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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 20:20
         Sur un air qui serait inspiré d’un chant dénommé Le Midi Bouge, tout est rouge, d’origine provençale et datant de 1870, les militants d’Action française ont adapté ce chant, vraisemblablement peu après la création des Camelots du Roi. Ces derniers, bras armé de l’Action française, sont nés le 16 octobre 1908. Ils s’appliqueront à faire connaître ce chant qui est un condensé de leur doctrine : monarchie, exaltation de la jeunesse et du travail, antisémitisme, antiparlementarisme…

        Le couplet 6 fait référence aux affaires de Panama et de Thalamas. La première évoque un scandale politico-financier sans précédent (mais la République maçonnique en connaîtrait bien d’autres dans les siècles suivants) impliquant d’un côté des hommes politiques francs-maçons et de l’autre des banquiers juifs. Le scandale sera d’ailleurs dévoilé par Edouard Drumont. Ferdinand de Lesseps avait été choisi pour diriger le chantier du percement d’un canal pour relier l’océan Pacifique et l’Atlantique par l’Amérique central. Il commet de très nombreuses fautes et l’affaire devient un gouffre financier. Il corrompt journalistes et hommes politiques pour qu’ils se taisent et lui permettent de continuer, et surtout pour lancer une souscription auprès des épargnants, qui seront ruinés. Les travaux ont commencé en 1881. Ce n’est qu’en 1892 que le scandale éclate, grâce à la tenacité du directeur de la Libre Parole. Seulement quelques personnes seront condamnés et le scandale étouffé.
        L’affaire Thalamas concerne le professeur Amédée Thalamais. Ce dernier, professeur sans titre universitaire, avait gravit, entre 1904 et 1909 tout les échelons, parvenant à être nommé au Lycée Condorcet, puis à la prestigieuse Sorbonne. Ses attaques contre la religion était des titres suffisants pour les maîtres de la France. Il s’était fait connaître par des cours particulièrement orientés sur Jeanne d’Arc.
        Après sa nomination à la Sorbonne qui était un véritable scandale, les Camelots du roi s’introduisaient à tous les cours du franc-maçon pour les perturber. En décembre 1908, le chef des camelots, Maxime Real del Sarte, gifle le professeur qui est, le 17 février 1909, fessé en public par Lucien Lacour qui lance : « Votre place n'est pas ici. Elle est à la synagogue ou à la rue Cadet ».

       Voir pour l’histoire des Camelots du roi le site Camelotsduroi.canalblog.com.

       Certaines versions font l’impasse sur les couplets 2 à 5. Variations : c. 2, l. 1 : « dit le radin » ; c. 4 l. 4 « Les affreux traîtres ».




I. Le Juif ayant tout pris
Tout raflé dans Paris, dit à la France :
« Tu n’appartiens qu’à nous
Obéissance ! tout le monde à genoux. »

Non, non, la France bouge, elle voit rouge
Non, non, assez de trahisons.

II. « Tant pis, dit le rabbin
Je tiens tout dans ma main, j’ai la police
Et pour violer la loi
Une justice de magistrats sans foi. »

Refrain.

III. Les travailleurs ont faim
Le Juif dit : « Pas de pain, mais en rafales
Pur sauver nos écus
Voici des balles, peuple ne bouge plus. »

Refrain.

IV. De brûler nos vaisseaux
Et tous nos arsenaux, le Juif est maître
Sous les canons prussiens
Dreyfus le traître pousse nos citoyens.

Refrain.

V. Juif insolent tais-toi
Voici venir le Roi, et notre race
Cours au-devant de lui
Juif à ta place, notre Roi nous conduit.

Refrain.

VI. Assez de Panama,
Assez de Thalama, toute la clique
De pédants, de brigands,
O république, nous la mettrons dedans.

Refrain.

VII. Le roi revient d’exil
« O France, dira-t-il, reine du monde
Te voilà donc aux mains
Du Juif immonde, coureur de grand chemins. »

Refrain.

VIII. « Oui la France aux Français
A mes loyaux sujets, je tiens le glaive
Pour que le travailleur
En paix achève, son honnête labeur. »

Refrain.

IX. Notre jeunesse en fleur
Vous a donné son cœur, Roi magnanime
Menez-la jusqu’au cieux
De cimes en cimes, de vos pas glorieux.

Refrain.

X. Hardi, France d’abord
Français mieux la mort, que l’esclavage
Gloire à qui tombera
Tous à l’ouvrage, la France renaîtra.

Refrain.

[plus lentement]
XI. Demain sur nos tombeaux
Les blés seront plus beaux, serrons nos lignes
Nous aurons cet été
Du vin aux vignes, avec la royauté.

Une, deux, la France bouge, elle voit rouge
Une, deux, les Français sont chez eux.



Ecouter le chant ICI

ou ci-dessous :





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