Avertissement
Toutes explications et motifs seront donnés en temps utiles...
Nous reconstituerons en attendant les archives du site et ajouterons quelques articles qui nous seront communiqués.
C'est le 21 avril 1763 près d'Ancenis qu'est né François de Charette l'un des plus célèbres chefs Vendéens.
Entré comme aspirant dans la marine en 1780, il la quitte en 1790 avec le grade de lieutenant de vaisseau alors que la révolution s'étend. Il s'engagera rapidement dans la résistance contre les
armées criminelles de la république et devient dès décembre 1793 général en chef de l'armée Catholique du Bas-Poitou où il lutte héroïquement. Il sera rejoint par de nombreuses personnes avec le
déclenchement de la guerre d'extermination menée par la république et il parviendra à battre Turreau, qui dirigent les célèbres « colonnes infernales ». Il obtient des négociations :
aux accords de la Jaunaye Hoche accorde la liberté de culte, le droit pour les prêtres non jureurs d'officier, le gel de la conscription, l'amnistie. La paix ne durera pas ; le 8 juillet 1795 il
est nommé général en chef de l'armée catholique et royale par Louis XVIII. Après plusieurs mois de guerre, il est fait prisonnier et fusillé le 29 mars 1796, entrant dans la légende.
Paul Féval ! celui-ci ne connut qu'une gloire éphémère, mais l'homme fut supérieur à son œuvre. D'un aspect un peu fruste, avec ses cheveux bretons et sa moustache grisonnante d'ancien blond, il avait l'abord fin et paysan, une vivacité, un charme d'esprit, une gaîté qui le faisait chanter au dessert à Champrosay des chansons bretonnes, tantôt au rythme des danses, tantôt rêveuses et prolongées comme la lande violette de son pays. Il les savait tous, ces refrains d'Armor, et préférait les royalistes, ceux qui menaient à la bataille les bandes d'Elbée et de la Rochejacquelein. Ne dit-on pas qu'il est l'auteur de la chanson célèbre : « Monsieur d'Charette a dit à ceux d'Ancenis... » ?
Cette érudition bretonne se retrouve dans certains de ses romans; pour celui-là aussi, comme pour tous les êtres de sensible pénétration, sa province fut une source vive.
Puis il connut Paris, l'aima, et Le Roman de la jeunesse, Annetle Lais témoignèrent pour son talent sentimental, comme Les Mystères de Londres, Le Bossu, Les Habits noirs, de sa vive imagination.
Je n'aperçois jamais, non loin de la place Royale, la rue de la Cerisaie sans penser que dans une pauvre chambre d'un de ces vieux logis, Paul Féval, seul et abandonné dans Paris, faillit mourir d'inanition. Ce fut un médecin du quartier, le D r Penoyez, qui le sauva et lui fit épouser sa fille, la femme pieuse et dévouée, l'admirable mère de neuf enfants que j'allai voir un jour avenue des Ternes. Un jardin embellissait le petit hôtel du romancier, et, dans le salon tout orné d'œuvres d'art où je fus introduite, Mme Féval, devant sa table à ouvrage, raccommodait des bas de toutes tailles et de toutes grandeurs, représentant avec sérénité la femme d'intérieur idéale qu'elle fut toute sa vie.
A cette époque, Féval était heureux, riche, tout fier de sa charmante famille. Sa vie s'assombrit plus tard et révéla chez lui un tempérament de catholique inquiet et de chrétien scrupuleux jusqu'à réviser son œuvre complète et la mettre au point de ses croyances exigeantes et ravivées.
Madame Alphonse Daudet, Souvenirs autour d'un groupe littéraire (1910).

Une tentative de type nouveau
La situation politique actuelle impose aux nationalistes révolutionnaires d’infléchir leur action dans un sens différent de celui du passé. Il faut bien comprendre que des
recettes qui ont toujours abouti à l’échec ne peuvent servir à nos tâches futures. Il est donc nécessaire de réviser nos concepts, tant théoriques que pratiques. Nous avons l’obligation de rompre
avec un passé anarchisant et petit-bourgeois, qui a toujours interdit aux nationalistes révolutionnaires de disposer d’un appareil politique efficace. Nous devons changer nos axes de réflexion en
sachant nous mettre à l’écoute des expériences intéressantes, même si elles ne sont pas de notre bord.
Nous ne devons pas craindre une quelconque « contamination idéologique », si nous mettons au premier plan de nos préoccupations l’édification de notre construction doctrinale.
La contamination idéologique ne peut exister que dans une situation de « vide théorique », vide qui assure la libre pénétration des thèses adverses.
La stratégie politique à envisager doit être conçue pour répondre aux impératifs suivants :
–la création d’un parti révolutionnaire ;
–la formation de cadres politiques et militants dans une optique concrètement révolutionnaire ;
–la mise au point préalable d’une théorie révolutionnaire.
Quelles sont les méthodes les plus appropriées à ce but ?
–la création d’un organisme cohérent presse-informations-documentation qui assure les tâches diverses d’élévation du niveau culturel et « opérationnel » des militants nationalistes révolutionnaires ;
–la création d’une « école des cadres », fonctionnant sur un modèle scolaire, seul adapté à la forme éducative envisageable. Cours par correspondance, cours du soir et stages forment l’armature de cette école, des examens divers assurant le classement des militants et leur ascension ultérieure dans la hiérarchie du mouvement nationaliste ;
–la préparation attentive des axes de travail en milieu syndical, en vue de la formation de noyaux syndicalistes, en commençant par les milieux les plus réceptifs. Cette préparation doit se faire selon des normes similaires à celle de la mise en place du mouvement de type purement politique ;
–l’organisation d’un service d’ordre et de formation de jeunesse, coordonnés à la direction politique et disciplinés. La formation globale de ces éléments représente une nécessité encore plus impérative que celle des autres militants, tellement les risques de scission et de dissolution ou de déviation sont nombreux dans ce secteur particulier de l’action nationaliste révolutionnaire ;
–la formation d’un collège de responsables capables d’un travail politique réel et dont le nombre peut être relativement réduit. Ces responsables doivent provenir aussi bien des représentants les plus valables du courant nationalistes révolutionnaires que des militants issus des cours de formation du mouvement. Les responsables doivent d’ailleurs participer régulièrement aux cours de formation, afin de poursuivre le développement de leurs aptitudes techniques et politiques ;
–le dispositif nationalistes révolutionnaires doit être à la fois souple et cohérent, et la séparation parti/mouvement nationaliste répond à ces deux critères de fonctionnement.
La préparation de la révolution nationaliste
–Jeune nation et le Front nationaliste, en raison de la crise algérienne et des possibilités de soulèvement militaire qu’elle posait, ont envisagé la « révolution nationaliste » sous une forme putschiste, avec comme unique perspective, le noyautage d’un coup de force de l’armée ;
–Europe action, dans la phase de repli politique qui a suivi la débâcle de l’OAS, a théorisé son impuissance militante en bâtissant une stratégie de formation de cadres « révolutionnaires », en rejetant l’idée même de révolution dans un brumeux et lointain avenir. La désintégration de l’organisation a suivi la découverte par de nombreux cadres et militants que les perspectives révolutionnaires n’étaient que des hochets offerts par une direction qui ne croyait pas à une véritable évolution de ce type ;
–Occident, en raison de ses origines (scission étudiante « activiste » d’Europe action), a prétendu pratiquer une action révolutionnaire, au moins dans ses intentions, mais sans jamais y mettre le sérieux et la technicité indispensables. L’action révolutionnaire a donc pris la forme d’un vague activisme, arrogant en période de calme relatif (1966-1967) et inexistant en période de véritable crise révolutionnaire (mai 1968) ;
–Ordre nouveau, refusant de connaître le sort d’Occident (dissolution puis éclatement), a cherché à jouer la carte du « parti révolutionnaire ». Il s’agissait de créer, en trois phases successives, un parti révolutionnaire, disposant de cadres de valeur et d’une organisation solide, le tout au service d’une conception dynamique de la « Conquête de l’État ». Ordre nouveau, marqué à ses débuts par le soucis de « respectabilité », du au désir de se démarquer des « trublions gauchistes », et par la volonté de se limiter au maximum à une action légale, finit par laisser le champ libre à ses militants, en fonction de sa crise interne, et se laissa entraîner dans un processus de violence stérile, débouchant pour finir sur une dissolution que ses responsables avaient refusé de prévoir et dont ils n’avaient rien fait pour parer les conséquences.
–donner un plus grand dynamisme et une plus grande homogénéité aux nationalistes ;
–roder les futures équipes de direction de l’État nationaliste, tout en montrant à l’opinion publique que les nationalistes révolutionnaires possèdent un personnel politique compétent.
–le parti est une armée disciplinée, lancée sans trêve à la conquête de l’État ;
–toutes les formes de lutte sont bonnes en soi et seule l’opportunité du moment doit permettre de faire un choix, obligatoirement provisoire, entre elles ;
–un corps d’officiers politiques, de techniciens révolutionnaires peut seul assurer la conduite de la lutte politique. Sa formation représente un préalable à toute action d’envergure ;
–la mise en place d’une idéologie opérationnelle et d’un programme concret sont elles-mêmes des préalables à la formation d’un corps politique et d’une organisation destinée à une action politique d’une certaine envergure.
François Duprat (26 X 1940 - 18 III 1978).
Manifeste nationaliste révolutionnaire (par François Duprat)
Notre situation politique impose une révision drastique de nos thèmes et de nos méthodes d’action, mais il ne s’agit pas, cette dois-ci, de se limiter à une critique, hélas
trop facile, des expériences antérieures.
Il est frappant de constater que nos axes de réflexion sont uniquement fondés sur l’histoire des mouvements nationalistes français, en dépit de nos professions de foi
anti-chauvine et « européennes ». Nous négligeons systématiquement l’apport, passé mais aussi présent, de mouvements infiniment plus importants que les nôtres, sous prétexte d’une
« spécificité nationale ».
Certes, chaque pays a une vocation particulière et l’on ne peut plaquer sur lui des méthodes d’action adaptées à d’autres structures. Mais il ne faut pas exagérer cette
difficulté. C’est l’incroyable ignorance de l’Histoire et de l’actualité par les chefs nationalistes français qui a conduit à cet état de fait.
Il est donc possible de se mettre à l’école des autres organisations nationalistes, en faisant l’effort d’adaptation assurant la bonne interprétation de la stratégie et de la
tactique suivies par ces mouvements.
Le programme d’action nationaliste, qui est présenté ici, est directement issu de cette prise de conscience : le nationalisme révolutionnaire représente une valeur universelle
que chaque peuple découvre selon des modalités propres, tout en se rattachant à un fond commun.
Notre tache est de définir cette « Voie française vers la Révolution nationaliste », seule possibilité qui existe pour notre cause de combattre pour la victoire et non pas pour de nouvelles
défaites !
Qu’est-ce que le nationalisme révolutionnaire ?
Nous devons essayer de définir d’une façon concrète ce qu’est le nationalisme révolutionnaire, en évitant de dire ce qu’il n’est pas (comme on le fait le plus souvent), mais
bien en insistant sur ce qu’il est d’une façon positive.
Le nationalisme révolutionnaire représente une tentative de prise en charge de la crise actuelle de l’Europe, sur le plan d’une remise en cause radicale des valeurs de la dite
société. Ce nationalisme révolutionnaire propose comme noyau central de l’action humaine l’idée de Nation, conçue comme un rassemblement organique d’éléments qui, sans elle, ne représenteraient
qu’un agrégat sans consistance et traversé de tensions destructrices. La Nation organisée ne peut être qu’une nation où les différences de classe ont été éliminées d’une façon réelle, et non par
des vœux pieux, car de telles différences supposent automatiquement des tensions, néfastes à l’harmonie nationale. Ces tensions doivent être éliminées par l’État, qui est celui du « peuple tout
entier ». Comment pouvons nous définir le peuple d’une façon cohérente ? Le peuple ne peut être que l’ensemble de ceux qui contribuent au développement national, ce qui en exclue les profiteurs,
les parasites, les représentants des intérêts étrangers. Quels sont les groupes sociaux qui font partie de la réalité de notre peuple ? :
–les ouvriers, en tant que producteurs de base ;
–les paysans, petits propriétaires, fermiers, métayers ou ouvriers agricoles, puisqu’ils forment un groupe directement attaché à la production ;
–la petite bourgeoisie, dans la mesure où elle participe elle aussi à la production, et où ses activités de service et de distribution sont directement liées aux nécessités du développement harmonieux des échanges au sein de la population ;
–les éléments nationaux de la bourgeoisie en tant que classe maîtresse d’une bonne partie des moyens de production, c’est-à-dire tous les participants actifs à la production, au niveau de la direction et de la gestion, dans la mesure où ils forment un secteur réellement indépendant des groupes et intérêts étrangers. Nous devons insister sur l’aspect national exigé de ce groupe en sachant qu’une bonne partie de ses membres sont, en réalité, liés à des forces étrangères à notre peuple.
Le nationalisme révolutionnaire envisage la France comme une nation colonisée, qu’il est urgent de décoloniser. Les Français se croient libres alors qu’ils ne sont, en vérité,
que les jouets des lobbies étrangers, qui les grugent et les exploitent, grâce à la complicité d’une fraction des classes dirigeantes, à qui ces lobbies jettent quelques morceaux de leur
festin.
Face à cette situation, nous pouvons estimer que les conditions de lutte des nationalistes révolutionnaires sont similaires à celles qui furent le lot des groupes nationalistes
du tiers monde (il importe peu, à cet égard, que la France, en raison de son passé colonial, ait été, en même temps, durant une certaine période, à la fois colonisatrice et colonisée en
particulier sous la IVe République).
Il est évident que cette situation de pays colonisé n’est pas perçue par nos compatriotes ; cette cécité n’est due qu’à l’habileté de nos exploiteurs, qui n’ont de cesse que de
prendre le contrôle des Mass Media, puis, insensiblement, de toute notre culture nationale, dont la réalité même peut désormais être délibérément niée. Par cette méthode, il devient
incontestablement très difficile de faire comprendre aux Français qu’ils vivent dans un pays dont le peuple n’est pas forcément maître de son destin.
Le processus de destruction de notre identité nationale, pour hypocrite et camouflé qu’il puisse être, n’en est déjà pas moins très fortement entamé et le premier devoir des
nationalistes révolutionnaire est d’y faire face.
La conscience de l’état de nation dominée qui est celui de notre patrie représente la première pierre de notre édifice doctrinal. En effet, nous devons estimer que notre devoir
le plus impératif et le plus évident est de tout faire pour mettre fin à cet état de chose.
Puisque les Français ne sont pas les vrais maîtres de leur patrie, la traditionnelle opposition faite par les nationalistes entre un « bon capitalisme » national et un «
mauvais capitalisme » international, n’est qu’une pure et simple duperie. Le capitalisme en France ne peut être qu’un outil entre les mains des véritables propriétaires de la nation. Dès lors,
les nationalistes révolutionnaires ne peuvent accepter une formulation économique totalement contradictoire avec leurs aspirations nationales les plus évidentes.
Le capitalisme est une formule économique qui sous-entend l’esclavage de notre Nation.
Mais il doit s’agir pour nous d’une opposition radicale et non uniquement dans les mots (comme ce fut trop souvent le cas). La Nation doit reprendre le contrôle de la vie
économique, et, spécialement, des secteurs où les intérêts étrangers sont les plus puissants. Banques, secteurs de pointe, centres de recherche et de distribution doivent être repris par le
peuple français. Le pseudo-sacro-saint principe de la propriété privée n’a pas à jouer, car des biens illégalement acquis ne réclament ni respect, ni compensation.
Les biens repris par la nation devront être gérés selon les techniques qui assureront à la fois la pérennité de leur récupération et une utilisation rationnelle. La formule la
meilleure serait probablement un contrôle souple de l’État et la remise au public, sous forme de don ou de vente à bas prix, d’actions représentant le capital des biens retournés à la communauté
nationale.
La reprise en main de notre économie permettra la récupération de l’indépendance nationale, puisque les éléments exploiteurs, privés de toute source d’enrichissement, n’auront
plus aucune raison de demeurer sur le territoire national. Nous devons donc considérer que notre programme de libération politique et sociale de notre peuple passe par l’adoption d’une économie
communautaire au niveau des moyens de production. Les moyens de production sont aujourd’hui aux mains d’intérêts étrangers, pour une bonne part, soit directement, soit indirectement. Or, la
possession de ces moyens représente la possibilité d’exploiter le travail de notre peuple, en sécrétant de nouvelles richesses, qui assurent le renforcement de la mainmise extérieure.
La récupération des richesses nationales doit aller de pair avec la fin de l’imprégnation culturelle étrangère au sein de notre sphère civilisatrice. Nous devons remettre en
honneur notre tradition nationale, refuser les apports extérieurs qui en sont la négation ou l’affadissement, tout en redonnant à notre peuple une tâche à la mesure de son destin historique.
Cette tâche ne peut être que l’édification d’un système politico-économique susceptible de servir de modèle aux nations confrontées au même problème, à savoir celui de la libération interne d’une
influence extérieure prédominante.
En redonnant aux Français, l’ambition des nationalistes révolutionnaires se plaçant à ce niveau, la volonté de combattre et de vaincre, nous donneront le signal de la
renaissance nationale de la Patrie. L’histoire glorieuse de notre nation a toujours été fondée sur une volonté acharnée de vivre libre ; en restaurant cette tradition multiséculaire, nous
mettrons fin à ce processus de « génocide culturel et biologique », qui vise à détruire notre peuple et son organisation, en tant qu’entité cohérente et unie.
Notre volonté de libérer notre nation prend place dans une conception plus large de l’histoire, conception qui est à la base même de notre combat idéologique. Pour nous
nationalistes révolutionnaires, l’histoire est fondée sur la compétition des peuples, qui agissent d’une façon bénéfique en vue de maintenir leur originalité dans tous les domaines, aussi bien
sur le plan ethnique, culturel, politique, etc.
Tout ce qui s’oppose à cette originalité vise, en fait, à détruire le moteur même de l’histoire et constitue une attitude foncièrement réactionnaire et anti-populaire, au sens
plein du terme. Jamais l’homme n’aurait pu progresser sans une attitude foncière d’émulation, par rapport à ses semblables et les luttes entre groupes, ethniques ou autres, soit militaires soit
pacifiques, ont toujours été le véritable moteur de l’histoire. L’indépendance des groupes humains s’est codifiée, il y a des centaines d’années, dans un type, désormais universel, celui de
l’État-Nation. Par contre, les tentatives d’Empires, universels ou plus limités, se sont effondrées dans le sang ou représentent, comme les Empires chinois ou soviétiques, de véritables « prisons
des peuples », vouées tôt ou tard, à l’éclatement, lors d’un nouveau « printemps des peuples ».
L’État-Nation, moteur de l’histoire, doit être homogène, non pas sur un plan strictement racial, ce que l’expérience historique ne prouve absolument pas, mais sur un plan de
cohésion et de coopération mutuelle entre les divers participants de ce groupement historique. Les éléments qui refusent cette cohésion ne sont pas les bienvenus dans cet État-Nation et, au
minimum, ne doivent pas avoir la possibilité matérielle de développer leur influence et leur puissance au détriment de la communauté nationale.
L’histoire ne peut prendre son sens que si la réalité nationale des peuples est préservée. Le colonialisme économique et culturel que nous subissons, vise directement à
interdire à notre nation de conserver ses caractéristiques propres. Le meilleur moyen de développer les potentialités nationales réside dans le maintien de notre intégrité en tant que peuple et
tant que des menaces pèseront sur celle-ci, cette tâche sera primordiale pour les nationalistes révolutionnaires.
Ce souci exclusif de protection nationale ne se place pas dans le cadre d’une hostilité quelconque à l’encontre des autres entités nationales. Bien au contraire, nous pensons
qu’une France nouvelle aurait comme objectif d’aider les autres nations-sœurs à acquérir le même type d’indépendance qu’elle.
Si l’histoire est, avant tout, libre jeu des compétitions entre groupes organisés, le principe même de la vie humaine est, issu de cette conception. Pour nous, l’homme n’est
capable de progrès que si sa vie est fondée sur deux principes clairs :
–émulation compétitive avec ses concitoyens,
–coopération avec les autres membres de son groupe.
L’émulation, facteur de progrès, doit être complétée par la coopération, pour éviter un écrasement, toujours possible, des faibles par les forts. La véritable fonction de
l’État est d’ailleurs de compenser les inégalités inévitables, afin de maintenir la cohésion du groupe national.
Ce rôle de l’État est directement lié à notre conception de la nation ; l’État n’est pas seulement le gardien de l’indépendance de la Nation, il est aussi le garant de sa
cohésion. L’État doit nécessairement disposer de larges pouvoirs et de moyens d’action étendus pour réaliser ses objectifs.
Mais l’État doit être réellement au service du peuple et non au service exclusif des intérêts des groupes dominants ; il doit être le régulateur de l’activité nationale, en
cherchant en priorité à permettre le libre développement de notre peuple. Pour cela, l’État doit être directement issu du peuple et contrôlé par lui ; le peuple doit être associé à l’État et à
ses organismes de direction. La pseudo-doctrine élitiste, qui vouait la direction de l’État à des « élites » autodéterminées est à abandonner.
L’État populaire doit être un État où le peuple exerce pleinement ses droits politiques. En outre, il doit avoir les moyens de s’opposer à toute tentative d’oppression. Le
meilleur moyen réside dans un article bien simple de la Constitution américaine : le droit pour tout citoyen de détenir à son domicile des armes pour sa défense. Cette conception du citoyen armé
correspond d’ailleurs parfaitement à notre volonté de réaliser une véritable défense nationale, par la mise en œuvre d’une organisation militaire de type populaire (dans le style d’une Garde
nationale, ouverte à tous les citoyens français).
Si les citoyens de l’État-populaire doivent pleinement participer pleinement à la vie et à l’organisation de leur État, c’est bien parce que nous refusons totalement la notion
typiquement réactionnaire qui voudrait traiter les Français en mineurs incapables de prendre parti sur les grands problèmes de leur pays.
Nous estimons au contraire que les Français sont des êtres majeurs et il est évident que notre peuple doit prendre en main son destin, sa libération passant par son
adhésion librement consentie à une politique de défense nationale et populaire. Dans cette optique, les nationalistes révolutionnaires sont favorables à une conception politique étatique d’un
style nouveau, c’est-à-dire une forme d’État authentiquement populaire et fort.
Populaire, car tous les organismes étatiques doivent être issus du choix du peuple, le peuple participant à leur fonctionnement et à leur contrôle
Fort, car sa tâche très lourde ne peut être assumée avec succès que par l’existence de moyens de gouvernement permettant la mise au pas des intérêts étrangers.
L’État, ainsi conçu, est donc directement lié au peuple et ne peut exister que par lui et pour lui. Ainsi, dans cet État populaire, les Français auront la possibilité d’être
les maîtres de leur destin, tout en récupérant leurs richesses nationales, dont ils sont aujourd’hui frustrés. De cette façon, ils comprendront parfaitement ce qui est en jeu et feront bloc pour
défendre ce qu’ils auront ainsi reconquis, par leur action commune.
Comment parvenir à la naissance de l’État populaire ? Il est certain qu’un bouleversement aussi profond et aussi radical ne pourra s’effectuer sans des luttes violentes et
nombreuses. Les exploiteurs de la nation n’accepteront pas d’être privés de leur butin sans se défendre avec une détermination sauvage. Si la menace devient réelle, ils bafoueront sans hésiter
leurs prétendues conceptions humanitaristes et répondront par la terreur. Le combat politique doit donc être mené sur deux plans :
–sur le plan électoral, en informant les Français de ce qui les menace, en essayant de regrouper autour de nos thèmes le maximum possible de nos compatriotes ;
–sur le plan purement politique, en mettant sur pied une organisation capable de relever le défi qui lui sera tôt ou tard lancé par les ennemis de la nation, organisation régie selon une discipline et une rigueur toutes militaires, en raison des circonstances où elle pourrait être amenée à intervenir.
La lutte politique, surtout une lutte révolutionnaire radicale, est une chose sérieuse ; elle ne peut être menée que dans le cadre d’une organisation disciplinée et structurée.
Il importe donc de séparer le mouvement nationaliste, organisation révolutionnaire, du parti chargé de représenter notre idéal au niveau de la population française.
Cette action à deux niveaux permet d’encadrer dans des mouvements ayant des buts similaire des individus qui ne sauraient cohabiter dans un mouvement unique. Quiconque accepte
intégralement les principes et les buts du mouvement nationaliste, qui veut en partager les tâches et les risques, doit être membre du mouvement nationaliste. Ceux qui ne peuvent accepter qu’une
fraction, plus ou moins importante, de ces mêmes principes, peuvent être membres du parti, afin de militer pour l’application de ce programme minimum des nationalistes révolutionnaires.
Dans ce cadre politique, les nationalistes révolutionnaires doivent considérer comme des ennemis d’un type similaire, sur le plan idéologique, les diverses organisations du
centre, de droite ou de gauche. Ce refus de l’opportunisme doctrinal n’a évidemment rien à voir avec un pur sectarisme politique. Il est certain que nous devons réagir selon les nécessités du
moment, sans nous laisser lier les mains par des a priori sans signification réelle.
Les nationalistes révolutionnaires combattent pour une révolution radicale ; pour cela, il est indispensable que les militants soient éduqués dans un esprit véritablement
révolutionnaire. Cette éducation ne peut commencer que par l’adhésion totale des militants à l’idéologie nationaliste révolutionnaire. Un nationaliste révolutionnaire doit accepter
l’idéologie nationaliste révolutionnaire, en militant au sein du mouvement nationaliste, noyau combattant du parti de la révolution nationaliste. Un nationaliste révolutionnaire doit
accepter la discipline interne de son organisation, refuser le fractionnisme et prendre conscience de l’ampleur de la mission qui est la sienne.
La construction du mouvement nationaliste, premier cercle de la révolution est donc la tâche politique la plus urgente des nationalistes révolutionnaires. Elle doit prendre
place avant toute autre initiative, car, sans le mouvement nationaliste, toute action politique nationaliste révolutionnaire serait vouée à l’échec, ce fut toujours le cas auparavant. La
naissance du mouvement nationaliste ne peut pas être autoproclamée par tel ou tel groupe plus ou moins nationaliste révolutionnair. Elle doit être le fruit d’un intense travail aussi bien
doctrinal que politique et organisationnel. Le mouvement nationaliste ne peut exister que dans la mesure où l’idéologie nationaliste révolutionnaire a été rendu opérative, c’est-à-dire
après le renouveau réel de cette pensée. Il ne peut exister, aussi, que dans la mesure où les nationalistes révolutionnaires disposeront d’un appareil de formation et d’éducation, assurant
correctement des fonctions absolument indispensables dans un parti de type révolutionnaire (écoles de cadres, revues théoriques et historiques, documents politiques, critique de l’actualité,
etc.). Cette formation doit se faire sur deux plans :
–une formation immédiate, assurant au noyau initial nationaliste révolutionnaire les moyens d’action qui lui rendront possible l’encadrement des futurs adhérents ;
–une formation plus tardive appliquée aux nouveaux adhérents en vue de les intégrer réellement à l’organisation nationaliste révolutionnaire, tout en leur permettant de remplir les fonctions importantes au sein du mouvement nationaliste.
Le processus de création du mouvement nationaliste ne peut être qu’une œuvre de longue haleine, mais il doit aller de pair avec des actions ponctuelles de type politique,
militant ou électoral, afin d’éviter l’écueil classique de ce genre de formation étagée dans le temps, celui d’une déviation sectaire et ultra-minoritaire, entraînant un repliement de
l’organisation sur elle-même. Pour ce, il est indispensable que les nationalistes révolutionnaires collaborent avec les autres fractions de l’opposition nationale, la rigidité doctrinale régnant
au sein de leur mouvement leur permettant la plus grande souplesse au niveau de la tactique purement politique. Cette collaboration doit prendre la forme d’une politique de Front uni, soit sur
des problèmes précis, soit dans le cadre de campagnes électorales ou de propagande.
L’édification du mouvement nationaliste, lorsque les moyens matériels et humains seront réunis, se poursuivra par la mise en place d’un parti plus large, dont les objectifs se
limiteront à populariser certains thèmes nationalistes révolutionnaires, sans chercher à en faire passer la totalité dans la masse sympathisante. Cette deuxième étape de l’édification de
l’organisation nationaliste révolutionnaire devra assurer la participation des nationalistes révolutionnaires à la vie politique, économique et sociale de la Nation.
Nous devons placer notre stratégie politique dans une perspective résolument optimiste : la France (et bien d’autres pays) va être confrontée à une crise d’ampleur inégalée
depuis des dizaines d’années, ce qui entraînera la nécessité de solutions radicales. Notre faiblesse actuelle, au niveau de l’adhésion populaire, pourra, dans cette hypothèse, disparaître d’une
façon extraordinairement rapide. Mais cette crise inévitable ne pourra tourner à l’avantage des nationalistes révolutionnaires que si ceux-ci se sont sérieusement préparés aux affrontements
inéluctables. Le parti révolutionnaire peut se développer dans une période de bouleversement politico-économique, il n’a guère tendance à sortir alors du néant. Il est nécessaire de mettre en
place les structures politiques du parti avant la crise, et non pas après son éclatement. Nous ne devons pas être atteints de cécité, en refusant de voir que la longue période de
stabilisation de l’équilibre mondial, entamé dans les années cinquante, par une certaine mise en sommeil de la guerre froide et par l’extraordinaire relèvement économique de l’Europe, est en
train de se terminer. Nous sommes de nouveau dans la « zone des tempêtes », et, dès lors, tout redevient possible pour les nationalistes révolutionnaires.
Il ne faut pas se faire d’illusion : nos thèmes ne peuvent rallier à nous des gens satisfaits de leur sort ! Notre erreur a été aussi de croire qu'ils pouvaient nous rallier
des gens vaguement inquiets ou même directement mis en cause par les bouleversements sociaux de ces dernières années.
Nous devons admettre que seuls des gens au pied du mur peuvent nous rejoindre, pour des raisons autres que celles purement idéologiques qui ne peuvent évidemment concerner
qu’une fraction extrêmement minoritaire de nos concitoyens.
L’approche de la crise qui marque encore confusément la vie de notre pays nous impose une stratégie de tension. Nous devons essayer d’aggraver les contradictions internes de la
société et de l’État, en nous opposant à toute tentative de « conciliation nationale », dont les véritables détenteurs du pouvoir ont probablement l’intention d’user si les tensions économiques
et sociales s'accéléraient jusqu’au point de la rupture.
Les nationalistes révolutionnaires ont le devoir de préparer la révolution autrement que par des discours creux ou des appels enflammés. Pour cela, ils n’ont qu’une possibilité
et une seule : constituer un parti soumis à une discipline de type militaire et organisé selon des formes réellement efficaces, dans le cas de l’ouverture brusquée d’une situation de crise
révolutionnaire. Mais pour y parvenir, les nationalistes révolutionnaires ont un long chemin à parcourir, chemin qui passe par l’abandon de leur tendance à l’anarchisme petit-bourgeois, à leur
penchant à des solutions conservatrices, à leur fractionnisme et à leur propension à se mobiliser ou à se démobiliser au gré d’enthousiasmes ou de découragements successifs et cela pour le plus
grand danger de leur mouvement.
Nous devons former un type de militant qui soit adapté à l’action à mener, militant qui n’est pas forcément celui qui a été à l’honneur dans les mouvements précédents, mais qui
doit être avant tout éduqué et « politisé », la politique étant curieusement absente des préoccupations essentielles de trop nombreux « nationalistes ». Ces militants nationalistes
révolutionnaires, encadrés et organisés, auront comme souci primordial d’agir dans leurs milieux propres, en diffusant les thèmes de leur mouvement, de la seule façon qui soit efficace, celle de
la lente imprégnation et maturation. Il faut d’ailleurs différencier les militants, les formations de jeunesse, le parti et le mouvement nationaliste, ne réclamant pas le même genre de
militantisme et le même style d’action.
Les nationalistes révolutionnaires ont comme mission de préparer la révolution qui vient et pour cela ils doivent rompre radicalement avec un passé de défaites et d’erreurs, au
moins sur le plan purement national. Pourquoi se référer sans cesse à des groupes français du passé, dont l’incapacité totale saute aux yeux ?
Pourquoi ne pas faire référence à des mouvements qui sont, eux, des modèles de succès et non d’échec. Les nationalistes révolutionnaires se lamentent depuis des années sur le
peu de résonance de leur propagande en milieu ouvrier, et ils n’étudient pas les modalités d’action de mouvements comme le Justicialisme en Argentine ou les Croix fléchées en Hongrie, qui sont
arrivés à rallier une grande partie du prolétariat, tant urbain que rural !
Nous devons comprendre que les problèmes auxquels nous sommes confrontés sont, certes, originaux, mais que des leçons très précises peuvent être tirées de l’histoire du
mouvement nationaliste révolutionnaire dans le monde.
Nous entrons dans une nouvelle période de notre histoire politique ; aussi devons-nous entreprendre une révision radicale de nos thèmes, mais il nous faut éviter les erreurs
qui furent commises dans des périodes similaires. En ne nous référant qu’à un passé très récent, la tentative de Venner, par Europe action, après la perte de l’Algérie, tentative originale de
remise en cause du vieux fatras idéologique de l’extrême droite, a complètement échoué du fait de son enferrement dans une sous-philosophie dérivée d’un « matérialisme biologique », qui ne
fut jamais clairement défini. La deuxième expérience, celle d’Ordre nouveau, après la tourmente de Mai 1968, a voulu faire l’impasse totale sur les problèmes idéologiques, en privilégiant
l’action immédiate. Mais l’idéologie a la vie dure et les tensions que soulevait sa mise en sommeil ont finalement entraîné l’éclatement d’Ordre nouveau, avant même l’interdiction de ce
mouvement.
(fin de la première partie).
[Voici un article tiré du numéro 109 de Défense de l'Occident, daté de février 1973 et donc paru il y
a plus de 35 ans. Il n'a, dans ses développements comme dans sa conclusion, rien perdu de sa pertinence, ni de son actualité.]
L’hypothèse de la « croissance zéro »
Depuis quelques temps déjà, existe un
courant d’inquiétude quant à la finalité de la croissance sans précédent qui est devenue la caractéristique des économies occidentales. Ce courant, cependant, prenait davantage l’aspect d’une
critique philosophique ou éthique que celui d’un mouvement scientifique. Certains travaux de « futurologues », comme Bertrand de Jouvenel, avaient un aspect trop partiel ou trop peu spectaculaire
pour provoquer l’inquiétude du grand public. Les travaux effectués par la fameux club de Rome ont pris une toute autre dimension, en raison à la fois de la personnalité des chercheurs et de
l’optique globale dans laquelle ils avaient abordé le problème. Il ne se passe désormais plus guère de mois sans que quelque publication ou quelque nouvelle autorité scientifique ne vienne
confirmer la tragique plausibilité de l’hypothèse d’un arrêt de la croissance économique ou de la disparition de notre espèce.
Excès de
population, épuisement proche des sources, d’énergie, comme des ressources alimentaires, augmentation des pollutions au-delà du seuil de tolérance humain, accentuation des disparités économiques,
sans parler des troubles psychiques et sociaux (criminalité, alcoolisme dépressions, etc. ...) dus aux conditions de vie dans les grandes concentrations urbaines et industrielles vont
atteindre le stade où, nous dit-on, la production quantitative croissante de biens matériels mettra en péril notre survie même.
Or, le contraste est grand entre la
terrifiante gravité de cette éventualité et les réactions suscitées : Quelques controverses scientifiques, l’apparition de plusieurs mouvements et journaux plus ou moins sérieux, plus ou moins
manipulés par des éléments marxistes, la création d’un ministère de l’environnement au budget grotesque, une mode déjà déclinante qui a rempli les colonnes des journaux et les colloques organisés
par Giscard d’Estaing, la passivité du public qui compte sur la science et le gouvernement pour résoudre ces problèmes comme sur des divinités omnipotentes. Certes, on n’a pas toujours tort de
dénoncer la collusion entre les milieux industriels pollueurs et ceux de la presse et de la politique. Il n’en reste pas moins que la faiblesse de ces réactions traduit davantage une inadaptation
idéologique : l’incapacité des structures mentales capitalistes et marxistes à envisager l’éventualité d’un arrêt de la croissance économique.
Echec du mythe libéral
Face à cette possibilité la pensée libérale
hésite entre trois attitudes le rejet, l’utopisme et la récupération. Le compte-rendu des rencontres organisées par, le ministère de l’économie en juin dernier nous offre un assez bel
échantillonnage.
Certains technocrates, mystiques du
développement économique à outrance, refusent cette problématique affirmant qu’il suffira de d’établir un contrôle des naissances efficaces. Une telle affirmation fait preuve pour le moins
d’optimisme, dans la mesure où les politiques malthusiennes menées dans les pays sous-développés ont échoué jusqu’à présent. D’autre part c’est ignorer que dans un pays comme la France (dont le
taux de fécondité est proche de celui de la stabilisation démographique, malgré une politique nataliste), chaque individu est 16 fois plus polluant qu’un habitant du
tiers-monde.
D’autres se réfugient dans une mentalité
utopisante l’appel au mythe du progrès scientifique omnipotent, sous-jacent à l’idéologie démocratique, est évident : « on » trouvera de nouvelles sources d’énergie, « on » parviendra à
éliminer les déchets, etc. … Au contraire, nous disent- ils, l’industrie antipollution sera source de nouveaux profits et quiconque ne pense pas que le bonheur humain est conditionne par
la production d’un plus grand nombre de machines à laver et par leur répartition plus égale est un obscurantiste ennemi de la conscience universelle.
Plus cohérente est l’attitude de certains
libéraux, comme l’américain John Diebold, pour qui les mécanismes du marché restent aptes à intégrer ces données nouvelles. Il suffit de rétablir dans sa pureté le système libéral, en faisant
payer à l’entrepreneur tous les coûts occasionnés par la production, y compris les coûts écologiques (destruction du milieu naturel épuisement de ressources rares). On voit cependant assez mal le
système libéral s’imposer cette auto-discipline. Dans l’Etat démocratique, le pouvoir, trop dépendant des consultations électorales pour mener l’action à long terme, trop lié aux intérêts
particuliers pour imposer des mesures restrictives nécessairement impopulaires semble mal adapté à ce combat pour la survie.
Le régime des démocraties occidentales est
peut-être le plus apte à réaliser l’optimum économique des profits maximum pour un maximum d’individus; mais il est sans doute inconciliable avec l’optimum social voire avec la perpétuation du
corps social. Comment concilier cette affirmation avec celle selon laquelle, en cherchant à réaliser son intérêt égoïste, l’« homo economicus » réalisera en même temps celui de la collectivité
(le même individu étant censé ne plus penser qu’à l’intérêt général dès qu’il a un bulletin de vote entre les mains). Il sera de plus en plus difficile de nous faire croire que le bonheur se
mesure à la pente des courbes de Produit National Brut.
Or, privé de toute justification métaphysique, le système démocratique n’a pu fonder sa légitimité sans un mythe : celui de l’augmentation sans fin des
satisfactions matérielles. Ces dernières années la faiblesse de ce mythe, incapable d’entraîner le consensus d’une grande part de la jeunesse, est devenue évidente : nous n’en voulons pour preuve
que la mollesse des réactions occidentales face à la subversion idéologique. C’est dès à présent son écroulement qui doit être envisagé, avec pour conséquence celui d’un ordre incapable de
survivre faute d’un minimum d’images et croyances communes.
Marxisme et croissance
Du côté marxiste l’incapacité à assimiler
les données nouvelles de l’écologie est quasi totale. Certes il ne manque pas de groupes dits « gauchistes » (surtout aux Etats-Unis) pour vouloir faire déboucher la critique écologique sur celle
du capitalisme et, il y a peu de temps, Roger Garaudy soutenait une thèse ingénieuse : le temps serait venu où la propriété privée des grandes industries serait inconciliable avec leur caractère
dangereux. Mais il s’agit là de cas numériquement peu importants concernant des marginaux d’une orthodoxie douteuse. Pour les marxistes sérieux la « mode écologique » est « une drogue sociale, un
nouvel opium du peuple » un hochet avec lequel la bourgeoisie essaie d’empêcher la prise de conscience du prolétariat et le détourne de la lutte des classes. (Urbaniser la lutte des
classes, Paris, Utopie, 1970, p. 52).
En effet
l’idée d’un arrêt de la croissance est inconciliable avec le mythe de l’Histoire aboutissant à une société d’abondance, de bonheur, sans aliénation, etc. ... Si, pour Marx, il appartient
au prolétariat, accomplissant sa mission messianique, d’établir cet Age d’Or, la lutte des classes n’est pas l’explication ultime de cette dynamique. En dernière analyse ce sont les forces
productrices qui, se développant et entrant en contradiction avec les modes de production (division du travail et type propriété) sont à la base de toutes les autres contradictions, c’est-à-dire
de toute l’histoire. Dans L’Idéologie allemande Marx déclare (Editions sociales, p. 52) : « Le développement des forces productrices… est une condition pratique préalable, absolument
indispensable, car sans lui c’est la pénurie qui devient générale, et avec le besoin c’est la lutte pour le nécessaire qui recommencerait et l’on retomberait fatalement dans la même vieille
gadoue ». Traduction française : pas de société communiste si les forces productrices ne peuvent atteindre un développement suffisant, pas de paradis sur terre si la croissance s’arrête.
Sans aller jusqu’à cette hypothèse la seule
affirmation de la rareté de certains biens naturels met en pièces la théorie économique marxiste. En effet, si dans la valeur d’un produit il faut tenir compte de la rareté de certains biens qui
y sont incorporés (minerais, énergie) la théorie de la valeur travail, clef de voûte du socialisme « scientifique » perd toute crédibilité, la valeur d’un objet n’étant plus uniquement fonction
du temps nécessaire à sa production.
Si les thèses
des écologues s’avèrent exactes, toute prétention du marxisme à être une science s’écroule pour révéler sa nature véritable de vieux mythe millénariste rhabillé avec les défroques prudhommesques
du XIXe siècle.
Repenser nos taches politiques?
L’examen des réactions du capitalisme et du
marxisme à l’hypothèse de la croissance zéro nous conduit donc à dénoncer à la fois leur sclérose idéologique et les valeurs qui leur sont communes : matérialisme, historicisme, croyance à la
science et au progrès, optimisme, hédonisme, etc. ... Ce n’est pas une bien grande découverte pour ceux qui comme Drieu la Rochelle pensent que : « Ce n’est pas étonnant que de
Petrograd à Shanghai on parle Marx et on pense Ford. Un amour profond pour les buts du capitalisme est inclus dans la furieuse critique de Marx » (Socialisme fasciste, p 110). Or,
il se trouve encore un certain nombre d’esprits à qui ces buts font horreur, au nom d’une conception plus exigeante, plus militante et peut-être plus esthétique de la vie, parce que, selon le
conseil de Julius Evola, ils refusent la démonie de l’économie et veulent lui rendre sa vraie place : celle de moyen du politique. Seuls de tels esprits, libres des dogmes du temps, pourront
s’adapter à des données politiques fondamentalement nouvelles. Il faudra beaucoup de lucidité pour critiquer de nouvelles possibilités qui apparaissent dès à présent : Conflit entre le
tiers-monde et les pays développés en raison de l’accroissement du fossé économique ? Evolution du conflit vers des formes raciales ? Resserrement de la solidarité occidentale ? Evolution de
l’Etat gestionnaire chargé d’assurer la prospérité des citoyens vers un pouvoir de salut public ? Apparition d’une autorité internationale à l’échelle du combat pour la survie ? Formation d’une
caste technocratique d’écologistes prenant une large influence politique ? etc. …
Dans la mesure où la critique de ces éventualités, de la plus plausible à la plus fantaisiste, doit déboucher sur
des contre-projets concrets, la tentation de l’utopie sera dangereuse. On assiste dès à présent à des réactions de fuite, à la création de pseudo abbayes de Thélème : par exemple le village
communautaire de Pierre Fournier en Savoie. Celui-ci, il est vrai disait dans une lettre à Nouvelle Ecole :
« Il s’agissait de recréer un clan et non de faire une communauté au sens gauchiste du terme. Si vous voulez, je considère le projet comme révolutionnaire, mais pas de gauche... Je suis, profondément, avec mon obsession de l’enracinement, de la fidélité, de la pérennité, un type de droite. J’ai vraiment très honte ».
Venant d’un journaliste de Charlie Hebdo une telle déclaration devrait faire réfléchir ceux qui ne voient dans le mouvement écologique qu’un avatar de la contre-culture américaine ou la
nostalgie gauchisto-hippie du bon sauvage. Quand bien même l’hypothèse envisagée plus haut ne se réaliserait pas, l’attitude de scepticisme devant les bienfaits de la croissance semble devoir à
la fois se généraliser et prendre un visage plus précis (qui sera peut-être celui d’une contestation scientifique). Il importe de comprendre combien ces aspirations souvent confusément, parfois
lucidement comme chez Fournier, sont celle d’une école de pensée qui se veut vouée à la défense de l’Occident. Pour le marxisme et le libéralisme l’être humain est réductible à un concept, celui
d’individu à un bulletin de vote, à sa force productive, à son rôle de contractant économique, bref à une abstraction. A cette conception de l’esprit s’oppose celle de la personne membre d’une
civilisation, d’une culture, d’une ethnie, d’une nation et tout naturellement de la nature. L’idée que notre liberté ne peut s’affirmer et notre être s’enrichir que de relations harmonieuses avec
ces entités, cette revendication d’un enracinement qui soit aussi une identité, la volonté d’un accord avec un passé et un monde en qui nous découvrons notre propre visage, telles sont les
caractéristiques d’une « droite » qui n’est ni celle des coffres-forts ni celle de l’ordre dans la rue. Pour lui ressembler il ne manque même pas au mouvement anti-pollution un aspect nostalgie
de la vie rurale (pour ne pas dire retour à la terre) ni la haine du monde industriel considéré comme anonyme et antinaturel.
Défendre l’Occident ne doit pas signifier
subir les coups de l’adversaire et regarder mélancoliquement diminuer la peau de chagrin de ce qui peut encore être sauvé. Ceux qui sauront comprendre que le temps des nostalgies est révolu et
que le mouvement écologique, s’il est dirigé, peut devenir une force politique de premier plan, y trouveront une arme exceptionnelle dans leur combat contre l’ordre ancien.
Le fascisme, il y a bien longtemps que nous avons pensé que c'était une poésie, et la poésie même du
XXème siècle (avec le communisme sans doute). Les petits enfants qui seront des garçons de vingt ans, plus tard, apprendront avec un sombre émerveillement l'existence de cette exaltation de
millions d'hommes, les camps de jeunesse, les gloires du passé, les défilés, les cathédrales de lumière, les héros frappés au combat, l'amitié entre les jeunesses de toutes les nations
réconciliées, José-Antonio, le fascisme immense et rouge. Je ne pourrai jamais oublier le rayonnement merveilleux du fascisme universel de ma jeunesse.



«Théodore
Hersart de La Villemarqué a recueilli ce chant auprès de Chateaubriand», rapporte Thierry Decruzy, dans
Les Chants de tradition. Ce chant raconte l'histoire de cette bataille décisive des guerres d'Italie au XVIe siècle. Après
ses défaites en Provence, l'empereur Charles Quint est repoussé. Face à lui, François Ier espère tirer avantage de ce recul est pénètre en Italie. Les Français prennent Milan puis s'attaquent à
Pavie qu'ils assiègent.
Dans la nuit du 23 au 24 février, les troupes impériales s'infiltrent dans le dispositif français ; à leur tête Charles de Bourbon, qui s'est mis au service
de Charles Quint après sa disgrâce, lui qui s'était illustré à Marignan. Les
renforts arrivés en janvier étaient eux commandés par Charles de Lannoy, un autre français. Mal conseillé, le roi
refuse la retraite ; les Français sont défaits et le est prisonnier. Le lendemain, François Ier
écrit à sa mère :
« Madame, pour vous faire savoir comment se porte le reste de mon infortune, de toutes choses ne m'est demeuré que l'honneur et la vie qui est sauve. »
La
postérité retiendra : « Tout est perdu, fors l'honneur ». François Ier est envoyé
en Espagne où il restera prisonnier un an.


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