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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 19:19

(Le 20ème anniversaire de La Règle du Jeu – suite)

 

         Le long compte rendu de cette fiesta – que nous mettons en fin de chronique pour référence (sa lecture vaut le détour) – pourrait être du Lucien Rebatet pur jus, où même du Rebatet un peu zélé, du Rebatet qui se serait lâché car en toute confiance.

         Ce compte rendu qui pourrait être extrait des Tribus du cinéma et du théâtre, ouvrage écrit avant la deuxième guerre mondiale, décrié et diabolisé pour son « antisémitisme », porte en lui toutes les marques de l’antisémitisme décrié. On y montre le copinage racial, on y montre la mainmise des tribus sur les scènes politiques, médiatiques et culturelles. On y montre les collaborateurs indigènes des princes de l’usure, on y montre ceux qui ont francisé leur nom. On y montre le clinquant, la veulerie, l’esbrouffe, le manque de dignité, la gloutonnerie du milieu fermé, la soif de l’orgueil en toc, le tout faisant penser à une orgie tout juste contenue, on se demande d’ailleurs pourquoi des fenêtres ouvertes du premier étage ils ne pissent pas sur la France et les Français.

         Car, la grande différence entre l’ouvrage de Rebatet et ce compte rendu, c’est que le second est écrit sin verguenza  par ceux-là mêmes qui aujourd’hui font la fête. Soixante ans après Les tribus et les innombrables solutions finales et pogroms, ils sont toujours là, aux manettes du pouvoir, ils ne craignent rien, ils ne se cachent pas, ils peuvent étaler leurs réussites, ils en ont tellement fait bouffer aux Français : l’avortement, l’Europe, les élections truquées, la démocratie, les bobards de tous les instants, les Miss France, la médecine et les laboratoires, les pédophiles libres comme l’air et même ministre, les radars sur les routes, l’alcootest, le cholestérol, le CRAN, le rap, les arts primaires et primitifs,… alors, il faut les comprendre, pourquoi ne pas célébrer ? Vous ne le feriez pas, vous ?

 

 

Anniversaire de la Règle du jeu : les dessous de la fête (par la Rédaction de La Règle du jeu)

C’est Milan Kundera qui est arrivé le premier, juste après Catherine Clément, dans le Café de Flore encore désert où les 12 garçons, avec leurs grands tabliers noirs traditionnels, attendaient derrière un sobre buffet chargé de vin et – anniversaire oblige – de champagne.
Il avait annoncé qu’il ne resterait qu’un quart d’heure et qu’il refusait les photographes. Pris par la conversation avec Yann Moix, la vedette de la revue et avec Philippe Sollers, son voisin de couverture  blanche chez Gallimard, il est finalement resté deux heures et s’est laissé, de guerre lasse, mais avec amusement, prendre en photo.
Sont arrivées ensuite, presque ensemble, Jean-Claude Milner, Mazarine Pingeot ainsi que Christine Angot qui a signé une des contributions importantes du numéro anniversaire.
Marc Lambron et Nicole Wisniak se sont installés sur une des banquettes rouges pour observer le ballet des arrivants.
Idem pour le couple culte de la littérature française, Catherine Millet et Jacques Henric qui ont pris la même banquette, mais au premier, et n’en bougeront pas de la soirée.
Alexandre Adler, minci, et accompagné de sa femme,  Blandine Barret-Kriegel, est également arrivé très tôt et, comme ils se sont connus à Normale Sup, Bernard-Henri Lévy et lui s’appellent « mon petit camarade » – à la façon de Sartre et de Nizan.
Sandrine Treiner, Martin Quenehen et Anaelle Lebovits, directrice du Diable probablement, parlent De Lacan avec Catherine Clément.
Sihem Habchi, Présidente de Ni Putes Ni Soumises, demande les dernières nouvelles de Sakineh à Armine Arefi qui lui dit l’urgence, et l’extrême difficulté, de trouver, en Iran, un nouvel avocat pour elle, son fils, et son ancien avocat emprisonné.
Bousculade à l’apparition de Roman Polanski, “coaché” par Danièle Thomson et Pascal Bruckner.
Il est très ému, Polanski, de voir enfin en chair et en os la compagnie de jeunes gens qui l’ont soutenu pendant le temps de son incarcération : d’abord, bien entendu, Yann Moix qui fut le premier, avec Lévy et Finkielkraut à prendre fait et cause pour lui et dont l’auteur du Pianiste confie qu’il a aimé La Meute ; mais aussi Maria de França qui a mené la bataille ; et puis, autour d’elle, Gilles Collard, Patrick Klugman, Raphaël Haddad, Albert Sebag, Guy Konopnicki, David Gakunzi, Patrick Mimouni, Justine Hallard et tous les autres – sans oublier notre webmaster, Patrick Fabre.
Affolement des photographes quand arrive Alain Delon, droit sorti de son “Guépard” et une moto l’attendant pour aller au Journal de 20h sur France 2. Conversation de Delon avec Angot, puis avec Eliette Abecassis et Laure Adler. Puis de Delon avec le Professeur de médecine Frédéric Saldmann dont l’épouse, tout de blanc vêtue, et très belle, se voit proposer un rôle par Luc Bondy dans sa prochaine pièce de théâtre.
Puis Bernard-Henri Lévy présente Delon à Jean-Baptiste Descroix-Vernier qui a quitté sa péniche d’Amsterdam pour l’occasion et dont nos lecteurs savent tout ce que lui doivent notre site ainsi que les combats que mène celui-ci.
“Tiens, tu es là, toi aussi, quelle joie!” a-t-il alors lancé à Xavier Niel, coincé dans le sas d’entrée du Flore avant que lui, Descroix-Vernier, ne le fasse entrer, au forceps, dans la grande salle du Flore déjà bondée. Avant cela, la belle Emilie Le Bon les a fait sortir sur le trottoir et a fait, avec son téléphone portable, la photo « historique », et unique, des deux rois français du net.
Il est 19h20. Jean-Claude Fasquelle a renoncé à entrer mais Nicky, sa femme, a fait une percée, emmenée par Denis Bourgeois et Cyrille Chevrillon. La blogosphère est dignement représentée par David Abiker, Emery Doligé, Jean-Baptiste Soufron. Miroslav, le maître des  lieux, essaie encore, mais sans conviction, de driver ses serveurs qui tentent de circuler, tel des voltigeurs  empêchés, avec leurs plateaux de verres de champagne,
Mais, coup de théâtre. On vient annoncer à Bernard-Henri Lévy l’arrivée de Simone Veil dont le monde politique murmure qu’elle sort de moins en moins mais qui est bel et bien là, heureuse, radieuse, accompagnée de son fils, l’avocat Jean Veil, et de son mari, Antoine. Elle évoque le lancement de la revue, il y a tout juste vingt ans, ici même, au Flore – est-ce que François Mitterrand n’était pas passé, à l’époque, à l’improviste ? Maria de França, notre rédactrice en chef, lui propose de lui descendre un exemplaire du numéro anniversaire, stocké au premier étage. L’ancienne présidente du Parlement européen, avec la courtoisie des très grandes dames, répond que non, elle préfère y monter elle-même et grimpe, comme une jeune fille, l’escalier en colimaçon trop étroit. Patrick Bruel la croise dans l’escalier et l’embrasse. Puis Jorge Semprun, arrivé avec Florence  Malraux, échange quelques morts sur la nouvelle « crise de la conscience européenne ».
Le monde de l’édition arrive en force. L’équipe Grasset, d’abord,  Elodie Deglaire, Antoine Boussin et Bruno Clerc en tête, sans qui le numéro (changement de format, papier spécial, photogravures diaboliques) ne serait jamais sorti. Olivier Nora devise avec l’autre Olivier (Orban). Manuel Carcassone et Christophe Bataille complotent avec Olivier Cohen qui est venu avec Geneviève Brisac et est sans doute (avec Laurent Dispot) le plus vieil ami de BHL puisqu’il l’a connu en hypokhâgne, à Louis-le-Grand. Caroline Fourest est avec Fred Vargas. Jean-Paul Enthoven avec Pascal Bruckner. Frank Nouchi, crinière de fauve  et visage de boxeur, semble songeur. Justine Lévy chuchote quelque chose à Philippe Delaroche : Jean-Marc Roberts, l’éditeur de Justine, observe. Thierry Ardisson et Marc-Olivier Fogiel se réconcilient dans le froid du trottoir: bien obligés, car il y a la queue, pour entrer, jusqu’aux Deux Magots et au-delà – quelle hérésie !
Laurent Joffrin arrive avec son épouse, précédé de Éric Aeschimann et Marc Semo, et suivi du président de SOS Racisme Dominique Sopo et de son ex-président Malek Boutih.
Laurent Joffrin est directeur de Libération. Mais la vraie question qui, se pose, à cet instant, est : quel est le patron de presse qui manque dans le joyeux chaos qui commence de remonter, car il faut bien faire de la place, vers le premier étage ?Il y a là, en effet, Franz-Olivier Giesbert, le directeur du Point, qui est l’hebdo où officie BHL. Christophe Barbier, le directeur de l’Express, avec son éternelle écharpe rouge et, à son bras, une très jolie jeune fille. « Qui c’est », demande Richard Ripley ? Sa femme, répond Lévy. Voici Jean Daniel qui croise Jacques Julliard. Claude Perdriel qui vient de perdre Denis Olivennes mais qui semble plus jeune et gaillard que jamais. Jean Nouvel que Jacques Martinez a toujours soupçonné BHL, parce qu’il ne le voit jamais qu’à La Colombe d’Or, de prendre juste pour un bon copain de vacances. Là, Lévy se fâche : « arrête ! j’ai compris, à la fin, que le Prix Pritzker est le Prix Nobel des architectes !»
Il y a PPDA,  venu avec son frère, le nouveau patron de France-Culture, Olivier Poivre d’Arvor, « le meilleur qu’on ait eu depuis très longtemps » souffle Philippe Starck au directeur de Critique, Philippe Roger, lui aussi vieux compagnon de Bernard-Henri Lévy.
Jean Lacouture, pape non des medias mais du rugby est arrivé très tôt mais reste très tard afin de trouver le moment de féliciter Lévy sur son dernier papier sur le rugby. Valérie Toranian est là, avec qui nous menons, ainsi qu’avec François Sergent de Libération, le combat pour Sakineh. Et aussi Etienne Mougeotte, le directeur du Figaro. Et l’AFP, venue en force, avec forces photographes, cameramen, etc. Coup de téléphone d’Arnaud Lagardère qui veut parler à Bernard-Henri Lévy car s’annulant à la dernière minute because, encore, affaire Olivennes mais que remplace le cogérant du groupe, Pierre Leroy qui passera la soirée à discuter archives littéraires en général, et IMEC en particulier, avec un Olivier Corpet très en verve. Mais Bernard-Henri Lévy a disparu. On le cherche. On ne le trouve pas. Normal. Il s’est planqué dans les cuisines  pour discuter tranquille avec une très vieille copine, Claire Stamback, qu’il a connue à 18 ans, et qui était la meilleure amie de sa première épouse, Isabelle Doutreluigne, la maman de Justine.
Maurice Szafran, le directeur  de Marianne, est là et bavarde avec Carole Bouquet et Marie Martinez. Jean-Luc Hess et Philippe Val arrivent en force mais doivent rester une demi-heure sur le trottoir, avec Paul Audi, Claude Askolovitch, Joseph Macé-Scaron, Abbas et Pauline Jaber, Guylaine Brousse dite Libellule, avant de pouvoir entrer. Idem pour Nicolas Demorand qui a commis l’erreur de sortir fumer une cigarette et ne peut plus rentrer, expliquant à son complice et ami Mathieu Tarot ainsi qu’à la compagne de celui-ci, Hélène Fillières,  que la RDJ est en train de devenir une “AFP des droits de l’homme” – et que c’est bien.
Thierry Ardisson est toujours là, qui croise Catherine Barma.
De même qu’Olivier Jay, directeur du Journal du dimanche et qu’Eric Fottorino, le directeur du Monde, qui tente de faire un aparté avec Pierré et Xavier  Niel, les deux nouveaux proprios du journal, mais on ne s’entend plus.
François Samuelson vient alerter BHL que Vincent Lindon est bloqué dehors et que les photographes lui foutent les boules. BHL sort, dans le froid, dépoitraillé, considérant, sans doute, que c’est la moindre des politesses compte tenu de la qualité de ses invités. Il fait bien car arrivent, sur ces entrefaites, Monique et Jack Lang qu’il fait entrer en jouant des coudes avec un art de rugbyman soft – n’est-ce pas, Jean Lacouture ? Puis Félicité Herzog et Serge Weinberg (émissaires de Laurent Fabius ?), talonnés par Jean-Pierre Marino qui est le médecin personnel de BHL. Puis, encore, Lionel Jospin et son épouse Sylviane Agacinski – profitant de la voie ouverte pour les premiers. Sylviane propose à Laurent-David Samama, Philippe Boggio et Pascal Bacqué un dossier spécial sur les divers aspects de la « marchandisation du corps ». Lionel crée un embouteillage dans l’escalier en discutant avec Patrick Mille qui lui explique qu’il a un poster de lui dans sa cuisine et que cela se verra dans l’adaptation de Mauvaise Fille qu’il prépare pour le cinéma.
Soudain, la machine s’emballe encore: une belle fille, Russe, droit sortie d’un roman de Pouchkine, bouscule le ministre Bruno Lemaire qui, d’instinct, cherche l’œil des caméras qui ne le regardent plus. Homero Machry s’esclaffe et demande le nom de la fille. Elena Simonova, répond la fille.
Une autre jolie fille s’approche de Kundera qui ne la reconnaît pas.
Umberto Eco roule comme un tonneau dans l’escalier où la huitième attachée de presse d’un hiérarque du P.A.F le prend pour un manga transalpin.
Un jeune écrivain plein d’avenir mord l’actrice qui le sépare d’un futur Nobel plein de passé.
Gabi Gleichman, arrivé de Stockholm pour l’occasion, et « conseiller de la direction » de la Revue, est très courtisé : ne dit-on pas qu’il rédige des « notices » ( ?), à ses heures perdues, pour le jury Nobel de littérature ?
Un dragueur, qui usurpe l’identité d’un Tycoon canadien, en profite pour obtenir le numéro de téléphone d’une fille qui, elle-même, prétend être la sœur jumelle de Julia Roberts.
Patrick Mille parle cinoche avec Xavier Beauvois, déjà sérieusement éméché.
Yamina Benguigui et Elsa Zylberstein,  idem (cinoche, pas éméchées).
France Roque explique à Kristina Larsen, l’âme des Films du Lendemain, que c’est Lévy qui devrait remplacer Olivennes au Nouvel Obs.
Et ainsi de suite, à l’infini, tandis qu’un million de pixels fixent dix millions de regards, cent millions de sourires, autant de bisous, de paniques et d’extases qui, dès demain, seront « Wikileakées » par l’envoyé spécial de Julien Assange, lui-même présent – quoiqu’invisible. O Debord, ô Cioran, qu’en dîtes-vous ?
Nouvelle bousculade. C’est Simone Veil qui part, mais aussi Laurent Fabius qui arrive, suivi de François David et de François Henrot, l’autre très vieux copain de BHL, le plus vieux finalement, ils se sont connus enfants, ils ont été ensemble au Lycée Pasteur et Henrot est maintenant, avec David de Rothschild lui-même, le patron de la Banque Rothschild. Aparté de lui, Fabius, avec Lévy et Descroix-Vernier. Que peuvent-ils bien se dire se demandent  David Kessler et Veronique Cayla, ex et future futurs remplaçants de Jérôme Clément à la tête d’ARTE ? Catherine Nay a son avis sur la question. Arielle Schwab, la directrice de l’UEJF, venu en force, en a un autre. Tilla Rudel a le sien. Mais voici Alain Sarde, qui salue Roman Polanski, et qui lance à la cantonade, plus sphinx que jamais, un sonore : « on a tout compris ».
Surgit François Bayrou, cornaqué par l’ancien journaliste Philippe Lapousterle : longs et mystérieux  conciliabules avec Fred Vargas qui fait enfin la connaissance de Maria de França avec qui elle parle de ses innombrables voyages au Brésil et du soutien que la revue lui a apportée dans l’interminable affaire Battisti.
Marin de Viry et Sylvain Bourmeau se disent qu’ils seraient aussi bien là que, respectivement, à Ring et à Mediapart.
Le Professeur Baulieu, accompagné de Simone Harari, parle de ses recherches avec le Professeur Saldman puis avec Jean-Baptiste Descroix-Vernier : du sponsoring dans l’air ?
Antonin Lévy, le fils de Bernard-Henri Lévy, par ailleurs ami de Marin de Viry, arrive – en retard. Il est accompagné d’Aurelia Charar qui vient de remporter le concours Transfuge de la Nouvelle. Il bavarde avec sa sœur, Justine. Puis avec ses confrères Georges Kiejman, Hervé Témime, Olivier Cousi, Jean-Michel Darrois. Ainsi qu’avec Francis Spizner, l’avocat de  la famille de Ilan Halimi, sous le charme de Christine Orban et Diane de Mac-Mahon. Est également là Thierry Lévy, vieux compagnon de son père – lequel prend le numéro de téléphone d’une jolie fille que Gilles Collard vient, sous un prétexte fallacieux, de lui mettre dans les bras.
La bousculade devient indescriptible. Françoise Bettencourt, la vraie, celle de “l’affaire Bettencourt” apparaît, flanquée de son mari, Jean-Pierre Meyers, mais, sous son bonnet, personne ne la reconnait, sauf peut-être Ariane Chemin qui a suivi l’affaire pour l’Obs. De toute façon les photographes ne peuvent plus travailler. Ils voudraient bien, mais ils ne peuvent plus. Pas assez de place. Pas assez de recul. Alexis Duclos, compagnon de Bosnie et autres barouds de BHL, finit par ranger son boitier et  par évoquer avec Alexis Lacroix et Jackie Mamou, le patron de Urgence Darfour, le dernier voyage qu’il a fait avec Lévy et Hertzog, en 2007, dans le Darfour ravagé. Même chose pour Carole Mathieu et Thierry Humbert, les auteurs de Autopsie d’un massacre, qui avaient peut-être dans l’idée de faire des images mais qui ne sortent même pas leur matériel.
Ça tombe bien. Lévy prend la parole. Il raconte les combats de la revue, à commencer par celui pour la Bosnie auquel La Règle du Jeu première période, grâce, en particulier, à Gilles Hertzog, puis à Joelle Habert qui fut, pendant les deux dernières années de la guerre, en 1994 et 1995, la rédactrice en chef de la revue, s’est tellement identifiée.
Il évoque pudiquement la bataille pour Polanski devant un Polanski ému qui confiera à Arielle Dombasle, après le discours, un sobre: « Bernard-Henri est devenu un vrai ami ». Il parle aussi du numéro-anniversaire coordonné par Donatien Grau. C’était une idée de Jacques Martinez, explique-t-il. Nous avons écrit une petite lettre à quelques uns des plus grands écrivains, plasticiens, musiciens, architectes du monde en leur posant juste une question: « notre revue a vingt ans; comment voyez-vous, non pas les vingt années écoulées (celles-là, nous les connaissons, puisque  nous les avons en partie faites) mais les vingt prochaines ? ». D’où ce beau numéro  où l’on retrouve, entre maints autres, et sous une couverture ornée d’une aquarelle de Martinez, Woody Allen, Michel Houellebecq, Christine Angot, Mehdi Belhaj Kacem, Daniel Buren, Patrice Chéreau, Pierre Guyotat, Jim Jarmush, Steven Klein, Jasper Morrisson, Manoel de Oliveira, Salman Rushdie, Bob Wilson.
Lévy évoque aussi les morts : Tadeusz Kantor, Susan Sontag et, bien sûr, Philippe Muray qui fut du premier Comité de rédaction la revue, à l’époque de la rue Madame, avant de s’éloigner sur la pointe des pieds.
Arrivée de Claude Lanzmann qui, sous l’œil ahuri de Claude Arnaud, Vincent Jaury, Atiq Rahimi et François Yon, semble se réconcilier avec Philippe Sollers avec lequel il est censé être brouillé depuis l’affaire Haenel.
Marjane Satrapi discute avec Xavier Beauvois qui est aussi venu pour retrouver ses camarades de tournage du Jour et la nuit, Jean-Pierre Kalfon, Karl Zéro, Dimitri De Clercq, Arielle Dombasle et, surtout, Alain Delon.
Charles Berling arrive avec Jean-Louis Martinelli: sortie de répétition.
Armin Arefi est sombre : Sakineh ?
Philippe Tesson cherche BHL.
BHL cherche Christian de Villeneuve et Sandrine Kiberlain.
Hyppolite Girardot et Bertrand Bonello sont contents.
Anne Meaux a mal au dos mais, superbe, ne le dit à – presque – personne.
Florence Aebischer explique la “Fondation André Lévy” à Pierre Sainctelette, Alain Ferrari, Pierre Marquet, Valérie Solvit toute en chair et en buste – et Shlomo Malka qui ne pense qu’à sa bio de Derrida.
Yves Simon la joue : « je suis chez moi ».
Miroslav Siljegovic ne se sent plus chez lui, mais ça lui va.
Deux anciens présidents, ou quasi présidents, de France-Télévision sont là : Marc Tessier et  Patrice Duhamel, que Bernard-Henri Lévy salue comme s’ils étaient toujours présidents.
Bertrand de Saint-Vincent est à l‘affût.
Michèle Cotta paraît rêveuse.
Nathalie Saint-Cricq s’amuse.
Dominique Isserman observe.
Jean-Pierre Mocky est dépassé par les événements mais, heureusement, une mannequine anglaise « venue de la part d’Olivier Zahm » lui fait la causette.
Serge et Beate Klarsfeld refont le monde – et l’histoire de l’Eglise catholique – avec Laurent Dispot et Stefano Montefiori.
Bernard Lavilliers s’emporte, pour Télé Saint-Germain, contre l’éternelle rengaine du « c’était mieux avant ». Regardez ce qui se passe ce soir, s’exclame-t-il ! Regardez ce succès de masse pour une petite revue d’intellos ! C’est la preuve que le cadavre de Sartre bouge encore.
Maurice Levy n’arrive pas à partir.
Bernard Kouchner n’arrive pas à entrer – Tilla Rudel insiste, mais il ne veut rien savoir et préfère repartir très vite.
Le pied de Jean-Paul Enthoven manque écraser celui d’une jeune fille, sans doute une amie de Justine Lévy – laquelle s’est fait voler son manteau.
Michael Levinas arrive.
Marisa Berenson s’en va.
Alain Delon a fini par sauter sur sa moto, direction France-Télévision.
Lou Doillon pointe son joli nez et s’en va.
Vincent Daret et Elie Top n’en reviennent pas qu’on s’amuse autant au pays des intellos.
Nicole Garcia tombe dans les bras de Michel Favart avec qui elle a tourné, en compagnie du jeune Bernard-Henri Lévy, dans une adaptation d’Aurélien d’Aragon, il y a plus de trente ans.
Le patron du Canard enchaîné, Nicolas Brimo, a fini de boucler son journal et fait un saut.
Nouvel aparté de Laurent Fabius mais, cette fois, avec Pierre Bergé. Celui-ci serait-il en train de lâcher Ségolène Royal pour Fabius ? Un doute quand on voit arriver Aurélie Filipetti, plutôt ségoléniste. Mais de nouveau le  soupçon quand Arnaud Montebourg faut son entrée et vient discuter avec son mentor Thierry Lévy.
Jacques de Gainsbourg est saoul.
Milan Kundera est toujours là.
Le musicien Charlie Clovis, à qui la Télé-Règle du Jeu demande pourquoi il est venu, répond : « je suis venu parler à Bernard-Henri Lévy du cas de Marny, qui est en prison en Martinique – c’est-à-dire, je vous le rappelle, en France – depuis 37 ans ».
Dany Cohn Bendit discute avec Romain Goupil : les jeunes de la revue (Collard, Samama, Haddad, Grau) les observent avec un mélange de respect et de curiosité. Quelqu’un demande : « pourquoi Ségolène n’est pas là ? ». Dany répond, sous le regard entendu de Jean-Pierre Elkabbach et de Catherine Robbe-Grillet : « demandez à BHL ! ». Puis les voilà partis, Dany et BH, dans une discussion savante  sur les mérites comparés du foot et du rugby. « Je suis foot comme je suis Stone », dit Dany. « Et moi, rétorque BH, je suis rugby comme je suis PC et non Mac ». Eric Ghebali et l’ambassadeur Zimeray opinent. Laurence Roblin – qui s’occupe, avec l’Américaine Liliane Lazar, du site perso de BHL – approuve l’idée que Mac et PC sont comme deux religions rivales.
Au moment où Fabius – après une dernière conversation sur le trottoir, avec Hubert Védrine et Alain Frachon, à propos, justement, de l’affaire Wikileaks – s’éclipse, c’est Bertrand Delanoë qui se pointe, précédé de Patrick Klugman et suivi de Richard Prasquier. Il est là cinq minutes. Regrette de ne pas rester davantage. Mais c’est tellement important que des laboratoires d’idées comme celui-ci existent. Petite Règle du Jeu, la Mairie de Paris te salue !
Patrick Bouchitey plane.
Bertrand Burgalat médite.
Anne Fontaine et Philippe Carcassone s’amusent.
Higelin et Lévy se réconcilient : la dernière fois qu’ils se sont vus, c’était il y a quinze ans, rue Campagne Première, devant le restaurant Natacha, en face de là où habitèrent Nancy Cunard et Aragon – et ils se sont battus, comme deux voyous, sur le trottoir.
Jean Hatzfeld boit de l’eau.
Patrick Rambaud boit de tout.
Eric Dahan observe et se dit que le temps des « Nuits blanches » est moins passé qu’il ne le croyait.
Vincent Lindon, maintenant qu’il y a moins de photographes, peut revenir et raconte à François Samuelson sa première rencontre avec Levy sur un plateau de Jacques Chancel, il y a 25 ans: « ce qui m’a surpris, dit-il, c’est l’acuité, la pénétration de son regard ; je me suis senti scruté, transpercé – je me suis dit Merde ! ». Et Lévy d’enchainer : « tu avais quoi ? 25 ans ? eh bien tout était joué ; j’ai deviné, ce soir-là, le grand acteur que tu deviendrais ».
Arrive enfin le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, qui demande au directeur de la Revue de lui dédicacer un exemplaire du numéro anniversaire : on monte au premier ; on croise Fifi Chachnil et Virginie Tévenet ; un instant, dans la conversation entre les deux hommes, on croit capter le nom de Daniel Toscan du Plantier ; dans la dédicace, en revanche, on entend distinctement l’écho d’une querelle anciennes mais apparemment apaisée. Beauvois fait une imitation géniale du ministre devant un Patrick Mille qui apprécie en connaisseur. De toute façon, on danse maintenant. C’est Maria de França qui a donné le signal et toutes les filles de la revue s’y sont mises avec un DJ – Haythem Achour “Ogra” – qui y va à fond.
On n’a pas tous les jours vingt ans. Et peut-être  est-ce quand même, après tout, le plus bel âge de la vie.

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Published by Philippe Régniez - dans Chroniques de Philippe Régniez
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Lucien Rouvère 19/12/2010 14:13



Hommes, Français, préparons-nous : la "loi" fabiusseguessots va faire des petits sous peu (dès 2012).


        À quand donc l’obligation légale (sous peine là aussi et bien sur d’amendes astronomiques [1], de perquisitions musclées et de prison à
vie) d'ajouter  EXACTEMENT,  à la syllabe près, lorsque nous parlerons de la Palestine occupée : - izraelle, que la bénédiction de jéova soit sur ce grand
pays démocratique et qu’adonaille foudroie les impies antilicra".
            Hein ? À quand ? À demain –  ou déjà hier ?


            À quand donc encore une nouvelle "loi" imposant aux non-j.u.i.f.s. la contrainte forcenée
 de cotiser au CRI(J)F [2] mais, quant à eux, misérables goyim – "que le très Saint Nom de jéova les atomise dans l’instant" –  SANS
le droit à une déduction fiscale, histoire qu’ils sentent bien leur définitive dépendance, dans leur chair et par leurs deniers ?


            À quand la mille et deuxième "loi" – toujours d'un même tonneau de  Danaïdes – pour "indemniser" jusqu’à la
77ème génération les "enfants" des
déportés-marqués-à-l’encre-bleue-regardez-je-soulève-ma-manche-comme-dans-TOUS-les-films-d’Holly-Youde-et-voyez-la-marque-abominable-que-les-nazis-ont-gravée-dans-ma-chair-ah-le-pauvre-youpi ?


           Oui, à quand de nous asséner une fois pour toutes ces définitives, ces souverainement yites dura lex sed lex,
 désormais intangibles car aussitôt "constitutionalisées" –  "lois" qui seront d’évidence un bienfait pour tous les hommes (qui sans ça, on le sait,
continueraient, mal inspirés qu’ils sont de par leur lamentable goyitude, à médire du peupléluh) ?


            Ferdinand –  "que le Très Glorieux  Nom de Montandon soit sur
Lui" –  serait alors aux anges, qui écrivait bien plus que prémonitoirement avant guerre:
            « Je trouve pour ma part que les j.u.i.f.s. n’en feront jamais assez. Je voudrais qu’il soit décrété une bonne
fois, définitivement, que toutes les Grandes Écoles, les Grands Corps de l’État, Académies, Polytechniques, Internats, Électorats, Hôpitaux, Radios [3], Théâtres subventionnés, Théâtres
ordinaires, Banque de France, sont absolument réservés aux j.u.i.f.s. (comme en U.R..S.S.) [4], strictement interdits aux Goyes. Dans la pratique évidemment, c’est déjà bien entendu. Mais enfin
la chose n’est pas encore officielle [5] et cela me choque. L’exclusive contre l’indigène doit être prononcée officiellement. Il est temps. Tout ce qui commande, tout ce qui émine, reluit,
ordonne, enseigne [6] doit être en France, à partir de ce jour, strictement j.u.i.f. . C’est tout. Ce serait absolument loyale constatation d’un état de fait qui crève les yeux. Ce décret
officiellement pris, l’indigène se le tiendrait pour dit, plus de paroles, plus de démarches inutiles, il se cantonnerait strictement une bonne fois pour toutes, dans les fonctions de son mérite,
aux Abattoirs ou dans le merde ».


                                                    
in "L’École des cadavres" (publié en 1938).
            Note à benêts :


            Le Club Acacia (quand les j.u.i.f.s. à leur tour auront-ils abjuré toutes leurs mesquineries? Jamais, n'en doutons
pas…) nous a éclairé plusieurs fois sur l’inénarrable aspect du PAF (acronyme  très clair : "Paf ! dans le c… des indigènes", bien sur).
            Il y a de la sociologie élémentaire à conduire sur la base d'une lecture régulière et attentive des mierdats [7]
hebdomadaires listant les programmes d’une télévision de moins en moins hexagonale. Car tant les noms (un petit travail est en cours à ce sujet croquignolet) que les gu… sont plus parlants que
bien des démonstrations de l’envahissement sérieusement entamé de nos frontières et de la submersion accélérée de nos gènes.


 ===


 [1] N’oublions pas que les "amendes" imposées par le khôÔmmairsse des youpins atteignent des CENTAINES DE MILLIERS D’EURO pour avoir "copié" la moindre merde j.u.i.v.e., chansonnette
minable susurrée par la plus petite crevée à la mode (la prothèse au sarkôme, par exemple, avec sa face trafiquée-fixée-amidonnée par la chirurgie dite esthétique). Cette inouïe et encore jamais
vue disproportion entre le "délit" et le coup de bambou devrait pourtant renseigner les plus niais d’entre les goyim sur les extravagants pouvoirs qu’on acquis les youtres, y compris dans le
domaine "judiciaire" (en fait : "commercialo-fliqué").


 [2] Et aussi, obligement, à l’Union des Patrons J.u.i.f.s. de France, à l’Union des Etudiants J.u.i.f.s. de France, etc… etc… etc…, à toutes ces officines safranées qui oblitèrent le
paysage naguère chrétien…


 [3] Céline écrirait aujourd’hui "merdiats", comme de juste…


 [4] Maintenant à peu près partout en le dit Occident.


 [5] Effectivement, même en 2010, ce n’est pas encore tout à fait le cas. En 2012, par contre, avec le "choix" des Français entre trois youdis : le sarkôme, le strocecane et le
conebendite, ce sera chose faite.


 [6] Que l’on pense un instant aux immenses arnaques intellectuelles que sont les mythes montés de toutes pièces autour des nullissimes youtres nommés lévistrôce, edgarmôrin (nahon, de son
vrai blaze), jakatali, béchamerde et autres rats fétides furieusement stylophores, façon albaircohaine [« Albert Cohen, né à Corfou, 16 août 1895, mort à Genève le 17 octobre 1981, est
un poète, écrivain et dramaturge suisse romand dont l'œuvre est fortement influencée par ses racines juives. Son nom a été évoqué pour le prix Nobel de littérature ». (In youpipédia,
bien sur, l’un de "leurs" relais imposés)].


 [7] Autre orthographe possible.



Lucien Rouvère 10/12/2010 00:39



Un vrai morceau d'anthologie. On se croirait à bord d'un Ben Normandie d'aujourd'hui...



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