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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 17:17

      Voici un article de Xavier Rauffer publié dans Le Nouvel économiste le 2 décembre 2010, sur la manipulation américaine et médiatique du djihad et d’un islam radical agonisant.

      Il est particulièrement intéressant à l’heure ou le mouvement nationaliste et identitaire est manipulé par les éléments francs-maçons, sionistes ou républicains (Riposte Laïque, Bloc "Identitaire", UMP, etc.) faisant accepter à la France l’immigration, la présence des Juifs, le laïcisme et la République au nom de la lutte contre l'"islamisme". Islamisme totalement marginal comparé à la vague migratoire qui submerge l’Europe et aux terribles ravages du matérialisme, du marxisme, du laïcisme, du féminisme, de la République et du laïcisme en France et en Europe.

 

 

 

 

      Les faits démontrent l’immense écart entre l’affolement politico-médiatique et la débandade djihadiste. Le djihad planétaire n’existe plus, 95% de ce qu’on nomme ainsi relevant plutôt de la guérilla patriotique ou de la résistance à l’oppression - vouées pour l’essentiel à cesser quand ces occupants et oppresseurs partiront.

 

      Vers la fin d’une finale de championnat d’échecs, le connais­seur, jusqu’alors pétrifié par l’attention, se lève et murmure en par­tant : « Les noirs gagnent en cinq coups. »

      S’agissant de l’immense et sanglante aventure du courant salafiste-dji­hadiste, et alors que la première décennie du XXIe siècle tire à sa fin, nous en sommes là. Pour ce fanatisme droit issu des terribles trauma­tismes de l’an 1979 (révolution islamique en Iran, conquête par des fondamentalistes des lieux saints de La Mecque, invasion d’un pays musulman, l’Afghanistan,par l’Union soviétique), la partie est perdue. Cela, seules de régulières crises d’hystérie médiatique et un répétitif et abusif usage du principe de précaution par des puissances apeurées ou manipulatrices, nous interdisent de le réaliser pleinement.

 

      Car l’observation attentive des faits, la prise en compte pleine et en­tière de la réalité, révèlent vite l’insondable gouffre désormais béant entre l’affolement politico-médiatique et la manifeste débandade d’un courant djihadiste aujourd’hui plus proche du phénomène de persistance rétinienne que de la menace majeure. Ainsi, oublions les titres affolants (« Al Qaida menace Paris ! ») et exposons plutôt d’incontestables faits.

 

      Quelle est la seule activité palpable d’entités terroristes, sinon clandestines et pétries de secrets ? L’attentat, la bombe, l’embuscade, l’homicide. Tout le reste est hypothétique, peut être falsifié ou manipulé – seul l’attentat est indéniable. Mais à trois conditions : d’abord, être indubitablement islamiste ; ensuite, être signalé à la fois par de grandes agences de presse et des médias locaux ; enfin être grave (un mort minimum dès sa commission).

      Du 1er janvier à fin octobre 2010, à l’échelle mondiale, la base docu­mentaire de notre Département de recherches (www.drmcc.org) recense 1 045 de ces attentats graves. 522 en Irak, 174 au Pakistan, 165 en Afghanistan, 133 en Somalie, 36 au Yémen, 8 en Algérie, 6 en Thaïlande et 3 en Ouganda. Sur 1045,997 ont frappé les trois champs de bataille planétaires : Afghanistan/ Pakistan, Irak, Somalie/ Ouganda. Moins de 5% des attentats djihadistes ont été perpétrés ailleurs dans le monde, hors guerre civile ou résistance à l’occupation militaire. Dès lors et dans les faits, il est clair que le djihad planétaire n’existe plus. 95% de ce qu’on nomme ainsi relevant plutôt de la guérilla patrio­tique ou de la résistance à l’oppression – vouées pour l’essentiel à ces­ser quand ces occupants et oppresseurs partiront.

      Également, il n’est pas de mois sans qu’un grand nom de l’islamisme radical, prêcheur, docteur de la foi etc. ne renonce à la violence ar­mée. De La Mecque à Londres, les fatwas antiterroristes fleurissent, publiées par d’ex-complices ou admirateurs de Ben Laden, comme le palestinien-jordanien Abu Muhammad al-Maqdisi (de son nom Isam Mohammad Tahir al-Burqawi) ou Noman Benotman, chef du Groupe combattant islamique libyen, naguère étoile majeure de la galaxie al-Qaida. Même le plus grand "télévangéliste" musulman, Cheikh Yusuf al-Qardawi, proche des Frères musulmans et qui ap­prouvait naguère les attentats-suicides visant les civils irakiens, tonne désormais dans ses prêches contre « ceux qui tuent à l’aveu­glette et donnent à l’islam la pire des réputations ».

 

      Voilà pour le contexte. Voyons maintenant ce que, de nos jours, fait concrètement "al-Qaida". Pour pouvoir comparer, remontons un peu en arrière. Istanbul, novembre 2003 : 4 attentats, 63 morts, dont le consul britannique; Madrid, mars 2004 : 191 morts à la gare d’A­tocha ; Londres, juillet 2005 : 3 attentats visant des transports en commun, 52 morts, 700 blessés. Telle était, au début de notre dé­cennie, la terrible efficacité d jihadiste.

 

      Aujourd’hui et depuis deux ans déjà, al-Qaida accumule les échecs. Taux de réussite : zéro. Déjouées en amont, les tentatives d’atten­tats aériens échouent les unes après les autres (dont, fin 2009, celle de l’étudiant nigérian Umar Farouk Abdulmutallab). Par ailleurs, quelques déséquilibrés armés de couteaux de cuisine s’en pren­nent, de ci de là, à des dessinateurs ou à des cinéastes.

      Arabie Saoudite : matés par la police du prince Nayef ben Abdela­ziz,le ministre de l’Intérieur, les djihadistes ont fui au Yémen. Dans le monde malais (Indonésie, Malaisie, Philippines) les groupes is­lamistes sont traqués, parfois en déroute.

      En mai 2010, les djihadistes sont écrasés à Gaza par le Hamas. Le même mois, un primitif véhicule piégé, bricolé par un maladroit, fait long feu à New York. De loin en loin, de grossiers colis piégés sont expédiés de façon si inepte, qu’ils sont neutralisés avant d’exploser – ou de foirer. Le djihad mondial réduit à imiter « Unabomber » ! Pas vraiment de quoi pavoiser.

 

      Et la relève ? Les jeunes générations ? De France ou d’ailleurs en Europe, de rares fanatiques juvéniles font le pèlerinage afghan – la plupart étant repérés et arrêtés dès leur retour.

      Pire encore pour Ben Laden : par pans entiers, ses fidèles dégénè­rent et sombrent désormais ouvertement dans le crime organisé : en témoigne l’explosion des vols à main armée et des kidnappings en Irak, mais surtout, la situation au Sahel, où les moudjahidine d’ « al-Qaida au Maghreb islamique » Aqmi pratiquent toujours plus le commerce des otages, le mercenariat au profit des tribus locales – et même le trafic de stupéfiants ou de cigarettes. Au point d’être ainsi ironiquement décrits par un responsable de la sécurité en Al­gérie: « Abou Zaïd, c’est djihad le jour et Marlboro la nuit. »

 

      Ainsi donc, Ben Laden peut finalement se targuer d’une seule – mais importante – victoire : avoir obnubilé le gouvernement des États-Unis et de grands médias mondiaux, au point qu’une boîte en carton garnie de fils électriques et d’une pile de 3,5 volts suffit désormais à semer la panique et à quasiment paralyser le trafic aérien mondial. Pourquoi ? Comment expliquer cette obsession américaine et jour­nalistique du djihadisme ? Sans doute un effet médiatique du « pa­radoxe de Tocqueville », lequel remarquait dès le XIXe siècle que, socialement, plus un phénomène désagréable diminue, et plus ce qu’il en reste devient insupportable.

 

 

      Ouvrons cependant les yeux car, dit le philosophe Clément Rosset, « la réalité est insupportable, mais irrémédiable ». De­puis les années 70 du XXe siècle, le monde a connu trois grandes vagues terroristes. La première, celle des Orga­nisations communistes combattantes (Brigades rouges, etc.) est retombée avant même la chute du Mur de Berlin.

      La seconde vague, celle du terrorisme moyen-oriental (Abou Nidal, etc.) reflua peu après, lors de l’abolition de l’ordre mondial bipolaire. Vers 1980,la vague salafiste-djihadiste a commencé à enfler. Son apo­gée aura sans doute été le 11 septembre 2001. Depuis, elle tente sans cesse de revenir, mais s’affaiblit à mesure. Bien sûr des attentats dji­hadistes surviendront encore – le crocodile agonisant donne de ter­ribles coups de queue. Mais le temps approche où l’on pourra appliquer en confiance, au djihad de Ben Laden,la jolie formule de Heinrich Heine (dans Religion und Philosophie) : « Entendez-vous la cloche tinter ? A genoux ! On apporte les sacrements à un dieu aganisant. »

 

Xavier Raufer.

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Published by La rédaction - dans Régime pourri
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