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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 22:46

«Théodore Hersart de La Villemarqué a recueilli ce chant auprès de Chateaubriand», rapporte  Thierry Decruzy, dans Les Chants de tradition. Ce chant raconte l'histoire de cette bataille décisive des guerres d'Italie au XVIe siècle. Après ses défaites en Provence, l'empereur Charles Quint est repoussé. Face à lui, François Ier espère tirer avantage de ce recul est pénètre en Italie. Les Français prennent Milan puis s'attaquent à Pavie qu'ils assiègent.


Dans la nuit du 23 au 24 février, les troupes impériales s'infiltrent dans le dispositif français ; à leur tête Charles de Bourbon, qui s'est mis au service de Charles Quint après sa disgrâce, lui qui s'était illustré à Marignan. Les renforts arrivés en janvier étaient eux commandés par Charles de Lannoy, un autre français. Mal conseillé, le roi refuse la retraite ; les Français sont défaits et le est prisonnier. Le lendemain, François Ier écrit à sa mère :

« Madame, pour vous faire savoir comment se porte le reste de mon infortune, de toutes choses ne m'est demeuré que l'honneur et la vie qui est sauve. »


La postérité retiendra : « Tout est perdu, fors l'honneur ». François Ier est envoyé en Espagne où il restera prisonnier un an.


I. Quand le roy partit de France
A la mâle heure il est parti.
Il en partit le dimanche
Et le lundi il fut pris.

II. Il pensait prendre l’Espagne
Mais les Espagnols ils l’ont pris.
Rens toi, rens toi, roy de France
Rens toi car te voilà pris.

III. Je ne suis point roy de France
Vous ne savez mi qui je suis,
Je suis povre gentilhomme
Qui s’en va par le païs.

IV. Qui demande caristade
Et un morceau de pain bis.
Ont retourné sa casaque
Ont apercu fleur de lis.

V. Ont regardé son épée
Ils ont lu Francoys escrit.
Si vous n’étiez point Roy de France
Ne porteriez point ceci.

VI. Le l’ont pris, l’ont amené
Dans la grande forêt de Madrid.
La tourre est hausse et quarrée
Jamais le soleil n’y luit.

VII. Fors qu’une basse fenestre
Qu’estoit au pied de son lit.
Regardant par la fenestre
Messager il vit veni.

VIII. Messager qui portes lettres
Que dit-on du Roy à Paris ?
Recommand’ moi à la Reine
A Henry mon petit fils.

IX. Et va-t-en dire à ma mère
Va dire à Montmorency,
Qu’on fasse battre monnaie
Aux quatre coins de Paris.

X. S’il n'est point d’argent en France
Qu’on s’en aille à Saint Denys,
Qu’on prenne la couverture
Qu’est d’argent comme le dit.

XI. Que le dauphin on amène
Et mon petit fils Henry,
Et à mon cousin de Guise
Qu’il vienne ici me requèry.

XII. Que si je retourne en France
Un chasteau feray basti
Qu’aura autant de fenestres
Comme l’année aura de nuits,
Et qu’ainsi comme en Espagne
On appellera Madrid.







Portrait de l'Empereur Charles-Quint à cheval, au bord de la mer
d'après Antoon van Dyc.

 

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