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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 14:48

    On range généralement le nationalisme social parmi les mouvements spiritualistes, parce qu'il refuse de ne voir dans l'homme que matière. En réalité, sa position, qui regarde l'homme comme un être complexe chez lequel les diverses sortes d'activité se complètent, n'est ni spiritualiste ni matérialiste, ou elle est les deux à la fois. Elle constitue en fait une troisième position que le justicialisme a été le premier à définir comme telle.

« Le justicialisme n'est évidemment pas matérialiste,  écrit Raul Mende, puisqu'il recherche la libération de l'esprit par son perfectionnement et lui donne la possibilité de remplir la mission qui lui est dévolue selon l'ordre des valeurs humaines. Mais le justicialisme n'est pas non plus absolument spiritualiste puisqu'il donne également à la matière la possibilité de remplir la mission qu'elle a en fonction de la nature de l'homme et qu'en outre, il reconnaît que l'esprit ne peut davantage remplir sa mission sans l'aide de la matière. »

 


    Il se différencie de l'extrême spiritualiste en ce qu'il ne rejette pas la valeur de la matière, parce qu'il sait que ce serait aller à l'encontre du perfectionnement de l'esprit... Il  vise à la libération relative de l'esprit..., libération compatible avec la nature de l'homme, qui est également matière.

« Le justicialisme recherche la libération de l'homme par sa perfection comme unité humaine. »

« Mais il se différencie de l'individualisme en ce qu'il ne laisse pas d'estimer la collectivité à sa juste valeur... parce qu'il sait que ce serait aller à l'encontre du perfectionnement de l'unité humaine... Il ne vise pas à l'absolue libération de l'unité humaine recherchée par l'individualisme qui livra l'homme aux forces esclavagistes de la féodalité, de l'absolutisme et du capitalisme. Le justicialisme vise à une libération relative, compatible avec la structure sociale de l'humanité. »

 


    Et Raul Mende conclut : « Le justicialisme consiste à donner à chacune des valeurs fondamentales de l'humanité, la possibilité – le droit – de se livrer à une manifestation maxima compatible avec la manifestation maxima de la force opposée », pour arriver ainsi au point d'équilibre. « En face du problème de l'homme, la solution justicialiste n'est ni spiritualiste ni matérialiste. Elle est simplement l'harmonie de l'esprit et de la matière ».
    Complexe comme la nature humaine, le justicialisme est une position intermédiaire entre des extrêmes, le point d'équilibre entre spiritualisme et matérialisme, entre individualisme et collectivisme. Les forces opposées étant constantes, la position intermédiaire d'équilibre ne peut varier, elle est unique et constante.
    Ce point est la troisième position qui n'est pas une quelconque position entre des extrêmes opposés, mais le point unique d'équilibre qui réalise l'harmonie des forces.
    Troisième position d'équilibre entre l'esprit et la matière, elle est aussi une troisième position politique qui s'oppose à la fois au capitalisme et au bolchevisme.
    Perón la définit ainsi dans son message au Congrès du 1er mai 1952 :

« La troisième position est un système philosophique qui donne naissance à une doctrine et à une théorie politique, sociale et économique ; elle est, par essence, distincte de l'individualisme capitaliste comme du collectivisme sous toutes ses formes. Le peronisme est la doctrine de cette troisième position et on peut l'appliquer à la solution des problèmes politiques, sociaux et économiques du monde moderne. »

 


    Si on veut absolument orienter la troisième position par rapport aux autres forces, il faut regarder l'équilibre qu'elle réalise comme plus proche du spiritualisme et de l'individualisme que leurs termes opposés.

« La troisième position justicialiste n'est pas à égale distance des extrêmes, écrit encore Raul Mende. Dans le problème de l'homme, elle est plus proche du spirituel que du matériel. Dans celui de la société, elle est plus voisine de l'unité humaine que de la totalité humaine. Parce que, pour la doctrine justicialiste, la valeur absolue ou intrinsèque de l'esprit est plus grande que celle de la matière. Et celle de l'homme supérieure à celle de la collectivité. »

 


    En résumé, le justicialisme est beaucoup plus proche du spiritualisme que du matérialisme, mais ne sacrifie, ni l'un, ni l'autre.
    En conséquence de son caractère complet, en tant qu'il constitue l'antiparti de la nation argentine, en tant que troisième position hostile à toutes les oppressions, le justicialisme est l'adversaire de toutes les factions : libéraux, marxistes, bolchevistes et s'oppose foncièrement a leurs doctrines.
    La position du justicialisme à l'égard du marxisme est sans équivoque : le marxisme n'est pas le socialisme et poursuit de toutes autres fins que la justice sociale, il faut le démasquer et montrer au peuple son véritable caractère d'entreprise antisociale et esclavagiste. De plus, le justicialisme le répudie à cause de son internationalisme.
    Mais passons la plume à Eva Perón :

« L'idée même qu'une doctrine commune à tous les pays soit susceptible de résoudre le problème de l'injustice sociale en Argentine me heurtait vivement. Il m'était impossible de comprendre que, pour faire disparaître cette terrible plaie, il fût nécessaire de supprimer la notion si grande et si naturelle de patrie... Lorsqu'une chose est internationale, elle perd en effet toute nationalité, même – et peut-être surtout – celle de son pays d'origine... Je ne pouvais accepter l'idée d'une révolution internationale, venue du dehors et dirigée par des hommes étrangers à notre manière d'être et de voir... Je les soupçonnai de travailler à l'affaiblissement moral du pays bien plus qu'au bien-être des travailleurs. »

 


    Perón, dont une des maximes favorites est « L'amour seul est constructif », ne pouvait par ailleurs que réprouver le bolchevisme, doctrine de haine qui porte bien apparente sa marque de fabrique.
    En ce qui concerne le capitalisme, la position du justicialisme est tout aussi nette. Son amour de la justice ne pouvait que rejeter les théories du libéralisme qui conduisent à une féroce exploitation de l'homme par l'homme.
    Réalisant l'harmonieuse synthèse de toutes les aspirations humaines, appuyé sur un point d'équilibre autour duquel s'ordonnent les diverses forces spirituelles et physiques qui s'exercent autour de l'homme et à l'intérieur de l'homme, le justicialisme est une conception morale de l'existence de l'homme et de ses activités.

« Le justicialisme est une conception morale du politique, du social et de l'économique en vue de garantir la paix, la liberté et le bien-être communs, écrit Democracia le 12 juillet 1950. La coexistence du pays politique, c'est-à-dire du pays des puissants et vieux partis bureaucratiques, indifférents devant le sort du pays réel qui travaille, qui crée et souffre et qui finit par se soulever pour retomber dans l'orbite du pays politique, cette coexistence n'est possible que par l'absence ou la précarité des fondements moraux ».

 


Perón déclare la même année :

    « L'évolution humaine a été caractérisée, entre autres, par le fait qu'elle a projeté l'homme hors de lui-même, sans le pourvoir préalablement d'une pleine conscience de soi ».

 


    Faire de l'homme un être moral en lui donnant cette conscience, voilà à quoi tend l'esprit du justicialisme.



    Tout en étant opposé à une éventuelle immixtion cléricale dans le domaine politique, le justicialisme allie le spiritualisme religieux à sa doctrine.

« La valeur justicialiste des forces humaines fondamentales, matérielles et spirituelles, individuelles et collectives, est tout simplement chrétienne »

 


    expose Raul Mende. Mais cette valeur chrétienne du justicialisme s'appuie surtout sur le sens social de l'enseignement du Christ qu'on a vu ancré si fortement dans l'esprit de Perón et d'Evita. Le christianisme sur lequel fait fond le peronisme n'est pas cette caricature du christianisme que montrent certaines églises, et il prend bien soin de le préciser. Il veut faire « du vrai christianisme », « le vrai christianisme que l'humanité n'a pas encore connu ». Le christianisme justicialiste est un « christianisme de l'esprit, qui considère l'homme, magnifique création de Dieu, et ne met pas obstacle à sa perfectibilité », un « christianisme d'hommes et non de purs esprits », un « christianisme de la personne humaine dans la société humaine ».
    Ce véritable christianisme « dont le sens social est encore inconnu des hommes », paraît bien éloigné du christianisme traditionnel, d'autant plus que Mende écrit que la société justicialiste est « chrétienne non tant par le nom que par le christianisme de ses vertus fondamentales, même si celles-ci ont leur origine en d'autres systèmes qui ne soient pas chrétiens ».
    L'État chrétien justicialiste n'est pas un État clérical, et ici comme ailleurs, il faut bien faire la distinction entre christianisme et cléricalisme. Il se contente de mettre en pratique les vertus enseignées par le Christ. Il ne demande même pas que tous les membres de cet État soient chrétiens, les athées comme les autres y trouvent leur place. Il suffit que tous acceptent les principes humains de l'Évangile de Christ.



    Le justicialisme n'est pas totalitaire et admet l'existence d'une opposition qui conserve en Argentine tous ses droits légaux.
    Il verrait d'un assez bon œil la collaboration d'une opposition loyale, ni marxiste ni capitaliste, qui exercerait une utile critique sur les initiatives gouvernementales. Mais on est actuellement fort loin d'une telle possibilité de travail en commun, l'opposition en Argentine n'est composée que des nostalgiques de l'oligarchie, des profiteurs, des ennemis du peuple et des agents de l'étranger. Il n'est pas de collaboration possible avec ces gens-là, il ne faut pas être d'accord avec une telle opposition, et Eva Perón l'exprime avec virulence et un saint sectarisme :

« Qu'importe s'ils aboient !... Le pire serait qu'ils nous applaudissent !... Si ceux-là sont d'accord : attention ! Cela signifie que le peuple, lui, ne doit pas être d'accord. Je voudrais que chaque peroniste grave cette idée au plus profond de son esprit. Elle est essentielle pour le mouvement ».

 


    Perón, en termes plus nuancés, regarde comme impossible une collaboration avec l'opposition incivique qui existe actuellement en Argentine. Tout en laissant à cette opposition la liberté que lui garantit la Constitution, Perón ne peut que souhaiter le jour où elle disparaîtra pour faire place à une opposition loyale. Il déclare à ce sujet, le 9 décembre 1949 :

« Je ne considère pas le mouvement peroniste, étant donné ses caractéristiques, comme un mouvement politique. Il est beaucoup plus un mouvement national. C'est tellement vrai que l'on voit l'opposition se restreindre chaque jour, jusqu'au moment où elle disparaîtra. Puisse ce moment se produire, afin que des milieux qui ne pensent pas encore comme nous surgisse, face au nôtre, un autre grand parti, décidé à une lutte loyale ! »

 


    Une des particularités du justicialisme est son pacifisme qui contraste avec le militarisme souvent pénible d'autres partis nationalistes. Il se montre, dans ce secteur, nettement en avance sur d'autres. Le fait est d'autant plus digne d'être relevé que le justicialisme est l'œuvre d'un militaire, Perón, et que les militaires d'habitude ne font pas profession d'aimer la paix. Mais nous avons déjà dit que Perón n'était pas un général comme les autres.
    Le pacifisme est un des traits marquants du peuple argentin, qui a derrière lui une tradition élevée de justice internationale. A l'aube de sa destinée, il a libéré deux peuples frères. L'orientation pacifiste du justicialisme est donc profondément conforme aux aspirations argentines.
    Perón précise en ces termes son pacifisme, dans son allocution du 20 décembre 1947 :

« Éminemment pacifistes... nous réprouvons la conquête et nous repoussons la force sous tous ses aspects en nous attachant à observer fidèlement les pactes et les traités, et en nous refusant à bâtir sur l'arbitraire et sur l'abus de la puissance. Nous respectons autant le plus faible que le plus fort et nous exigeons, à bon droit, une juste réciprocité »

 


    Il proclame :

« L'Argentine ne reconnaît que le droit qui procède de la justice. Elle repousse la force comme émanation de l'injustice qui ne donne que des droits usurpés et des titres souillés de sang ».

« L'ardent désir du peuple argentin, déclare encore le président Perón, le 23 juin 1947, est que tous les peuples et tous les gouvernements du monde n'aient d'autres aspirations que d'assurer la pacification intérieure et internationale, seul moyen de donner le bonheur aux êtres humains. Notre tradition chrétienne, la route pacifiste que nous suivons, notre désir de tout sacrifier à la cause de la paix, tout cela autorise l'Argentine à se faire l'écho des aspirations de l'univers tendant à établir une solidarité qui soit le prélude lumineux de la paix impérissable que nous désirons avec ferveur. »

 




    Les sources historiques du justicialisme sont bien clairement définies, elles procèdent de Rome et de la Révolution française de 1789.
    Mais laissons Perón en indiquer lui-même la filiation historique :

« Il est évident que la marche en avant de l'humanité ne saurait être arrêtée. Aussi, lorsqu'une tendance ou une idée s'est infiltrée, il faut en accepter le fait et en tirer le maximum de profit. L'exemple de la Révolution française, aux leçons de laquelle je me suis souvent rapporté, illustre magnifiquement la thèse que je soutiens. L'exaltation de l'individu et les concepts de liberté et d'égalité, circonscrits à leur aspect purement politique, prenaient tellement d'importance que la première occasion permit de démontrer leur force entraînante et de changer la face du monde. Pour des raisons historiques que nous n'avons pas à commenter ici, c'est en France que jaillit l'étincelle et, naturellement, c'est là que, dès le début, s'implantèrent tous les principes qui motivèrent le fait révolutionnaire.

Mais ces principes n'étaient pas tous bons. Certains même portaient en eux leur ferment destructeur, car après avoir suscité une liberté simplement politique et une égalité entre les hommes immédiatement démentie par une inégalité économique, il arriva que sous certains aspects, les classes laborieuses modestes se trouvèrent dans une situation pire qu'auparavant. Il ne fallut pas longtemps pour qu'on s'aperçut de cette grave erreur, ou mieux, de cette monstruosité qu'avait été l'interdiction des corporations, car ce n'est que par l'union et par le groupement corporatif que les êtres faibles acquièrent la force nécessaire à la lutte pour la vie : on croit défendre l'individu contre la pression et la coercition des syndicats et, en fait, on ne réussit qu'à supprimer individuellement et politiquement le prolétariat. »

 


    Nous avons vu que, parallèlement aux enseignements de la Révolution française qu'il trie et décante, le justicialisme peut se référer à Belgrano, qui, par l'aspect hardi de ses conceptions sociales et par l'ardeur de son nationalisme, peut être regardé comme un précurseur du peronisme.
    Continuateur du courant historique latin qui vise depuis des siècles à réaliser un ordre plus juste, le justicialisme incarne aux yeux de beaucoup la Genève de la justice sociale, la Rome et l'Athènes de la nouvelle civilisation latino-américaine.
    Terre classique de la liberté en Amérique, l'Argentine considère que sa mission historique lui commande de se faire sur ce continent le champion de l'humanisme. Depuis l'avènement du justicialisme, cette mission historique s'est chargée en plus du devoir de libérer les opprimés, de faire triompher la justice sociale. Héritière de Rome et d'Athènes, l'Argentine se regarde par ailleurs comme la continuatrice de leur œuvre civilisatrice.
    De la conscience de sa double mission historique découlent pour Buenos-Aires deux principes impérialistes parallèles, le premier issu de son caractère national, le second qui le pousse à répandre son idéologie.

    Le premier des principes impérialistes du justicialisme, axé sur l'affirmation de l'argentinité et sur le nationalisme, le pousse à un resserrement fraternel des liens qui unissent l'Argentine aux autres états d'Amérique latine. Perón, qui a donné une grande impulsion à ce courant, vise à faire de Buenos-Aires un foyer de culture et un centre intellectuel irradiant sur toute l'Amérique hispanique.
    Le second principe est celui de l'universalité du justicialisme, typiquement autochtone et inapplicable à un autre pays étranger dans ses institutions strictement argentines, mais universel quant à l'essentiel de sa doctrine et à ses grands principes qui conviennent à tous les peuples.
    Le justicialisme distingue très bien ce qui en lui est uniquement argentin et ce qu'il a d'universel, il ne confond pas les deux. Voici comment Perón affirme, le 18 juin 1948, que le justicialisme, tel qu'il est appliqué, n'est pas un article d'exportation :

« Il ne peut y avoir de doctrine politique universelle parce que les peuples vivent dans des conditions qui ne sont pas universelles. La doctrine de la République Argentine n'a probablement aucune valeur en Italie, en Russie ou en Allemagne. Le peuple italien comptant cinquante millions d'habitants qui vivent sur 300 000 kilomètres carrés, ne peut avoir les mêmes intérêts et les mêmes aspirations que le peuple argentin avec ses seize millions d'habitants vivant sur 4 millions de kilomètres carrés y compris l' Antarctique. »

 


    Et voici comment, le 23 juin 1947, il donne au justicialisme un étendard d'universalité :

« L'Argentine fonde sa paix intérieure sur la justice sociale, base de la paix et de l'ordre aussi bien dans la vie interne que dans la vie internationale. Sur ce plan se rencontrent tous les hommes et tous les peuples qui savent prendre pour étendard les plus hautes manifestations de la spiritualité de cette justice sociale. »

 


    Le Mandataire argentin précise sa pensée au cours d'un discours prononcé en octobre 1952 :

« Cette doctrine qui est nôtre peut-être – et nous le croyons fermement – une solution comme troisième idéologie de ce monde divisé où nous avons l'énorme responsabilité de vivre. Cette solution, nous l'avons offerte à tous les peuples et nous continuerons à l'offrir ».

 


    Dans Razon de mi Vida, Eva Perón est tout aussi affirmative et énonce nettement le principe de l'universalité du justicialisme :

« Nous pensons que lorsque le monde sera justicialiste, l'aide sociale ne sera plus qu'un souvenir désagréable... Quand le monde entier sera justicialiste, l'amour règnera et la paix triomphera... c'est ce que m'a appris Perón... Je me demande souvent pourquoi l'humanité n'apprendrait pas, elle aussi, cette merveilleuse leçon... Et j'ai envie de parcourir le monde pour prêcher le justicialisme de Perón ».

 


    Raul Mende tire la conclusion :

« Le justicialisme est donc aussi l'interprète, comme troisième position, de l'âme des peuples du monde entier ».

 


    La plus triomphale réussite du principe impérialiste social du justicialisme se situe sur le plan syndical. Réalisant dans ce domaine la Troisième Position qui est la sienne sur tous les plans, l'Argentine s'est faite la promotrice de l'Agrupacion de Trabajadores Latino-americanos Sindicalistas, fondée à la fin de 1952 au Mexique et dont le siège est à Buenos-Aires. Cette fédération syndicale internationale latine a dégonflé les deux organisations rivales, patronnées l'une par Moscou, l'autre par Washington, qui cherchaient à s'implanter en Amérique latine, et tous les éléments syndicaux sincères qu'elle groupe suivent maintenant la voie tracée par Perón.


    Comme tout mouvement révolutionnaire, le justicialisme possède son cortège coloré de symboles, de rites et de fêtes par lesquels s'extériorise sa brûlante spiritualité.
    L'insigne du parti peroniste reproduit les armoiries de l' Argentine, bonnet phrygien rouge et deux mains qui se serrent, sur fond blanc et bleu, auxquels le justicialisme a ajouté sur le côté un épi stylisé.
    Les jours solennels du justicialisme sont le 17 octobre, le 27 novembre et le 1er mai.

    Le 17 octobre est le Jour de la Loyauté, le Jour de la Révolution. On célèbre ce jour-là l'anniversaire de la journée révolutionnaire de 1945, où les travailleurs descendus sur la plaza de Mayo exigèrent le retour de Perón. En ce jour de réjouissance, Perón apparaît au balcon de la Casa Rosada et demande au peuple s'il est content de son gouvernement, question à laquelle répondent des milliers de oui enthousiastes qui réalisent ainsi un plébiscite direct.
    Certains 17 octobre ont été empreints d'une solennité particulière. Tels furent celui de 1952 où fut lu devant une foule énorme le dernier message d'Eva Perón, et celui de 1953 où fut proclamé, en présence du président du Nicaragua, le Décalogue argentino-paraguayen et la Déclaration de Buenos-Aires argentino-nicaraguayenne.

    Le 27 novembre commémore la fondation du Secrétariat au Travail et à la Prévoyance, première étape de la révolution. Ce n'est pas une fête nationale chômée, et la population travaille comme à l'accoutumée. Les ouvriers la célèbrent par une manifestation devant l'immeuble du Secrétariat.

    Le 1er mai, l'Argentine célèbre la Fête du Travail. Le choix de cette date surprend un peu les visiteurs étrangers. Le 1er mai, choisi arbitrairement par les marxistes, est en effet intimement lié au pseudo-socialisme des barbes israëliennes, c'est la fête du bolchevisme, et cela ne change rien que le nazisme, qui était toute autre chose que du fascisme, ait emboîté en son temps le pas à son frère le bolchevisme. Il aurait été beaucoup plus normal que l'Argentine, comme l'Italie, célébrât la Fête du Travail le 21 avril. Ce jour-là, les Romains, ancêtres des Argentins aussi bien que des Français, des Italiens et des Espagnols, célébraient la fête des Paliliae, fête des travailleurs des champs et des bergers. Depuis l'aurore de notre race, le 21 avril a toujours été la fête du travail, une fête qui est à nous et à notre nation. Le 1er mai comme le 17 octobre, le peuple argentin se réunit sur la plaza de Mayo où se déroule une grande cérémonie organisée par la C.O.T. et présidée par Perón, en sa qualité de « premier travailleur argentin ». Les ouvriers de la capitale et des délégations venues des provinces assistent en foule à cette fête magnifique, au cri mille fois répété de : « La vida por Perón ! ».


    Une autre importante date commémorative est celle du 12 octobre, journée où s'est célébré en Argentine le Jour de la Race, anniversaire de la découverte de l' Amérique, où l'Italie donnait un continent à l'Espagne.
    San Martin, héros populaire, incarnant parfaitement les vertus civiques, occupe une place importante dans la mythologie justicialiste. En 1950, centenaire de la mort du Libérateur, une loi prescrivit que les dates en tête de toutes les publications imprimées seraient accompagnées de la mention « Année du Libérateur, général San Martin ». Perón ouvrit le 3 janvier par ces paroles l' « Année du Libérateur » :


« San Martin est du peuple, parce que sa vie fut toute simplicité et honneur, digne et féconde comme la vie du peuple ; parce qu'il a toujours servi le peuple, sans jamais tirer avantage ni de sa gratitude, ni de son affection... San Martin et son peuple, unis par le miracle d'un seul et grand amour, celui de la patrie, ne font qu'un. »



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