Selon le site des troupes de marines, il s’agit d’une chanson de gaillard d’avant - la partie du
navire où les marins pouvaient se détendre entre les quarts - du temps des corsaires (début du XVIIIe siècle). Ces chansons «ne sont pas destinées à aider la manœuvre, d’où leur ton plus féerique
ou trivial. Alors que les chansons de marins ne devaient en principe pas être chantées à terre, Les Filles de La Rochelle sont passées dès 1841 (date de leur première publication) dans
le répertoire populaire.» Dans certaines versions, le second couplet n’est pas chanté.
Quelques variations : « Qu’avez-vous gentill’brunette » (l. 1, c. 5) ; « Avez-vous perdu père et
mère » (l. 3 c. 6) ; « J’ai perdu » (l. 1 c. 7). Parfois le second couplet ne figure pas dans les carnets de chants.
Voici ce qu'en disait Gérard de Nerval qui propose des paroles un peu différente :
« Quoi de plus pur, d'ailleurs, comme langue et comme pensée ? Mais l'auteur ne savait pas écrire, et l'imprimerie nous
converse les gravures de Collé, de Piis et de Panard !
Les étrangers reprochent à notre peuple de n'avoir aucun sentiment de la poésie et de la couleur ; mais où trouver une composition et une imagination plus orientales que dans cette chanson de nos
mariniers ?
Ce sont les filles de La Rochelle – Qui ont armé un bâtiment – Pour aller faire la course - Dedans les mers du Levant
La coque est en bois rouge - Travaillé fort proprement – La mâture est en ivoire – les poulies en diamant
La grand-voile est en dentelle - La misaine en satin blanc - Les cordages du navire - Sont de fil d’or et d’argent
L’équipage du navire - C’est tout filles de quinze ans – Les gabiers de la grande hine – N'ont pas plus de dix-huit ans !
Etc. »
I. Sont les filles de la Rochelle
{Ont armé un bâtiment
Pour aller faire la course
Dedans les mers du Levant.
Ah ! la feuille s’envole, s’envole,
Ah ! la feuille s’envole au vent.
II. La grand-vergue est en ivoire
{Les poulies en diamant
La grand-voile est en dentelle
La misaine en satin blanc.
Refrain.
III. Les cordages du navire
{Sont de fil d’or et d’argent
Et la coque est en bois rouge
Travaillé fort proprement.
Refrain.
IV. L’équipage du navire,
{C’est tout filles de quinze ans
Le cap’taine, qui les commande
Est le roi des bons enfants.
Refrain.
V. Hier, faisant sa promenade
{Dessus le gaillard d’avant
Aperçut une brunette
Qui pleurait dans les haubans.
Refrain.
VI. Qu’avez-vous jeune brunette
{Qu’avez-vous à pleurer tant ?
Avez-vous perdu père et mère
Ou quelqu’un de vos parents ?
Refrain.
VII. J’ai cueilli la rose blanche
{Qui s’en fut la voile au vent
Elle est partie vent arrière
Reviendra-z-en louvoyant.
Refrain.
Ecouter le chant ci-dessous :
La Madelon, parfois dénommée Quand Madelon, a été écrite par Louis Bousquet sur une musique de Camille Robert. Divers
comiques-troupiers l'interprètent, notamment Charles-Joseph Pasquier, connu sous son nom de scène, Bach.
Le chant connaît une popularité étonnante et se répand rapidement, repris par les soldats.
Jean Boyer a réalisé dans les années 50 un film reprenant ce titre. Selon Wikipedia, Lucien Boyer, l'auteur de La Madelon de la victoire aurait reçu par erreur la Légion d'honneur, Georges Clemenceau l'ayant confondu avec l'auteur de La Madelon...
L'origine du mot « tourlourou » reste sujet à interprétations. La plus vraisemblable semble celle d'un mot populaire voir
argotique désignant un (éventuellement jeune) soldat d'infanterie. Il est aux Antilles le nom d'un crabe de terre ; les matelots comparant le fantassin à ce crustacé...
Il désignerait aussi ces comiques-troupiers qui ont, justement, assuré en partie la popularité de Madelon.
Selon certains, c'est le 24 avril 1914 que La Madelon aurait été créé...
Voir également La victoire de la Madelon.
I. Pour le repos, le plaisir du militaire,
Il est là-bas à deux pas de la forêt
Une maison aux murs tout couverts de lierre,
«Aux Tourlouroux», c’est le nom du cabaret.
La servante est jeune et gentille,
Légère comme un papillon
Comme son vin, son œil pétille,
Nous l’appelons la Madelon.
Nous en rêvons la nuit, nous y pensons le jour
Ce n’est que Madelon, mais pour nous c’est l’amour.
Quand Madelon vient nous servir à boire
Sous la tonnelle on frôle son jupon,
Et chacun lui raconte une histoire,
Une histoire à sa façon
La Madelon pour nous n’est pas sévère
Quand on lui prend la taille ou le menton
Elle rit, c’est tout le mal qu’elle sait faire
Madelon ! Madelon ! Madelon !
II. Nous avons tous au pays une payse,
Qui nous attend et que l’on épousera,
Mais elle est loin, bien trop loin pour qu’on lui dise
Ce qu’on fera quand la classe rentrera.
En comptant les jours on soupire,
Et quand le temps nous semble long,
Tout ce qu’on ne peut pas lui dire
On va le dire à Madelon.
On l’embrass’ dans les coins. Ell’ dit : «Veux-tu finir…»
On s’figur’ que c’est l’autr’, ça nous fait bien plaisir.
Refrain.
III. Un caporal en képi de fantaisie
S’en fut trouver Madelon un beau matin
Et fou d’amour, lui dit qu’elle était jolie
Et qu’il venait pour lui demander sa main.
La Madelon, pas bête, en somme,
Lui répondit en souriant :
«Et pourquoi prendrai-je un seul homme
Quand j’aime tout un régiment.
Tes amis vont venir. Tu n’auras pas ma main,
J’en ai bien trop besoin pour leur verser du vin».
Refrain.
Ecouter le chant ci-dessous
par l'EMIA
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