Déclaration d'Axel Möller avant sa condamnation, le 26 octobre 2011.
Si maintenant je renonce au plaidoyer de mon avocate, ce n'est pas parce que je serais mécontent de la
prestation qu'elle a livrée jusqu'ici ou parce que j'aurais avec elle un problème personnel, mais bien parce que dans ce genre de procès où, comme nous le savons tous, le jugement est d'ores et
déjà arrêté, je tiens un tel plaidoyer pour une sorte de jeu superflu en forme de charade.
J'en profite donc pour remercier de ses efforts mon avocate et me charger moi-même des derniers mots de
conclusion de cette affaire.
J'invite le tribunal, s'il le veut bien, à considérer ma présente déclaration à la fois comme un
plaidoyer personnel et comme ce qu'il est convenu d'appeler les derniers mots revenant à l'accusé.
Il n'est pas dans mes intentions d'ennuyer le tribunal ou le public avec d'interminables considérations
sur les atteintes à la liberté d'opinion par rapport à ce que dit la loi sur les libertés fondamentales dont je sais qu'aux gens de mon orientation politique ou bien elles sont refusées ou bien
elles ne s'appliquent qu'après de longues et dégradantes chamailleries devant diverses instances judiciaires.
Le texte de l'acte d'accusation prouve suffisamment, me semble-t-il, le genre d'absurdités et
d'affirmations grotesques qu'on a jugées nécessaires de présenter pour me retirer de la circulation au moins pour un temps.
J'aurais souhaité qu'aux lieu et place d'un tel ramassis de choses inutiles, primitives et empreintes
d'une bassesse non exempte de naïveté le parquet trouve quelques motifs sérieux en vue d'obtenir mon exclusion temporaire de la société.
C'est pourquoi je voudrais simplement compléter ce qui, dans mes "aveux" lus par le procureur Blume, a
pu être jugé comme quelque peu superficiel ou insuffisant. Je veux dire par là que dans ce qui m'est reproché par l'accusation [50 chefs d'accusation au total - NdT] il n'y a pas un seul des
articles que j'ai publiés dans Altermedia qu'après coup je regretterais ou voudrais modifier, et cela même si l'on me promettait en échange une réduction de peine. Tout ce que j'ai écrit * ce
pourquoi je suis accusé * a été écrit conformément à ce que je pense.
Quant aux lettres et commentaires de lecteurs [également mis à charge d'Axel Möller dans l'acte
d'accusation - NdT] je dois reconnaître qu'au nom de la liberté d'opinion j'ai trop généralement et avec beaucoup d'indulgence laissé à ces lecteurs la possibilité de s'exprimer. A la réflexion
cela a peut-être été une erreur, bien qu'il ne faille pas oublier que des adversaires politiques ont pu aussi s'exprimer. Néanmoins je ne regrette pas d'avoir agi ainsi, même si cela se tourne à
mon désavantage avec une aggravation de la peine qui me sera infligée pour l'expression d'idées dont finalement je ne suis pas responsable.
Je voudrais toutefois souligner ici que je suis et ai toujours été d'avis qu'une opinion ne devrait
jamais pouvoir être réprimée au seul motif qu'elle serait ressentie par moi ou par d'autres comme étant sotte ou fausse. En conséquence je précise qu'aujourd'hui je me comporterais comme jadis,
c'est-à-dire que je continuerais à laisser aux auteurs de commentaires toute liberté de s'exprimer. Et ceci d'autant plus que je ne vois rien dans les commentaires qui me sont reprochés ce qui
d'une quelconque façon pourrait être qualifié de pénalement répréhensible.
J'ai même pu me rendre compte dès le premier jour du procès que dans ce pays il était manifestement plus
opportun d'exprimer des menaces de mort ou de violence sur des bâtiments publics, en maculant par exemple les murs de ce Palais de justice, car on est sûr que ni les médias ni le tribunal n'en
parleront, mais qu'au contraire ils laisseront de telles actions s'éteindre d'elles-mêmes dans l'indifférence.
On remarquera aussi que des menaces publiques de violence ou de mort prononcées contre ma personne pour
raisons politiques ont beaucoup moins d'importance que les imaginaires menaces de mort qui auraient été formulées par de turbulents bavards dans les colonnes d'Altermedia.
Je voudrais ici faire observer que si j'éprouvais le besoin de vouloir voir morts tel ou tel procureur
ou autre adversaire politique je ne manquerais pas de possibilités pour transformer ce vu en une réalité. Si je récuse de tels actes ce n'est pas parce que des scrupules me tourmentent, mais bien
parce que ces gens, qui année après année mènent en Allemagne une politique de répression toujours plus sotte et plus étroite, vont involontairement au devant de mes intérêts politiques par le
fait qu'ils scient eux-mêmes la branche sur laquelle ils sont assis.
Je conçois donc difficilement la raison pour laquelle je devrais éliminer ou laisser éliminer de tels
adversaires alors que dans leur sottise ils se rendent eux-mêmes ridicules. Et indépendamment de cela je veux croire qu'un tribunal, fût-il même aussi politiquement partial que possible, ne me
tiendrait pas pour si stupide que j'exprimerais publiquement de telles intentions ou en discuterais dans des commentaires imprimés. Il n'est nullement dans mes intentions de faire oublier la
folie de mes adversaires en en faisant des martyrs.
Dans les médias comme dans le public a été posée après le dernier jour du procès la question de savoir
pourquoi les accusés s'étaient laissé amener à convenir d'un "deal" avec le tribunal.
En mon seul nom personnel je déclare à ce sujet qu'à aucun moment du procès il n'a été pour moi question
de contester, fût-ce un seul des faits qui me sont reprochés. En conséquence "l'aveu" qui m'a été demandé par le tribunal est vu par moi, comme je l'ai déjà dit ci-dessus, beaucoup moins comme un
"aveu" [encore moins comme un deal] que comme une "reconnaissance" de ce dont je peux dire que je suis fier. Dans les articles d'Altermedia qui me sont reprochés je me suis contenté de décrire
les choses comme elles sont, et non comme maints de mes contemporains souhaiteraient qu'elles soient.
Quoi qu'il en soit j'ai pu, au cours des différentes procédures subies et en particulier lors du dernier
procès d'appel devant le tribunal de Stralsund, apprendre du juge que tout ce que je pourrais dire ou ne pas dire pour ma défense était tout à fait superfétatoire puisque de toute façon la
sentence était pratiquement déjà arrêtée. Pourquoi alors perdre son temps avec des riens pour retarder en fin de compte quelque chose d'inéluctable ?
Dès le début de mes activités dans la presse j'ai su ce à quoi je m'engageais et où cela me conduirait.
Pourquoi devrais-je alors, par des artifices juridiques qui témoigneraient d'une étroitesse d'esprit aussi grande que celle qu'on trouve à la lecture des chefs d'accusation qui me sont imputés,
prolonger artificiellement cette affaire ? Je ne vois plus de raisons à cela.
Mon point de vue est, au contraire, qu'un homme véritablement libre doit être prêt à répondre de ses
actes même si cela peut avoir pour lui des suites fâcheuses. S'il le faut, et sans que cela change quoi que ce soit à mes opinions, j'envisage un emprisonnement de plusieurs années, dès lors que
je suis persuadé que tôt ou tard le jour viendra où le caractère grotesque de l'accusation formulée contre moi et mes co-accusés retombera sur les auteurs de cette accusation.
C'est au tribunal qu'il appartient maintenant, ou bien de me faire plaisir en m'acquittant en pleine
connaissance de la nullité des chefs d'accusation, ou bien - en conformité avec le mandat qu'il a reçu de l'Etat - de m'incarcérer pour quelques années.
Dans ce cas j'aurai ainsi l'honneur de pouvoir prouver qu'Axel Möller n'est pas un homme seulement apte
à envoyer de par le monde, à bon compte et avec une bonne distance de sécurité, des articles via Internet, mais bien un homme prêt à payer au prix de sa liberté, et croyez-moi, si besoin est, au
prix de sa vie, tout ce qu'il a voulu exprimer sur sa vision du monde et des hommes.
A une époque comme la nôtre, mon honneur m'est plus cher que les simples plaisirs de la vie ; décidez
donc de mon sort comme il vous en plaira.
Au terme de la présente déclaration je voudrais enfin vous assurer que j'entends poursuivre le combat
contre votre système. Et peu importe où je me trouverai alors. Sera-ce dans la rue, dans le cadre d'une activité professionnelle, devant mon ordinateur ou dans la triste solitude d'une cellule de
prison à l'intérieur de laquelle je serai encore plus libre que vous à l'extérieur, car je sais que la vraie liberté ne dépend pas des conditions extérieures dans lesquelles on se trouve, mais
bien de ce que nous dit notre conscience intérieure.
En tant que délinquant politique agissant par fidélité à ses convictions je repousse avec mépris toute
circonstance atténuante que vous pourriez m'octroyer à titre personnel, car à tous égards je me vois comme étant pleinement dans mon bon droit. Je n'ai donc nullement l'intention de marchander
avec des gens tels que vous mon droit à la liberté d'expression.
S'il est une chose que j'ai apprise depuis [la chute du Mur de Berlin en] 1989 c'est bien que dans une
démocratie comme la nôtre la liberté de parole ne nous est jamais offerte mais qu'il faut la prendre de force à chaque fois qu'une possibilité se présente.
C'est ce que j'ai fait presque chaque jour pendant plus de douze ans.
J'ai ainsi eu l'honneur de participer à des projets qui ne manquaient jamais l'occasion - à l'inverse de
ce que font des médias conformistes obéissant à une orientation idéologique préconçue - de permettre à un adversaire politique d'exprimer pleinement ses arguments. Et cela d'autant plus aisément
que mes conceptions idéologiques sont, je pense, suffisamment étayées pour pouvoir résister à des opinions et des points de vue différents des miens.
Faire preuve d'une telle indépendance où il n'y a ni tutelle ni censure a naturellement son prix. Et je
suis en quelque sorte reconnaissant à un destin qui me permet de payer ce prix par la possibilité qui m'est ainsi donnée de revendiquer publiquement mes opinions ; étant entendu par ailleurs que
je vois la punition que vous allez bientôt m'infliger, moins comme une punition que comme l'octroi d'une sorte de prix Pulitzer.
Et je voudrais terminer ce "plaidoyer" par une citation d'un verset écrit par Adolf Bartels, un poète
allemand, historien de la littérature, que j'apprécie tout particulièrement. Je pense que ce verset, bien qu'écrit en 1912, décrit remarquablement l'état présent de l'actuelle démocratie en
Allemagne.
La liberté ressemble à ces rayons de soleil
Auxquels le feuillage est redevable de sa verdure.
Mais à quoi bon du soleil sur un arbre
Dont la plus profonde des racines est malade.
Je remercie le tribunal pour son attention et me tiens maintenant à sa disposition quel que soit le verdict dont je vais être bientôt l'objet.
Axel Möller.

Voici une lettre du révisionniste Germar Rudolf, diffusé par l'agence de presse Bocage.
Fred Leuchter est ce spécialiste américain des chambres à gaz d’exécution qui, à la demande du professeur Faurisson, avait été diligenté par le
Germano-Canadien Ernst Zündel pour examiner sur place en Pologne ce qui est présenté comme des chambres à gaz homicides.
Le fondateur du CODOH, groupe pour l’organisation d’un débat libre sur la "shoah" a écrit à Irina Bokova, directrice-général de l'UNESCO à Paris pour lui
demander comment elle conciliait le fait qu'elle attache autant d'importance à la promotion de la liberté d'expression et qu'en même temps elle soit parfaitement consciente que des gens sont en
prison pour avoir simplement exercé cette liberté d'expression - à commencer par Vincent Reynouard en France.

