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Chants de France

Mardi 22 février 2 22 /02 /Fév 20:20
- Par MSR

      Ce chant date de 1875 : les chasseurs à pied sont alors prêts d’être supprimé par le gouvernement républicain. Ils l’apprennent pendant qu’ils manœuvrent au camp de Chalon et créent ce chant ce chant en guise de protestation… ce sera donc La Protestation.
 
      T. Bouzard rapporte que « les vitriers dont il question est le surnom donné aux chasseurs par les biffins à cause du sac à dos en toile cirée qui brillait au soleil et les faisait ressembler de loin à des vitriers. » D’autres couplets ont été ajoutés ensuite, notamment le 5e, ajouté après la Grande Guerre. Ils ne figurent pas dans toutes les versions.

 

 
Chasseur à pied  (second empire)


       La mention des « chasseurs de Driant » fait référence à Emile Driant (photo à gauche), dont nous célébrons aujourd'hui le 95e anniversaire de la mort, gendre du général Boulanger, officier et écrivain. Nationaliste pétri de catholicisme, homme d’une grande intelligence, ce lorrain s’engagea dans l’armée pour effacer la défaite de 1870. Il réussit une belle carrière, jusqu’à être nommé en juillet 1899 chef de corps du 1er bataillon de Chasseurs à pied à Troyes. Mais les influences francs-maçonnes lui font connaître de graves ennuis : mis aux arrêts par deux fois, écarté du tableau d’avancement, il quitte l’armée, dégoûté, en 1905.


      Il poursuit son combat sur le terrain politique : il est élu député en 1910. Parallèlement, sous le pseudonyme de « Capitaine Danrit », il s’était illustré comme dans le roman d’anticipation ; ses ouvrages connurent de grands succès populaires.
      En 1914, il a 59 ans et se porte volontaire. Il prend la charge en 1915 du bois des Caures, à Verdun. Il tente sans succès d’y faire amener des moyens : il pense que Verdun est susceptible de devenir un lieu stratégique. La suite lui donne raison : en février 1916, les Allemands lancent d’intensifs bombardements puis passent à l’offensive. Avec ses chasseurs, il oppose une résistance héroïque, mais doit finalement céder, faute de renfort. Alors qu’il se replie et que la plupart de ses hommes sont morts, il se retrouve dans un trou d’obus à côté d’un de ses soldats blessés. Alors qu’il s’arrête pour le panser, une rafale de mitrailleuse l’atteint en pleine tête.

      Le surnom que ses chasseurs reçurent, les « Diables bleus », illustre bien leur valeur guerrière. Le 6e couplet a été ajouté à l’occasion d’un projet prévoyant de changer leur habit. Ce fut pour les chasseurs l’occasion d’émettre une nouvelle Protestation.


1. Nous sommes trente mille braves
Au képi sombre, au manteau bleu
Et nous voyons même les zouaves
Derrière nous, courir au feu.
Vous qui voulez qu’on nous supprime,
Qu’avez vous a nous reprocher ?
En guerre en paix, notre seul crime
C’est d’avoir su trop bien marcher.
Ne touchez pas aux corps d’élite ;
Chasseurs, chasseurs pressons le pas.
Qu’on nous fasse marcher plus vite
Mais qu’on ne nous supprime pas.

Encore un carreau d’ cassé,
Vl’ la vitrier qui passe...
Encore un carreau d’ cassé,
V’ l’a l’ vitrier passé.

2. Voyez un peu notre démarche,
Essayez de nous suivre au pas.
C’est notre bataillon qui marche,
Allons ne vous essoufflez pas
C’est le clairon c’est notre amour.
Fi du biffin qui lent se traîne
Trébuchant derrière un tambour,
Place aux chasseurs la route est large,
La route qui mène au combat.
Vous les verrez pousser la charge
Si vous ne les supprimez pas.

Refrain.

3. Visez-vous à l’économie
Des 5 milliards qu’on dû verser ?
Nous vous offrons tous notre vie
Pour vous les faire remboursez...
Ou tenez-vous au drapeau garance
Que nous donnons sans valoir mieux
Notre sang vert c’est pour la France
Rougira nos pantalons bleus
A nous les coups de main dans l’ombre
Qu’il faut exécuter tout bas
Notre tenue n’est pas trop sombre.
Vous ne la supprimerez pas !

Refrain.

4. Vous avez vu nos frères d’armes
Tomber partout pour le pays,
Vous leur avez donné des larmes
Epargnez donc leur vieux débris.
Seriez-vous plus durs que la guerre ?
Ne pouvez-vous pas ménager
Aux chasseurs dormant sous la terre
Quelques chasseurs pour les venger ?
Que la mitraille nous décime,
Elle a sur nous droit de trépas
Si elle le peut qu’elle ne nous supprimer,
Mais vous, vous ne nous supprimerez pas !

Refrain.

5. Vous avez vu la Grande Guerre
Faire nous des Diables Bleus.
Ce nom ceux qui le lui donnèrent
Allez, s’y connaissaient un peu.
Sur tous les fronts, Verdun, la Somme
Plus de cent fois renouvelés
Nos bataillons comme un seul homme
Devant la mort se sont dressés.
Chez nous pas de paroles vaines
Les chasseurs de Driant sont là !
Alors qu’aux morts on nous enchaîne
Mais qu’on ne nous supprime pas.

Refrain.

6. Notre drap bleu c’est le symbole
Du dévouement de nos aînés.
Nous y tenons plus qu’une idole,
Car il est leur linceul sacré.
Pourquoi nous mettre en drap moutarde,
Les chasseurs ne meurent qu’en bleu
Voulez-vous perdre une avant-garde
Qui fut toujours première au feu ?
Si vous respectez la mémoire
Des chasseurs qui par leur trépas,
Ont couvert la France de gloire
Vous ne nous supprimez pas.

Refrain.











Le monument aux morts dressé à la mémoire du colonel Driant

et de ses chasseurs au Bois des Caures
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Mercredi 19 janvier 3 19 /01 /Jan 20:20
- Par MSR
       Un chant sur lequel nous ne possèdons pas d'information. Il narre l'histoire de deux jeunes filles qui attendent le retour de l'être aimé, parti à la guerre, défendre la patrie...
      Il existe quelques modifications parmi les versions qui existent : l. 8 : « 
Pour retrouver le vrai bonheur que chantent » ; l. 11 : « Le long des grands chemins » ; l. 16 : « Para le pays t’appelle » et parfois "Marianne" plutôt que "Marie". Dans la version audio présentée ci-dessous les paroles finales sont "
Un jour tu reverras ta mère/ Ta Marianne et puis ta Suzon".



http://img412.imageshack.us/img412/3464/vandermeulenadamfransba.jpg
 
Scène à l'entrée du village, Adam Frans Van Der Meulen et Adriaen Frans Baudouins,


     Un lecteur, Stéphane, nous a communiqué une version avec quelques variations, version en cours dans l'armée française :  « Il est parti un bon matin/ Le long des grands chemins/ Il a quitté son village/ Ses amis et ses compagnons/ C’est pour défendre la Patrie/ Au loin sonne le clairon/ Soldat le pays t’appelle/ Va rejoindre ton bataillon/ Un jour tu reverras ta belle/ Ta Marie... ta Suzon. »




Je connais un petit village
Entouré de pommiers fleuris
Et là près d’un joli cottage
Marie, Suzon sont réunies
Et toutes deux ensemble se demandent
Reviendra-t-il
Le petit gars
Pour écouter le gai ruisseau qui chante
Les prés, les bois, les plaisirs d’autrefois
Il est parti un bon matin
Tout le long des chemins
Il a quitté sa chaumière
Sa Marie et puis sa Suzon
C’est pour défendre la Patrie
Car au loin tonne le canon
Soldat le pays t’appelle
Va rejoindre tes compagnons
Un jour tu reverras ta belle
Ta Marie et ta Suzon.







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Vendredi 14 janvier 5 14 /01 /Jan 18:18
- Par MSR

      Ce chant est attribuée à Rudi Goguel, interné en camp de concentration dès les débuts du régime national-socialiste au camp de Börgemmor. Activiste communiste, il est arrêté en 1933 et relâché quelques mois plus tard. Entre temps, il a composé ce chant, appelé Moorsoldatenliedesou Börgermoorlied. Malgré la clémence des autorités et sa libération, il entre en clandestinité et se remet au service d’un mouvement terroriste.
      Arrêté à nouveau, il est condamné à dix ans d’internement. Il sera libéré après avoir purgé sa peine puis à nouveau arrêté. Après l’invasion de l’Europe, il continue à militer pour le Parti communiste : il rejoindra même l’Allemagne de l’Est pour servir activement la dictature marxiste et y fera une belle carrière. Ce juif communiste a passé toute la guerre dans les camps de concentration sans connaître l’"extermination".



http://img255.imageshack.us/img255/4631/caparconahamburgriodeja.jpg

Le Cap Arcona était l’un des plus beaux navires au monde.

La tragédie de Lübeck fit cinq fois plus de victimes que le naufrage du Titanic



      Une seule fois Rudi Goguel a échappé à la mort : lorsque le gouvernement terroriste britannique fit bombarder des bateaux transportant plusieurs milliers de prisonniers et de SS dans la Baie de Lübeck. Environ 600 soldats allemands et 7 300 prisonniers périrent dans l’attaque du Cap-Arcona, du Deutschland IV, du Thielbeck et de l’Athen, provoquant la plus grande grande catastrophe maritime de l’histoire, avec deux autres crimes de la Seconde guerre mondiale commis par les soviétiques contre le Wilhelm Gustloff et le Goya. Au lendemain de l’attaque, le 3 mai 1945, la presse britannique se félicita d’une « brillante attaque ».



      Le chant est né de la collaboration d’un ouvrier, Johann Esser, de Wolfgang Langhoff qui travaillait dans le milieu du cinéma et de Rudi Goguel. Les internés étaient incités par leurs gardes, SA puis SS, à chanter en se rendant au travail notamment. Au camp de Börgemmor, ils étaient alors notamment affectés à l’asséchement d’un marais et à la culture. Des détenus réfléchirent à composer un chant nouveau : le travail des trois hommes aboutit à la création de ce Moorsoldatenliedes, qui fut présenté pour la première fois lors d’une représentation théâtrale organisée dans le camp.
      Il s’imposa rapidement parmi les prisonniers qui diffusèrent le chant au gré de leurs libérations quand ils étaient rendus à la vie civile, de leurs passages dans les différents camps. Sa popularité fut encore accru par son adaptation en plusieurs langues : il en existe plusieurs dizaines de versions, certaines présentant certaines divergences de mélodie.



http://img69.imageshack.us/img69/6814/clipboard01ea.jpg

Visite d’un responsable de la Gestapo, le Dr Diels à Papenburg,
où se situe le camp de Börgemmor (1933).



       Son thème, l’incessante propagande anti-allemande depuis 65 et la beauté pathétique du chant expliquent le succès de ce chant depuis la guerre et la multiplication des versions. Le chant des marais est repris aussi bien par les militaires, que les scouts, les chorales, des chanteurs "antifascistes", etc.


      Les premières mesures seraient empruntées à la berceuse allemande Hoch, Kind, hoch – dont nous n’avons pas trouvé de trace – datant de la guerre de Trente Ans et le refrain inspiré du ‘reiterlied’ (chant de cavalier) Die Bange Nacht ist nun herum écrit par Georges Herwegh en 1841 dont Justus W. Lyra créa la mélodie l’année suivante. Die Bange Nacht contenait déjà dans sa troisième strophe des allusions politiques ; une version fit son apparition en 1941 : l’auteur – anonyme – a modifié légèrement certaines paroles pour donner au chant un ton violemment anti-national-socialiste.


      Les traductions et adaptations françaises du Chant des marais possèdent quelques variations : c. 1 l. 1 : « Loin dans l’infini » ; c. 1. l. 3. : « Pas un seul oiseau » ; « Sur les arbres »; c. 2 l. 2 : « Entourés de murs de fer » ; « Bruits des pas et bruits des armes » ; « Des cris, des pleurs et des larmes » ;c. 4 l. 3 : « Liberté, alors, O ma patrie ». Nous trouvons parfois comme refrain final : « Oh! Terre enfin libre/ Où nous pourrons revivre/ Aimer – Aimer – Aimer ».





I. Loin vers l’infini s’étendent
De grands prés marécageux.
Et là-bas, nul oiseau ne chante
Sur les arbres secs et creux.

Oh ! Terre de détresse
Où nous devons sans cesse
Piocher, piocher... piocher.


II. Dans ce camp morne et sauvage
Entouré de fils de fer
Il nous semble vivre en cage
Au milieu d’un grand désert.

Refrain.

III. Bruit des pas et bruit des armes
Sentinelles jours et nuits
Et du sang, des cris, des larmes,
La mort pour celui qui fuit.

Refrain.

IV. Mais un jour dans notre vie
Le printemps refleurira
Liberté, Liberté chérie
Je dirai : tu es à moi

Oh terre d’allégresse,
Où nous pourrons sans cesse
Aimer, aimer, aimer.

 

 

 

 

Écouter le chant ici:

 

 

 

 

ou ci-dessous (images : Jérôme Bosch) :

 

 

 

 

 

Die Bange Nacht :

 

http://img15.imageshack.us/img15/9057/diebangenachtreiterlied.jpg

 

 

I. Wir reiten still, wir reiten stumm,

Wir reiten ins Verderben.

Wie weht so scharf der Morgenwind!

Frau Wirtin, noch ein Glas geschwind

Vor'm Sterben, vor'm Sterben.

 

II. Du junges Gras, was stehst so grün?

Mußt bald wie lauter Röslein blühn,

Mein Blut ja soll dich färben.

Den ersten Schluck ans Schwert die Hand,

Den trink ich, für das Vaterland

Zu sterben, zu sterben!

 

III. Und schnell den zweiten hinterdrein,

Und der soll für die Freiheit sein

Der zweite Schluck vom Herben!

Dies Restchen, nun, wem bring ich's gleich?

Das Restchen dir, o römisch Reich

Zum Sterben, zum Sterben!

 

IV. Dem Liebchen — doch das Glas ist leer,

Die Kugel saust, es blitzt der Speer;

Bringt meinem Kind die Scherben!

Auf, in den Feind wie Wetterschlag!

O Reiterlust, am frühen Tag

Zu sterben, zu sterben!

 



Version originale de Die bange Nacht, dans interprété par Rick Hegewald

 

 

 

 

La version anti-allemande de 1941 :

 

I. Die bange Nacht ist nun herum,

wir fahren still, wir fahren stumm.

Wir fahren ins Verderben!

Wie weht so frisch der Morgenwind

gib her, noch einen Schluck geschwind

vorm Sterben, vorm Sterben.

 

II. Der erste Schluck - du liebes Weib!

An dich denk' ich mit Seel' und Leib

an dich und uns're Erben!

Ihr Lieben, ach, es ist so schwer

für Görings Bauch und Hitlers Ehr'

zu sterben, zu sterben!

 

III. Der zweite Schluck - mein deutsches Land

wie lebst du heut' in Schmach und Schand'

In Elend und Verderben!

Der Reiche sauft und frißt vergnügt

doch unser armes Deutschland liegt

im Sterben, im Sterben!

 

IV. Der dritte Schluck - ich sag' es laut:

Dreht die Kanonen um und haut

das Hitlerreich in Scherben!

Wenn wir vom Feind das Land befrei'n,

dann soll's uns eine Ehre sein

zu sterben!

 

 

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Mardi 4 janvier 2 04 /01 /Jan 18:18
- Par MSR

      La Piste est un des nombreux très beaux chants du répertoire parachutiste ; celui-ci est assez peu connu. Il est le chant de la compagnie d’appui du 8° RPIMa (insigne à gauche).
       Sur cet air, les parachutistes ont créé un autre chant,
L'Ancien.


       Sur le site <www.troupesdemarine.org>, le chant est dénommé  Sur la piste. Ce site donne une version différente qui n'est pas convaincante.



       Comme pour l'ancienne version du site, nous avons recréer un index qui est disponible ici. Les chants sont remis à jour au fur et à mesure (remise en place des vidéos et des enregistrements audios. En attendant, les versions audios sont disponibles sur le compte Club Acacia sur <www.neogen.ro> et les vidéos sur le compte  Club Acacia de <www.rutube.ru>)



La, la, la, la, la, la, la
La, la, la, la, la, la, la

Paras marchent à travers le pays
La, la, la, la, la, la, la
Chantant leur foi leur amour de la vie
La, la, la, la, la, la, la
France pour te défendre et mieux te servir
Nous avancerons toujours sans faiblir
Sur cette piste sans fin vont les parachutistes
Sans fin suivre cette longue piste

Croyons en la force et en l’effort
La, la, la, la, la, la, la
Nous vaincrons la peur une fois encore
La, la, la, la, la, la, la
C’est notre espérance de pouvoir aussi lutter et souffrir pour notre patrie
Parachutiste, ton destin t’attend sur la piste
Ton destin t’attend sur cette piste.
La, la, la, la, la, la, la
La, la, la, la, la, la, la
La, la, la, la, la, la, la
La, la, la, la, la, la, la

 

 


Autre version :

Para, marche à travers le pays
Sentant leur froideur amour de la vie
Quand pour te défendre et mieux te servir
Nous avancerons toujours sans périr
Sur cette piste sans fin
Vont les parachutistes
Sans fin suivre cette longue piste

Croyons en la force et en l’effort
Nous vaincrons la peur une fois encore
C’est notre espérance de pouvoir aussi
lutter et souffrir pour notre Patrie
Parachutiste,
Ton destin t’attend sur la piste
Ton destin t’attend sur la piste.

 

 

 

 

Ecouter le chant ICI

ou ci-dessous :

 

 

 

 

Le chant Sur la Piste accompagné d'images de présentation du 8e RPIMa

 

 

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Lundi 22 novembre 1 22 /11 /Nov 18:18
- Par MSR
       Le chant Les Canuts évoque les difficiles conditions de vie de ces ouvriers spécialisés dans le tissage de la soie à Lyon face au chaos du monde moderne. Le couplet où l’« on entend déjà la révolte qui gronde » évoque l’insurrection qui éclata à Lyon à la fin de l’année 1831. Elle commença par une grève, le 21 novembre : une minorité de patrons refusait l’instauration d’un salaire minimum, arguant de la concurrence anglaise. Dès le lendemain, le 22 novembre, les canuts se rendent maîtres de la rue : ils s’emparent d’une caserne et d’armes, tandis qu’une partie de la garde nationale les rejoint.

http://img213.imageshack.us/img213/7338/drapeaunoirna.pngLe drapeau noir, symbole hier des Canuts insurgés,
aujourd'hui des nationalistes autonomes


      Chefs d'atelier et compagnons-ouvriers, prennent alors le contrôle de la ville. Ils refusent la récupération politique et conservent à leur lutte des objectifs purement sociaux : ils écartent donc les agitateurs républicains qui tentent d’imposer leur drapeau tricolore. L’étendard de la révolte sera la drapeau noir brodé de la devise :
"
Vivre en travaillant ou mourir en combattant".

      Le roi, qui a définitivement tourné le dos à la Tradition, poussé par la bourgeoisie, envoie l’armée qui, le 5 décembre, met, dans le sang, un terme à l’insurrection.
       Ce c
hant est le procès de la société née de 1789 : la révolution bourgeoise qui mit fin à la société aristocratique, asservit ouvriers et artisans par l'abolition des corporations et qui entraîna la France dans une industrialisation et un libéralisme qui ne tenaient plus compte des intérêts des hommes, que de la nature ou de la nation.

       Ce chant ne date pas des temps glorieux des barricades ; l’auteur en est en fait le célèbre Aristid
e Bruant (1851-1925). Auteur, compositeur et interprète, il connut la gloire en se produisant dans divers cabarets puis en effectuant de longues tournées à travers le monde.
Variante : couplet 1, ligne 2 : « Il faut avoir chasuble d’or ».




I. {Pour chanter Veni Creator
Il faut une chasuble d’or (bis)
Nous en tissons, pour vous, grands de l’Eglise
Et nous pauvres canuts, n’avons pas de chemises
C’est nous les canuts
Nous sommes tous nus.


II. {Pour gouverner il faut avoir
Manteau et ruban en sautoir (bis)
Nous en tissons pour vous, grands de la terre
Et nous pauvres canuts, sans drap on nous enterre
C’est nous les canuts
Nous sommes tous nus.


III. {Mais notre règne arrivera

Quand votre règne finira (bis)
Nous tisserons le linceul du vieux monde
Car on entend déjà la révolte qui gronde.
C’est nous les canuts
Nous n’irons plus nus.



Ecouter le chant ici :


ou là : Ecoutez le chant ici.

ou ici :





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Samedi 13 novembre 6 13 /11 /Nov 18:18
- Par MSR
       C'est le poète allemand Ludwig Uhland qui est l'auteur des paroles originales.

      Né le 26 avril 1787 et mort le 13 novembre 1862, dans la ville de Tübingen, Ludwig Uhland (ici à gauche, peint par Wilhelm Morff en 1818) étudia le droit et la philologie à Tübingen entre 1801 et 1811. Cela lui permit de travailler au sein du ministère de la justice, avant de devenir avocat. Il obtint en 1829 une chaire de professeur de langue et de littérature allemande à l’université de Tübingen. Cultivé et brillant, il partageait le goût des romantiques allemands de cette époque pour la période et la littérature du Moyen Âge.

      Il demeure comme l’un des chefs de file les plus importants des romantiques Souabes, avec son ami Justinus Kerner et Eduard Mörike. Il est l’auteur de Ballades, des drames historiques (Ernst de Souabe, 1818), ainsi que d’essais, dont une monographie consacrée à Walther von der Vogelweide.
       Son poème Der Gute Kamarad date de 1812, a été mis en musique par Friedrich Silcher en 1825 et le chant est devenu aujourd’hui très célèbre. Il accompagne encore aujourd'hui des enterrements militaires en Allemagne.

      Comme la plupart des chants allemands, il a intégré le répertoire militaire français par l’intermédiaire de la Légion étrangère. A noter la proximité avec le chant que Jean de Brem a créé sur cet air,
La Cavalcade. Les deux chants sont d’ailleurs parfois mélangés.
       La version du capitaine Selosse présente pour unique variante le fait d’indiquer "Nous allions comme deux frères" au lieu de "comme des frères" (couplet 1, ligne 4) et des reprises de fin de phrases. On trouve parfois à a dernière ligne du dernier couplet « Restons toujours unis ».
      Ce chant a connu diverses adaptations à travers le monde.
      Le groupe Panzerjäger a repris
J'avais un camarade dans son premier album.




J'avais un camarade

I. J’avais un camarade

De meilleur il n’en est pas
Dans la Paix et dans la Guerre
Nous allions comme des frères
{Marchant d’un même pas.

II. Mais une balle siffle
Qui de nous sera frappé ?
Le voilà qui tombe à terre
Il est là dans la poussière
{Mon cœur est déchiré.

III. La main, il veut me prendre,
Mais je charge mon fusil
Adieu donc adieu mon frère
Dans le ciel et sur la terre
{Soyons toujours unis.




Ecouter le chant ci-dessous :



ou là : Ecouter ici la version française.





Ich hatte einen Kameraden


I.Ich hatte einen Kameraden
Einen bessern findst du nicht
Die Trommel Schlug zum Streite
Er ging an meiner Seite
{In gleichem Schritt und Tritt.

II. Eine Kugel kam geflogen
Gilt sie mir oder gilt sie dir
Ihn hat ihn es weggerissen
Er liegt zu meinen Füssen
{Als wär’s ein Stück von mir.

III. Will mir die Hand noch reichen
Derweil ich eben lad :
Kann dir die Hand nicht geben
Bleib du im ewgen Leben
{Mein guter Kamerad...



Ecouter ici la version allemande.

ou ci-dessous :










Der Tod fürs Vaterland ist ewiger Verehrung wert par 
Georg Sluyterman von Langeweyde
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Jeudi 11 novembre 4 11 /11 /Nov 15:15
- Par MSR
       En ces temps de commémorations de Onze Novembre, et de récupération politicienne, ces mêmes politiciens qui aujourd'hui envoient nos soldats mourir en Afghanistan pour des intérêts qui ne sont pas les nôtres, après avoir envoyé durant la Grande Guerre 1,5 millions de nos ancêtres à la mort, voici un chant créé dans l''entre-deux-guerre : La Briscarde.
      Ces mêmes politiciens poursuivent de leur haine de véritables héros Xavier Vallat, Marcel Bucard, Joseph Darnand : ces Poilus qui souvent ceux qui défendirent la France avec le plus d'ardeur, se lancèrent dans le combat politique, dans l'immédiate après guerre (les listes des Poilus connurent un bref succès en 1919 avant de disparaître, dépassés par les politiciens), puis dans les années Trente et durant la Seconde Guerre mondiale en espérant sauver la France. La suite de la Grande Guerre est connue : ces politiciens lancèrent la France dans la guerre d'Espagne, dénièrent à l'Italie le 10e de ce qu'ils s'accordaient, et finalement déclarèrent à l'Allemagne une guerre qu'ils n'avaient ni su, ni voulu, ni pu préparer.

      Face à eux, des Combattants nombreux avaient tenté de se dresser. Au premier rang, la droite nationaliste, dont ce chant témoigne de l'engagement...

      Les paroles sont à prendre avec précautions. Nous avons compléter notre transcription grâce au site Les chants de France.
Une erreur semble subsister au 3e paragraphe (à "On dit que"... ("Bandit ..." ?)).





Cinq ans de souffrance et de deuil

Sont des malheurs que le temps efface
Puisque voici qu’un  ouragan menace
De venir souiller les cercueils
Mais alors, ainsi qu’un ferment
Fait lever le pain sous la braise,
Tous sont là, martyr et ces Françaises
Vont crier debout dans le vent :

{Lève-toi Briscard, lève-toi
Nous devons monter la garde
N’oublies pas que tu te dois
D’être prêt quand sonnera
La briscardre (bis)


Là-bas sous les murs de Verdun
Lorsque la mort passait en rafale
Si nous avons résisté sous les balles
C’est que nous tous leur faisions peur
Aujourd’hui, partout c’est l’oubli,
C’est l’appel au meurtre à la haine ;
Mais du tombeau, sous l'Arc, brisant les chaînes,
Le Poilu sacré pousse un cri :

Refrain

Tremblez politiciens véreux
Voleurs en droit, policiers infâmes.
On dit que tous les sectateurs sans âmes
Du troupeau bergers sans aveu,
Vous avez souillé nos autels,
Mais la France vers nous se penche :
Et de tout ceux qui gardent leurs mains blanches
Nous voulons sonner le rappel !

Refrain









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Vendredi 22 octobre 5 22 /10 /Oct 18:18
- Par MSR

«Je m’engage sur l’honneur à servir la France au sacrifice même de ma vie. Je jure de consacrer toutes mes forces à faire triompher l’idéal révolutionnaire de la Milice française, dont j’accepte librement la discipline. Je le jure !»

 


      Voici le serment que prononçaient, à genoux, les miliciens, comme l'indique le début de ce Chant des cohortes.
      Créée en 1943 par le gouvernement de Vichy, la Milice française rappelle les vieilles milices qui, dans les villes françaises, se formaient pour faire respecter l’ordre et pour faire face aux envahisseurs. Son secrétaire général était Joseph Darnand venant, comme la plupart de ses troupes, du Service d’ordre légionnaire. Sous l’ordre des préfets, tout ses chefs étaient nommés par le président du Conseil. Non armée durant de nombreux mois, la Milice compta de nombreux morts dans ses rangs, victimes d'attentats des valets à la solde de Staline ou du capitalisme anglo-saxon.
      C’est pourquoi elle fut par la suite armée pour assurer sa sécurité. Les ennemis de la France avaient obtenu ce qu'ils souhaitaient : le déclenchement d'une terrible guerre civile dont les traces n'auraient pu être effacée que par un grand chef d'Etat que la France ne trouva pas.

      La haine des gaullistes et communistes ne laissa guère de choix aux patriotes : rester en France  attendre les armées d'invasion et être exécuté ou partir pour l'Allemagne et poursuivre le combat. Ce fut le choix de nombreux miliciens qui intégrèrent la Division Charlemagne, où la plupart moururent en défendant avec honneur les armes françaises, rejoint dans la tombe par les miliciens particulièrement touchés par l'épuration.


      Ce chant était celui du Service d'Ordre Légionnaire (SOL) est fut adapté ensuite pour la Milice française. Il existe quelques variations entre les deux versions, les mots "SOL" remplacés par "Milice" et "légionnaires" remplacés par miliciens, comme dans le refrain : "Légionnaires de mourir en chantant" ...
      Ce chant n'est présenté - comme les autres - qu'à titre purement historique.






A genoux nous fîmes le serment,
Miliciens de mourir en chantant,
S’il le faut pour la Nouvelle France !
Amoureux de gloire et de grandeur,
Tous unis par la même ferveur,
Nous jurons de refaire la France,
A genoux, nous fîmes ce serment.


I. Le sauveur de la France immortelle
A fait luire un radieux idéal ;
Le vainqueur de Verdun nous appelle,
Répondons : “Présent !” au Maréchal !

Refrain.

II. Accourez dans nos dures cohortes
Ô vous tous que grisent les combats :
La Milice fera la France forte
Par ceux-là qui ne trembleront pas !

Refrain.

III. Pour qu’enfin la nation se redresse,
Miliciens nous irons jusqu’au bout !
Modelons une ardente jeunesse
Et nos morts seront contents de nous !

Refrain.

IV. Nous servirons de toute notre âme
La Milice, son chef et la Nation
Miliciens, la Nation vous réclame
Pour que vive la Révolution !

Refrain.

V. Pour les hommes de notre défaite
Il n’est pas assez de dur châtiment
Nous voulons qu’on nous livre les têtes,
Nous voulons le poteau infamant !

Refrain.

VI. Miliciens faisons la France pure
Bolcheviks, francs-maçons ennemis,
Israël, ignobles pourriture,
Ecœurée la France vous vomit !

Refrain.



Ecouter le chant ci-dessous



ou ici :



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Samedi 16 octobre 6 16 /10 /Oct 20:20
- Par MSR
         Sur un air qui serait inspiré d’un chant dénommé Le Midi Bouge, tout est rouge, d’origine provençale et datant de 1870, les militants d’Action française ont adapté ce chant, vraisemblablement peu après la création des Camelots du Roi. Ces derniers, bras armé de l’Action française, sont nés le 16 octobre 1908. Ils s’appliqueront à faire connaître ce chant qui est un condensé de leur doctrine : monarchie, exaltation de la jeunesse et du travail, antisémitisme, antiparlementarisme…

        Le couplet 6 fait référence aux affaires de Panama et de Thalamas. La première évoque un scandale politico-financier sans précédent (mais la République maçonnique en connaîtrait bien d’autres dans les siècles suivants) impliquant d’un côté des hommes politiques francs-maçons et de l’autre des banquiers juifs. Le scandale sera d’ailleurs dévoilé par Edouard Drumont. Ferdinand de Lesseps avait été choisi pour diriger le chantier du percement d’un canal pour relier l’océan Pacifique et l’Atlantique par l’Amérique central. Il commet de très nombreuses fautes et l’affaire devient un gouffre financier. Il corrompt journalistes et hommes politiques pour qu’ils se taisent et lui permettent de continuer, et surtout pour lancer une souscription auprès des épargnants, qui seront ruinés. Les travaux ont commencé en 1881. Ce n’est qu’en 1892 que le scandale éclate, grâce à la tenacité du directeur de la Libre Parole. Seulement quelques personnes seront condamnés et le scandale étouffé.
        L’affaire Thalamas concerne le professeur Amédée Thalamais. Ce dernier, professeur sans titre universitaire, avait gravit, entre 1904 et 1909 tout les échelons, parvenant à être nommé au Lycée Condorcet, puis à la prestigieuse Sorbonne. Ses attaques contre la religion était des titres suffisants pour les maîtres de la France. Il s’était fait connaître par des cours particulièrement orientés sur Jeanne d’Arc.
        Après sa nomination à la Sorbonne qui était un véritable scandale, les Camelots du roi s’introduisaient à tous les cours du franc-maçon pour les perturber. En décembre 1908, le chef des camelots, Maxime Real del Sarte, gifle le professeur qui est, le 17 février 1909, fessé en public par Lucien Lacour qui lance : « Votre place n'est pas ici. Elle est à la synagogue ou à la rue Cadet ».

       Voir pour l’histoire des Camelots du roi le site Camelotsduroi.canalblog.com.

       Certaines versions font l’impasse sur les couplets 2 à 5. Variations : c. 2, l. 1 : « dit le radin » ; c. 4 l. 4 « Les affreux traîtres ».




I. Le Juif ayant tout pris
Tout raflé dans Paris, dit à la France :
« Tu n’appartiens qu’à nous
Obéissance ! tout le monde à genoux. »

Non, non, la France bouge, elle voit rouge
Non, non, assez de trahisons.

II. « Tant pis, dit le rabbin
Je tiens tout dans ma main, j’ai la police
Et pour violer la loi
Une justice de magistrats sans foi. »

Refrain.

III. Les travailleurs ont faim
Le Juif dit : « Pas de pain, mais en rafales
Pur sauver nos écus
Voici des balles, peuple ne bouge plus. »

Refrain.

IV. De brûler nos vaisseaux
Et tous nos arsenaux, le Juif est maître
Sous les canons prussiens
Dreyfus le traître pousse nos citoyens.

Refrain.

V. Juif insolent tais-toi
Voici venir le Roi, et notre race
Cours au-devant de lui
Juif à ta place, notre Roi nous conduit.

Refrain.

VI. Assez de Panama,
Assez de Thalama, toute la clique
De pédants, de brigands,
O république, nous la mettrons dedans.

Refrain.

VII. Le roi revient d’exil
« O France, dira-t-il, reine du monde
Te voilà donc aux mains
Du Juif immonde, coureur de grand chemins. »

Refrain.

VIII. « Oui la France aux Français
A mes loyaux sujets, je tiens le glaive
Pour que le travailleur
En paix achève, son honnête labeur. »

Refrain.

IX. Notre jeunesse en fleur
Vous a donné son cœur, Roi magnanime
Menez-la jusqu’au cieux
De cimes en cimes, de vos pas glorieux.

Refrain.

X. Hardi, France d’abord
Français mieux la mort, que l’esclavage
Gloire à qui tombera
Tous à l’ouvrage, la France renaîtra.

Refrain.

[plus lentement]
XI. Demain sur nos tombeaux
Les blés seront plus beaux, serrons nos lignes
Nous aurons cet été
Du vin aux vignes, avec la royauté.

Une, deux, la France bouge, elle voit rouge
Une, deux, les Français sont chez eux.



Ecouter le chant ICI

ou ci-dessous :





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Dimanche 10 octobre 7 10 /10 /Oct 18:18
- Par MSR
       Hymne officieux de l’Etat français, les paroles de ce chant ont été écrites par André Montagnard (1888-1963), dont il a créé la musique en collaboration avec Charles Courtioux, en 1940. Les auteurs ont réutilisés une chanson intitulée Voilà le Tour qui passe, dont les deux premiers vers du refrain étaient : « Attention ! les voilà, les coureurs, les géants de la route ! ».

      Né à Cauchy-la-Tour le 24 avril 1856, le maréchal Pétain est mort emprisonné au Port-Joinville, sur l’île d’Yeu, le 23 juillet 1951. Le maréchal apparut aux yeux du peuple français lors de la Grande Guerre : nommé commandant d’Armée, il prit la tête de la défense héroïque de Verdun. Il instaura de nombreuses mesures populaires : rotation des troupes, congés plus longs… Il assuma ensuite les fonctions de chef de l’Armée française ; s’occupant avec humanité du sort des mutinés il rétablit le moral des troupes. Les politiciens traîtres et corrompus du Front populaire, après l’avoir expédié en Espagne et après avoir déclaré une guerre qu’il n’avaient pas voulu préparer, lui votèrent les pleins-pouvoirs.
       Dans les conditions les plus difficiles, il accepta sa mission et prit, le 17 juin 1940,  la tête d’une France laissée en ruine par cinquante années de démocratie et posa les jalons d’une nouvelle France.





I. Une flamme sacrée
Monte du sol natal
Et la France enivrée
Te salue Maréchal !
Tous les enfants qui t’aiment
Et vénèrent tes ans
A ton appel suprême
Ont répondu «présents !»

Maréchal, nous voilà,
Devant nous le sauveur de la France
Nous jurons, nous tes gars
De te servir et de suivre tes pas
Maréchal, nous voilà
Tu nous as redonné l’espérance,
La Patrie, renaîtra,
Maréchal, maréchal, nous voilà !

II. Tu as lutté sans cesse
Pour le salut commun
On parle avec tendresse
Du héros de Verdun.
En nous donnant ta vie,
Ton génie et ta foi,
Tu sauve la patrie
Une seconde fois !

Refrain.

III. Quant ta voix nous répète
Afin de nous unir :
«Français levons la tête,
Regardons l’avenir»,
Nous brandissons la toile
Du drapeau immortel
Dans l’or des étoiles
Nous voyons luire le ciel.

Refrain.

IV. La guerre est inhumaine,
Quel triste épouvantail ;
N’écoutons plus la haine
Exaltons le travail !
Et gardons confiance
Dans un nouveau destin,
Car Pétain c’est la France,
La France c’est Pétain !

Refrain



Ecouter le chant ICI (par Henri Jossy)

Ou ci-dessous (par André Dassary) :




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Voici également la version du groupe alternatif Insurrection.



Le message du maréchal Pétain aux Français le 17 juin 1941,
reprenant l'appel du 17 juin lancé par le maréchal Pétain à la radio.
Alors que celui du général félon était ignoré par l'immense majorité de la population
celui du maréchal était entendu par des millions de Français.






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Mercredi 29 septembre 3 29 /09 /Sep 18:18
- Par MSR

      Nous fêtons ce jour la Saint Michel, le saint patron des parachutistes. Voici un chant para pour l'occasion, l'Hymne à Saint Michel.

      Thierry Bouzard, dans son excellent ouvrage Anthologie du chant militaire français donne avant chaque chant, de très intéressantes notices. Voici celle consacrée à ce très beau chant.

  

      « Le chant de tradition des parachutistes est inspiré d’un cantique béarnais dédié à Notre-Dame-du-Bout-du-Pont et chanté, d’après la légende, par Jeanne d’Albret en accouchant du futur Henri IV. Les paroles sont adaptées de la version créée pour les scouts routiers par le père Doncœur et publiées pour la première fois dans le recueil de Chant de Roland en 1927. Représentant les anciens dieux du tonnerre des mythologies celtes et nordiques, les parachutistes ont choisi saint Michel comme patron. L’archange est le chef des armées célestes, en se plaçant sous sa protection, les parachutistes veulent lui ressembler : «  La mer s’est ébranlée et la terre a tremblé là où saint Michel est descendu du ciel », nous dit l’Offertoire de la messe du 8 mai qui lui est dédiée. Que ce patronage leur rappelle que le rôle du soldat n’est pas de porter la guerre et le désordre, mais de ramener la paix, disait François Casta quand il était aumônier au 1er B.P.C.

 
      C’est Charlemagne qui décrète le 29 septembre, fête officielle de l’empire, saint Michel est proclamé patron et chef des Gaules. Cette consécration est authentifiée par les nombreux miracles qui la confirment et renouvelée par les pèlerinages au mont Saint-Michel effectués par les saints, les rois et les princes de l’Eglise tout au long de l’histoire de France. »


      Le site www.troupesdemarine.org présente quelques variations : "[...] lave nos cœurs dans l’onde pure" (c. 2, l. 1 et l. 4) ; "Fais nous loyaux et droits et valeureux en les tournois" (c. 2, l. 2) ; "Ta main veangea les cieux [...] (c. 3, l. 2).

 



I. O Michel, patron des paras, trempe nos cœurs de hardiesse.
Conduis nos pas joyeux, pour le devoir tout près de Dieu.
Guide-nous dans les durs sentiers et garde-nous de nos détresses.
O Michel, patron des paras, trempe nos cœurs de hardiesses.

II. O Michel, ange chevalier, lave nos cœurs de nos rotures,
Fais-nous loyaux et braves, bons aux petits à tous courtois,
Pour servir fais-nous être prêts, et défend-nous de tout parjure,
O Michel, ange chevalier, lave nos cœurs de nos rotures.

III. O Michel, ange des guerriers, arme nos cœurs de sainte audace,
Ta main trancha les cieux, arrache-nous aux camps des peureux,
Laisse-nous résolus et fiers, sangle nos chairs dans les cuirasses,
O Michel, ange des guerriers, arme nos cœurs de sainte audace.






Ecouter le chant là :



ou ICI.

 




   

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Jeudi 23 septembre 4 23 /09 /Sep 16:16
- Par MSR
Le 14 août 1844, le général Bugeaud remporte l’éclatante victoire d’Isly face aux Marocains d’Abdb-el Kader à l’ouest d’Oujda. Un an plus tard, le 23 septembre 1845, les troupes du colonel Montagnac, 350 chasseurs du 8e bataillon et 60 cavaliers du 2e hussards, sont attaquées par 6 000 cavaliers de l’Emir. Réfugiés au marabout de Sidi-Brahim, les Français résistèrent ; le 26 septembre, les survivants brisent les lignes ennemis, sous les ordres du caporal Lavayssière. Six survivants parviendront aux lignes françaises.
Le 23 septembre est devenu la fête de tradition des chasseurs à pieds, rappelant le souvenir et le sacrifice de leurs camarades de Sidi-Brahim (ci-contre un monument qui célébrait cette bataille à Oran). Pour plus de précisions sur cette bataille, voir ICI.
Sur la chanson de Pierre Dupont Buvons à l’indépendance du monde, datant de 1855, Albert-Paul Porot a adapté une musique et le lieutenant Alehaut les paroles.

Le cinquième couplet a été ajouté après la guerre de 1870 ; le sixième et dernier couplet trouve son origine dans la Grande Guerre.
Le refrain peut connaître quelques variations : la première personne du pluriel ("nous" et "notre") étant remplacé par leur équivalent de la seconde personne du pluriel. Par ailleurs le "Serrons les rangs" n'est pas toujours chanté. Le "Marchons, marchons, marchons" et parfois bissé ; dans d'autres versions, ce sont les deux derniers vers qui sont bissés. On trouve sinon "Si" pour "Quand".



I. Francs chasseurs, hardis compagnons
Voici venir le jour de gloire
Entends l’appel des clairons
Qui nous présage la victoire
Volez, intrépides chasseurs
La France est là qui vous regarde
Quand sonnera l’heure du combat
Notre place est à l’avant garde !

En avant ! braves bataillons !
Jaloux de notre indépendance
Quand l’ennemi vers nous s’avance
Marchons, marchons, marchons,
Serrons les rangs !
Mort aux ennemis de la France !

II. Quand votre pied rapide et sûr
Rase le sol, franchit l’abîme
On croit voir à travers l’azur
L’aigle voler de cime en cime.
Vous roulez en noirs tourbillons,
Et parfois limiers invisibles
Vous vous couchez dans les sillons
Pour vous relever plus terribles !

Refrain.

III. Aux champs où l’oued Had suit son cours,
Sidi-Brahim a vu nos frères
Un contre cent lutter trois jours
Contre les hordes sanguinaires
Ils sont tombés silencieux
Sous le choc, comme une muraille
Que leurs fantômes glorieux
Guident nos pas dans la bataille !

Refrain.

IV. Héros au courage inspiré ;
Nos pères conquirent le monde
Et le monde régénéré
En garde la trace féconde.
Nobles aïeux, reposez-vous,
Dormez dans vos couches austères,
La France peut compter sur nous,
Les fils seront dignes des pères !

Refrain.

V. Surprise un jour frappée au cœur,
France, tu tomberas expirante.
Le talon brutal du vainqueur
Meurtrit ta poitrine sanglante.
Oh France, relève le front
Et lave le sang de ta face,
Nos pas bientôt réveilleront
Les morts de Lorraine et d’Alsace.

Refrain.

VI. O Morts, nous vous avions promis
De libérer le territoire.
Ils sont chassés, les ennemis,
Nous vous apportons la Victoire,
Sous vos lauriers, dormez en paix
Face au vaincu qui nous regarde,
C’est au bord du Rhin, désormais,
Chasseurs, que nous montons la garde.

Refrain.





Ecouter le chant ICI

ou ci-dessous (autre version)

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Dimanche 12 septembre 7 12 /09 /Sep 14:14
- Par MSR

        La Bataille de Vienne évoque le second siège de cette ville, le 12 septembre 1683, par les Ottomans. C’est Charles de Lorraine et Jean Sobieski, le roi de Pologne, qui viennent délivrer la ville du péril musulman. Cette victoire est le point de départ d'une guerre de reconquête qui s'achéve en 1699, lorsque l'empire des Hasbourg a récupéré l'ensemble de ses terres de Hongrie et de Croatie. À l'issue de la bataille fut instituée la fête du Saint Nom de Marie ; la Sainte Vierge avait été invoquée par les combattants.
        Cette bataille est également célèbre pour avoir donné naissance à la plus célèbre des viennoiseries : le croissant, dont les boulangers viennois obtinrent le privilège. Cette date mis fin à l'occupation ottomane dans une grande partie de l'Europe, pourtant considérée par beaucoup comme acquise et définitive.



http://img46.imageshack.us/img46/6398/bitwapodwiedniembrandt.jpg

La Bataille de Vienne, huile sur toile, 1863, Jozef Brandt.


        L’air est emprunté à un chant de XVe siècle, Le Roy Englois, ou Chanson de libération, composé pour fêter le départ des Anglais, boutés hors de France par sainte Jeanne d’Arc et les armées de France. Les paroles sont de Pierre Moreau.

 


I. Battez tambours, clairons sonnez l’appel,
Le roi s’adresse à ses féaux sujets.
Le cri s’entend partout dans le pays,
La gens païenne ennemie des chrétiens
Veut nous ravir nos biens et nos familles.
Les anciens, les jeunes, courez à vos épées,
Votre étendard vous précède partout,
Il est orné de la Croix salvatrice.

II. Le Turc est là et Vienne est menacée,
L’énorme troupe triomphe d’un seul cri,
Mais il ne peut rien si le Dieu des armées
Soutient la lutte, lui donne son élan.
L’armée chrétienne l’invoquant s’agenouille,
Sitôt se prosterne devant le saint autel,
Puis, résolus, les hommes vont se ranger
Au juste endroit que veut la discipline.

III. Ils sont conduits par Charles le Lorrain ;
A la rescousse viendront les escadrons
Pour repousser le règne du Croissant.
Chacun s’empresse, car Vienne est assiégée
Depuis deux mois et va bientôt se rendre
Mais, par grande grâce, la valeureuse Armée
Dévale à fond la colline et son flanc ;
Jusqu’au faubourg l’ennemi part en fuite.



 

 

 



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Dimanche 5 septembre 7 05 /09 /Sep 16:16
- Par MSR
Nationaliste et chrétien, Charles Péguy [à gauche peint par Jean-Pierre Laurens] est mort au front, lors de la bataille de la Marne, le 5 septembre 1914. Il a laissé une œuvre intense tant par sa foi que par son amour de la France. Extrait de son œuvre Eve (l'oeuvre sur wikisource) a été mis en musique et adapté comme chant militaire.

La version du musicien Jehan Alain, partageant la même foi et le même amour de la patrie que Péguy est la plus célèbre. Comme Péguy, Jehan Alain est mort au front, le 20 juin 1940.

Le 3e couplet ne fait pas partie de toutes les versions. On retrouve parfois comme titre
Les épis mûrs.



I. Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle,
Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre.
Heureux ceux qui sont morts pour quatre coins de terre.
Heureux ceux qui sont morts d’une mort solennelle.

II. Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles
Couchées dessus le sol à la face de Dieu.
Heureux ceux qui sont morts dans un dernier haut-lieu
Parmi tout l’appareil des grandes funérailles.

III. Heureux ceux qui sont morts pour des cités charnelles,
Car elles sont le corps de la cité de Dieu.
Heureux ceux qui sont morts pour leur âtre et leur feu,
Et les pauvres honneurs des maisons paternelles.

IV. Heureux ceux qui sont morts car ils sont retournés,
Dans la première argile et la première terre.
Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre,
Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés.






Ecouter le chant ici :




ou ci-dessous :







Extrait du poème

Vous nous voyez debout parmi les nations.
Nous battrons-nous toujours pour la terre charnelle.
Ne déposerons-nous sur la table éternelle
Que des cœurs pleins de guerre et de séditions.

Vous nous voyez marcher parmi les nations.
Nous battrons-nous toujours pour quatre coins de terre.
Ne mettrons-nous jamais sur la table de guerre
Que des cœurs pleins de morgue et de rébellions.

— Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle,
Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre.
Heureux ceux qui sont morts pour quatre coins de terre.
Heureux ceux qui sont morts d’une mort solennelle.

Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles,
Couchés dessus le sol à la face de Dieu.
Heureux ceux qui sont morts sur un dernier haut lieu,
Parmi tout l’appareil des grandes funérailles.

Heureux ceux qui sont morts pour des cités charnelles.
Car elles sont le corps de la cité de Dieu.
Heureux ceux qui sont morts pour leur âtre et leur feu,
Et les pauvres honneurs des maisons paternelles.

Car elles sont l’image et le commencement
Et le corps et l’essai de la maison de Dieu.
Heureux ceux qui sont morts dans cet embrassement,
Dans l’étreinte d’honneur et le terrestre aveu.

Car cet aveu d’honneur est le commencement
Et le premier essai d’un éternel aveu.
Heureux ceux qui sont morts dans cet écrasement,
Dans l’accomplissement de ce terrestre vœu.

Car ce vœu de la terre est le commencement
Et le premier essai d’une fidélité.
Heureux ceux qui sont morts dans ce couronnement
Et cette obéissance et cette humilité.

Heureux ceux qui sont morts, car ils sont retournés
Dans la première argile et la première terre.
Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre.
Heureux les épis murs et les blés moissonnés.

Heureux ceux qui sont morts, car ils sont retournés
Dans la première terre et l’argile plastique.
Heureux ceux qui sont morts dans une guerre antique.
Heureux les vases purs, et les rois couronnés.

Heureux ceux qui sont morts, car ils sont retournés
Dans la première terre et dans la discipline.
Ils sont redevenus la pauvre figuline.
Ils sont redevenus des vases façonnés.

Heureux ceux qui sont morts, car ils sont retournés
Dans leur première forme et fidèle figure.
Ils sont redevenus ces objets de nature
Que le pouce d’un Dieu lui-même a façonnés.

Heureux ceux qui sont morts, car ils sont retournés
Dans la première terre et la première argile.
Ils se sont remoulés dans le moule fragile
D’où le pouce d’un Dieu les avait démoulés.

Heureux ceux qui sont morts, car ils sont retournés
Dans la première terre et le premier limon.
Ils sont redescendus dans le premier sillon
D’où le pouce de Dieu les avait défournés.

Heureux ceux qui sont morts, car ils sont retournés
Dans ce même limon d’où Dieu les réveilla.
Ils se sont rendormis dans cet alléluia
Qu’ils avaient désappris devant que d’être nés.

Heureux ceux qui sont morts, car ils sont revenus
Dans la demeure antique et la vieille maison.
Ils sont redescendus dans la jeune saison
D’où Dieu les suscita misérables et nus.

Heureux ceux qui sont morts, car ils sont retournés
Dans cette grasse argile où Dieu les modela,
Et dans ce réservoir d’où Dieu les appela.
Heureux les grands vaincus, les rois découronnés.

Heureux ceux qui sont morts, car ils sont retournés
Dans ce premier terroir d’où Dieu les révoqua,
Et dans ce reposoir d’où Dieu les convoqua.
Heureux les grands vaincus, les rois dépossédés.

Heureux ceux qui sont morts, car ils sont retournés
Dans cette grasse terre où Dieu les façonna.
Ils se sont recouchés dedans ce hosanna
Qu’ils avaient désappris devant que d’être nés.

Heureux ceux qui sont morts, car ils sont retournés
Dans ce premier terreau nourri de leur dépouille,
Dans ce premier caveau, dans la tourbe et la houille.
Heureux les grands vaincus, les rois désabusés.



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Mardi 21 avril 2 21 /04 /Avr 22:27
- Par MSR

C'est le 21 avril 1763 près d'Ancenis qu'est né François de Charette l'un des plus célèbres chefs Vendéens. Entré comme aspirant dans la marine en 1780, il la quitte en 1790 avec le grade de lieutenant de vaisseau alors que la révolution s'étend. Il s'engagera rapidement dans la résistance contre les armées criminelles de la république et devient dès décembre 1793 général en chef de l'armée Catholique du Bas-Poitou où il lutte héroïquement. Il sera rejoint par de nombreuses personnes avec le déclenchement de la guerre d'extermination menée par la république et il parviendra à battre Turreau, qui dirigent les célèbres « colonnes infernales ». Il obtient des négociations : aux accords de la Jaunaye Hoche accorde la liberté de culte, le droit pour les prêtres non jureurs d'officier, le gel de la conscription, l'amnistie. La paix ne durera pas ; le 8 juillet 1795 il est nommé général en chef de l'armée catholique et royale par Louis XVIII. Après plusieurs mois de guerre, il est fait prisonnier et fusillé le 29 mars 1796, entrant dans la légende.


Paulin Guérin, François-Athanase Charette de la Contrie,
général en chef des années vendéennes  (1763-1796).


Le chant n'est pas d'époque : il a vraisemblablement été écrit par Paul Féval en 1853 et aurait rapidement connu le succès chez les nationaux. Le 13 mai 1909, le député royaliste Baudry d’Asson l’entonna à l’assemblée face aux marxistes qui éructaient l’Internationale (T. Decruzy) (voir le texte de la femme d'Alphonse Daudet – et mère de Léon – qui clôture l'article).

Il existe quelques variations : c. 5, l. 1 : 
"d’Challans" au lieu de "de Conflans" ; dans le couplet final, on trouvre parfois "aller" au lieu de "délivrer" ;





I. {Monsieur d’ Charette a dit à ceux d’Ancenis (bis)
« Mes amis, le roy va ramener la fleur de lys »

Prends ton fusil Grégoire
Prends ta gourde pour boire
Prends ta vierge d’ivoire
Nos messieurs sont partis
Pour chasser la perdrix

II. {Monsieur d’ Charette a dit à ceux d’Loroux (bis)
«Mes bijoux, pour mieux tirer mettez-vous à genoux»

Refrain.

V. {Monsieur d’ Charette a dit à ceux d’ Montfort (bis)
«Frappez fort, le drapeau blanc défend contre la mort»

Refrain.

IV. {Monsieur d’ Charette a dit à ceux d’ Clisson (bis)
«Le canon fait mieux danser que le son du violon»

Refrain.

V. {Monsieur d’ Charette a dit à ceux de Conflans (bis)
«Mes enfants, ralliez-vous à mon panache blanc»

Refrain.

VI. {Monsieur d’ Charette a mis sa plume au vent (bis)
«En avant ! on parlera longtemps des vieux Chouans»

Prends ton fusil Grégoire
Prends ta gourde pour boire
Prends ta vierge d’ivoire
Nos messieurs sont partis
Pour délivrer Paris.



Ecouter le chant ci-dessous :




ou là :






 

Paul Féval ! celui-ci ne connut qu'une gloire éphémère, mais l'homme fut supérieur à son œuvre. D'un aspect un peu fruste, avec ses cheveux bretons et sa moustache grisonnante d'ancien blond, il avait l'abord fin et paysan, une vivacité, un charme d'esprit, une gaîté qui le faisait chanter au dessert à Champrosay des chansons bretonnes, tantôt au rythme des danses, tantôt rêveuses et prolongées comme la lande violette de son pays. Il les savait tous, ces refrains d'Armor, et préférait les royalistes, ceux qui menaient à la bataille les bandes d'Elbée et de la Rochejacquelein. Ne dit-on pas qu'il est l'auteur de la chanson célèbre : « Monsieur  d'Charette a dit à ceux d'Ancenis... » ?

Cette érudition bretonne se retrouve dans  certains de ses romans; pour celui-là aussi, comme pour tous les êtres de sensible pénétration, sa province fut une source vive.

Puis il connut Paris, l'aima, et Le Roman de la jeunesse, Annetle Lais témoignèrent pour son talent sentimental, comme Les Mystères de Londres, Le Bossu, Les Habits noirs, de sa vive imagination.

Je n'aperçois jamais, non loin de la place Royale, la rue de la Cerisaie sans penser que dans une pauvre chambre d'un de ces vieux logis, Paul Féval, seul et abandonné dans  Paris, faillit mourir d'inanition. Ce fut un médecin du quartier, le D r Penoyez, qui le sauva et lui fit épouser sa fille, la femme pieuse et dévouée, l'admirable mère de neuf enfants que j'allai voir un jour avenue des Ternes. Un jardin embellissait le petit hôtel du romancier, et, dans le salon tout orné d'œuvres d'art où je fus introduite, Mme Féval, devant sa table à ouvrage, raccommodait des bas de toutes tailles et de toutes grandeurs, représentant avec sérénité la femme d'intérieur idéale qu'elle fut toute sa vie.

 

A cette époque, Féval était heureux, riche, tout fier de sa charmante famille. Sa vie  s'assombrit plus tard et révéla chez lui un tempérament de catholique inquiet et de chrétien scrupuleux jusqu'à réviser son œuvre complète et la mettre au point de ses  croyances exigeantes et ravivées.

 


Madame Alphonse Daudet, Souvenirs autour d'un groupe littéraire (1910).

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