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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 18:18

      Plusieurs milliers de Tunisiens ont fui la toute nouvelle "démocratie de rue" tunisienne. Les trafiquants d’êtres humains ont profité de l’instabilité politique pour se faire un maximum de bénéfices. Durant quelques jours, de nombreux bateaux, de pêche notamment, affrétés de Sfax, de Gabès ou d’ailleurs ont été expédiés vers l’Europe.

      L’île de Lampedusa a reçu en quelques jours 4 à 5 000 clandestins. Ce lieu a été durant de nombreuses années l’un des principaux points de passage des clandestins vers l’Europe. Après le racket de l'Italie par la Libye, les passeurs ont été contraints de trouver d’autres voies de passage (1).

      Rien ne s’opposait à ce que les clandestins tunisiens soient immédiatement renvoyés en Tunisie. Même du point de vue du droit mondialiste et immigrationniste : ces réfugiés ne fuient aucune persécution.

 

 

Discours des professionnels de l’anti-immigrationnisme...

 

      Il n’en a rien été. En France comme en Italie, c’est pourtant une droite dite "dure" qui est au pouvoir : Berlusconi et son allié indéfectible Bossi, chef de la Ligue du Nord (2) en Italie, l’UMP en France. Mais les gouvernants des deux pays ne restent pas inactifs : face à une situation contre laquelle ils ne peuvent et ne veulent rien faire, libéraux-conservateurs italiens comme français s’agitent pour faire fructifier leur rente électorale. L’anti-immigration rapporte.

      En France et en Italie, les politiciens jouent le même jeu et les perdants sont toujours les mêmes : les peuples envahis d’Europe. Le gouvernement Sarközy comme le gouvernement Berlusconi ont profité de ces arrivées spectaculaires pour multiplier les déclarations agressives, et se montrer, dans les discours, très fermes contre l’immigration clandestine.

 

      De l’autre côté des Alpes, le ministre de l’Intérieur Roberto Maroni, qui appartient à la ‘Lega’, le parti du grand patronat, est allé jusqu’à faire croire que des policiers italiens se rendraient bientôt en Tunisie pour y faire régner l’ordre.

 

« Je demanderai au ministre tunisien des Affaires étrangères l'autorisation pour nos forces d'intervenir en Tunisie pour bloquer les flux. Le système tunisien est en train de s'écrouler »

 

      Pas le moindre carabiniere n’a évidemment foulé le sol tunisien. Les autorités tunisiennes se sont déclarées logiquement « prêtes à coopérer », rejetant « catégoriquement toute ingérence dans ses affaires intérieures ». Très rapidement les autorités tunisiennes ont annoncé avoir déployé les forces nécessaires au contrôle des côtes et ces derniers jours, aucune nouvelle arrivée n’a été signalée. La proposition aussi irréaliste qu’inacceptable vu de Tunis était à seule destination de l’électorat droitier italien, ulcéré par cette nouvelle vague migratoire.

 

      En France, Éric Besson, le ministre de l’Industrie qui se croit ministre de l’Immigration (et lui-même marié à une tunisienne) affirme qu’« il ne peut pas y avoir de tolérance pour l'immigration clandestine [mais que certains] certains peuvent avoir le droit à l'asile ». « Tous les autres vont être reconduits dans leur pays » martèle-t-il. Le ministre franc-maçon de l'Intérieur Brice Hortefeux est intervenu à la tribune de l’Assemblée :

 

« La règle qui s'appliquera, c'est celle de notre politique migratoire. Un étranger en situation irrégulière a vocation à être reconduit dans son pays d'origine sauf situation humanitaire particulière »

 

      Laurent Wauquiez, ministre des Affaires européenne prétend que l’accueil en France de ces clandestins ne concernera que des cas « très marginaux » : car il ne faudra pas donner « une prime à l'immigration illégale ».

 

 

... et réalité

 

      Cette nouvelle vague migratoire est du pain béni pour le grand patronat et les partis de "droite"  ; mais les discours guerriers de l’UMP et de la Ligue du nord sont aux antipodes des politiques menées depuis une décennie. Le débarquement de Lampedusa intervient quelques jours après que le gouvernement Berlusconi ait procédé à la régularisation d’environ 100 000 clandestins lors du ‘click day’. Depuis cinq ans, ce sont plus d’un million de clandestins qui ont obtenu une autorisation de séjour.

      Contrairement à une légende répandue et habilement entretenue, c’est bien en Italie que les immigrés restent (3). Le gouvernement Berlusconi-Bossi utilise également les mêmes méthodes que le gouvernement Sarközy.


      Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 52 000 arrêtés de reconduites à la frontière ont été notifiés en Italie en 2009. Seuls 18 000 clandestins ont été finalement expulsés, alors que le nombre de clandestins était estimé à 500 à 750 000 personnes selon les autorités. Selon l’association de défense des immigrés Caritas, le nombre de clandestins était en réalité d’un million, près de 2% de la population en Italie et plus du quart des étrangers présents.

      En octobre 2010, la même association a publié un rapport sur la situation des immigrés légaux. L’Italie abritait alors 4,9 millions d’immigrés légaux (4). Sans surprise, c’est dans la région très industrielle de la Lombardie, dirigée par la Ligue du Nord, que les immigrés sont les plus nombreux : près d’un quart des immigrés s’y trouve (23,2%), loin devant la seconde région, le Latium (11,8%), le Veneto (11,3%) et l'Emilie-Romagne (10,9%). La majeure partie des immigrés légaux sont accueillis là où la prétendue anti-immigration 'Lega nord' est la plus puissante. La nouvelle classe économique dirigeante se satisfait fort bien en Italie comme ailleurs d’un niveau très élevé d’immigration (les statistiques officielles évoquent 6,7% de la population ; 7,98% pour la France en 2006).

 

      Les chiffres pour la France sont très proches : en 2009, 96 109 clandestins ont été interpellés ; 85 101 avaient fait l’objet d’une mesure d’éloignement, qui n’a été appliquée que pour 29 288 cas. Ce sont probablement plus de plus de 500 000 clandestins qui sont présents en France, pour 4,9 millions d’immigrés légaux. Comme en Italie, ce sont les régions les plus industrieuses qui accueillent le plus d’immigrés.

      Sarközy est bien le Berlusconi français : à Calais les autorités françaises affirmaient que les clandestins ne voulaient pas rester en France mais rêvaient d’Angleterre comme les Italiens affirment que les Tunisiens n’ont qu’un souhait : rejoindre la France.

 

 

 

Une alliance contre l’Europe

 

      Pour finir, chacun en appelle à l’Europe. Roberto Maroni demande l’« intervention urgente de l'UE » ; avec son comparse Frattini, ils exigent « la convocation urgente d'une réunion au niveau politique du Conseil justice et Affaires intérieures de l'UE ». L’Union, en quête de légitimité, n'attend que cela et répond à l'appel : « La Commission européenne est en contact étroit avec les autorités italiennes » indique Bruxelles.

      Étrange recours de la Lega nord, rempart de l’Occident contre l’invasion et l’islam à l’Union "européenne". Les autorités supra-nationales, avec lesquelles la Ligue du Nord s’entend très bien, n’a pas caché faire siennes les propositions de l’ONU : l’accueil ces 50 prochaines années de 47 millions de clandestins. Cela représente un million par an. C’est exactement le taux actuel de l’immigration légal, accepté par les gouvernants européens, à commencer par l’Italie et la France.

 

      Pour la Tunisie, les affaires reprennent : sans qu’il n’existe aucun motif pour cela, le gouvernement français a donné plusieurs millions de francs [350 000 euros] ; l'Union "européenne" est moins avare avec l’argent du contribuable. Ces deux prochaines années, c’est 1,7 milliard de francs qui sera versé au gouvernement tunisien [258 millions d'euros].

 

 

      Les 5 000 clandestins auront bientôt tous quitté Lampedusa, comme ils quittent les feux de l’actualité. Ils se dispersent à travers l’Europe ; 5 000 clandestins : une goutte d’eau dans l’océan migratoire de dizaines de millions d’étrangers qui noie l’Europe.

 

      Chacun aura bientôt oublié que la Ligue du Nord a toléré que les églises de l’île de Lampedusa soient utilisées comme dortoirs pour les nouveaux colons.

 

      Et le cycle se poursuivra dans deux mois, dans six mois, dans un an, quand 5 000, 20 000 ou 50 000 clandestins débarqueront : Berlusconi, Bossi, Sarközy, réapparaitront sur les écrans pour nous assurer que ces violeurs de nos frontières seront impitoyablement renvoyés chez eux.
      Comme les Albanais à la fin des années 1990, comme les Kurdes de Fréjus en 2001, comme les Tunisiens en 2011 qui, tous se sont installés définitivement en Europe.

      En France l’UMP et ses associés parlent de République, d’Islam, de laïcité. De mensonges en dédiabolisation, les prétendus radicaux sont passés de la guerre raciale à l’inversion des flux migratoires, de l’inversion des flux migratoires à l’arrêt de l’immigration et de l’arrêt de l’immigration à l’intégration des musulmans. En France, le principal relai de la Ligue du Nord est le Bloc dit "identitaire" dont le chef déclare :

 

« Ceux qui arrivent doivent accepter la culture française. Les musulmans voudraient imposer leurs valeurs, mais c’est à eux de s’intégrer. »

 

      La Ligue du Nord continue à passer pour un parti anti-immigration, l’UMP pour un gouvernement qui lutte « avec fermeté » contre l’immigration et l’invasion continue. Les élections et le système plouto-démocratique ont de beaux jours devant eux. Ceux de l’Europe, détruite par ses ennemis, trahie et abandonnée par ses fils sont bien sombres.

 

 

 


 

 

1. Le gouvernement italien (Berlusconi, Fini, Bossi) a donné plusieurs dizaines de milliards de francs au "colonel" Kadhafi contre la promesse d’agir contre l’immigration. Les réseaux mafieux d’importation de chair humaine privilégient ces derniers mois la Grèce.

 

2. La Ligue du Nord est cet étrange parti présenté comme anti-immigration par les médiats, alors qu’il a fait voter la régularisation de plus d’un million de clandestins. Les médiats sont beaucoup plus discrets sur l’essor de la mafia dans le nord de l’Italie ces dernières années avec la complicité des autorités, comme sur l’influence du grand patronat sur les politiques pro-immigration. Le gouvernement italien ne tient désormais plus que par le soutien d’Umberto Bossi, le chef de la "Lega", à Berlusconi. A défaut de lutter contre l’immigration, les Italiens auraient pu espérer que la Lega ne soutienne pas un chef de gouvernement organise des orgies où des mineures notamment blanches sont incitées par leurs familles à venir vendre leur corps.

3. Il faut noter cette étrange mentalité de politiciens se disant Européens et laissant entrer les immigrés se félicitant que de toute façon ils ne resteront pas en Italie - ce qui est faux.

4. Dont 21% de gitans de Roumanie, 11% d’Albanais, 10,2% de Marocains, 4,4% de Chinois, etc. Les Africains très nombreux (ils seraient un million) n'apparaissent pas du fait de
l’extrême diversité des pays de provenance.

 

5. Une partie commence à arriver en France : France Soir titre « Les [sic] Tunisiens arrivent à Nice ». Le préfet des Alpes-Maritimes reconnaît que « le rythme montre clairement une accélération », ce que confirment plusieurs associations.

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Published by Eric Adelofz - dans Ennemi de l'intérieur
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