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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 09:09

Dans l'article qui va suivre, nous suggérons à nos lecteurs de remplacer les expressions touchant aux attentats du 11-Septembre par celles qui s'appliquent au révisionnisme historique de "l'Holocauste". Ce texte, que nous devons à l'économiste et journaliste américain Paul Craig Roberts, ancien secrétaire adjoint au Trésor sous Ronald Reagan et ancien commentateur-vedette du Wall Street Journal, explique magistralement l'obstacle mental que constitue toute révision historique.
En voici quelques extraits, traduits par Pétrus Lombard et Alterinfo.




Pourquoi la propagande l'emporte sur la vérité. Par Paul Craig Roberts, 14 septembre 2009

Un article paru dans le journal Sociological Inquiry, "Il doit y avoir une raison: Oussama, Saddam, et la justification induite" (vol. 79, n° 2, 2009, pp. 142-162) jette la lumière sur l'efficacité de la propagande. Les chercheurs ont examiné pourquoi les énormes mystifications réussissent là où les petites balivernes échouent. Les régimes peuvent s'en tirer avec de grandes impostures, mais les politiciens ne le peuvent pas avec la bagatelle.

   Les chercheurs expliquent pourquoi tant de gens croient encore que Saddam Hussein était à l'origine du 11/9 des années après qu'il est devenu évident que l'Irak n'avait rien à voir avec ces événements. Les gens ont développé des rationalisations élaborées qui se sont profondément accrochées à leurs convictions induites par la propagande du régime Bush sur la présumée implication irakienne. L'implication émotionnelle de la propagande s'est intégrée à leur identité personnelle et à leur sens moral. Ils ont cherché les informations qui soutenaient leurs croyances et évité celles qui les démentaient, sans tenir compte des faits de l'affaire.

   Dans "Mein Kampf", Hitler explique la crédibilité en d'énorme mensonge par rapport au petit bobard :  "Dans la simplicité de leur esprit, les gens tombent plus facilement victimes d'une monstrueuse fiction que d'un petit boniment, car eux-mêmes se laissent souvent aller à de petites contrevérités peu importantes, mais auraient honte de recourir à de grosses mystifications. Il ne leur viendrait jamais à l'esprit de fabriquer une énorme imposture, et ils sont incapables de croire qu'un autre pourrait avoir pareil toupet. Même si des faits prouvant qu'il en est ainsi sont portés de manière claire à leur connaissance, ils continuent de douter et pensent qu'il pourrait y avoir une autre explication."

   Ce que les sociologues et Hitler nous disent, c'est que, avec le temps, les faits devenant évidents, les gens tiennent absolument sur le plan émotionnel aux croyances implantées par la propagande et trouvent que s'en libérer est une expérience déchirante. IL EST PLUS CONFORTABLE DE DÉNONCER CELUI QUI RÉVÈLE LA VÉRITÉ PLUTÔT QUE LE MENTEUR [souligné par nous].

   La psychologie de l'adhésion à des convictions, même injustifiées, est un pilier de la cohésion et de la stabilité sociale. Ça explique pourquoi, dès que le changement est réalisé, même un gouvernement révolutionnaire devient conservateur. Le revers de la médaille de ce travers, c'est d'empêcher la reconnaissance des faits. Dans l'Union soviétique, cela rendit le système incapable de s'adapter à la réalité économique, et l'Union soviétique s'effondra. Aujourd'hui, aux Etats-Unis, des millions de gens trouvent plus facile de scander "USA, USA, USA" que d'accepter les faits montrant la nécessité du changement.

   L'inertie de l'effroyable imposture constitue la barrière qu'a du mal à abattre le Mouvement pour la vérité sur le 11/9. Le racontar selon lequel ce mouvement se compose de théoriciens de la conspiration et de cinglés est évidemment absurde. Les dirigeants du mouvement sont des professionnels hautement qualifiés, comme des experts en démolition, des physiciens, architectes en construction, ingénieurs, pilotes, et anciens hauts fonctionnaires du gouvernement. Contrairement à leurs détracteurs qui répètent comme des perroquets l'histoire du régime, ils savent de quoi ils parlent.

(...)

...la science est un système de croyances, exactement comme toute chose, et [les démonstrations scientifiques de celui qui révise - Note Bocage] sont en dehors du système de croyance.

(...) Le problème devant la vérité, ce sont les besoins affectifs des gens. (...)

Des gens naïfs pensent que, si l'explication sur le 11/9 du gouvernement était fausse, les physiciens et les ingénieurs prendraient tous la parole.

Certains l'ont fait (...). Seulement, pour la plupart des physiciens et des ingénieurs ce serait un acte suicidaire. Les physiciens doivent leur carrière à des subventions gouvernementales, et leur service est fortement tributaire du financement public. Pour l'essentiel, en prenant la parole, un physicien met fin à sa carrière universitaire. S'il est professeur titulaire, pour apaiser Washington l'université rachètera son poste (...).

Une firme d'ingénierie qui oserait parler ne se verrait plus jamais accorder de contrat du gouvernement. Par ailleurs, ses clients patriotes cocardiers considéreraient la société comme une apologiste du terrorisme et arrêteraient de faire du business avec elle.

(...)

Autant que je sache, la plupart des gens ont bien plus confiance en leur gouvernement qu'en la vérité. (...)

   La démocratie repose sur l'idée que les gens sont des êtres rationnels, qui examinent les faits et les arguments et ne sont pas faciles à manipuler.

Les études ne trouvent pas que ce soit le cas. Dans ma propre expérience universitaire, en politique publique et en journalisme, j'ai appris que tout le monde, depuis le professeur jusqu'à l'étudiant du secondaire, a des difficultés avec les faits et les analyses qui ne collent pas à ce qu'ils pensaient déjà. L'idée selon laquelle "nous n'avons pas peur de suivre la vérité partout où elle pourrait conduire" est une notion extrêmement romantique et idéaliste. J'ai rarement vu un esprit ouvert, même en dissertation académique ou aux strates les plus hautes du gouvernement. Dans le grand public, la capacité à suivre la vérité partout où elle pourrait mener est quasi inexistante.

(...)

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Published by MSR - dans Dissidence
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