, les moines forcés de copuler avec les nonnes, 6.000 temples détruits (des monastères parfois grands comme des villes), et des
centaines de lamas, porteurs d'une culture unique sur notre planète, torturés à mort (...) arrestations massives et arbitraires, transferts de population, tortures de plus en plus
sophistiquées, déforestation, exploitation abusive des sous-sols miniers pour le compte des colons chinois, pollution des rivières par l'extraction inconséquente des gisements d'uranium, bases
de recherches nucléaires dispersées à ciel ouvert dans le Nord »
2008 : « Nous sommes aussi contraints de ménager un certain nombre d’intérêts économiques pour ne pas creuser le chômage :
cela s’appelle gouverner » (26 mars, Libération)
Kouchner, amoureux transispirant
1993 : « Triomphe de la pensée d’exclusion? Ce concept stupéfiant de purification ethnique a fait son chemin dans nos
inconscients comme dans nos consciences. Le peuple chinois y participe qui nie le Tibet dans son existence. »
1993 : « On a presque oublié le million de Tibétains morts sous le joug chinois. Déjà dans les livres d'histoire
qu'étudient nos enfants, le Tibet n'existe plus en tant que nation indépendante. On y parle de «province chinoise». L'histoire, comme les hommes, manque parfois de
mémoire. »
2008 : « Nous ne remettons pas en cause l’appartenance du Tibet à la Chine » (27 Mars, Assemblée
Nationale)

Kouchner, tintinophile.
Kouchner, sarköphile.
1993 : « Le Tibet meurt de nos silences. Est-ce un crime de lèse-majesté que d'exiger des autorités de Pékin l'ouverture
sur cette zone d'ombre ? (...) la communauté internationale, et surtout la communauté asiatique, doivent proposer, voire imposer un jour, le droit d'ingérence médiatique, le devoir et le droit
d'ingérence tout court, au nom de l'urgence en faveur des Droits de l'Homme. »
2008 : « L'hostilité face à nos amis chinois ne sera pas payante. Inventons autre chose. Les Chinois sont attentifs à ce
que les Jeux de Pékin se déroulent bien et je pense qu'ils écouteront plus facilement ». (19 mars, RMC)
Kouchner : "Yavhé est grand".
(citation approximative)
1993 : « En ces temps de certitudes brisées et de triomphe apparent de la Démocratie, alors que partout exclusions et
nationalismes se renforcent, nos enfants nous jugeront sur notre attitude face aux malheurs des Tibétains. »

Kouchner, ami de la paix, ennemi des terroristes.
Dénonçant ici (Bernard Kouchner est le second en partant de la gauche)
les assassins de l'UCK (à gauche) et de l'OTAN (en uniforme militaire, à droite)
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