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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 14:14
      Il y a 190 ans aujourd'hui, le 7 mars 1821, sous la direction d’Alexandre Ypsilantis, la ville de Jassy était reprise par les Grecs à la domination turque.

      Cette date marque le vrai début de la guerre d’indépendance grec contre l’occupation ottomane. Malgré les massacres (comme les héroïques étudiants du "bataillon sacré" en juin 1821 à Dragatsani, ou en avril de la même année, les massacres de Chios), l'indifférence, l'opposition ou la lâcheté des Etats européens (Ypsilantis, fuyant les massacres turcs négocia avec l'Autriche son passage pour rejoindre la Russie et poursuivre la lutte. Trahi par les Autrichiens, il sera emprisonné dans des conditions inhumaines et libéré seulement quelques mois avant sa mort).

      Mais peu à peu, les insurgés, leur courage, leur abnégation,  gagneront la sympathie de nombres d'Européens, écrivains puis politiques.

      Et, à  l'image de Victor Hugo, beaucoup rendont hommage aux combattants Grecs. Alexandre Ypsilantis et les Grecs deviennent les héros de l'Europe libérée.

     





L’enfant grec (Victor Hugo)

Les Turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil.
Chio, l'île des vins, n'est plus qu'un sombre écueil.
Chio, qu'ombrageaient les charmilles,
Chio, qui dans les flots reflétait ses grands bois,
Ses coteaux, ses palais, et le soir quelquefois
Un chœur dansant de jeunes filles.
Tout est désert. Mais non ; seul près des murs noircis
Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis,
Courbait sa tête humiliée.
Il avait pour asile, il avait pour appui
Une blanche aubépine, une fleur, comme lui
Dans le grand ravage oubliée.
Ah ! pauvre enfant, pieds nus sur les rocs anguleux !
Hélas ! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus
Comme le ciel et comme l'onde,
Pour que dans leur azur, de larmes orageux,
Passe le vif éclair de la joie et des yeux,
Pour relever ta tête blonde,
Que veux-tu ? Bel enfant, que te faut-il donner
Pour rattacher gaîment et gaîment ramener
En boucles sur ta blanche épaule
Ces cheveux, qui du fer n'ont pas subi l'affront,
Et qui pleurent épars autour de ton beau front,
Comme les feuilles sur le saule ?
Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ?
Est-ce d'avoir ce lys, bleu comme tes yeux bleus,
Qui d'Iran borde le puits sombre ?
Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand,
Qu'un cheval au galop met, toujours en courant,
Cent ans à sortir de son ombre ?
Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois,
Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois,
Plus éclatant que les cymbales ?
Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l'oiseau merveilleux ?
- Ami, dit l'enfant grec, dit l'enfant aux yeux bleus,
Je veux de la poudre et des balles.

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Published by Alexandre Janois - dans Histoire
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