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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 02:02

      Après plusieurs mois de suspens, le nouveau gouvernement a été formé hier.

      Ce n’est sans doute pas un hasard si Sarközy a choisi un dimanche pour nommer son nouveau gouvernement, un jour considéré comme sacré et détaché des basses préoccupations matérielles depuis le IVe siècle en Europe.

 

      Le changement devait être radical, il devait marquer une nouvelle volonté, instaurer une nouvelle politique. Les Français allaient voir ce qu’ils allaient voir. Une nouvelle fois, Sarközy aura fait naître de faux espoirs et a menti aux Français : le gouvernement Fillon III est la copie quasi conforme du gouvernement Fillon II dans sa dernière version.

 

      Il y a parfois de simples changements de postes, parfois aucun changement du tout, comme c’est le cas à la tête du gouvernement où François Fillon est finalement maintenu, ayant combattu victorieusement dans les médiats contre son concurrent Jean-Louis Borloo. Ce dernier se retire et laisse entendre tout le mal qu’il pense de la politique sarközyste qu’il a accompagné durant des années.


      Parmi les entrées remarquées signalons celle d’Alain Juppé, condamné dans l’affaire des emplois fictifs de Paris, et dont la peine avait été scandaleusement ramené à un an inéligibilité par la cour d’appel en 2004, permettant à Alain Juppé, fort de ses soutiens toujours actifs, de retrouver le poste de maire de Bordeaux qui lui a permis de devenir ministre de la Défense.

      Alain Juppé dont la justice s’indignait, au moment de sa condamnation :

 

« Il est regrettable qu’au moment où le législateur prenait conscience de la nécessité de mettre fin à des pratiques délictueuses qui existaient à l’occasion du financement des partis politiques, M. Juppé n’ait pas appliqué à son propre parti les règles qu’il avait votées au parlement.

Il est également regrettable que M. Juppé, dont les qualités intellectuelles sont unanimement reconnues, n’ait pas cru devoir assumer devant la justice l’ensemble de ses responsabilités pénales et ait maintenu la négation de faits avérés. »

 

      La plupart des poids lourds du système Sarközy restent en place : Michèle Alliot-Marie – qui voit entrer au gouvernement son compagnon Patrick Ollier, Nathalie Kosciusko-Morizet, Brice Hortefeux, Christine Lagarde, Michel Mercier, Luc Chatel, François Baroin, Valérie Pécresse, Bruno Le Maire, l’ami des petits boxeurs thaïlandais Frédéric Mitterrand, Roselyne Bachelot, Chantal Jouanno, Eric Besson, Henri de Raincourt, Laurent Wauquiez, Nadine Morano, Marie-Luce Penchard, l’ultra-sioniste et atlantiste Pierre Lellouche, Nora Berra, Benoist Apparu et Georges Tron, c’est-à-dire la totalité des ministres, à l’exception d’Alain Juppé et de Xavier Bertrand, qui reprend du service après un court intermède à la tête de l’UMP où il a brillé par son inaptitude, de Maurice Leroy, un inconnu qui est propulsé à la tête d’un « ministère de la ville » et de M. Alliot-Marie.

 

 

      Les nouveaux remplacent les secrétaires d’État disparus ou montés en grade : Jeannette Bougrab qui dirigeait l’officine de l’anti-France HALDE est nommée, ainsi que le très haïs Frédéric Lefèbvre et Thierry Mariani. Dernière secrétaire d’État à intégrer l’équipe Sarközy, Marie-Anne Montchamp, auprès de la ministre des solidarités et de la cohésion sociale...

 

 

      Disparus Jean-Louis Borloo, Bernard Kouchner, Hervé Morin, Marc-Philippe Daubresse, Patrick Devedjian – dont on ignore quel poste de substitution lui proposera Sarközy –, Christian Estrosi et Hubert Falco (qui était simple secrétaire d’État). Ces deux derniers sudistes ne seront pas remplacés par Jean Leonetti pourtant annoncé comme nouveau ministre. Autres secrétaires d’Etat limogés : Dominique Bussereau, Valérie Létard, Jean-Marie Bockel, Anne-Marie Idrac, Hervé Novelli, Alain Marleix, Fadela Amara et Rama Yade.

 

 

      Eric Woerth après avoir conduit la réforme des retraites fait également les frais du remaniement et devra peut-être encore être le sacrifié des errements sarközystes en endossant la responsabilité collective de l’UMP dans l’affaire Bettencourt.

      Les nombreux sous-ministres font les frais d’un gouvernement "resserré", tout comme les immigrés de Sarközy qui ont désormais tous disparus à l’exception de Lellouche, Nora Bera. L’arrivée de J. Bougrab ne compense pas les départs de Kouchner, Yade, Amara, après celui de Dati.

 

      L’ouverture est la grande sacrifiée du remaniement : exit Kouchner, Amara, Borloo, Idrac, Morin, Létard, Bockel et autre Yade ; des anciens socialistes aux radicaux et centristes, le dernier gouvernement Fillon est un gouvernement très sarközyste. L’occupant de l’Elysée espère sans doute voir Fillon s’épuiser à gouverner cinq ans pendant que lui pourra adopter une posture de rassemblement en vue des élections de 2012 pour lesquelles Juppé, simple ministre sortant serait maîtrisé. Ne resterait face à lui que Dominique de Villepin pour la droite libérale.

 

      Il est à noter d’ailleurs que le corrompu de Bordeaux figure en tête des ministres dans l’ordre protocolaire.

 

      La mention de l'Identité nationale, cela ne surprendra personne, a disparu.



Le nouveau gouvernement Fillon :

 

M. Alain Juppé, ministre d’Etat, ministre de la défense et des anciens combattants ;

Mme Michèle Alliot-Marie, ministre d’Etat, ministre des affaires étrangères et européennes ;

Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement ;

M. Michel Mercier, garde des sceaux, ministre de la justice et des libertés ;

M. Brice Hortefeux, ministre de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration ;

Mme Christine Lagarde, ministre de l’économie, des finances et de l’industrie ;

M. Xavier Bertrand, ministre du travail, de l’emploi et de la santé ;

M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative ;

M. François Baroin, ministre du budget, des comptes publics, de la fonction publique et de la réforme de l’Etat, porte-parole du Gouvernement ;

Mme Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche ;

M. Bruno Le Maire, ministre de l’agriculture, de l’alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l’aménagement du territoire ;

M. Frédéric Mitterrand, ministre de la culture et de la communication ;

Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre des solidarités et de la cohésion sociale ;

M. Maurice Leroy, ministre de la ville ;

Mme Chantal Jouanno, ministre des sports ;

M. Patrick Ollier, ministre auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement ;

M. Eric Besson, ministre auprès de la ministre de l’économie, des finances et de l’industrie, chargé de l’industrie, de l’énergie et de l’économie numérique ;

M. Henri de Raincourt, ministre auprès de la ministre d’Etat, ministre des affaires étrangères et européennes, chargé de la coopération ;

M. Philippe Richert, ministre auprès du ministre de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration, chargé des collectivités territoriales ;

M. Laurent Wauquiez, ministre auprès de la ministre d’Etat, ministre des affaires étrangères et européennes, chargé des affaires européennes ;

Mme Nadine Morano, ministre auprès du ministre du travail, de l’emploi et de la santé, chargée de l’apprentissage et de la formation professionnelle.

Mme Marie-Luce Penchard, ministre auprès du ministre de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration, chargée de l’outre-mer ;

M. Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat auprès de la ministre de l’économie, des finances et de l’industrie, chargé du commerce extérieur ;

Mme Nora Berra, secrétaire d’Etat auprès du ministre du travail, de l’emploi et de la santé, chargée de la santé ;

M. Benoist Apparu, secrétaire d’Etat auprès de la ministre de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement, chargé du logement ;

M. Georges Tron, secrétaire d’Etat auprès du ministre du budget, des comptes publics, de la fonction publique et de la réforme de l’Etat, chargé de la fonction publique ;

Mme Marie-Anne Montchamp, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des solidarités et de la cohésion sociale ;

M. Thierry Mariani, secrétaire d’Etat auprès de la ministre de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement, chargé des transports ;

M. Frédéric Lefèbvre, secrétaire d’Etat auprès de la ministre de l’économie, des finances et de l’industrie, chargé du commerce, de l’artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme, des services, des professions libérales et de la consommation ;

Mme Jeannette Bougrab, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative, chargée de la jeunesse et de la vie associative.

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