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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 15:15

      Le discours de François Fillon lors de ses vœux à la presse avait une teneur très nationale : il a prononcé le mot « France » 8 fois alors que le « monde », qui semble pas le préoccuper, n'apparaît qu’à deux reprises ; même si l(es)’étranger(s) figure 3 fois dans le texte et de nombreux pays sont cités, l’immense majorité africains et musulmans : l’actualité impose le Niger (4 fois) aux côtés duquel nous trouvons l’Afghanistan (2), la Somalie (1) et le Mali (1) ; le seul pays européen cité est l’Allemagne (1). La politique étrangère est pourtant habituellement le domaine réservé du Président de la République...

 

      Dans le même ordre d’idée, le terme « français/e » sort 16 fois mais la « République » pas une seule fois en tant que telle (la notion transparaît une fois dans l’« unité républicaine »). Si François Fillon désigne son chef à 7 reprises, il n’est nommément appelé « Nicols Sarkozy » qu’une seule fois ; les 6 autres fois, François Fillon ne mentionne pas le nom Sarközy et parle du « président de la République », fonction somme toute intemporelle, contrairement au locataire actuel de l’Elysée...

       Les élections sont d’ailleurs présentes à six reprises dans le discours de François Fillon, tout comme le mot « utile » : le Premier ministre reprend ici le terme à Sarközy qui a décrété l’année 2011 année « utile ». Ce vœu pieu est probablement censé nous faire oublier dix ans d’inutilité... En terme d’année, François Fillon regarde peu dans le rétroviseur : 2009 n’est nommée qu’une fois, 2010 3 fois, contre 12 mentions pour 2011, l’année qui commence : François Fillon s’ancre dans le présent. Il prépare aussi l'avenir : 2012,  la date de l’année présidentielle revient quand même à 4 reprises dans son discours....

 

 

      L’emploi (6 occurrences) bât largement le chômage qui, timidement, n’apparaît qu’une fois... Une victoire historique qui, malheureusement, restera dans les discours.

      Le social intéresse beaucoup le Premier ministre qui le met à toutes les sauces : il est énoncé en 9 occasions : « cohésion sociale », « bilan social », « modèle économique et social », « plan social », « partenaires sociaux », « pacte social » (2 fois), « réintégration économique fiscale et sociale de l'Europe » ; 8 fois sur 9 il s’agit d’une mention positive.

 

      Sur le plan politique, Fillon nomme deux adversaires : le Front national, cité une fois, tout comme les socialistes ; il ignore superbement les autres : rien ni à gauche, ni au centre, ni à droite, ni chez les écologistes. Et s’il donne des gages aux extrêmes, il en donne tout autant au centre : la radicalité (3 mentions) est exactement neutralisée par la souplesse (3 mentions)... A l’inverse le « grand » (3 occurrences), l’emporte sans difficulté sur le « petit » (aucune mention).

 

      Si François Fillon n’hésite plus à se mettre en avant pour s'imposer (43 fois « je »), il n’oublie pas de parler au nom des Français, au nom du gouvernement, au nom de l’exécutif... : au nom de tout le monde en fait : le « nous » apparaît 52 fois. Il est l'homme du rassemblement.

      Il y a également 8 « on », petit mot bien utile qui sert aussi bien à faire parler les mauvaises langues : « onne pourra plus dire... » que mettre sur le dos d’autres des réformes impopulaires :

 

« on ne pourra pas éternellement avancer dans l’intégration économique, fiscale et sociale de l’Europe et maintenir en même temps entre nos Etats des écarts flagrants en matière d’organisation du travail. Toute réflexion sur la durée légale du travail doit donc s’inscrire dans le cadre d’une analyse plus globale sur la convergence européenne »

 

      Je, tu, il, nous, vous : au fond : qu’importe le pronom : le fédéralisme destructeur des peuples et des nations est en marche et les beaux discours des politiciens ne sont là que pour nous distraire...

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Published by Jérôme Deseille - dans Régime pourri
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