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30 août 2006 3 30 /08 /août /2006 22:10

Les paroles de ce chant sont du célèbre poète, romancier et scénariste Pierre Mac Orlan (1883-1970) (portrait à gauche), ses romans sont la base des films Le quai des brumes de Marcel Carmé et de La Bandera de Julien Duviviers.

Pierre Mac Orlan avait servi dans les  troupes de marine. Par ce chant il rendait hommage à son ancien corps et aux soldats combattants alors en Indochine.
Il n'aimait pas ce chant qui est pourtant celui qui est l'un des plus populaires.

La musique est de Victor Marceau.

Selon le Lieutenant Sureau, du 12e R.C.H. - aujourd'hui dissous -, Mac Orlan avait été incorporé à la caserne Lourcine (cf. peinture ci-dessous, peinture huile et gouache de Maurice Utrillo de juillet 1923 ci-dessous).

Ce chant, rempli de mélancolie, conte l'histoire d'un soldat plein de jeunesse qui découvre les réalités de l'Indochine.

Les cagnas sont les abris de la guerre de 14. La version de Thierry Bouzard ne fait pas mention du 4e couplet. Le site www.troupedemarine.org ajoute le couplet 1bis.  Ce site orthographie "cagnas" "canyas". Le "vieux Cholon" était le quartier de Saïgon où étaient concentrées toutes les activités louches ou interdites : tripots, fumerie d'opium et prostitution.





I. J'étais un soldat de marine,
J'venais d' m'engager pour cinq ans.
J'avais vingt ans, belle poitrine
Comme dans l' refrain du régiment.
Dans les bistrots près de Lourcine,
Les anciens m'en faisaient un plat :
Tu verras c' que c'est l'Indochine.
Ecoute la chanson d'un soldat :

Marie, Marie-Dominique,
Que foutais-tu à Saïgon ?
Ça ne pouvait rien faire de bon
Marie-Dominique.
J' n'étais qu'un cabot clairon.
Mais je me rappelle de ton nom
Marie-Dominique.
Est-ce l'écho de tes prénoms
Ou le triste appel du clairon,
Marie-Dominique ?


[1bis. C'est ta démarche balancée
Qui effaça tous mes espoirs
Car cette bonne vie si bien rêvée
Ce s'rait idiot de t'en vouloir
Cette chanson de la Coloniale
C'est le résultat en cinq ans
De mes erreurs sentimentales
Selon l'expérience des camps]

II. Je ne savais pas que la chance,
Ne fréquentais points les cagnas,
Et qu'en dehors de la cuistance,
Toute le reste ne valait pas ça.
Tu m'as fait comprendre des choses,
Avec tes p' tits airs insolents,
Et j' n' sais quelles apothéoses,
C'était l' plus clair de mes tourments.

Refrain.


III. Ce fut Marie la Tonkinoise,
Qui voulut faire notre bonheur,
En m' faisant passer sous la toise,
Dans l' vieux Cholon ou bien ailleurs.
Tu étais rusée comme un homme,
Mais ton but j' l' voyait très bien,
Avec ta morale à la gomme,
Au cours de la piastre à Nankin.

Refrain.


IV. Tu m'as gâté mon paysage
Et l'avenir quand sur l'transport
Je feuilletai de belles images
Peintes comme des Bouddhas en or
Où sont les buffles dans les rizières
Les sampans, l'arroyo boueux
Les congaîs leurs petites manières
Devant le pouvoir de tes yeux.

Refrain.

 





Ecoutez le chant ci-dessous


ou là :



ou ICI

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