Vendredi 27 juin 2008
[Article de Rivarol, 24 février 2006.]


Les 78 000 morts de Majdanek et le procès Zundel

C’est en toute discrétion que les autorités du Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau
(http://www.auschwitz-muzeum.oswiecim.pl/html/eng/aktualnosci/news.php?rok=2005) ont fait état au début de l’année d’un article paru, le 23 décembre 2005, dans le quotidien Gazeta Wyborcza et, à partir d’une étude de Tomasz Kranz, directeur de la section de recherche du Musée d’Etat de  Majdanek, ramenant le nombre des déportés morts au camp de Majdanek (Lublin) de 1,5 million à… 78 000 ! Soit 5,2% du chiffre admis depuis Nuremberg.

Comme il s’agit d’une excellente nouvelle, du moins sur le plan humanitaire, on s’étonne que les media ne l’aient pas répercutés, comme ils annoncent à la une la diminution des accidents mortels par exemple. Toutefois, constate amèrement le professeur Robert Faurisson, à chaque modification à la baisse des statistiques de la Shoah correspond au contraire « une répression de plus en plus dure contre les auteurs révisionnistes ». Comme en témoignent l’ahurissante condamnation à Vienne le 20 février de David Irving (trois ans ferme pour des propos tenus il y a quinze ans) et, à Mannheim, le procès Zündel, dont les dernières audiences se sont déroulées en présence de très nombreux policiers chargés par le juge Meinerzhagen de réprimer toute manifestation de sympathie du public. Le procureur Andreas Grossmann a même osé accuser la défense de tenter de prolonger le procès « pour en faire un forum de diffusion des opinions de M. Zündel et de présenter ce dernier en victime ». Mais défendre par tous les moyens leur client, n’est-ce pas justement la mission des avocats ?

En fait, ce qui est reproché à ceux d’Ernst Zündel est d’avoir soulevé le paradoxe existant entre la revendication, par les directeurs de journaux européens, du droit à la liberté d’expression dans l’affaire Mahomet et « l’hypocrisie consistant à réduire au silence une personne qui exprime pacifiquement des idées controversées ».
Paradoxe qui semble avoir échappé à France Soir qui, se plaignant amèrement le 9 février des misères dont il était l’objet pour avoir reproduit les dessins du Jyllands Posten, annonçait au contraire le procès Zündel comme une avancée de la démocratie.

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Mercredi 25 juin 2008
[Entretien publié par Présent (5, rue d'Amboise, 75002 Paris) n°6546 du mercredi 12 mars 2008 et repris sur le site du Cercle du Six février qui propose divers articles historiques, politiques, etc.]




Dans son Jacques Doriot publié aux éditions Pardès dans la collection "Qui suis-je?", l'historien Jean-Claude Valla retrace la vie d'une des figures les plus énigmatiques de l'histoire politique française du XXème siècle.

On ne saurait épuiser le champ des diverses personnalités qui ont été fascinées par Doriot. Jean-Claude Valla sélectionne quelques citations parmi les plus fameuses.


"Une légion de volontaires a été formée. Jacques Doriot s'y est inscrit, donnant un rare exemple d'accord entre les idées et les actes. Ce soldat qui part pour le front de l'Est est aussi un homme d'Etat", écrivait Alfred Fabre-Luce.

Le sujet est exigeant. Valla insiste sur la période communiste de celui que ses admirateurs appelaient "le grand Jacques" et l'explique. Il en dresse un portrait rigoureux, qui instruit et force à réfléchir.

Censeurs et procureurs de salon seraient bien inspirés de lire cet ouvrage profond et éclairant.
- C.R.


- En 1924, Jacques Doriot a été en pointe dans le combat anti-colonialiste, mais il se voit attribuer - à tort, dites-vous - la paternité d'un télégramme de soutien à l'adresse du chef rebelle marocain Abd el-Krim. En 1936, le colonel de La Rocque l'accusera d'être responsable de la mort de soldats français. Quel fût le rôle exact de Doriot pendant la guerre du Rif ?

- Doriot n'a pas désavoué ce télégramme du 11 septembre 1924, dont il était, en sa qualité de secrétaire général des Jeunesse communistes, l'un des trois cosignataires avec Marcel Cachin et Pierre Sémard. Tout ce que l'on peut dire, c'est qu'il n'en était pas l'auteur.
Contrairement à une légende que les communistes eux-mêmes ont propagée, il ne s'est jamais rendu clandestinement au Maroc et n'a jamais rencontré Abd el-Krim. Par contre, il a effectué un voyage en Algérie avec une petite délégation, partie de Marseille le 29 août 1925, sous le contrôle étroit de la police. On ne peut donc pas accuser Doriot d'être responsable de la mort de soldats français. Le Maréchal Pétain, directement concerné par cette affaire, puisqu'il était venu prêter main-forte à Lyautey en août 1925, n'a jamais fait sienne cette accusation.


- A quel moment le PPF devint-il un parti fasciste? Etait-il un parti fasciste avant 1939?

- C'est en novembre 1942 que Doriot exprimera pour la première fois sa volonté de faire du PPF un parti fasciste et totalitaire, soit six ans après sa création (en 1936). Pour la période antérieure à la guerre, je parle dans mon livre de tentation fasciste. Il ne fait aucun doute que Doriot a suivi avec intérêt l'expérience fasciste en Italie et, dans une moindre mesure, l'expérience nationale-socialiste en Allemagne. Mais il n'a pas manqué de reprocher aux fascistes italiens leurs revendications territoriales, notamment sur la Savoie, inacceptables à ses yeux. Il s'est montré plus sévère encore à l'égard de l'Allemagne, la menaçant d'un châtiment exemplaire si elle venait à entraîner l'Europe dans la guerre. Contrairement à Déat, il s'est déclaré prêt à mourir pour Dantzig et il critiquera violemment Hitler à l'annonce de la signature du pacte germano-soviétique.




- Pourquoi avait-il une si piètre opinion de Laval, que lui reprochait-il?

- Laval était l'archétype du politicien de la IIIème République. Maire d'Aubervilliers depuis 1923, il avait été plusieurs fois ministre et président du Conseil, député puis sénateur pendant plus de vingt ans. Doriot, maire de Saint-Denis de 1931 à 1937, le connaissait bien, ils se tutoyaient, mais tout les séparait. Sans être un homme du système, Doriot avait une vision du monde marquée par l'idéologie. Laval était un pragmatique qui avait oublié depuis longtemps sa jeunesse d'extrême gauche. Doriot s'était rallié sans réserve à la Collaboration, alors que Laval, en bon "maquignon" de la politique, ne songeait qu'à rouler les Allemands. Doriot, à la différence de Laval, souhaitait sincèrement la victoire de l'Allemagne.


- Après le débarquement allié de 1944, Doriot croyait-il encore à la victoire des puissances de l'Axe?

- Ayant effectué un voyage à l'arrière du front de Normandie en juillet 1944, Doriot a été rapidement informé des moyens considérables mis en œuvre par les Alliés et, comme il avait passé plusieurs mois sur le front de l'Est, il était bien placé pour savoir que les troupes allemandes ne cessaient de reculer devant l'armée rouge. Mais il a cru ou voulu croire jusqu'au bout à un retournement possible de la situation militaire, grâce à des armes nouvelles aux effets dévastateurs, dont lui avaient parlé des dirigeants allemands. De toute façon, en juin 1944, il était trop tard pour se déjuger.

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Lundi 23 juin 2008
[Extraits du manuel scolaire La France et ses colonies, classes de Première (Etienne Baron, Éditions Magnard, 1937), édité sous la très maçonnique IIIe République, sous le très socialiste gouvernement de Front populaire]



CHAPITRE XXVII L'ALGÉRIE

221. Les hauts plateaux sont couverts par une steppe à alfa, qui nourrit des moutons élevés par des Arabes nomades.

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La France a repris là, comme dans toute l 'Afrique du Nord l'œuvre bienfaisante de la Rome antique. Les ruines de Timgad, les monuments romains de Tébessa, rappellent l'antique prospérité du pays. Alors que tout était revenu à l’état semi-désertique, la France, à son tour, a ressuscité la région.

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223. L'Algérie est peuplée de Berbères, d'Arabes et de colons européens, en majorité Français.

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c) Les Européens.

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Cette politique d'assimilation, la France s'est efforcée de l'étendre aussi aux éléments indigènes. La nationalité française est offerte de plein droit à tout indigène qui a servi dans l'armée française, ou qui est propriétaire, ou fermier, ou commerçant patenté, ou qui sait lire et écrire en français, ou qui a une décoration française. Mais cette politique ce révèle difficile. Les indigènes reconnaissent les grands services rendus par la France, mais la religion musulmane se dresse comme une barrière entre eux et l'Européen, l'infidèle, le "Roumi" (le romain, vieille appelation qui date de l'occupation romaine). D'autre part, la religion musulmane admet la polygamie, que le code civil français défend. Ceci gêne les naturalisations d'indigènes, qui ne peuvent parvenir à la dignité de citoyen français qu'en acceptant le code civil français.


224. Après de nombreux tâtonnements, la France a donné à l'Algérie une assez grande autonomie, tout en maintenant son rattachement à la métropole.

.................


226. La France et l'Algérie se rendent mutuellement de grands services.

Malgré que l'Algérie ait servi de terrain d'expérience pour la colonisation française, la France peut être fière de l'œuvre qu'elle y a accomplie. Elle a trouvé l'Algérie dans la misère, dans le désordre et l'anarchie sanglante, ravagée par des guerres intérieures; elle y a assuré la sécurité, l'ordre, la paix. Elle lui a construit des routes, des voies ferrées; elle lui a donné des cadres, des capitaux, elle lui a apporté, avec des cultures nouvelles, une technique agricole qui a décuplé les récoltes et la valeur des terres, et qui a supprimé les famines. Elle a trouvé et exploité des mines. Elle a repris l'œuvre de Rome et créé une deuxième civilisation latine.
Depuis que les populations sédentaires ne craignent plus les nomades et que la richesse générale a augmenté, la population indigène a triplé depuis soixante ans. Sous la domination française, Alger a passé de 30.000 à 151.000 habitants, Bougie de 300 à 17.000. Grâce à nous, les indigènes n'ont cessé d'améliorer leur niveau d'existence, et près d'un million d'Européens, dont 160.000 étrangers, gagnent leur vie dans la colonie. De son côté, la France retire les bénéfices de son action. Pendant la crise économique, notre empire colonial est devenu notre meilleur client, et l'Algérie tient la tête dans le commerce que la France fait avec ses colonies.




CHAPITRE XXXI L'AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE (A.O.F.)

247. La zone équatoriale, au climat chaud et humide, néfaste à l'Européen, est couverte par la forêt dense et bordée par une côte marécageuse.

La zone équatoriale couvre la région côtière sud et S.-O. (parties voisines de la mer, du Dahomey, du Togo, de la côte d'Ivoire, de la Guinée française). Elle se caractérise :

.................

d) Par l'existence de populations nègres arriérées. La population se compose de noirs groupés en petites tribus disséminées dans la forêt. A peu près nus, habitant des cases rudimentaires, vivant de la cueillette des fruits, de chasse, de pêche dans les fleuves ou les lagunes côtières, ils travaillent peu et se contentent de peu. Ce sont des Bantous, nègres qui comptent parmi les plus arriérés. Ils étaient autrefois anthropophages. Ils restent fétichistes, soumis à l'influence souvent néfaste des sorciers. Il est bien difficile de leur interdire complètement les pratiques de l'esclavage et des sacrifices humains.


250. La France a amélioré les conditions de vie des populations et commence à équiper le pays. Les ressources de I'A.O.F. complètent celles de la métropole.

Grâce à la France, l 'Afrique Occidentale française, qui couvre une superficie de 3.640.090 kilomètres carrés, est en plein développement économique :

a) Amélioration des conditions de vie de la population. La population a été de tous temps décimée par la faim (sauf dans les populations maritimes, qui mangent du poisson, le nègre est souvent de structure grêle parce que sous-alimenté), la maladie (le manque d'hygiène, qui crée une mortalité infantile énorme), l'anarchie, les guerres entre tribus, la traite des esclaves, la domination des conquérants sanguinaires, fondateurs d'empires aussi vite abattus que créés. La sécurité, l'ordre, le développement économique, ont permis à la population d'atteindre 14.600.000 habitants auxquels Il faut ajouter les 750.000 habitants du Togo oriental. C'est encore très peu (4 au kilomètre carré). Il reste aussi à faire un peuple de cette poussière de tribus disséminées, qui parlent 126 langues différentes (le mandingue-bambara servant de langue internationale), et où l'on distingue au moins 145 races.




b) Equipement du pays. La France a aménagé les ports, créé des routes, où circulent des automobiles, construit 3.500 kilomètres de voies ferrées (celle de Dakar à Koulikoro doit être prolongée le long du Niger et être l'épine dorsale à laquelle aboutiront les lignes de la côte), aménagé les fleuves (le Niger et le Sénégal sont navigables en été, au moment de leurs crues, et dans les biefs situés entre les chutes : jusqu'à Kayes pour le Sénégal; de Kouroussa aux chutes de Bamako, puis de Koulikoro à Tombouctou pour le Niger), créé des barrages sur le Niger moyen pour irriguer la vallée en aval de Bamako.


[Merci à Bogomir via
Extrême droiture]
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Jeudi 19 juin 2008
Conférence donnée par par Jean Haudry sur les Indo-Européens pour l'association Terre et Peuple.


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Mercredi 18 juin 2008
[Editorial de Camille Galic du n°2861 du 6 juin 2008 de Rivarol]

Algérie, Af'Sud, deux naufrages

        Il y a exactement cinquante ans, le 6 juin 1958, Charles De Gaulle lançait de Mostaganem sa promesse solennelle : « Il n'y a plus ici, je le proclame au nom de la France et je vous en donne ma parole, que des Français à part entière, des compatriotes... Vive l'Algérie française ! Vive la République! Vive la France! » Parmi notre personnel politique, si friand pourtant de commémorations comme il l'a abondamment prouvé le mois dernier, qui osera rappeler cette phrase, mensonge fondateur de la République cinquième du nom ? Il est vrai que les Français savent avoir la mémoire courte quand cela les arrange.
        En ces temps de pogroms en Afrique du Sud a donc échappé à la vigilance de nos amateurs de chrysanthèmes un autre anniversaire: le 3 juin 1948, le bloc nationaliste afrikaner, vainqueur des législatives, se donnait un gouvernement qui, dirigé par le Dr Daniel François Malan, était fondé sur l'apartheid – ou développement séparé. Un système qui, strictement observé jusqu'en 1978 pour être ensuite peu à peu démantelé, allait faire connaître aux peuples, à tous les peuples, de la "Republik" une prospérité et une sécurité sans équivalents en Afrique bien qu'il fût la cible de campagnes hystériques, relayées par l'ONU imposant des sanctions léonines.

        Tant de mensonges ont été proférés sur l'apartheid qu'il faut en rappeler le contexte et la philosophie. Pour les Boers, chassés de leur province du Cap et sans cesse poussés vers le nord (le Grand Trek) par les envahisseurs britanniques qui les cantonnèrent à l'Etat libre d'Orange et au Transvaal du moins jusqu'à ce qu'on y découvre de fabuleuses réserves d'or et de diamants, et à l'intention desquels le jeune Winston Churchill avait inventé le concept des camps de concentration (20 000 morts sur les 118 000 Blancs et les 43 000 Noirs ou Métis déportés), rien n'était plus précieux que le droit de parler sa langue, de préserver sa culture, de choisir ses chefs. C'est ce droit que, à peine décolonisés, les Afrikanders promulguèrent à leur bénéfice mais aussi pour les autres "tribus", qu'il s'agît de Blancs (English-Speakers), d'Indiens (venus sous les Anglais cultiver les champs de canne à sucre au Natal), de Bantous ou des Métis du Cap, issus de croisements entre Aborigènes, Malais, Portugais et Xhosas. D'où le projet des Bantoustans correspondant à chaque ethnie noire – Zululand, Transkei, Bophutatswana, etc. - et dont la mise en valeur agricole et l'industrialisation devaient permettre de fixer les populations sur leurs terres ancestrales et d'y suivre leurs traditions.
        Qualifiés d'Etats-fantoches par l'Occident, ces "Homelands" engloutirent des millions de rands et il n'eût tenu qu'à leurs dirigeants de les rendre viables et prospères. Mais ils préférèrent l'assistanat, la corruption, le gaspillage, les rivalités claniques et une certaine nonchalance endémiques en Afrique firent le reste. D'où une émigration continue vers les zones blanches alors que partout dans le monde, les bons démocrates exigeaient de Pretoria qu'elle appliquât le sacro-saint principe : « Un homme, un vote » .Ce qui revenait à condamner à mort l'Afrique du Sud, et qui advint pendant la dernière décennie du siècle dernier.
        A peine élu président, Frederik De Klerk légalisa en 1990 l'African National Congress (ANC), le PC sud-africain et tous les mouvements noirs en même temps qu'il fit libérer Nelson Mandela. En juin 1991 , le gouvernement abolit les dernières lois de l'apartheid et entama un processus de transition constitutionnelle qui aboutit le 27 avril 1994 aux premières élections multiraciales de l'histoire du pays. L'AN.C!en sortant logiquement vainqueur, Nelson Mandela succéda au traître de Klerk – dont l'ex-épouse sera violée et tuée quelques années plus tard; par des voyous noirs.




(Dessin de Chard)


        De lointaine origine "ch'ti", le dernier président blanc de la "Republik" (Azania, en bantou), s'est souvent référé au Lillois De Gaulle. Et pour cause: les deux hommes ont usé et abusé de la télévision pour convaincre leurs compatriotes que la voie qu'ils préconisaient était la seule qui préservât l'avenir, et du référendum pour parvenir à leurs fins. Comme les Français (ceux de Métropole, les seuls alors consultés) approuvèrent en 1962 par 90,81% des voix les accords d'Evian consacrant l'Algérie algérienne, 68,3% des Boers se prononcèrent le 16 mars 1992 pour la « poursuite des réformes » visant à leur néantisation politique. Tout comme De Gaulle, De Klerk ne leur avait-il pas donné sa parole que, lui régnant, l'Afrique du Sud resterait afrikaner et qu'eux-mêmes allaient croître et multiplier leurs richesses dans un pays enfin "apaisé" et réintégré dans la « communauté internationale » ?

        Le bradage de l'Algérie n'a rien apporté à la France, sinon deux à trois millions d'Algériens supplémentaires chassés par la pauvreté, les pénuries et l'atroce guerre civile (200 000 morts et des milliers de disparus) qui a ravagé leur pays de 1992 à 2001 et laissé de telles ruines que Le Monde titrait le 17 mai « L'émigration clandestine vers l'Europe ne cesse de croître en Algérie » au prix de « tous les risques ». L'abolition de l'apartheid n'a rien apporté aux Sud-Africains de toutes origines sinon un dérisoire bulletin de vote : sous le « pouvoir noir », le pays n'a cessé de se déliter, de se paupériser (40% de chômeurs, 43% de miséreux), et de se désorganiser (du fait notamment de la pénurie d'énergie, les centrales n'étant plus entretenues depuis l' « africanisation des cadres ») et de s'ensauvager comme l'a montré le 18 mai l'immolation de dizaines d'intrus zimbabwéens. Signe d'une criminalité galopante, Johannesburg détient aujourd'hui le record du monde des meurtres.

        Algérie, Afrique du Sud. On attend toujours la repentance des Grandes consciences pour ces deux naufrages voulus et organisés.


Camille Galic, éditorial de Rivarol.


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Vendredi 6 juin 2008
[Un article de Valeurs actuelles qui fait le point sur la très violente polémique orchestrée par les journaux d'extrême gauche contre un historien un peu trop incorrect. Il n'est pas inutile de rappeler que ces journaux soutinrent, en leurs temps, Staline, Pol Pot et Mao, et que les "historiens" pétitionnaires, historiens intermittents mais militants politiques à plein temps sont les derniers avatars de l'université française infestée par les marxistes.
L'auteur y rappelle que le point de vue de M. Gouguenheim [
Sylvain Gouguenheim, Aristote au mont Saint-Michel, de Seuil, 278 pages, 21 euros) est loin d'être isolé parmi les médiévistes et que la dictature politiquement correcte est chaque jour plus violente et plus intolérante.
Une nouvelle "affaire" qui démontre si besoin en était que tout recul, qu'il soit sur la vérité historique ou politique, ne profite jamais qu'à nos ennemis sans bénéfice pour nous.]



Islam-Occident, L'histoire interdite ? Le livre de Sylvain Gouguenheim déclenche la polémique par Frédéric Valloire
.



En contestant l’opinion communément admise sur l’apport culturel de l’islam à l’Europe, ce chercheur s’est attiré des oppositions d’une virulence extrême.

Un pavé dans la mare du conformisme, notait
Valeurs actuelles, le 25 avril dernier, en présentant dans la page Focus Histoire l’ouvrage de Sylvain Gouguenheim, Aristote au mont Saint-Michel, les racines grecques de l’Europe chrétienne, paru au début du mois de mars aux éditions du Seuil. Quelques jours plus tard, naissait “l’affaire Gouguenheim”.

L’auteur, professeur d’histoire médiévale à l’École normale supérieure de Lyon, ne peut répondre : son avocat lui a demandé d’être silencieux. Sa dernière intervention est un entretien dans le Monde du 25 avril, où il se dit « bouleversé par la virulence et la nature des attaques ». Et il récuse les intentions qu’on lui prête.

Que dit-il ? Parmi les routes de transmission qui ont permis à l’Occident médiéval, du VIe au XIIe siècle, de connaître les textes grecs antiques, en particulier ceux d’Aristote, et de les traduire, la filière arabe n’est pas la seule. Il existe une filière byzantine, relayée par la Sicile et l’Italie du Sud, où le grec était encore utilisé par les marchands, les ambassadeurs et les clercs. Peuvent s’y ajouter quelques monastères isolés dans un monde où la langue savante est le latin, tels celui de Saint-Gall en Suisse actuelle et surtout celui du Mont-Cassin. Mais connaître le grec en Occident demeurait un exploit : le plus surprenant étant Jean Scot Érigène, un théologien irlandais du IXe siècle, qui connaissait Platon et traduisit en latin des Pères grecs de l’Église.

En outre, Gouguenheim relève que les grands philosophes arabes Al-Fârâbi, Avicenne, Averroès ne li­saient pas les textes originaux en grec mais dans des traductions. Elles étaient effectuées pour la plupart par des chrétiens d’Orient qui connaissaient le grec, l’arabe, tel Hunayn ibn Ishaq. Existaient même à Bagdad des cercles de traducteurs, La Maison de la sagesse, où ils se retrou­vaient et qu’un universitaire de Yale, Dimitri Gutas, a examiné dans un ouvrage (Pensée grecque, Culture arabe, Aubier, 2005), que ne mentionne pas Gouguenheim. Tout cela n’est certes pas nouveau.

L’idée forte de Gouguenheim est de considérer que, dans cette transmission des idées grecques, les filières européenne et byzantine ont été plus importantes que la filière arabe, même par l’intermédiaire de l’Andalousie. En particulier grâce à un personnage mal connu, sans être inconnu, Jacques de Venise (mort après 1148). Selon Gouguenheim, ce premier traducteur d’Aristote au XIIe siècle « mériterait de figurer en lettres capitales dans les manuels d’histoire culturelle » et aurait travaillé au Mont-Saint-Michel. Ce qui est certain, c’est que ses traductions connaissent un succès stupéfiant et qu’elles se différencient de celles venues du monde islami­que, qui filtraient la pensée d’Aristote, n’en retenant que ce qui était compatible avec les dogmes religieux et en laissant les aspects politiques.

À première vue, une querelle de spécialistes. Qui a tourné à la guerre de positions. Et qui assure le succès du livre : il dépasse les 7 000 exemplaires vendus, en moins de deux mois. Un chiffre élevé pour un ouvrage paru dans la collection, prestigieuse et exigeante, qu’est L’Univers historique.

La réception du livre commence par un long article, fort élogieux, du journal le Monde du 4 avril, « Et si l’Europe ne devait pas ses savoirs à l’Islam ? ». Signé par Roger-Pol Droit, il salue un livre « précis, argumenté, fort courageux, qui remet l’histoire à l’heure ». Même accueil chaleureux ou curieux dans le mensuel le Monde de la Bible, Ouest-France, le Figaro littéraire, la Libre Belgique.

Le 25 avril, sur une page entière, le Monde fait marche arrière devant « l’émotion d’une partie de la communauté universitaire ». En fait, quarante historiens et philosophes emmenés par Hé­lène Bellosta et Alain Boureau. Partis à l’assaut de ce qui, pour eux, n’est que vieilles lunes et vieux savoirs, ils reçoivent le renfort de deux médiévistes, l’un de Paris-VIII, l’autre de Montpellier, qui portent une charge violente contre cet ou­vrage « prétendument sé­rieux », mais dicté « par la peur et l’esprit de repli ». Et les pétitions hostiles à Gouguenheim circulent.

Le lundi 28 avril, un appel lancé par deux cents « enseignants, chercheurs, personnels, auditeurs, élèves et anciens élèves » de l’ENS de Lyon, des lettres et des sciences humaines, où enseigne Sylvain Gouguenheim, demande une enquête informatique approfondie pour savoir s’il a donné en bonnes feuilles des pages de son ouvrage à Occidentalis, un site d’“islamovigilance”. Les pétitionnaires, qui se drapent vertueusement dans l’indépendance de la recherche surtout lorsqu’elle est « inattendue et iconoclaste », ont des réflexes de délateurs. Sans en discuter les thèses, simplement parce que « l’ouvrage de Sylvain Gouguenheim sert actuellement d’argumentaire à des groupes xénophobes et islamophobes qui s’expriment ouvertement sur Internet », ils mettent l’essai à l’index. Ont-ils été entendus ? La direction de l’école fait savoir qu’elle va créer un comité d’experts afin d’étu­dier les pièces du dossier. Pire : elle se propose d’auditionner l’historien avant de transmettre un avis au conseil d’administration de l’école, « qui évaluera les suites à donner ». Procédé scandaleux autant qu’injuste : Gouguenheim n’a commis aucune faute.

Le 30 avril, Libération, qui, la veille, avait fait paraître une recension plutôt neutre de l’ouvrage, donne la parole à cinquante-six chercheurs en histoire et en philosophie du Moyen Âge qui ont lu (tous ? on peut en douter) Aristote au mont Saint-Michel. Après avoir relevé les coquilles et les maladresses, ils attaquent le fond de l’ouvrage. Que lui reprochent-ils ? d’avoir un présupposé identitaire (l’Europe s’identifiant à la chrétienté) et de déclarer que même en l’absence de tout lien avec le monde islamique, l’Europe chrétienne médiévale se serait approprié l’héritage grec et aurait suivi un cheminement identique. Bref, de ré­duire dans les domaines de la raison et du politique l’influence islamique et « de déboucher sur des thèses qui re­lèvent de la pure idéologie », de faire du « racisme culturel » et d’avoir une démarche qui « relève d’un projet idéologique aux connotations politiques inacceptables ». Cela est dit avec des mots qui tuent, tant ils sont connectés au négationnisme : « révision », « relecture fallacieuse ».

Le 5 mai, Télérama, dans le style que ce journal affectionne, mi-rigolard, mi-moralisant, prend le relais : résumé réducteur du livre, sélection de ­phrases sorties de leur contexte, suppression des nuances et des restrictions qu’apportait l’auteur. Un ton néostalinien pour dénoncer les « thèses islamo­phobes de Sylvain Gouguenheim » et la pente dangereuse prise par les éditions du Seuil qui l’ont cautionné en le publiant ! Monte au créneau le philosophe Alain de Libera, l’un des premiers à réagir. Il est vrai qu’il était épinglé, poliment, sans acrimonie, par Gouguenheim. Et Libera de se déchaîner : « L’hypothèse du Mont-Saint-Michel, comme chaînon manquant dans l’histoire du passage de la philo­sophie aristotélicienne du monde grec au monde latin, a autant d’importance que la réévaluation du rôle de l’authentique Mère Poularde dans l’histoire de l’omelette. » Et de conclure : « Cette Europe-là n’est pas la mienne. Je la laisse au “ministère de l’Immigration et de l’Iden­tité nationale” et aux caves du Vatican. » La discussion de fond ? À peine amorcée, très vite elle dérape, glisse, fuit, s’attarde sur des détails.

Sur la Toile, de blog à blog, par mil­liers, les réponses fusent, dépassent toute correction d’autant que l’anonymat y est le plus souvent la règle. On parle de « Gouguenheim au Mont-Saint-Adolf » ; on lui imagine des sympathies à l’extrême droite, même s’il rappelle qu’il appartient à une famille de résistants et si l’une des annexes (d’ailleurs anachronique) de son livre souligne les liens entre l’islam et le nazisme, à travers une intellectuelle allemande, Sigrid Hunke ; on le condamne pour avoir cité un ou­vrage de René Marchand, journaliste et essayiste arabisant, de sensibilité gaulliste. Sur Internet, on s’affiche gouguenheimien ou antigouguenheimien.

Rappel à l’ordre et au bon sens : dans l’Express du 15 mai dernier, « outré par ces attaques », déplorant « la véhémence des critiques », le médiéviste Jacques Le Goff sort de sa réserve. Il juge le livre « intéressant mais discu­table » et remarque que « peu des principaux médiévistes » ont rejoint le collectif des cinquante-six. Pour soutenir l’auteur, il consacrera l’un de ses prochains Lundis de l’histoire sur France Culture à l’étude de Gouguenheim, les Chevaliers Teutoniques chez Tallandier (lire Valeurs actuelles n° 3720). Une intervention salutaire.

Que les polémiques se soient développées, rien d’étonnant. Il y a les ambitions personnelles, le sentiment de propriété sur tel ou tel domaine qu’ont les universitaires et qui les entraîne souvent à considérer celui qui empiète sur leur domaine comme un ennemi. Il y a les positions politiques ou idéologiques plus ou moins conscientes, qui sont liées autant à des sentiments personnels qu’à de vagues notions de solidarité de chercheurs. Et il y a le confort intellectuel, qui pousse à épouser les idées dominantes, ce que Max Gallo regrettait le dimanche 27 avril, à propos de ce livre, sur France Culture : « Dès lors que l’on n’est pas tout à fait d’accord avec la doxa [en l’occurrence la connaissance des philosophes grecs par l’intermédiaire de l’islam], avec ce qui règne, même quand on est un médiéviste in­discutable, il devient dangereux de faire de l’histoire. »

Ce qui surprend le plus, c’est la rapidité et la violence des réactions. Car il n’y eut aucune protestation lorsque l’islamologue Bernard Lewis expliquait en 1988 (le Langage politique de l’islam, Gallimard) que les mots “citoyen”, “liberté” n’existaient pas dans l’islam classique. Aucune réaction lorsque, en 2002, Jacques Heers donnait au premier numéro de la
Nouvelle Re­vue d’histoire, un article intitulé « La fable de la transmission arabe du savoir antique », qui s’achevait ainsi : « Rendre les Occidentaux tributaires des leçons servies par les Arabes est trop de parti pris et d’ignorance : rien d’autre qu’une fable, reflet d’un curieux penchant à se déni­grer soi-même. » Rien non plus, en 2006, à la sortie d’un petit essai Au moyen du Moyen Âge (repris, augmenté, il sera réédité en septembre chez Flammarion) de Rémi Brague, professeur de philosophie à l’université de Paris-I. Or, ce spécialiste d’Aristote, de saint Bernard et de Maïmonide consacre plusieurs pages aux problèmes de traduction des textes grecs venus du monde arabe et rejoint, à bien des égards, l’étude de Gouguenheim.

Serions-nous entrés dans un monde de plus en plus intolérant ? Qui ne cesse de légiférer en histoire ? Qui confond histoire et mémoire ? Ce que craint Pierre Nora, l’un des fondateurs de l’association Liberté pour l’histoire, qui appelle à l’abrogation de toutes les lois mémorielles, y compris de la loi Gayssot. « L’histoire ras­semble, dit cet historien, la mémoire di­vise. »



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Jeudi 5 juin 2008
[Article paru dans le dernier numéro de la NRH -(Lugan Bernard, "Atapuerca et les origines des hommes", Nouvelle revue d'histoire, n°36, mai-juin 2008)]



Révélés par la revue scientifique Nature (n°452 du 27 mars 2008), les découvertes archéologiques qui viennent d'être faites à Atapuerca (Espagne) remettent en question toutes les hypothèses antérieures sur l'origine africaine de l'humanité. Explications de Bernard Lugan (université de Lyon III)



Selon l'hypothèse dominante, l'hominisation se serait faite en Afrique et l'ensemble de la planète aurait été peuplé à partir du continent africain. Une première fois vers 2 millions d'années, avec Homo erectus, et une seconde il y a 120 000 ans avec l'Homme moderne (Théorie de l'Eve africaine). Or ces deux postulats viennent d'être fondamentalement affaiblis.
En ce qui concerne la première période, il y a deux millions d'années, deux séries de découvertes majeures faites, les unes en Géorgie (1991-2007) et les autres en Espagne (1994-2008), conduisent à une profonde remise en question des théories conventionnelles :

1. A Dmanisi, dans le Caucase, où les trouvailles se succèdent, les chercheurs ont mis au jour Homo georgicus [photo à droite], daté de 1,8 million d'années et qui présenterait des traits à la fois habilis et erectus (Lieberman, 2007). Comme il est postulé que c'est Homo erectus et non  Homo habilis qui serait « sorti » d'Afrique, de deux choses l'une :
- soit l'Homo abilis l'a précédé dans la migration, ce qui n'est pas attesté, avant de se « métisser » avec lui, ce qui ne l'est pas davantage.

- soit  l'Homo georgicus n'a pas d'ancêtres « africains », ce qui signifierait alors qu'il serait le résultat d'une hominisation indépendante de l'hominisation africaine.


Crâne de l'Homo Georgicus


2. A Atapuerca, en Espagne, avec la mise au jour des restes d'un hominidé fossile daté de 1,1 à 1,2 millions d'années (Homo antecessor), c'et tout ce que l'on croyait savoir concernant la première occupation humaine de l'Europe occidentale qui se trouve bouleversé. D'autant plus que, selon le professeur Eudald Carbonell, auteur de la découverte, avec Homo antecessor, nous serions même en présence d'une nouvelle espèce d'hominidés (Carbonell, 2008). Comme il est postulé que l'hominisation ne se serait faite qu'en Afrique, force serait alors de réviser ce quasi dogme archéologique.



Le lieu de découverte de l'Homo antecessor


Le postulat diffusionniste se trouve donc affaibli. Cependant, la prégnance du paradigme « scientifique correct » des origines africaines de l'homme est telle que les chercheurs abandonnent les impératifs de la méthode expérimentale pour tenter de faire « coller » leurs découvertes à la théorie dominante. Ainsi, la seule quasi concordance  des dates (sortie d'Afrique il y a 1,8 millions d'année), devrait les conduire à s'interroger sur la validité de l'hypothèse « Out of Africa », ce qu'ils refusent de faire. Le professeur José Bermudez de Castro, co-découvreur d'Homo antecessor, en est ainsi réduit, faute de pouvoir donner une ancienneté plus grande à Homo erectus, à avancer l'idée de la rapidité de son expansion, ce qui n'est qu'une hypothèse de substitution.



La machoire de l'Homo antecessor

Pour ce qui est de la seconde période, celle qui voit l'apparition des actuelles populations humaines à partir de -200 000, le bouleversement scientifique est également fondamental. Les découvertes d'Atapuerca, en Espagne, sont en effet en rupture totale avec les hypothèses antérieures puisque, selon Carbonell (2008), Homo antecessor serait le dernier ancêtre commun aux néandertaliens ET (nous soulignons) à l'Homo moderne européen (Carbonell, 2008). Si cette hypothèse prospérait, la conclusion serait que l'Homo moderne européen procéderait donc d'une évolution faite in situ, en Europe, et à partir d'Homo antecessor. Il n'aurait donc aucune parenté avec l'Homo moderne africain.

Dans l'état actuel de connaissances mouvantes, la plus grande prudence s'impose, mais deux conclusions provisoires peuvent tout de même être tirées :
- l'évolution humaine ne fut pas linéaire mais buissonnante ;
plus les découvertes s'additionnent et plus l'hypothèse multicentrique semble prendre de la vigueur.

Bernard Lugan.



Un reportage en anglais




et en espagnol


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Mercredi 28 mai 2008
[Un article de Alain Laubreaux sur l'affaire Stavisky repris dans La Terreur Rose, aimablement communiqué par les Editions de la Reconquête ; images et légendes ont été ajoutées par nos soins]


Spectacle de la décadence


Le scandale de l'affaire Stavisky a précédé, présagé et même préparé l'établissement du Front populaire en France. Mais le scandale apparaît peu de chose auprès du scandaleux procès auquel il a donné lieu, lui-même couronné par une audience de quarante-huit heures, comme les annales judiciaires n'en avaient jamais enregistré.

Ce prodrome des événements qui se sont déroulés depuis le mois de juin 1936 avait sa place marquée dans ces pages :

 


Alexandre Stavisky

Le jeudi, à dix heures du matin, le président Barnaud ouvrit l'audience. Cette fois, on touchait au terme. Les dernières paroles étaient dites. Dubarry arrogant, sûr de lui, payant d'audace, n'implorait point la pitié mais conviait les jurés à le suivre dans la lutte contre les Bastilles et les lettres de cachet où il promettait d'épuiser ce qui lui restait de forces. Garat, pâle, emmitouflé sous un pardessus épais, le foulard des valétudinaires autour du cou, avait de nouveau affirmé son innocence dans un murmure étudié. Tissier, sur qui le bagne allait s'ouvrir dans quelques heures, tirait un papier de sa poche pour discuter s'il avait possédé une ou deux automobiles. Guébin secouait tristement sa tête de Christ au calvaire : « Je jure sur ma femme et mes enfants que je suis innocent ! » Il est croyant. On le verra jusqu'à l'heure du verdict serrer convulsivement un chapelet dans sa main. Cet homme dit vrai ou il blasphème. Cela ne peut, dans un sens ou l'autre, émouvoir le tribunal de limonadiers et de pharmaciens qui le jugera. On est pressé d'en finir. Après tant de semaines d'attente, tant d'heures perdues, après tous les creux bavardages, toutes les vaines promesses d'éclairer les dessous d'une affaire plus obscure à son dénouement qu'à son début, une sorte de fièvre a saisi chacun. Le greffier qui commence à lire les deux mille questions posées au jury est interrompu à la troisième. Les avocats et la Cour sont d'accord pour suspendre une cérémonie sans bénéfice publicitaire pour aucun d'eux. En hâte, on règle quelques détails matériels. Rendez-vous est pris dans l'après-midi, à trois heures, avec les inculpés libres. Les avocats établissent entre eux une permanence. Puis les jurés se retirent sous les brefs éclairs de la photographie, jetant autour d'eux des regards satisfaits et rapides. Ils se sentent tout à coup gonflés d'une importance qui apparaît ridicule sous sa muette naïveté. Les accusés s'en vont, entre leurs gardes, adressant des gestes d'amitié à l'auditoire. La Cour s'éloigne. Alors un vaste, un immense brouhaha s'étend sur la salle. Par l'écluse des portes étroites un flot bavard s'écoule lentement dans les vestibules du palais. La bouffonnerie va commencer.

Rien de ce qu'on avait vu depuis trois mois n'approche de ce qu'on allait voir au cours de cette journée folle. Dès le matin, douze messieurs avaient franchi les grilles, boulevard du Palais. Ils portaient valise. Ils avaient la mise simple et anonyme des petits bourgeois de Paris. Dans la cour pavée, on eût dit une arrivée de réservistes. Ils gagnèrent leur logement. C'était une chambrée. Malgré la table centrale habillée d'un tapis vert et les sièges de cuir, malgré le parquet ciré, le tapis, les tentures, malgré le lustre, douze lits de fer aux sommiers de sangle, avec leurs couvertures grises, leur aspect uniforme, donnaient à ces lieux l'image vulgaire et misérable d'un dortoir militaire. Tout à l'heure, débarrassée de ses encriers, de ses papiers, échangeant le drap sombre pour une nappe blanche, la table deviendra table de mess. Déjà, des bouteilles de champagne, don d'un juré marchand de vin, attendent au pied d'un lit. Dans l'antichambre un cliquetis de vaisselle, un va-et-vient de garçons préludent au banquet des juges.



"- Sept heures et demi! ... Dinons d'abord ..... Nous délibèrerons ensuite !...."
(Extrait de l'
Assiette au beurre
, les Jurés, p. 5)

Qu'on imagine le délibéré de ces hommes ! Ce sont des hommes moyens. Ils n'ont point de noblesse, ni dans leur air, ni dans leur état, ni dans leur langage. Ils ont insisté sordidement pour faire payer leur déjeuner par la Chancellerie, en plus de l'indemnité qu'ils reçoivent. Commerçants, artisans, rentiers, ils n'en sont même pas à se gourmer entre eux après vingt semaines de rapports quotidiens. On m'a affirmé que plusieurs se tutoyaient déjà. Alors, il faut bien croire que, toutes portes closes, la nature humaine reprenait ses instinctives règles. Ils jugent. Mais ils boivent. Ils délibèrent. Mais ils mangent. Les douze sphinx ont douze ventres en sus de leurs douze âmes. Au dehors, ce n'est plus qu'aux ventres qu'on songe. Un avocat qui, sur le coup de midi, affirmera tranquillement que « là-haut, ils sont à moitié noirs » sera cru sur parole. On ne demande plus quel sort ils réservent à Bonnaure, à Hayotte, à Arlette Stavisky. On s'enquiert de leur menu et s'ils ont préféré, avec le pré-salé, les haricots ou les pommes boulangères. France, voilà ta Justice ! L'affaire Stavisky a commencé le 6 février 1934, dans le sang, la révolte et le deuil. Elle finit le 16 janvier 1936 dans un repas de corps !

A jury festinant, répondent un étage plus bas des accusés godaillant. Fi de la gamelle pénitentiaire ! Les « riches », Guébin, Garat, Dubarry, ont payé pour la compagnie. Et la cohorte des garçons serveurs se partageait entre les deux salles, celle des juges, celle des justiciables. Les galeries du palais s'ouvraient au défilé des marmites, des plats fumants, des corbeilles de vin. Une grasse odeur de mangeoire régnait.

Qui ne l'a point constaté de ses yeux hésite à le croire. L'atmosphère de comice gagnait le public. Les anecdotes couraient, triviales ou burlesques. On racontait que l'avocat général Gaudel, mandé par le chef du jury, s'était entendu réclamer des pots de chambre, soin nécessaire mais négligé par le maître des cérémonies :  « Me demander des pots de chambre ! clamait, suffoqué, le brave Gaudel. Qu'ils p... contre le mur ! » Aux dernières nouvelles, l'avocat général Cassagneau s'était chargé d'en quérir une douzaine au bazar de l'Hôtel de Ville.

Dans le prétoire morne et presque désert, on se repassait les informations. Le moral des accusés était bon. Le Président avait autorisé les parties de cartes, à l'exclusion des jeux d'argent. Dubarry aussitôt envoyait un garde, chasseur nouveau-style de ce palace de justice, acheter deux jeux complets.      L'un servait à l'incorrigible petit Cohen, prestidigitateur-né, tirant ses as, ses rois, ses valets de la barbe de Guébin, de la poche du général Bardi de Fourtou, de l'aisselle de Digoin. Plus loin, les gens sérieux jouaient au bridge. Ramognino, imperturbable et froid, raflait toutes les mises.

Les avocats vous narraient cela en hoquetant de joie. Le service d'ordre tendait l'oreille, mêlait un détail à la nouvelle, farcissait l'anecdote. On sut qu'une petite dame délurée et pas commode, la femme d'un juré, arrivée en trombe, avait exigé des magistrats leur parole que son époux ne sortirait pas de la nuit, et la vue des gardes en sentinelles devant la porte l'avait à peine rassurée.

A neuf heures du soir, on ferma les portes du Palais. Les accusés, laissant leurs cartes, gardant leur optimisme, étaient repartis pour la Santé. Le jury, sa tâche terminée, enfilant chemises de nuit ou pyjamas, après un souper cordial, se couchait. Et dans la salle d'audience demeurée vacante par obéissance à la loi, six gardes s'apprêtaient au bivouac. En attendant, installés aux sièges de la Cour et du Ministère public, ils se donnaient agréablement la comédie pour amortir l'ennui d'une longue veillée. « Monsieur le Président, vous me condamnerez ces gredins-là... » disait un faux accusateur, roulant les r, tirant sa moustache. Un peu plus tard, variant les plaisirs, ils feront, déculottés et caleçonnés de couleurs vives, sur les dossiers des bancs transformés en barres fixes, des exercices de gymnastique suédoise... Ainsi s'acheva la dernière nuit du procès Stavisky.



Scène du 6 février 34, conséquence directe de l'affaire Stavisky

Au matin, brusquement, le climat changea. La foule était revenue, s'entassait, respirant avec une espèce de halètement le pathétique étrange qui succédait aux ripailles, aux facéties de la veille. La trouble lumière d'une matinée triste descendait des hautes fenêtres, jaunissait les visages. Le premier juré, la main sur la poitrine, commença de lire le verdict. D'une voix ferme, il laissait tomber les « oui » et les   « non » - les « oui » nombreux, inattendus. On se regardait avec stupeur. Un à un, à mesure que le sort des accusés se prononçait, les avocats quittaient la barre, s'élançaient vers la salle où leurs clients attendaient, crispés maintenant par l'angoisse.

Quelles scènes s'y-déroulèrent ! Jusque-là, aucun n'avait désespéré. Les plus coupables, ceux qui avaient tout avoué, croyaient à leur libération. Ils se disaient : « Ils n'oseront pas ! » Songeant à l'immense scandale soulevé, à l'énorme déploiement de faste judiciaire auquel, pendant trois mois, on avait assisté, aux soubresauts profonds d'un procès qui avait mis en cause les plus hauts fonctionnaires du régime, roulant dans ses flots boueux tous les corps du gouvernement, ses politiques, ses commis, ses magistrats ils ne pouvaient s'imaginer qu'on les traiterait comme des coupables vulgaires, des délinquants médiocres, des filous sans honneur. Quand ils avaient vu, eux qui savaient et se taisaient parce qu'ils pensaient que leur silence les sauverait, qu'on ramenait aux proportions d'une banale escroquerie l'aventure gigantesque où l'État s'était compromis, ils se flattaient d'y découvrir leur délivrance. Garat eut le mot qui peint cet esprit. Il ne dit pas : « Je suis condamné ! » Il dit : « Ils ne m'ont pas acquitté ! Moi ! Moi ! »

Quand les neuf condamnés reparurent dans leur box, avant le prononcé des peines, ils avaient l'air de corps sans âmes. Seul Garat résistait au vent de désespoir qui balayait ses compagnons. Il coula sur le jury un affreux regard plein de haine. Après l'arrêt final, il se redressera, jettera d'une voix de nez qui a recouvré soudain toute sa force, la protestation d'un bravache procédurier : « Le Président n'a pas donné lecture des articles du code qui nous condamnent ! J'en demande acte ! »

Avant d'en arriver là, l'après-midi tout entier s'était écoulé. Les acquittés, mêlés au public, maîtrisant leur joie, serraient des mains, recevaient des félicitations, l'allure modeste de héros après un triomphe. Arlette Stavisky, toute rose, subitement revenue de sa longue prostration, embrassait son avocat. Ramognino citait Shakespeare. Dubarry vibrait, remuait, étalait ses projets. « Je vais sortir, avait-il dit aux autres, ceux que le verdict frappait. Je m'occuperai de vous. Vous connaîtrez ma puissance ! »

Tandis que neuf avocats se levaient encore, à tour de rôle, parlaient, versaient de vraies larmes, en bons comédiens pris à leur propre jeu, je regardais les hommes pour lesquels ils réclamaient à présent l'indulgence et la pitié. Bonnaure paraissait étonné comme un enfant qui ne comprend pas ce qui lui arrive. Desbrosses, une chose jaune pliée en deux ainsi qu'un vieillard paysan, élevant au-dessus de lui un regard vitreux, choquante créature, répétait : « Je suis un malheureux ! Ayez pitié de moi ! » Les mêmes mots, pour la troisième fois, en deux jours. Hatot, l'ancien tragédien, exhalait un long et continu soupir, style vieil Ambigu. Tissier, écarlate, pleurait dans son mouchoir. Le général de Fourtou pleurait. Guébin, livide, pleurait. Hayotte, la gouape cynique, si insolent quand il paradait au théâtre et sur les champs de courses, avec l'argent volé, pleurait. Cohen pleurait.

Quoi ! c'étaient ces hommes en larmes qui avaient bouleversé le pays, l'avaient conduit aux frontières de la guerre civile ? Ils étaient sans dignité devant le châtiment. Ils se dégradaient jusque dans le malheur. Était-ce au moins la honte qui les accablait ? Pour Guébin peut-être. Les autres frémissaient à la peur du cachot. Dites que je suis sans pitié. Je n'aime pas la faiblesse, surtout chez les canailles.

Et maintenant, le rideau est tiré. Des ingénus osent prétendre que l'Affaire Stavisky n'est pas liquidée, qu'elle commence à peine. Soyez tranquilles. Évoquant, dans son ultime adjuration au jury, les profiteurs des quarante millions dérobés qui, à l'heure où le Lamartinière emportera Tissier vers la Guyane, lèveront leur verre à la Justice qui a assuré leur impunité, Jean-Charles Legrand a dit vrai. L'Affaire Stavisky est bien finie. Mais avec elle, je crains que c'en soit fait aussi d'autres choses qui nous étaient précieuses. Ceux qui ont suivi, pendant cinquante-trois fois vingt-quatre heures, les débats de ce procès monstrueux, n'en oublieront pas le spectacle.

La décadence du temps en a-t-elle offert de pires ? Aucun, en tout cas, qui se soit gîté avec un tel éclat dans le temple où notre dernière espérance voudrait chercher un suprême refuge.

Et aux neuf condamnés qui sortent de cette écœurante parade, il en faut joindre deux : le régime qui l'autorise, la société qui la tolère.



Le régime et la société ne tomberont pas.
Après Stavisky, la France aura Blum et les siens...


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Mercredi 28 mai 2008
Pat Buchanan est un journaliste et homme politique américain. Issu d'une famille catholique traditionaliste, il est le fondateur du magazine The American conservative. Candidats à plusieurs reprises à la présidence américaine, conseiller de plusieurs présidents républicains, il a quitté ce parti et s'oppose sur de nombreux points à la politique Georges Bush, notamment en matière étrangère. Se présentant comme conservateur, il combat l'étatisme, le néo-libéralisme, la discrimination positive, le multiculturalisme et les droits des déviants sexuels ; il prône le nationalisme économique, le conservatisme social ainsi qu'une baisse de l'immigration, la fin de l'impôt sur les successions ainsi que le retrait des Etats-Unis de l'ONU... et l'expulsion de l'administration mondialiste vers un autre pays ! Il vient de publier un livre, Churchill, Hitler et la guerre inutile. Résumé et traduction libre adapté du site de Pat Buchanan]



L'Europe, c'est aujourd'hui le vieillissement et la mort, une dénatalité catastrophique ou, je cite, l'incapacité à « résister à la conquête d'envahisseurs immigrants du tiers monde ».
Voilà le constat de Pat Buchanan, qui s'interroge sur ce qui a pu conduire l'Europe à cette déchéance alors qu'il y a 100 l'Europe dominait le monde.

C'est l'objet de son livre, Churchill, Hitler et la guerre inutile : comment la Grande-Bertagne a perdu son empire et l'Ouest le monde, paru hier le 27 mai 2008 aux Etats-Unis.

On pourra regretter qu'il n'inscrive pas la décadence européenne dans le temps long, qu'il ne remonte pas aux désastreuses "lumières" ou à la Réforme.
On regrettera plus encore qu'il accrédite quelques idées saugrenues, de celles notamment qui seraient survenues durant la Seconde Guerre mondiale.

Pat Buchanan reviens sur plusieurs moments clés de l'histoire, entre 1906 et 1939, qui ont conduit l'Europe à la guerre. Il dénonce les errements des différents gouvernements britanniques et notamment du principal responsable : Winston Churchill.

La première erreur fut selon lui la décision secrète d'aider la France en cas de guerre contre l'Allemagne. Si le Kaiser avait connu ce fait, il aurait agi avec beaucoup plus de force en juillet 1914 pour mettre fin aux tensions bellicistes qui conduisirent au premier acte de la Guerre civile européenne.
Si la Grande-Bretagne n'avait pas déclaré la guerre, et conduit à la guerre le Japon, l'Italie et les Etats-Unis, la guerre n'aurait pas duré aussi longtemps entraînant des millions de morts inutiles. Or c'est la durée et la férocité de la guerre qui ont été les facteurs décisifs dans la déstabilisation de l'empire des Tsars. Le léninisme et le stalinisme aurait peut-être alors été cantonnés dans quelques ghettos de Russie ou d'Allemagne...  D'un autre côté, l'Allemagne n'aurait pas connu la naissance du national-socialisme.

Le Traité de Versailles fut la seconde erreur, cette vengeance, qui certes permit à l'empire britannique de s'étendre, mais conduisit des millions d'Allemands sous l'autorité de régimes hostiles. La violation des termes du traité d'armistice – et ici Pat Buchanan rejoint l'analyse de Léon Degrelle – est directement responsable de la situation allemande : Hitler est bien né à Versailles...

La troisième erreur a été la capitulation devant les exigences américaines de mettre un terme à l'alliance avec le Japon en 1921. Les Japonais, fidèles alliés durant 20 ans, feront payer durement cette trahison quelques années plus tard. La Grande-Bretagne connaîtra une humiliante défaite à Singapour, quand 80 000 britanniques sont faits prisonniers par une armée japonaise deux fois moins nombreuse.


En 1935, cela est connu, l'irresponsabilité des britanniques qui vota les sanctions contre l'aventure coloniale italienne, « the very midsummer of madness » selon l'aveu même de Neville Chamberlain. Cette décision signe la fin du front de Stresa construit patiemment par Benito Mussolini pour contenir l'Allemagne. Elle conduira même le Duce dans les bras du Führer.


L'année suivante, c'est le refus du gouvernement britannique de suivre la France pour repousser les troupes allemandes en Rhénanie que l'auteur dénonce. Churchill félicitera la France d'avoir renoncé à user de la force et d'avoir porté la question devant l'impuissante Société des nations.



A rebours du prêt-à-penser aujourd'hui largement diffusé, Pat Buchanan insiste sur l'inéluctabilité de Munich, conséquence directe du traité de Versailles qui avait placé 3,5 millions d'Allemands sous la domination tchèque. Et l'erreur fatale ne fut pas Munich mais l'accord signé le 31 mars 1939 entre les Britanniques et les Polonais, ces mêmes Polonais qui s'étaient joints à l'Allemagne pour le démembrement de la Tchécoslovaquie.

Dès lors que les Britanniques étaient prêts à sacrifier ses hommes pour Dantzig, Hitler rechercha un allié qu'il trouva en la personne de Staline. Avec pour résultat 6 années de guerre mondiale, 60 millions de morts, 10 nations européennes livrées à la barbarie stalinienne, 50 ans de guerre froide et le début de la fin des empires britanniques et français. La fin de l'Europe... Pour l'auteur cette erreur n'aurait pas été commise, la guerre n'aurait peut-être pas eu lieu.



Pat Buchanan revient enfin sur le cas Churchill. S'il affirme que celui-ci fut l'indispensable chef de guerre dont la Grande-Bretagne avait besoin, il fut également le premier coupable de la chute de l'empire et de l'inféodation du royaume aux Etats-Unis d'Amérique.

Pire encore : ses actes criminels sont directement responsables de la plongée de l'Occident dans la barbarie et la guerre. L'auteur rappelle qu'il a imposé un blocus en souhaitant provoquer la famine en Allemagne en 1914. Il a ensuite lancé une grande campagne de terreur par bombardements contre les populations civiles allemandes en 1940 conduisant à la mort des centaines de milliers d'Européens.

D'un point de vue seulement britannique, on retrouve Churchill derrière les deux désastres militaires des deux guerres : les Dardanelles en 1915 et le fiasco norvégien en 1940 ; fiasco qui fut pourtant décisif pour son accession au pouvoir.

Si Churchill a dénoncé l'acharnement de Chamberlain à vouloir apaiser Adolf Hitler, son propre acharnement à vouloir apaiser Staline a duré bien plus longtemps et fut bien plus terrible pour le monde.


Churchill eut raison une fois. Lors sa première entrevue avec Roosevelt après Pearl Harbor, il dit au président américain qu'ils étaient désormais entrés dans « la guerre inutile ».


« Churchill fut un grand homme. Au prix de la grandeur de son pays » conclut Pat Buchanan.




 
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Mercredi 21 mai 2008
[Préparant depuis quelques jours un petit montage vidéo mêlant les images des soixantes huitards à l'époque et leur situation de parvenus avec pour bande son la chanson de Jacques Brel "Les Bourgeois", j'ai eu connaissance de ce texte écrit par Bruno Gollnisch.
Les images ont été ajoutées - et le cas échéant retouchées - par nos soins.]




Ce qu’il est convenu d’appeler les « événements » de mai 1968 est généralement décrit comme une fantastique partie de campagne lors de laquelle la jeunesse, quasi-unanime, aurait ouvert la voie à une heureuse transformation de la société. Dans une société prétendue oppressive, sclérosée, obscurantiste, on aurait assisté à l’éclosion de la liberté, de la spontanéité, et même de l’intelligence. La libération des mœurs, des esprits, des énergies, aurait été le fruit de ce mouvement joyeux et somme toute bon enfant, en dépit de quelques heurts inévitables avec les forces de police. En quelque sorte, comme Jack Lang le dira plus tard lors de l’accession de Mitterrand au pouvoir, on serait en mai 68 passé de l’ombre à la Lumière…

En lisant ce que l’on écrit à ce sujet, j’avoue mon inquiétude et même mon effarement sur la façon dont on écrit l’Histoire, à cent lieues de la réalité. Une réalité dont je prétends, avec beaucoup d’autres que l’on n’entend jamais, avoir été un témoin direct, puisque ma première année d’études universitaires fut précisément l’année 67-68… à Nanterre, annexe toute récente encore en construction des facultés de Lettres et de Droit de l’unique (!) Université de Paris, depuis éclatée en treize morceaux.


Une Dialectique totalitaire…

Première légende : la spontanéité et le goût de « liberté » des meneurs du Mouvement. J’atteste que l’immense majorité de ceux-ci étaient marxistes purs et durs, mis à part quelques anarchistes encore plus violents que les autres. Certes, ils ne possédaient pas les milliers de pages du « Capital » de Karl Marx. La plupart se contentaient, dans le meilleur des cas, des cinquante-deux pages du « Manifeste du Parti Communiste » du même Marx et d’Engels, opuscule qui, par la magie du matérialisme dialectique et prétendu scientifique, permettait d’expliquer le Monde entier, passé, présent et avenir. Idées, institutions, conflits, droit, art, religion : tout n’était que produit de l’affrontement des classes, lui-même implacablement déterminé par l’évolution des rapports économiques de production. Comme c’était simple. Simple, mais effrayant.


Manipulation des foules.

Deuxième légende : le goût du « débat » et de la libre « discussion » qui aurait éclos un peu partout. Que les événements aient servi de chambre de décompression à des Français dont le morne quotidien était rythmé par le « Métro-boulot-dodo », c’est certain. Que ce défoulement ait donné lieu à une volumineuse logorrhée, c’est exact. Mais celle-ci était parfaitement orientée. Et surtout, tout ce qui ne s’exprimait pas dans le sens révolutionnaire, non seulement n’avait pas droit de cité, mais était banni par une violence physique assumée avec une totale bonne conscience. Il ne faut pas croire que cette violence visait seulement les étudiants, l’immense « majorité silencieuse » désireuse de travailler et de passer ses examens. Cela certes suffisait, si on l’affirmait fort et clair, à être qualifié de « fasciste ». A fortiori, revendiquer l’apolitisme dans le syndicalisme étudiant, ce qui était le cas de la FNEF (Fédération Nationale des Etudiants de France), nécessairement conservatrice depuis que la gauche et l’extrême gauche s’étaient emparés de l’UNEF dans le cadre d’une politisation revendiquée, suffisait aussi à faire de vous un «fasciste ».
« Fascistes » ceux qui ne souhaitaient pas la victoire des communistes au Viêt-Nam. « Fasciste » aussi De Gaulle et les gaullistes. « Fascistes » même aux yeux des trotskystes, maoïstes, dans leurs nombreuses chapelles, les communistes « orthodoxes ». Guy Konopnicki, ancien responsable national des Jeunesses communistes, devenu ensuite élu écologiste et aujourd’hui journaliste à Marianne, qui était alors responsable nanterrois de l’UEC (Union des Etudiants Communistes), doit s’en souvenir encore…
Cette violence procédait d’un sentiment de haine à l’encontre de tout ce qui n’était pas dans le mouvement ou de tout ce qu’il voulait détruire. Une haine intellectuellement absurde, soit dit en passant, puisque l’économisme de leur pauvre doctrine aurait du pousser les gauchistes à ne voir dans leurs adversaires que des êtres déterminés par leur situation de classe.
On oublie que le principal fait déclencheur des événements ne fut pas l’apostrophe à Missoffe, Ministre de la Jeunesse et des Sports venu inaugurer la piscine du campus, de Cohn-Bendit lui reprochant la prétendue répression de la sexualité étudiante (Missoffe lui répondit de piquer une tête dans la piscine si la question l’obsédait trop). Ce ne fut pas davantage l’invasion par les gauchistes masculins du dortoir des filles à la résidence universitaire. Ces événements étaient passés inaperçus. Ce fut l’interpellation de quelques-uns des meneurs à la suite du quasi-lynchage en cours de l’étudiant réfractaire Kerauten.



40 ans après : les soixantes huitards sont au pouvoir.
Les moutons suivent toujours.


Car contre le « fasciste » tout est permis. Qui n’a pas vu l’éviction de Pierre Juquin, chassé par les Maoïstes de l’amphithéâtre où il était venu parler, ou plus tard l’élimination par la force de Jean Foyer, Professeur de droit, ancien Garde des Sceaux de De Gaulle, qui n’a du son salut qu’à la fuite, peut croire naïvement au caractère libératoire de ce happening. Mais quand on a subi cette folie durant des mois, voire des années (car à Nanterre, somme toute, les années 69 et suivantes ont été encore plus pénibles que 68), on n’a guère d’illusion à ce sujet.
Par réaction, il est résulté des événements une génération de soixante-huitards « de droite », dont il n’est jamais question. Rien qu’à Nanterre Lettres, j’ai rencontré et connu les futurs journalistes Michel Chamard (Valeurs Actuelles, Le Figaro, respo
nsable de la communication chez Philippe de Villiers), Pierre Beylau (Le Quotidien de Paris, puis Le Point), Patrick Buisson (LCI puis La Chaîne Histoire), Alain Pothier dit Sanders (Présent) les universitaires Jacques Népote (ethnologue au CNRS), Bernard Lugan (historien), Stéphane Rials (juriste), le magistrat et essayiste Didier Gallot, mais aussi Marie-France Charles, devenue plus tard Marie-France Stirbois, député, Alain Renaud, qui fut secrétaire général du Front National, etc.
Ayant souffert avec eux du climat étouffant qu’y faisaient régner les gauchistes, je ne prétends pas pou