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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 14:14

       La seule manière d’appréhender et de comprendre le réel est de s’en tenir aux faits. Nous devons toujours nous efforcer de voir le monde tel qu’il est en évitant d’en déformer la perception à travers le prisme de nos rêves ou de nos fantasmes. C’est à partir de ce seul réalisme que nous serons en mesure d’établir une connaissance solide du monde qui nous entoure, des multiples et complexes phénomènes qui l’animent et en modifient sans cesse le visage et le contenu.


Le fait national, réalité incontournable

       Dans l’ordre du réel, relativement à l’être humain, il existe un fait incontournable, sans lequel aucune pensée sociologique et politique sérieuse ne peut être construite : le fait national, qui s’identifie sous différentes formes selon les âges et les lieux.
       Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire, nous constatons l’existence de groupes humains, de sociétés humaines, ayant chacun et chacune une identité propre, distincte et unique, développant une culture et une civilisation inimitables. Dès la plus haute antiquité, on distingue les pôles civilisationnels sumérien en Mésopotamie, chinois avec la vallée de la Wei, égyptien, indien avec la civilisation de Mohendjo Daro, indo-européen, pour ne citer que les plus importants et les plus connus. Plus nous avançons dans le temps, plus nous observons une diversification des sociétés humaines affirmant une personnalité spécifique, phénomène qui n’est rien d’autre que la manifestation saine de la force vitale propre au monde animé. Il n’est que de considérer le nombre immense de peuples cités par les auteurs de l’Antiquité gréco-romaine, depuis les Hyperboréens au nord jusqu’aux « faces brûlées », les Aetiopes, au sud, ou encore des tribus celtes d’Irlande aux peuplades d’Asie centrale, Alains et autres Gépides ou Huns Hephtaliques.
      De cette multitude de peuplades et de peuples ont émergé et continuent d’émerger des entités plus solidement et durablement constituées. Elles alimentent au fil du temps et des événements une conscience de plus en plus développée et aiguë de leur spécificité identitaire, laquelle atteint son développement maximum et sa perfection lorsque le peuple ainsi formé, organisé en une société structurée et inévitablement hiérarchisée se constitue en Etat, autrement dit existe par elle-même, se suffit à elle-même, en toute indépendance par rapport aux peuples et populations qui le voisinent.


Qu’est-ce que la nation ?

      Ainsi se constitue une Nation ; elle unit des hommes sentant dans leur coeur qu’ils sont un même peuple parce qu’ils ont une communauté d’idées, d’intérêts, d’affections de souvenirs et d’expérience. Réalité historique, la nation est une unité historique différenciée dans l’universel par ses propres identité et unité de destin. Communauté de destin dans l’universel, selon la formule de José Antonio Primo de Rivera, la nation existe comme une entité organique dont la vie et la santé de chacune des parties complémentaires et indispensables les unes aux autres, dépend de la totalité, l’existence de cette dernière étant réciproquement tributaire de la vie de chacune de ces parties constitutives. Dans une nation, on se sauve ensemble ou on périt ensemble.
      Toute nation s’est animée dans le passé en sachant accomplir des missions universelles, dans la mesure où la culture qu’elle développe est une expression particulière réfléchie, pensée de l’ordre universel ; elle vivra dans l’avenir en en accomplissant d’autres, animée par la foi et la légitimité de son existence et de  ses actes. Détruire la mission d’une nation, affaiblir la foi en sa légitimité, vouloir n’en faire qu’un fait relatif et contingent, c’est-à-dire refuser le devoir qui naît aujourd’hui de l’oeuvre d’hier, revient à la détruire. Synthétisée dans le sentiment de patrie, la nation est une unité totale, organique où s’intègrent tous les individus et tous les corps intermédiaires, tant des générations présentes que passées, le patrimoine spirituel et culturel de ses membres. Elle ne peut être confondue avec cette idée de nation artificielle, constructiviste, nominaliste et individualiste issue des principes de 1789.
      Cette réalité nous l’éprouvons en nous-mêmes. Lorsque nous naissons, nous ne sommes pas seulement un être humain ; nous naissons comme Français, comme Allemand, comme Espagnol... selon l’origine de nos parents. Même âgés de quelques secondes, en poussant notre premier vagissement, nous sommes vieux de siècles de culture, de civilisation. Nous avons l’âge de la civilisation que nos aïeux ont édifié à force d’intelligence, d’efforts, de sueur et de sang. Au-delà de l’hérédité génétique qui est propre à chacun de nous, notre personnalité ne peut s’épanouir pleinement et harmonieusement qu’à l’intérieur de l’ensemble communautaire national dont nous sommes issus. Plus encore, nous ne pouvons atteindre à l’Universel que par la médiation de la nation, de notre culture nationale, incarnation particulière en quelques sorte de l’Universel.

      Face aux étrangers, face à ceux qui ne sont pas membres de notre communauté nationale, nous existons certes en tant que personne, mais nous existons aussi en tant que membre de notre communauté civilisationnelle.
      Nous constituons et représentons aux yeux des étrangers à la fois une parcelle et la totalité de la nation dont nous sommes membres. Notre sort, notre destin, la souveraineté de notre personne, autrement dit de notre liberté d’être et d’agir, sont liés au sort, au destin et à la souveraineté de la nation dont nous sommes les enfants : que cette nation soit asservie et notre personnalité sera brimée, privée de son total épanouissement en tant que telle. Et renierions-nous nos origines qu’il nous faudrait adopter aussitôt une autre culture, nous affilier à d’autres origines : nous ne pouvons échapper au fait identitaire, au fait national. Personne ne peut faire abstraction de son identité culturelle et civilisationnelle.
      De toutes les libertés humaines, la plus précieuse est l’indépendance de la patrie écrivait Maurras. En effet, c’est seulement à travers cette indépendance que peuvent être garanties : la sécurité des biens et des personnes, le développement et l’accomplissement total de la personnalité de chacun, la préservation du patrimoine moral et intellectuel qu’il nous appartient de faire fructifier.

      Que l’on détruise les nations, comme certaines organisations apatrides et mondialistes tentent de le faire, - l’Euroland maastrichien en étant objectivement le relais pour l’Europe : du magma informe qui en résulterait, surgiraient de ce chaos de nouvelles différenciations culturelles civilisationnelles, selon le lieu, l’histoire spécifique de chaque groupe humain vivant en un lieu et dans des conditions déterminées.
      Le fait national, même s’il n’a pas toujours revêtu la même forme et la même appellation qui sont les siennes depuis le XIXe siècle, est donc une réalité dont on ne peut faire abstraction, de même que l’on ne peut dans l’ordre des sciences physiques ignorer la réalité de la pesanteur ou de l’attraction universelle. Pour sa part, le christianisme considère les nations comme faisant partie de la condition de l’humanité et la Bible, dès le récit de la Genèse évoque l’histoire de la Tour de Babel, symbole d’une humanité mélangée, comme une malédiction pesant sur les hommes et dont un célèbre tableau de Breughel l’Ancien nous donne l’image.


Qu’est-ce que le nationalisme ?

      Dès lors, le nationalisme est une ligne de conduite s’efforçant en permanence de résoudre chaque question, chaque problème, par rapport à la nation.
      Cela consiste à traiter chaque sujet en fonction d‘un seul critère : assurer le bien commun de la nation sous tous les aspects que celui-ci peut revêtir. Le nationaliste est celui qui conduit sa réflexion en se demandant à chaque instant : est-ce que telle décision, telle attitude est bonne pour une nation ? Si d’un point de vue mystique et poétique, transcendantal, le nationalisme est l’amour de l’éternelle et inébranlable métaphysique d’une nation, de son être intime, sous une acception personnelle, le nationalisme se rapporte à la volonté de se donner les moyens de maintenir ou de créer les conditions permettant d’assurer la pleine souveraineté et l’entier développement de notre personne aux fins de la réalisation de ce en vue de quoi nous avons été créés, d’assurer la sécurité et l’épanouissement de notre famille et en premier lieu de nos enfants, de se soucier de leur devenir, en ayant conscience de n’être que l’usufruitier d’une richesse dont nous sommes les dépositaires et les continuateurs le temps de notre vie.

      Il est cette pensée, cette philosophie qui affirme l’intégrité de notre personne, physiquement et spirituellement, et par conséquent œuvre par tous les moyens appropriés à assurer la pérennité de la nation dont nous sommes membres, celle-ci étant le cadre, l’écrin sans lequel l’intégrité de notre personne est menacée. Autrement dit, le nationalisme apparaît comme une pensée prônant la volonté de défendre l’être de son pays, la volonté de lui donner les moyens de renforcer sa puissance et sa grandeur afin de transmettre à nos descendants l’héritage que nous avons reçu en usufruit, plus grand, plus beau, plus solide que nous l’avons reçu. Le nationalisme est l’expression même de la force vitale de chaque citoyen conscient de son identité et de toute nation désireuse de se propulser dans l’avenir en s’appuyant sur les fondements solides du passé qui l’ont amené à être ce qu’elle est présentement. Le nationalisme est l’ensemble des forces de vie qui s’opposent à celles qui visent à détruire la nation.
      Dès lors, être nationaliste c’est être réaliste. Et le nationalisme, la pensée nationaliste sont éminemment réalistes, ne peuvent être que réalistes, ne prenant en compte que les seuls faits et expériences avérés. Par conséquent, la vérité étant selon la définition traditionnelle l’adéquation de la pensée au réel, la pensée nationaliste est éminemment vraie, elle est la pensée de la vérité, relativement à la dimension immanente de la Création, mais tout autant dans sa dimension transcendante sans laquelle elle serait incomplète, désinformée.


Le nationalisme n’est pas qu’une idéologie

      Lorsque l’on qualifie le nationalisme d’idéologie, c’est l’amoindrir, le ravaler au rang des idéologies matérialistes, utilitaristes qui dominent le monde, et en particulier le monde européen depuis deux siècles.
      Prenons l’exemple du libéralisme et son opposé, le socialisme, comme de leur dernier avatar en date, le mondialisme. Ce sont des systèmes intellectuels construits à partir d’idées purement abstraites, à partir d’une certaine conceptualisation du réel, réalisé en projetant des idées préconçues et des fantasmes dans un contexte historique donné. Les communistes ont toujours parlé d’utopie sociale en voulant réaliser le paradis sur terre et les libéraux, par la voix de l’un de leurs porte-parole autorisé, Pascal Salin, a déclaré dans son ouvrage « Libéralisme » publié cette année, que le vrai libéralisme est une utopie. Quant au mondialisme, c’est l’utopie du marché mondialisé avec son corollaire, la prolétarisation généralisée de l’humanité.

      Le libéralisme, au contenu des plus flous, il s’est essentiellement soucié d’efficacité économique, au point de réduire la société à sa seule dimension économique et à aboutir à la penser en terme d’un ensemble de marchés, omettant la cohésion sociale. Oubliant, sinon refusant de considérer chaque société, chaque peuple autrement que sous forme d’une addition arithmétique d’individus mus par leur seul intérêt égoïste, ignorant la dimension relationnelle et humaine de la notion chrétienne de personne, évacuant la notion de bien commun (en tant que meilleur de chaque bien particulier) au profit de celle d’intérêt général, le libéralisme fait passer par pertes et profits le fait national, de même que le caractère organique des communautés humaines identitairement constituées qui forment l’humanité. Il ne connaît que la matière, ignore l’âme.

      A contrario, le socialisme, dans son acception dominante, voulant remédier à l’individualisme et à ses conséquences, envisage la cohésion sociale, sans pour autant considérer les liens organiques qui constituent précisément la substance de la société. Partant de l’individu isolé, considéré comme un objet arithmétique, il reconstitue une société sans personnalité et identité culturelle, une addition d’individus. Le contrat social qu’il propose n’a plus de spécificité ethno-culturelle : il occulte le caractère identitaire présent au sein de tout être humain et de toute communauté humaine. Ces deux idéologies ont pour point commun et tare congénitale d’être des constructions géométriques, idéalistes, sans rapport avec la réalité complexe de la vie. Tout au plus, ils en constituent une mauvaise modélisation. Niant ou occultant la réalité de l’être de chair, ils ont enfanté le mondialisme qui généralise leurs prémisses en envisageant une nation-monde, unifiée dans un marché mondialisé composé d’individus supposés interchangeables qu’ils soient Scandinaves ou Aborigènes. La pensée nationaliste, à leur différence, considère non pas l’individu, mais la personne dans son tissu relationnel communautaire, imprégné d’une identité unique et inassimilable à toute autre et créé en vue d’une fin, n’ignore en rien les corps intermédiaires qui constituent une société humaine et plus encore une nation. Il les prend en compte et les considère comme des éléments complémentaires et indispensables à la bonne marche de la nation et se préoccupe de leur assurer les meilleures conditions de fonctionnement et de développement. Le nationalisme est donc d’une autre nature que ces idéologies, filles de circonstances historiques fugitives.


[A suivre]

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Published by La rédaction - dans Doctrines politiques
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commentaires

jules 27/06/2011 20:22



et vallerin dans tout ça



La rédaction 03/07/2011 22:45



Quoi Vallerin ?



Club Acacia

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