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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 18:18

      Defamation (Hashmatsa), réalisé par l’israélien Yoav Shamir et sorti en 2009, n’a été diffusé que dans quelques pays à travers le monde. Rarement programmé à la télévision (onze chaînes seulement ont acheté les droits), ce sont les festivals qui ont assuré la publicité de ce documentaire : partout où il a été projeté, il a obtenu un vif succès. Le film a été présenté pour la première fois au Festival de Berlin, puis dans 32 autres festivals, où il a obtenu quatorze prix, nominations et mentions spéciales (Festival du documentaire de Thessalonique, Festival international du cinéma indépendant de Buenos Aires, Festival international du film de Seattle, celui de Vancouver, le Festival du film de Londres, celui de Varsovie, élu meilleur documentaire du Asia Pacific Screen Award, etc.).




Defamation vs anti-defamation : Yoav Shamir vs Abraham Foxman

      Israël a autorisé la diffusion de ce film mais dans de nombreux autres pays il fait l’objet d’une censure : c’est le cas du Danemark mais c’est aussi le cas de la France où le film n’a toujours pas été diffusé à la télévision et seulement une fois, au Centre Pompidou, dans le cadre d’un festival de documentaire, en 2009.

 

http://img193.imageshack.us/img193/7290/defamationfilm.jpg

 

 

       Si Defamation est censuré, c’est par la volonté d’un homme, directement visé par le film : Abraham Foxman. Le tout-puissant patron de l’Anti-defamation league (ADL) mobilise ses nombreux et puissants relais sur tous les continents, qu’il s’agisse de Juifs ou de simples laquais. Le titre du film fait explicitement référence à l’ADL, qui représente, pour Yoav Shamir, l’emblème des comportements paranoïaques et racistes de certains de ses coreligionnaires, pour qui le fantasme d’un antisémitisme menaçant se double d’une croyance en la supériorité du peuple juif (1). 

 

 

La télévision danoise aux ordres du sionisme

 

        L’interdit qui pèse sur le film crée une polémique depuis quelques jours au Danemark où plusieurs institutions ont pourtant participé au financement du film dans d’importantes proportions : l’Institut du film danois a investi 450 000 couronnes danoises (environ 400 000 francs) ; la télévision publique danoise 150 000 couronnes (environ 132 000 francs). Si ce petit pays nordique ne compte pourtant qu’environ 7 000 Juifs (0,2% de la population), il a suffit d’un homme pour empêcher toute diffusion du documentaire dénonçant l’instrumentalisation de l’Histoire par les sionistes.

 

http://img153.imageshack.us/img153/563/arnenotkindenmarkchiefe.jpg 

Suède occupée : métissage, immigration, sionisme et islamisme :
les armes de propagande dArne Notkin sont plus efficaces que des V2.

 

      Deux ans après l’achèvement du montage, les citoyens danois dont les impôts ont financé le film, n’ont toujours pas pu le voir. Une diffusion avait été prévue par la chaîne danoise publique DR 2. Elle a été "reportée" sine die par le rédacteur en chef de la chaîne, Arne Notkin. Ce n’est pas un inconnu : s’il s’est opposé à chaque fois à la diffusion du film, c’est qu’il est lui-même israélite et, surtout, sioniste fanatique. Arne Notkin a été notamment le président de la Fédération sioniste danoise.

       Un responsable de l’Institut du film danois a déclaré qu’il n’était pas possible de forcer la chaîne a diffuser le film ; si la censure devait être maintenue, l’IFD demanderait des explications officielles. La télévision publique danoise serait donc obligée d’avouer que sa programmation est soumise à la volonté de l’étranger.

 



Arne Notkin, une figure emblématique du sionisme


      Interrogé sur les raisons de son opposition à la diffusion du documentaire, le sioniste a répondu dans un magazine :

« Sur plusieurs points, je pense que Defamation pose problème, c’est pourquoi nous ne devons le diffuser que dans un contexte acceptable »

 

      Sil a refusé de détailler les "problèmes", il a laissé entendre que le film pourrait être diffusé. Il serait encadré par une introduction et des discussions dont l’orientation sioniste ne fait pas de doute.

 

      Ce n’est pas la première fois, loin de là, que le responsable de la ligne éditoriale de la RD 2 est au cœur d’un scandale. En 2006, un violent débat a animé le Danemark : une islamiste marxiste, Asmaa Abdol-Hamid, jeune musulmane de 24 ans, a présenté une émission consacrée aux rapports entre l’Occident et l’Islam en portant le voile intégral. Membre d’une association qui a tenté de faire interdire les caricatures de Mahomet, elle refuse par ailleurs tout contact avec les hommes et milite pour des organisations d’extrême gauche.

      La présence de cette immigrée inassimilable comme présentatrice d’une émission publique a été dénoncée par une large partie de la population danoise, mais l’islamiste radicale a reçu un soutien de poids : celui de son chef, celui-là même qui l’avait embauchée : l’israélite Arne Notkin.

 

 

« Les femmes au foulard font partie de la société danoise et nous devons en tenir compte »


a-t-il affirmé.

 


http://img707.imageshack.us/img707/479/adamholmetasmaaabdolham.jpg

 

Asmaa Abdol-Hamid, ici en compagnie d’Adam Holm (2), un haut responsable
de la télévision publique danoise, également juif et sioniste militant, tout comme Arne Notkin.

 

      Les ennemis de l’Europe sont organisés : outre le soutien des dirigeants sionistes, l’islamiste a reçu un renfort plus inattendu, celui d’une organisation féministe (le Feministisk forum) qui s’est réjouie, dans un communiqué, que l’embauche de l’islamiste voilée renforçait « l’égalité ethnique et sexuelle au Danemark ».

 

 

      Arne Notkin a imposé à la chaîne une vision très à gauche, qu’il s’agisse de combattre le "racisme" ou de promouvoir les bienfaits du multiculturalisme, du métissage, la justesse des positions israéliennes ou les nécessités pour les Danois d’être tolérants. Il n’en va pas de même quand il s’agit d’Israël : le traitement favorable à l’entité sioniste, coupable de nombreux crimes de guerres lors de la guerre de 2009 a été dénoncé par de nombreux observateurs. Si Defamation est censuré, les films consacré à la "shoah" se succèdent.

 

      Autre scandale : en 2009, c’est sous sa direction qu’a été accepté que soit réalisée, comme programme de Noël, une série "humoristique" consacrée à des soldats danois en mission au ‘Problemistan’ passant leur temps à cultiver du cannabis plutôt qu’à combattre des ‘Tulibans’. L’analogie est transparente. Les soldats sont présentés comme des drogués, parfois, quand ils sont patriotes, comme des demeurés. L’offense était telle au pays de la liberté quasi-absolue que le gouvernement est intervenu pour interdire la diffusion de ce programme violemment insultant pour le Danemark.

      Voici un extrait de la série qui s’intitule HASH (allusion au film MASH réalisé, pour rester dans la tribu, par Robert Altman) :

 

 

 

      La plaisanterie a couté 7 millions de francs. Mais, scandales après scandales, Arne Notkin se maintient en place. C'est le cas de nombre de ses coreligionnaires qui trustent de hautes fonctions dans l’audiovisuel danois.

 

 

 

Pour aller plus loin : à propos de Defamation

 

      Nous présentons ci-dessous plusieurs documents concernant le film :

 

-Présentation du film par Yoav Shamir :


L’idée de faire un film sur l’antisémitisme m’est venue pour la première fois lorsqu’un de mes premiers films, Checkpoint, a été présenté au public. Dans une des nombreuses critiques de ce film, on me désignait comme « le Mel Gibson israélien », pas parce que j’étais aussi bel homme que lui, mais en raison des points de vue que j’avais exprimés dans ce film : critiques par rapport à la politique d’Israël en ce qui concerne les Palestiniens, ce qui laissait à penser que j’étais antisémite. L’auteur de cet article était lui-même juif.

[...] Jusqu’à ce moment-là, je n’avais jamais réfléchi au rôle que joue l’antisémitisme dans notre vie. Lorsque j’ai commencé à me pencher sur cette question, j’ai dû constater que c’est un compagnon de voyage constant, toujours à l’arrière-plan, toujours gênant. Au bout d’un certain temps, on s’y habitue, tout simplement. Combien de fois nous sentons-nous vraiment dérangés par le bourdonnement d’un appareil électrique ou le ronflement des moteurs des voitures qui passent ? Il se peut que l’antisémitisme nous suive comme notre ombre, mais entre nous, qui est vraiment conscient de son ombre chaque jour ?

Dès que mon attention a été attirée sur ce point, j’ai remarqué que l’antisémitisme est en fait un sujet très populaire dans les affaires quotidiennes israéliennes. Il ne se passe guère de jour où l’on ne rencontre, au moins dans un article d’un journal, les mots « nazis », « Holocauste » ou « antisémitisme ». Comme je n’ai jamais été confronté personnellement à l’antisémitisme, sauf la seule et unique fois où j’avais été comparé à Mel Gibson, j’ai décidé d’approfondir ce sujet.

[...] L’antisémitisme est la «vache sacrée » des Juifs. Même si je n’ai pas amené cette vache à l’abattoir, la vache la plus sacrée doit être secouée de temps en temps. [...]

 

-Reportage d’Arte diffusé il y a deux ans au sujet du film :

 

 


-Le site du film

      <www.defamation-thefilm.com>.



-Defamation.

      Le film a été mis en ligne sur Youtube (en version sous-titrée, aucune version française n’étant disponible) ; voici la première partie (sur 9) :

 

 


      Le film est librement téléchargeable ici.

 

 


 

1. Inversement, à l’appui de sa thèse, le réalisateur s’entretient avec l’anti-sioniste Norman Finkelstein, auteur de L’Industrie de l’Holocauste : réflexions sur l’exploitation de la souffrance des juifs en 2000 et cinq ans plus tard du livre-réquisitoire Au-delà de la Chutzpah : Du mauvais usage de l’anti-sémitisme et de l’abus de l’Histoire – qui n’a pas été traduit en français –, et avec John Mearsheimer et Stephen Walt, les auteurs d’un autre livre polémique : Le Lobby pro-israélien et la politique étrangère américaineen 2006.

 

2. L’attitude d’Adam Holm a été tellement inconvenante dans son soutien à Tsahal que ses supérieurs l’ont officiellement rappelé à l’ordre.


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Published by Marie Mansard - dans Occupation (1)
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