Mercredi 25 avril 2007
Le 25 avril 1945, l'armée rouge de Staline entre en Tchécoslovaquie et occupe Brunn (Brno). En attendant leur expulsion, les communistes adoptent de nombreux décrets punis de mort : interdiction aux Allemands d'utiliser des transports publics, de circuler sur les trottoirs, d'écrire des lettres.
Ils ont également interdiction d'utiliser les magasins "normaux".
L'armée de "libération" les oblige à porter un brassard blanc.
Interdiction absolue de sortir après la tombée du jour.

Au total, selon les sources alliées, 16 millions et demi d'Allemands ont été déportés. Selon les mêmes sources, entre 1 et 3 millions d'Allemands ont été assassinés durant ces déportations.
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Mardi 24 avril 2007
Le 24 avril 1916, l'insurrection éclate en Irlande, révoltée contre l'oppression anglaise.

Les nationalistes irlandais se préparent depuis des années ; la Première Guerre mondiale leur fournit l'opportunité qu'ils attendent. Durant ses années, les membres de l'IRB (Irish Republican Brotherhood - Fraternité républicaine irlandaise) ont méthodiquement infiltré les Volontaires irlandais (Irish Volunteers), plus modérés, dont le chef tente de monnayer la participation irlandaise à la guerre aux côtés des Britanniques.

Au début de l'année 1916, le conseil suprême de l’IRB se décide pour un coup d'Etat. La situation politique est bloquée : l'Angleterre, qui avait promis de nouvelles lois, a profité de la guerre pour stopper tout processus. Les très catholiques irlandais choisissent la date de Pâques. Elle doit coïncider avec l'arrivage d'armes venues d'Allemagne.


Les chefs de l'IRB, Patrick Pearse (photo à droite), Michael Collins, James Connolly, Tom Clarke, Sean MacDiarmada, Eamon de Valera et Joseph Plunkett, sont divisés. Patrick Pearse s'impose : malgré l'arraisonnement par les Anglais du navire qui transporte les armes, il maintient l'insurrection.

Elle est déclenchée le lundi de Pâques 24 avril 1916. 120 membres de l’Irish Citizen Army (ICA) et 700 de l’Irish Volunteers Force défilent à Dublin. Le plan d'insurrection prévoit l'occupation des principaux bâtiments de la ville : la Poste centrale, Palais de Justice, la gare... Le plan fonctionne correctement et les insurgés s'organisent ; mais la population de Dublin reste neutre et parfois hostile. Hors de Dublin, l'insurrection remporte peu d'échos ; les Anglais restent maîtres des communications téléphoniques.


Ce premier jour de révolte, Patrick Pearse proclame la naissance de la République irlandaise.

Les nationalistes tiennent la rue et repoussent les attaques de l’armée britannique ; ils parviennent à neutraliser les pillards qui profitent de l'occasion. Grâce au téléphone, les renforts britanniques font rapidement mouvement vers Dublin ; les nationalistes sont rapidement submergés. Ils résistent jusqu'au 29 avril, date à laquelle le président du gouvernement provisoire,
Patrick Pearse, décide l'arrêt des combats. Moins d'une centaine de nationalistes sont morts, mais on déplore le décès de plus de 300 civils. Les blessés se comptent par milliers.

C'est un terrible échec pour les nationalistes. Il sera aggravé par la répression aveugle et sanglante de l'Angleterre. Après des procès expéditifs, les 15 principaux dirigeants sont exécutés.
Patrick Pearse est fusillé le 3 mai 1916.
James Connolly, grièvement blessé au cours de l'insurrection, est porté amené sur une chaise devant le peloton d'exécution, le 12 mai 1916. Des centaines de nationalistes sont déportés en Angleterre ou au Pays de Galles. Parmi eux figurent Michael Collins...


 
Statue rendant hommage à Michael Collins
assassiné en 1922





De cet échec, naîtra cinq ans plus tard l'Etat irlandais, grâce à la tenacité des nationalistes et grâce à la solidarité qui naît dans l'opinion internationale en retour à la répression.



La proclamation lue par Patrick Pearse à Dublin, le 24 avril 1916




PROCLAMATION DE LA REPUBLIQUE

POBLACHT NA hElREANN

Le Gouvernement Provisoire de la République Irlandaise au peuple d'Irlande

IRLANDAIS ET IRLANDAISES:

Au nom de Dieu et des générations disparues dont elle reçoit son antique tradition de nationalité, l'Irlande, par nos voix, appelle ses enfants autour de son drapeau pour conquérir sa liberté.

Ayant organisé et entraîné ses hommes au moyen de son organisation révolutionnaire secrète, l'lrish Republican Brotherhood, et de ses organisations militaires publiques, les Irish Volunteers et la Irish Citizen Army ayant patiemment perfectionné sa discipline, ayant résolument attendu le moment propice pour se manifester, elle saisit maintenant ce moment, et, aidée par ses enfants exilés en Amérique et par ses braves alliés d'Europe, mais comptant d'abord sur sa propre force, elle marche pleine de confiance dans la victoire.

Nous déclarons souverain et imprescriptible le droit du peuple d'Irlande à la propriété de l'Irlande, et à la libre direction des destinées irlandaises. La longue usurpation de ce droit par un peuple et un gouvernement étrangers n'a pas détruit ce droit qui ne peut jamais être détruit que par la destruction même du peuple irlandais. Toutes les générations du peuple irlandais ont affirmé leur droit à la liberté et à la souveraineté nationales: six fois au cours des 300 dernières années, elles l'ont affirmé par les armes. Se basant sur ce droit fondamental et l'affirmant encore par les armes à la face du monde, nous proclamons ici la République Irlandaise Etat indépendant et souverain, et nous vouons nos vies et celles de nos compagnons d'armes à la cause de sa liberté, de sa prospérité, et de son élévation parmi les nations.

La République irlandaise a droit à l'obéissance-qu'elle réclame par la présente proclamation-de tout Irlandais et Irlandaise. La République garantit la liberté civile et religieuse, des droits égaux et un traitement égal à tous ses citoyens et affirme sa volonté de travailler au bonheur et à la prospérité de la nation entière et de toutes ses parties, ayant un égal soin de tous les enfants de la nation, et oubliant les différences soigneusement entretenues par un gouvernement étranger qui ont dans le passé séparé une minorité de la majorité.

Jusqu'à ce que nous ayons par nos armes atteint le moment opportun pour l'établissement d'un Gouvernement National permanent représentatif de la totalité du peuple d'Irlande et élu par les suffrages de tous les hommes et de toutes les femmes, le Gouvernement Provisoire, ici constitué, administrera les affaires civiles et militaires de la République comme un dépôt confié par le peuple.

Nous mettons la cause de la République Irlandaise sous la protection du Très-Haut, dont nous appelons la bénédiction sur nos armes et nous prions pour que nul serviteur de cette cause ne la déshonore par lâcheté, inhumanité ou rapine. A cette heure suprême la nation irlandaise doit, par sa valeur et sa discipline, et par l'empressement de ses enfants à se sacrifier pour le bien commun, se montrer digne de l'auguste destinée à laquelle elle est appelée.

Signé au nom du Gouvernement Provisoire,
Thomas J. CLARKE,
Sean MACDIARMADA, Thomas MAGDONAGH,
P.H. PEARSE, Eamonn CEANNT,
James CONNOLLY, Joseph PLUNKETT.



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Jeudi 19 avril 2007
La "libération" du territoire français se poursuit, en ce mois d'avril 1944.

Les anglo-américains bombardent la ville de Rouen. Les bombardiers larguent 6000 bombes. Des quartiers entiers de Rouen et de son agglomération sont rasés ; on relève 1 200 morts et des milliers de blessés. Les sans-abris sont innombrables.
Sur Paris, le même jour, 740 Français meurent sous les bombes alliées, qui récidiveront le 21, sur la banlieue nord de Paris. Les autorités dénombreront 641 morts et 377 blessés.





Rouen, après le bombardement...
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Mercredi 18 avril 2007
Ce 18 avril 1917, le journal L’Intransigeant publie un article qui fait grand bruit. Un journaliste y affirme que les Allemands transforment les cadavres des soldats français – après les avoir bouillis dans des autoclaves – en stéarine, huile et savon.

Ce bobard de guerre sera démasqué à la fin de celle-ci. C’est la mauvaise traduction du mot "kadaver" qui en était à l’origine : des autoclaves fonctionnaient en effet pour l’équarrissage des bêtes de bétail.
Mais c'est surtout le contexte général qui permit à ce bobard d'être cru par une grande partie de la population.

Mais une autre guerre se préparait déjà, aux implications politiques sans commune mesure. Et les bobards de celle-ci, 65 ans après, continuent à faire des victimes, bien que démasqués depuis bien des années maintenant...
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Lundi 16 avril 2007
Il y a 25 ans s'étégnait Pierre Clémenti.

Né le 28 mai 1910, il commença à travailler comme ouvrier métallurgiste avant de devenir journaliste sportif dans un journal radical socialiste, La République.
C’est vers un autre radicalisme qu’il s’orienta : après le 6 février 1934, alors que les gouvernants éclaboussés par le scandale Stavisky font tirer la troupe sur les Anciens combattants, il se décide à fonder son propre mouvement. Ce sera le Parti français national-communiste (PFNC) auquel il rattache le journal Le Pays libre, où signent notamment Robert Vallery-Radot et Guillain de Bénouville, futur héros de la résistance. L'organe se fait l'écho des campagnes antisémites du parti. En retour, le gouvernement Blum ne l’épargne pas : Pierre Clémenti passera trois mois en prison pour avoir dénoncé certaines forces occultes…

Son mouvement regroupe plusieurs centaines de militants, mais la création du Parti populaire français de Jacques Doriot en 1936 le prive d’une grande partie de son audience possible : les ouvriers séduits par le communisme mais foncièrement patriotes se rangent plus volontiers derrière le grand Jacques.

Après la guerre déclenchée – et perdue – par le Front populaire,
il se rapproche des Gardes-Françaises et du Jeune Front, que dirige Robert Hersant. Il essaye de relancer son mouvement - qu'il doit  renommer Parti français national-collectiviste - mais de nouveaux ennuis arrivent avec les Allemands. Les militants du PFNC se font trop remarquer au goût des Allemands. Pierre Clémenti et son adjoint Eric Labat sont incarcérés en décembre 1940. On retrouve les deux hommes lors du grand meeting de fondation de la Légion des volontaires français (LVF). Il est, aux côtés de Deloncle, Déat et Doriot, membre du Comité central. Clémenti y prend la parole, le 18 juillet 1941, au Vel’ d’Hiv :

« la seule façon de prouver sa vérité, c'est de risquer sa peau. »

« Ce n'est pas la France qui a été battue, mais la bande de salauds, de juifs et de capitalistes. »


Comme Jacques Doriot, il combat sur le Front de l’Est, de 1942 à 1943 (compagnie d’état-major du 1er bataillon ou 2e section de la 1re compagnie à Denisowitschi) avec le grade d'aspirant.
Mais à son retour en France, le PFNC est moribond ; Pierre Clémenti doit bientôt fuir devant l’invasion des troupes alliées. Il tente de poursuivre son combat en Allemagne, sans résultat.


Réfugié à l’étranger, il reprendra la lutte politique après la guerre : Pierre Clémenti figure parmi les fondateurs du mouvement nationaliste Ordre nouveau.
Il est décédé le 16 avril 1982.



Un insigne du PFNC




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Vendredi 13 avril 2007
Le 13 avril 1943, la radio allemande annonce la découverte, la veille, d’un charnier près de la ville polonaise de Smolensk. Plusieurs centaines de cadavres sont déjà exhumés.

Dans la forêt de Katyn, environ 15 000 corps seront finalement retrouvés. Chacun de ces officiers polonais a eu les mains attachées, avant de recevoir une balle dans la nuque et d'être jeté dans une fosse commune.

Contre l’évidence, les vainqueurs laisseront croire que ce crime contre l’humanité est l’œuvre de l’Allemagne nationale-socialiste.

Personne – sinon des Allemands ! – ne sera jamais inculpé pour ces crimes.

Ni procès, ni condamnation, ni excuses, ni réparation.

Le journaliste et écrivain Robert Brasillach s'était rendu sur place constater l'horreur des crimes communistes. C'est lui qui rappelait :

"L'histoire est écrite par les vainqueurs"








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Mardi 10 avril 2007
[Le second article du livre Pour le Tombeau d'un capitaine de Raoul Girardet]






                    IL est une litanie qu’il faut bien écrire, puisque personne, ces semaines dernières, ne l’a prononcée et que personne sans doute ne la prononcera jamais.
C’est celle des villages dits de « colonisation » dont les noms jalonnent les routes algériennes : Surcouf, Marengo, Michelet, Joinville, Montebello, Marceau, Renan, Rivoli, Tourville, Gravelotte, Auguste-Comte, Kellermann, Ampère, Pasteur, La Fontaine, Voltaire, Lavigerie, Descartes, La Moricière, Bougainville, Pascal, Richelieu, Strasbourg, Duquesne, Arago, Condorcet, Bayard, Les Tuileries, Villars, Gambetta, Laverdure, Clairfontaine, Montesquieu, Montcalm, Berthelot, Pélissier… Tant d’autres encore, vieux noms de victoire et vieux noms de « grands hommes » que, depuis Ferry et Paul Bert, tant de générations d’instituteurs se sont appliqués à faire connaître à tant de générations de Français. Et les enfants de nos enfants se demanderont un jour pourquoi, en ces années incertaines, un général appelé Katz semble avoir tellement tenu à ce qu’un village appelé Kellermann disparaisse de l’histoire ? Pourquoi l’Université française s’est dans son ensemble, si ardemment employée à ce que les noms de Michelet et de Voltaire, d’Edgar Quinet et de Descartes, soient rayés de la liste des communes de France ? Pourquoi, enfin, à un certain moment de notre histoire, un chef d’Etat nommé De Gaulle a estimé juste et souhaitable que le faubourg nommé Air de France (département d’Alger) soit à jamais rejeté hors de la communauté nationale ?…


          Il est, d’autre part, un mémorial qu’il faudra bien se décider à dresser. Il comprendra les noms de tous ceux, nés sur la terre algérienne de parents arabes et de parents kabyles, et qui sont morts hier ou qui meurent aujourd’hui pour s’être crus, conformément à nos lois et conformément à nos serments, membres d’une certaine communauté qui est précisément la nôtre. Morts en somme pour avoir cru au libellé de leur carte d’identité… Ceux qui, dans l’indifférence générale, furent étranglés au fond d’une cave de l’une de nos banlieues métropolitaines. Ceux qui furent égorgés au bord d’une route. Ceux qui, après une longue marche, tombèrent porteurs de nos armes et vêtus de notre uniforme. Ceux dont les corps suppliciés se trouvent actuellement exposés sur les places de leurs villages. Foule immense livrée par des mains qu’on lui avait dites fraternelles, abandonnée devant un seuil que nous l’avions invitée à franchir, vouée à l’holocauste sur le pas d’une porte que nous avons refermée devant elle… Nous ne séparerons pas son souvenir de celui de ces villes et de ces bourgades aux vieilles consonances familières, aujourd’hui condamnées à la détresse et à la ruine. L’un et l’autre appartiennent, en effet, à un même martyrologe – le martyrologe de la citoyenneté française. C’est une image nouvelle de notre patrie qui vient de s’inscrire dans l’histoire : l’image d’une cité close, férocement repliée sur elle-même, où la volonté systématique de rejeter et d’exclure semble devoir à jamais se substituer à l’antique effort pour fédérer, accueillir et inclure, inséparable de dix siècles d’existence nationale.




                    CES mots ne sont pas seulement de pitié et de honte. Ce qu’ils essaient de formuler n’est en effet rien d’autre que la question essentielle, placée depuis huit ans, par ceux qui ont choisi de se battre sous un certain drapeau, au centre même de leur engagement. Question simple après tout, et qu’il ne semble pas trop difficile de définir en une seule phrase : Un Etat, un pouvoir, un gouvernement, ont-ils le droit d’exclure volontairement de la collectivité nationale des citoyens membres de cette collectivité et qui entendent le rester ? Ce qui peut également se traduire ainsi : la citoyenneté française peut-elle être considérée comme révocable au gré des caprices du moment et contre le libre choix de ceux que l’on dépouille ?

          A ces questions, il est tragiquement grave pour le présent – et sans doute plus grave encore pour l’avenir – que l’actuel pouvoir n’ait songé à répondre que par l’usage de la matraque et de la muselière. En fait, au printemps de l’année 1962, pour des centaines de milliers d’hommes, un choix a été tracé sans équivoque : ou la perte de la nationalité dans laquelle ils sont nés ou la résignation à la condition de personne déplacée. Pour ceux qui se sont obstinés à refuser ce choix, pour ceux qui ont prétendu rester fidèles à la terre de leur enfance, fidèles aux maisons de leurs pères et fidèles en même temps à leur titre de citoyenneté, il n’a pas été lésiné sur les moyens de briser leur volonté.

          Ainsi des baïonnettes françaises ont-elles été utilisées pour imposer une domination étrangère à des citoyens français vivant sur une terre constitutionnellement française. Ainsi la force française a-t-elle employée à écraser une résistance française. Pour avoir voulu rester membres de la communauté nationale, des hommes sont devenus des réprouvés à l’intérieur de cette même communauté. Hier insurgés dont nul geste de pitié n’a tenté d’atténuer le désespoir ; aujourd’hui vagabonds encombrants et suspects devant qui l’on dissimule mal l’envie que l’on a de les voir aller mourir ailleurs… Du moins commencent-ils à comprendre que la très haute notion de l’ordre public qui règne désormais dans l’hexagone métropolitain ne saurait en aucun cas être mise en cause par la survivance intempestive de quelques principes accessoires de solidarité collective.




                    JE le sais bien. Ce n’a pas été la première fois, dans une histoire pleine de déchirements, toute remplie de gestes de meurtre et de cris de haine, que des Français, dans les ruines d’une ville, ont lutté les armes à la main contre d’autres Français. Ce n’a pas été la première fois qu’un pouvoir a entrepris de réduire par la force une population rebelle, une cité insoumise, une province révoltée. Il faut supplier cependant ceux qui ne semblent pas l’avoir aperçu de prendre garde à la monstrueuse singularité du spectacle qui vient de nous être offert. Lorsque Henri IV investissait Paris, ce n’était pas pour remettre la ville entre les mains des Espagnols. Lorsque Hoche recevait mission de pacifier la Vendée, ce n’était pas pour la livrer à Pitt et à Cobourg. Il n’a jamais été très fréquent de voir un Etat s’acharner à imposer la sécession à ceux qui la refusent. Il n’a jamais été très usuel de voir un gouvernement verser, pour défaire et pour exclure, beaucoup plus de sang qu’il n’en aurait jamais fallu pour conserver et pour unir.

          S’il en est temps encore, il faut supplier, d’autre part, ceux que n’a cessé de hanter le seul espoir d’une tranquillité retrouvée, de songer aux extravagantes conséquences du principe qu’ils ont permis d’introduire dans le droit public national : principe qui n’est rien d’autre que celui de la ségrégation à perpétuité. La décision d’exclusion que l’on a fini par imposer au peuple français d’Algérie risque, en effet, de se trouver demain applicable à n’importe quelle autre catégorie de citoyens. Département à la rentabilité jugée insuffisante, couleur de peau estimée non conforme à la norme, accent provincial déclaré excessif et déplaisant, fidélité religieuse ou politique considérée comme non orthodoxe : on voit mal désormais quel critère de rejet pourrait ne pas être invoqué. Si l’on admet la légitimité de l’acte qui a conduit à expulser de la collectivité nationale, et contre leur volonté, des centaines de milliers de nos frères, – frères par la loi et frères par leur libre choix – comment ne pas comprendre que c’est le contrat explicite sur lequel repose toute société politique qui se trouve définitivement rompu ?

          Comment ne pas voir qu’aucune cité ne peut survivre là où le citoyen peut à chaque instant se trouver rejeté hors de la loi garante de sa vie et de ses biens ? Qui osera affirmer que l’exclusive qui vient d’être proclamée à l’égard d’une certaine espère de Français ne porte en son principe d’autres schismes, d’autres exclusives, d’autres déchirures ?

          J’avais huit ans peut-être, ou neuf ans, lorsque à l’école communale de la rue Levert (Paris-XXe), j’ai entendu commenter l’un des grands tableaux « en couleur » qui décoraient la salle de classe et qui étaient destinés à illustrer les grandes dates de notre histoire. Il représentait, ce tableau, une foule misérable d’hommes, de femmes et d’enfants errant dans la neige. C’étaient, nous expliqua l’instituteur, les protestants chassés de France après la révocation de l’Edit de Nantes. Ils devaient, nous dit-il, quitter leurs maisons, leurs champs et leurs métiers, parce que le roi avait décidé qu’ils n’étaient pas « des Français comme les autres ». Ce fut, nous dit-il encore, un très grand crime et dont la France eut longtemps à souffrir… « Si l’on regarde la chose de près, ai-je lu beaucoup plus tard dans Vauban, on trouvera qu’au lieu d’augmenter le nombre des fidèles dans ce royaume, “la Révocation” n’a produit que des relaps, des impies, des sacrilèges et des profanateurs de ce que nous avons de plus sain ».

          A ceux qui s’interrogent sur le destin des valeurs de la démocratie pluraliste dans la France de demain, il est permis de demander de méditer ces lignes. A ceux que semble avoir scandalisé l’acharnement mis par quelques-uns de leurs compatriotes à poursuivre un certain combat, il est permis de rappeler l’histoire des hommes de leur pays telle que, pendant plus d’un demi-siècle, l’enseignèrent aux enfants de ce même pays les maîtres que la République avait cru bon de leur donner.





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Samedi 7 avril 2007
[Le premier article du petit livre de Raoul Girardet, Pour le Tombeau d'un capitaine.]




Les drapeaux de la défaite


                        DOUX, et tiède, est le sable des plages sous les corps allongés. Dans le ciel de Paris les drapeaux ont flotté haut à la brise de juillet. Sur les routes des vacances se sont déroulées d’étonnantes performances. Excellent indice, selon les spécialistes, de bonne santé nationale : jamais tant de Français n’y ont trouvé, en si peu de temps, la mort, - la seule mort violente d’ailleurs dont ils paraissent disposés à accepter l’éventualité. A la rentrée prochaine le dôme des Invalides recevra les enseignes de quelques dizaines de régiments dissous : M. le ministre des Armées profitera de l’occasion pour parler d’Austerlitz et décorer quelques généraux. C’est d’un geste superbe que le chef de l’Etat vient d’arracher dix millions d’hommes à la communauté nationale, dix millions d’hommes et par trop encombrants et par trop misérables. Les prêtres, comme il convient, n’ont pas manqué de célébrer par des Te Deum appropriés, l’aube d’une ère nouvelle…
            Et certes c’est un spectrale assez étrange que ce lui d’un très vieux peuple qui, pour effacer une défaite, prétend ne pas la voir : ainsi la respectabilité bourgeoise commande-t-elle de dissimuler les faillites frauduleuses. Les hommes de mon âge n’auront pas eu cependant à être dupes. Ce visage de la France du « dégagement » algérien, il y a vingt-deux ans que nous l’avons découvert : c’est le visage inchangé, semblable sous le même ciel d’été, d’une nation qui renonce, d’un peuple qui se dérobe. Nous savons ce que signifie le mot « exode » : ces foules perdues, ces bagages informes, ces visages défaits, notre mémoire sait les retrouver sans effort. Nous savons ce qu’est une armée qui fuit : ces camions trop bruyants sur les chemins de la retraite, ce vaste déménagement militaire qui, des semaines durant, vient d’encombrer les routes algériennes, ces images sont familières à notre souvenir. Cette impatience d’en finir, cette précipitation à se débarrasser d’un fardeau trop trop lourd, ce t espoir indistinct et soumis dans la bonne volonté du vainqueur, nous les avons reconnus. Comme nous avons aussi reconnu une certaine façon de tendre la main vers celui qui s’est montré plus fort…
            Depuis que nous sommes entrés dans la vie adulte, nous n’avons pas eu le temps, en vérité, d’oublier le goût de la défaite.



                        L’HONNETETE oblige toutefois à reconnaître que l’actuel régime semble avoir assez bien mis au point une forme nouvelle de capitulation : la capitulation dans la jactance. C’est en fanfare, le torse bombé et le verbe tranchant, qu’il a choisi de déposer les armes. C’est au nom de l’unité nationale que l’on exclut et que l’on dénationalise. C’est sous le signe de la grandeur retrouvée que l’on replie, que l’on ampute et que l’on déchire.

            La France du « dégagement » algérien est celle des impostures de la bonne conscience. Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes sert à légitimer le transfert contre leur volonté, de quelques millions d’hommes sous une domination et sous des lois étrangères. L’antiracisme cautionne la volonté systématique de séparer, d’isoler et d’opposer les familles, les races et les confessions. Une victoire obtenue à la pointe du couteau, par des hommes qui n’ont gagné que parce qu’ils n’ont cessé et qu’ils ne cessent de tuer, est célébrée comme celle de la paix évangélique. Les démocrates sont invités à saluer l’événement d’une nouvelle dictature totalitaire tandis que, sous le signe de l’humanisme progressiste, par centaines, les écoles ont fermé leurs portes… A l’heure des grands effondrements le personnage de l’illustre vieillard s’avère décidément indispensable : sans l’alibi de celui qui, pendant quelques années, a semblé incarner le symbole même de la rigueur, la dérobade serait aujourd’hui moralement moins aisée ; sans lui la défaite aurait risqué d’être moins altière, l’abandon moins conquérant, le génocide moins chaleureux ! Il s’agit, là encore, d’un usage que nous n’avons pas eu le loisir d’oublier : sur le papier des capitulations, rien ne vaut, en fin de compte, la signature des vieux vainqueurs.

            Il reste cependant qu’il vient d’être fait ce que tant de voix solennelles avaient juré qu’il ne serait jamais accompli. L’enjeu a été abandonné pour lequel on avait commandé à tant de jeunes hommes de se battre et de mourir. La trahison d’hier est devenue la vérité d’aujourd’hui… le fait demeure, après tout, suffisamment important pour que l’on supplie les quelques esprits libres qui restent dans ce pays d’y arrêter leur attention. Il ne s’agit même plus de juger de la légitimité d’une guerre. Il s’agit de constater une défaite et de tenter de la situer dans son exacte mesure historique.

            Peut-être cette guerre était-elle absurde ? Qu’importe : elle a été menée et elle a été perdue. Peut-être ces serments étaient-ils dérisoires ? Qu’importe : ils ont été prononcés et ils n’ont pas été tenus. Pourquoi cette défaillance ? Pourquoi ce reniement ? Pourquoi ce renoncement ?… Au demeurant ce n’est pas une petite chose que le drapeau de la France baissé sur la terre africaine. L’histoire de notre peuple a pris désormais un autre cours. Le destin, pour nous, a pris un autre visage. Ce visage dans quel miroir saurons-nous le reconnaître ? Et sommes-nous même capables encore de la reconnaître ?


                        QUESTIONS apparemment hors de propos puisque aucune voix autour de nous ne s’élève et les pose. Ceux qui se dérobent aujourd’hui devant elles, et s’obstinent, dans leur dérobade, risquent pourtant de connaître demain de singuliers étonnements.

            Car l’erreur serait de croire que, dans cet univers falsifié et truqué où chaque mot employé désigne son contraire, cette paix puisse être la paix. L’abandon peut se déguiser en victoire et le renoncement prendre le masque de la fierté, l’esprit d’abandon demeure comme demeure l’esprit de renoncement. Une nation ne rebondit pas dans l’histoire lorsqu’on s’est acharné à défaire dans les cœurs et dans les âmes les liens de solidarité et de responsabilité qui unissent entre eux les membres d’une même collectivité. Un peuple qui se voit couché, et qui s’admire de l’être, et qui se complaît dans cette admiration, il est douteux qu’il puisse bientôt se relever.
« Vous avez choisi le déshonneur pour éviter la guerre », avait prophétisé Churchill au lendemain de Munich, « mais vous aurez d’abord le déshonneur et ensuite la guerre ». Les villes que l’on déclare ouvertes ne sont pas toujours, en effet, celles dont le destin se trouve le moins menacé. Il ne suffit pas de déposer les armes pour retrouver la tranquillité perdue. Il ne suffit pas d’abandonner un frère pour connaître à jamais le repos. La mort d’Abel n’a pas donné un sommeil plus paisible à Caïn.



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Mercredi 4 avril 2007
Raoul Girardet publia dans le journal Combat, durant les « événements d’Algérie » quelques textes sur cette guerre qui ne disait pas son nom. Il en réunit quelques-uns dans un recueil, qu'éditèrent courageusement les Editions de l’Esprit Nouveau en 1962 sous le titre : Pour le tombeau d’un capitaine. Le premier texte s’intitule « Les Drapeaux de la défaite ». Le second, « La révocation de l’Edit de Nantes » ; puis « Devant l’Hexagone », « Défaillance d’une classe dirigeante », une « Lettre brève au parti de l’intelligence » et enfin « Mais où sont les vaincus », peut-être le plus touchant. J'avais acheté cette brochure il y a longtemps sans jamais l'ouvrir à cause d'une injuste opinion de Raoul Girardet...
Ce dernier, pour donner tout son sens à ce curieux titre,
Pour le tombeau d'un capitaine, ajouta à ces articles un autre texte
: « In Memoriam ». A la mémoire d'un capitaine sans tombeau, mort là-bas, sur notre terre d’Algérie. C'est ce texte que voici :







     C’est à la mémoire du capitaine André Zwilling, tué au combat le 25 novembre 1958, près d’Igouane-Aameur (Grande-Kabylie) que sont dédiées ces pages. Peut-être cependant est-il opportun de préciser qu’André Zwilling, mon ami, n’a pas été, je crois, ce qu’il est convenu d’appeler un héros de légende. Je veux dire que, soldat de carrière, son personnage ne correspondait guère aux modèles auréolés de tricolore cher aux cœurs de derniers lecteurs de M. Henri Bordeaux. Il est utile d’ailleurs d’indiquer qu’il ne correspondait pas davantage à l’idée que se font des hommes de son métier les « professeurs » qui écrivent au Monde. Je l’imagine même assez bien surprenant les premiers par un récit de sujet peut-être épique, mais de style très résolument naturaliste, et déconcertant les seconds par le témoignage habile de son excellent usage des textes classiques. Car André Zwilling aimait déconcerter. Et il faut bien reconnaître qu’il y réussissait fort honnêtement, possédant à la fois un sens très sûr de la provocation et un goût subtil de la mystification. Sa conversation était riche d’un vocabulaire d’une verdeur sans réticence, du maniement toujours judicieux de l’imparfait du subjonctif, d’aphorismes abrupts et de très estimables paradoxes. Pourquoi faut-il, hélas ! que la décence la plus élémentaire interdise de rapporter les plus attachants d’entre eux, et les plus dignes d’être retenus ?

     Auteur d’une savante étude grammaticale sur je ne sais quel dialecte centre-africain, il avait apparemment choisi son sujet parmi les idiomes les plus obscurs à seule fin de poser d’insolubles problèmes quant à la constitution du jury universitaire chargé d’examiner ses mérites. Militaire de profession, il ne semblait pas avoir très vive la vocation du respect : ses rapports avec ses supérieurs ont été souvent tumultueux, presque toujours pittoresques. D’une curiosité intellectuelle jamais éteinte, lisant beaucoup, prenant plaisir à la confrontation des idées, il avait toujours répugné à servir autre part que dans la troupe. Les conformismes (ceux de « gauche », bien sûr, mais aussi ceux de « droite », voire « d’extrême-droite ») l’indisposaient ; les orthodoxies déclenchaient en lui l’immédiate réaction du sacrilège et du blasphème. Il n’a cependant jamais cessé de montrer la rigueur la plus intransigeante à l’égard de quelques fidélités très essentielles… Telles étaient quelques-unes des très apparentes contradictions du capitaine Zwilling. Mais il y avait aussi beaucoup d’amour et beaucoup de rêve, et il le dissimulait très jalousement.



               Ce qu’était cet amour et ce qu’était ce rêve, je voudrais tenter de le définir sans trop de mauvaise littérature. C’était, je crois, l’amour toujours déçu d’une France dont le visage n’était pas celui que lui offrait l’immédiate réalité. C’était le rêve, toujours blessé, d’une patrie où il se serait senti enfin à l’aise. André Zwilling n’a aimé ni la France de Vichy, ni celle de la Libération. Il n’a aimé ni la France des « intellectuels », ni celle de la respectabilité bourgeoise. Ni celle des « week-ends » automobiles, ni celle des congrès socialistes. Ni celle des déjeuners d’affaires, ni celle des dîners-débats. Ni celle des virtuoses de l’export-import, ni celle des pavillons de banlieue. Etrangement, c’est par fidélité à l’égard d’une certaine image de la grandeur qui se confondait pour lui avec l’image de son pays qu’il a passé hors du sol de celui-ci la quasi-totalité de sa vie d’homme : André Zwilling a quitté la France en 1941, quelques mois après son évasion d’un camp de l’Allemagne, et il n’y est revenu que pour de rares et brèves permissions. Paradoxe qui en entraînait un autre : c’est sur les pasteurs noirs des confins sahariens, puis sur les paysans des rizières indochinoises qu’il semblait avoir reporté cette disponibilité, cette tendresse, cette volonté de compréhension qu’il dérobait aux hommes de sa langue et de son sang. En fait, je ne pense pas me tromper en disant que l’armée fut pour lui un refuge. Elle le mettait à l’abri des conventions bourgeoises et des formalismes de son temps. Elle protégeait ses refus, ses dédains, ses romantismes, sa désinvolture, son goût d’une certaine indépendance du geste et de l’allure. Il n’eût sans doute pas fallu beaucoup le pousser pour l’entendre affirmer que les seuls Français véritablement libres, en ce milieu du vingtième siècle, étaient ceux qui vivaient sous les armes.
… Il vient d’y avoir quatre ans, à travers un long crépuscule, puis dans la nuit de l’été parisien, nous avons, des heures durant, marché côte à côte. Le capitaine Zwilling revenait de Kabylie et il allait y repartir. Il avançait d’un pas régulier, le buste un peu court, bizarrement perché sur des jambes interminables, et inlassablement je l’interrogeais. Pourquoi ne pas le dire ? Je l’avais revu après chacun de ses séjours en Indochine et je savais quels jugements il portait alors sur le combat dans lequel il était engagé. Nationaliste français, et avec quelle tenace passion, c’est avec respect qu’il avait découvert la naissance d’un autre nationalisme. Je crois même qu’il avait aimé, non seulement le peuple vietnamien, ses usages, ses traditions, ses modes de vie, mais aussi la patrie vietnamienne. Je craignais de retrouver, à propos de la politique de pacification algérienne, son ironie, ses sarcasmes, peut-être un secret déchirement. Or, pour la première fois sans doute, je le voyais dépouillé de toute affectation de cynisme, lavé de tout scepticisme, inébranlable de conviction simple. Vieux fanfaron du « mauvais esprit », il rapportait des ravins de Kabylie un enthousiasme inconnu, il faudrait presque dire une fraîcheur de jeune saint-cyrien. Ce nouveau combat, il l’avait fait sien totalement, intégralement, sans réserve, sans réticence. Jamais, avant son arrivée en Algérie, il n’avait commandé de contingent métropolitain : la découverte qu’il venait de faire des jeunes hommes de son peuple le déconcertait, l’émerveillait, bouleversait ses vieilles habitudes et ses vieux préjugés. Interminablement il parlait de leur disponibilité, de leur courage, de leur gentillesse, de leur intelligence. Interminablement encore des montagnards de « chez lui », de leur antique anarchisme, de leurs clans ennemis, de la misère où ils avaient été laissés, du besoin qu’ils avaient de la communauté française et du besoin qu’avait d’eux la communauté française. Chose à peine croyable : c’est avec une indulgence presque gracieuse que je l’entendais citer les noms de quelques généraux… L’image d’André Zwilling est trop liée à celle de ma jeunesse pour qu’il me soit possible de donner de sa vie et de sa mort une signification mensongère. Il est vrai que le dernier visage que je lui ai vu était celui d’un homme heureux. Apaisé, réconcilié avec lui-même, réconcilié avec son destin, réconcilié avec son peuple.



               Allons, capitaine, centurion, vieux soudard, marsouin de la vieille marsouille, avec ta solde dérisoire, ton uniforme marqué de l’ancre de marine, tes défis, tes dégoûts, tes fidélités de bande, ton lyrisme secret et ton argot mêlé d’Hanoï et de Cotonou, tu n’appartenais pas décidément au monde des « gens sérieux ». Tu courais les continents, mais c’était les armes à la main et non au titre d’une commission de l’UNESCO. Tu n’intéressais ni les présidents, ni les directeurs, ni les statisticiens, ni les spécialistes des sciences sociales. Les problèmes qui étaient les tiens n’étaient pas ceux que l’on pose à l’Ecole d’administration : il s’agissait de bonheurs très humbles et très précaires à assurer, il s’agissait de misère et il s’agissait de sang…

     Les semaines qui ont précédé ta mort ont été pour toi des semaines de victoire. Depuis lors les « gens sérieux » ont pris leur revanche. Les ténèbres sont tombées sur ces paysages déchirés que tu avais aimés et où s’est terminée ta vie. Ton école a fermé ses portes : nul ne sait quand elles rouvriront. Il n’y a plus personne « chez toi » pour empêcher les enfants de mourir. Les garçons de vingt ans, héritiers de ton peuple et de son histoire et dont tu avais cru découvrir la fierté retrouvée, célèbrent avec allégresse le culte de « la Quille », symbole prometteur des soirées de télévision et des dimanches de P.M.U. (Mais quel autre rêve leur est-il offert ?) Quant à l’armée dont tu portais les insignes, cette armée qui t’avais ouvert les routes du monde, elle « se recueille », dit-on, dans la cour retrouvée de ses quartiers métropolitains, - fatiguée du long parcours qui vient de la conduire vers ses ports de rembarquement, fatiguée aussi d’avoir levé les bras à tous les carrefours d’Algérie.
     … Sur une pente de Kabylie il faut croire cependant qu’ils sont toujours debout les arbres que tu m’as dit avoir plantés. Durant ces mois où lentement s’est défait ton corps, leurs racines se sont plus profondément enfoncées, leurs feuillages plus largement étendus. Pour les fils et les petits-fils de ceux que tu as secourus et de ceux que tu as combattus, ils témoigneront longtemps encore de ta présence parmi leurs pères et lui donneront son véritable sens. C’est assez peut-être pour que ton destin échappe à l’absurdité morose qui est celle des services inutiles. C’est assez aussi pour que demeure, dans nos cœurs, toujours vivante et toujours féconde, la vérité qui fut la tienne.







Les autres articles :

- I : Les drapeaux de la défaite ;
- II : La Révocation de l'Edit de Nantes ;
- III : Devant l'Hexagone ;
- IV : Défaillance d'une classe dirigeante ;
- V : Lettre brève au parti intellectue ;
- VI : Mais où sont les vaincus ?
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Mardi 3 avril 2007
Un article du Monde qui a passé la censure du politburo...


Des scientifiques remettent en cause l'origine africaine de l'homme moderne


La théorie de la migration de l'homo sapiens a peut être vécu. Selon cette thèse, l'homme moderne venu d'Afrique, aurait ensuite émigré vers l'Europe et l'Asie. Mais une étude américaine parue lundi 2 avril, démontre que la théorie de la dispersion de l'homme moderne est plus complexe que prévue.


Dans un article publié dans Les Annales de l'Académie nationale américaine des sciences, les chercheurs concluent qu'il n'y a pas eu qu'une seule migration d'homo sapiens venu d'Afrique orientale vers l'Europe et l'Asie, pendant une période distante d'entre 65.000 et 25.000 ans, aboutissant au remplacement des humains autochtones moins évolués. Les scientifiques envisagent désormais une propagation génétique de l'homo sapiens à partir de l'ouest et du sud.

"La plupart des caractéristiques morphologiques correspondent à celles des humains modernes alors qu'une minorité de traits s'apparente davantage à des hommes plus primitifs", précise Hong Shang l'un des co-auteurs de cette étude. Les chercheurs font également valoir que des ossements légèrement plus jeunes et ayant le même mélange de caractéristiques morphologiques ont aussi été découverts en Eurasie orientale.

LA PREUVE PAR LES OS

Pour étayer leur thèse, les paléoanthropologues s'appuient sur l'examen du plus ancien squelette humain d'Eurasie jamais découvert. Mis au jour près de Pékin en 2003, dans la grotte de Tianyuan à Zhoukoudian, il est composé de trente-quatre fragments d'ossements. D'après les estimations des scientifiques, ce squelette aurait entre 42 000 et 38 500 ans.

Outre la remise en cause de la théorie de la migration de l'homme moderne, ces os devraient offrir aux chercheurs de précieuses informations sur la biologie du spécimen qu'ils étudient. A terme, une telle étude permettra de reconstituer la transition entre les humains primitifs et les humains modernes en Eurasie orientale.

[Source]
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Lundi 26 mars 2007
Texte extrait du site du Cercle du Six février.




Ce jour-là, c'est en toute confiance que les Algérois, drapeaux tricolores en tête, marchent vers Bab El Oued. Ils n'y arriveront jamais. Ils trouveront la mort en chemin.

Il y a bien quelques barrages, mais qui s'écartent devant la foule. Rien n'est fait pour dissuader les manifestants de continuer leur marche. Le piège est bien organisé. Tout est bien prémédité. Pour un rassemblement pacifique, les autorités ont prévu qu'elles auront besoin de leur équipement de combat, de leurs casques lourds et de leurs fusils-mitrailleurs.

Soudain, une longue rafale, suivie d'autres. Des militaires, conditionnés pour tuer des Français sont là. Bien sûr, il ne s'agit pas de l'armée qui avait choisi l'honneur, qui s'était battue pour garder l'Algérie française. Non, ce sont les autres, qui obéissent aveuglément à ceux qui ont décidé de nous faire comprendre par la manière forte que nous n'étions plus chez nous.

L'armée va tirer sans sommation, ce 26 mars 1962, pendant 12 minutes.





La version officielle dira qu'il y a eut un tir venant d'une terrasse vers l'armée. Curieusement, au lieu de riposter vers le tireur embusqué sur le toit, l'armée va tirer sur les manifestants. Beaucoup se sont jetés à terre pour se protéger, d'autres se réfugient dans les immeubles mais rien n'arrête ces forcenés. Ils tirent dans le dos des manifestants qui fuient, qui se sont couchés sur le sol. Ils achèvent des blessés, vont jusque dans les immeubles, montant dans les étages pour terminer leur sinistre besogne.

Peu importe que ces pauvres gens aient un drapeau bleu, blanc rouge. On tire sur les drapeaux. On tire à l'arme automatique sur tout ce qui bouge. Des pompiers sont blessés. Un médecin est assassiné alors qu'il fait son devoir, celui de porter secours. Pendant un cours instant, un petit lieutenant incapable de se faire obéir par ses hommes crie poussé par un civil : "Halte au feu", "Halte au feu".

Quelques secondes d'espoir, puis les tirs recommencent. Couchés sur la chaussée, certains blottis les uns contre les autres, les algérois attendent que cette folie meurtrière s'achève.

Dans d'autres points d'Alger, les gendarmes mobiles tirent aussi.Dès 18 heures, on compte 46 morts du côté des manifestants, plus de 200 blessés. Beaucoup ne purent survivre à leurs terribles blessures.

Aujourd'hui, on peut lire sur les rapports militaires : incidents du 26 mars 1962. Cet incident fit une centaine de morts et plus de 200 blessés. Nous, nous disons qu'un crime a été commis.

De nombreuses commémorations seront organisées à l'occasion du 45ème anniversaire de ces tragiques événements. Retrouver l'ensemble de ces manifestations sur le sites de l'A.D.I.M.A.D. (Association amicale pour la Défense des Intérêts Moraux et matériels des Anciens Détenus et exilés politiques de l'Algérie Française).







Pour plus d'informations sur cet épisode dramatique de notre histoire, nous vous conseillons de vous rendre sur le site Algérie française, recherche de la vérité : www.algerie-francaise.org




[Source : Cercle du Six février]





Santa-Cruz (Jean-Pax Méfret) :


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Lundi 19 mars 2007
Marcel Bucard est né dans la petite bourgeoisie provinciale de France, le 7 décembre 1895, dans la commune de Saint-Clair-sur-Epte. Il achève ses études au séminaire lorsqu’en, en 1914, la guerre éclate. Il a dix-huit ans et n’est pas mobilisable. Ce catholique s’engage comme volontaire pour défendre la France malgré la République maçonnique. Il n’est incorporé qu’en 1915, à Auxerre, au 4e Régiment d’infanterie ; il connaît les pires heures de la Grande Guerre : l’Argonne, le Chemin des Dames. Il y fait preuve d’un courage exceptionnel. Caporal à 18 ans, sergent, il est sous-lieutenant à 20, lieutenant à 21 ans, capitaine à 22.
Son engagement est exemplaire : le général Lachèvre dira qu’il appartient aux 20 premiers combattants de la Grande Guerre, aviateurs compris. Malgré trois blessures, il repart toujours combattre auprès de ses camarades. Son courage et son héroïsme lui valent l’admiration de ses chefs comme de ses soldats. A l’issue de la guerre, il peut défiler fièrement en arborant sur son veston sa légion d’honneur, sa médaille militaire et sa croix de guerre qu’accompagne 10 citations.

Candidat du Bloc national aux côtés d’André Tardieu, en 1924, il n’est pas élu : c’est la victoire du Cartel des gauches. Il se fait remarquer comme un orateur brillant. Il adhère très tôt au Faisceau de Georges Valois, dont il dirige le service de la propagande ; il collabore à de nombreux journaux de droite : le Nouveau siècle, l’Ami du peuple, la France combattante, l’Autorité et La Victoire. Marcel Bucard participe à la création des Croix de Feu dont s’emparera plus tard le colonel de La Rocque qui neutralisera la force des Anciens combattants : c’est lui qui prononce, le discours de fondation des Croix de Feu en 1928. Il a entre-temps rejoint le parfumeur corse François Coty, avant de rejoindre
, en 1932, Gustave Hervé à La Victoire, dont il devient le rédacteur en chef. C'est lui qui dirige la Milice socialiste nationale que l'ancien militant SFIO Hervé a créé.





Proche idéologiquement du fascisme, Bucard souhaite créer son propre mouvement. Ce sera Le Francisme. Le 29 septembre 1933, avec nombre de ses amis, il se rend sous l’Arc de triomphe, en chemise bleue, baudrier et, le bras tendu à la romaine, rend hommage au soldat inconnu. Ils prêtent serment :

« Nous jurons de mener à bien l’œuvre du francisme et d’accomplir la deuxième Révolution française pour la Paix, la Justice et l’Ordre ».

C’est dans le premier numéro du journal Le Francisme que fut publié le manifeste du nouveau mouvement, le 11 novembre 1933.
Nullement antisémite (ni même opposé à la maçonnerie), le mouvement accueillait alors les Juifs : le chansonnier Marc Hély, président de l’Union professionnelle des auteurs et compositeurs de musique y adhérait (et publia un article : « Antisémite ? Non ! Antimétèque ? Oui ! ». Toutefois – les faits sont têtus – après diverses incidents, agressions, poursuites, incarcérations… - le mouvement prit un tournant plus (modérement) antijuif.

Participant à « l’internationale fasciste », Marcel Bucard rencontra Benito Mussolini en 1935.

La haine mosaïque s’intensifia avec l’avènement de Blum et sa clique, d’autant que le mouvement séduit nombre de communistes. Les Francistes se conforment à la loi en transformant le francisme en Parti franciste. Le nouveau mouvement est immédiatement dissous. Les réunions sont interdites partout en France. Les locaux du journal furent perquisitionnés et le rédacteurs en chef, Paul Guiraud, arrêté. Roger Ramelot, gérant du journal, écopa de un mois de prison ferme. Marcel Bucard de 6 mois. Mais pour éviter des troubles, la peine fut assortie de sursis. « En raison de son passé militaire » osent dirent les magistrats de Front populaire. Entre 1933 et 1939, les francistes ont subi 149 attaques, 605 blessés, 1190 arrestations, 64 condamnations et 4750 interrogatoires de police.

Les Amis du francisme succédèrent alors au Parti franciste ; ils deviennent le Parti unitaire français d’action socialiste nationale.
Sa devise ? « Ni droite, ni gauche : en avant ! »
Et la répression politique s’intensifia en 1939 avec notamment de nouvelles perquisition de locaux.
Le commandement de réserve Bucard part quand même au Front en 1940, bien que réformé en  près de 20 ans plus tôt à cause de ses blessures de guerre… guerre déclarée par la France gouvernée par le Front populaire…
Son courage est à nouveau distingué : il obtient une onzième citation.

A son retour, il refuse de relancer les francistes. Proche du Maréchal Pétain, il obtient le soutien de l’Etat français qui espère ainsi contrecarrer le RNP. Mais celui qui proclame : « le vrai socialisme, c’est le Francisme » n’hésite pas à s’opposer à Vichy, notamment à la Charte du travail qu’il juge trop favorable au patronat.







Le mouvement franciste relancé parvient à se réimplanter : il compte plusieurs milliers de membres de 1943, notamment dans son organisation de jeunesse qui est l’une des plus abouties. Défavorable à la LVF, il ne peut empêcher nombre de jeunes francistes de s’engager, comme d’ailleurs dans divers régiments allemands. Isolé entre la Milice et les assassinats commis par les communistes, Bucard n’a d’autre choix après bien des hésitations que d’appeler ses membres à rejoindre la lutte armée : Milice, SD allemand,… Arrêté par les Allemands en juillet 1944, il est libéré grâce à Bassompierre à la fin du mois. Il passe alors en Allemagne puis tente de rejoindre l’Italie. Arrêté le 25 mai 1945, Marcel Bucard est ramené dans la France occupé par les communistes et leurs complices gaullistes.
Après une parodie de procès, ce héros des deux Guerres mondiales, qui n’avait souhaité que la réconciliation nationale et la grandeur de la France et fusillé par ceux mêmes qui sont les responsables de la haine entre Français et la déchéance de la France.

Le 19 mars 1945, à 10 heures 35, la salve déchiquette sa chemise bleue. Il meurt après avoir prononcé les dernières paroles du Christ : « In manus tuas, Domine, commando spiritum meum ». On refusa à sa famille qu’il soit enterré dans le caveau familial et repose donc au cimetière de Thiais.






Voir ici Le chant des Francistes (Le Baudrier)
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Dimanche 18 mars 2007
Le 18 III 1978, alors qu’il se rendait au collège de Caudebec-en-Caux, accompagné de son épouse, une bombe placée sous son siège déchiquetait sa voiture. Mort sur le coup, sa compagne Laurence était grièvement blessé.

Police et justice "française" ont-elles jamais enquêté sur ce meurtre ? Il n’y aura pas plus d’inculpation dans ce dossier que de garde-à-vue ou de procès.

Le nom de François Duprat s’ajoutait à la liste déjà longue des militant nationalistes assassinés.

Révolutionnaire, il est très jeune, tenté par le trotskisme : il adhère à l’Union de la Gauche Socialiste – d’où sortira le PSU –. Mais cet esprit libre, séduit par la méthode, ne se reconnaît pas dans le marxisme. En 1958, à 18 ans, il entre à Jeune Nation, où il anime la section de Bayonne, avant de prendre des responsabilités régionales puis nationales, malgré la dissolution de Jeune nation. Entre temps, il s’est installé à Paris pour poursuivre ses études ; il figure parmi les fondateur de la Fédération des Etudiants Nationalistes (FEN) et se retrouve aux côtés de Pierre Sidos et Dominique Venner au sein d’Europe Action.

François Duprat au micro, lors d'un meeting d'Ordre nouveau.




Il rejoint Occident puis Ordre Nouveau en 1967. Il y reste jusqu’en 1973, comme membre du Bureau politique. Il rejoint alors le Front national, dont il devient également membre du Bureau politique.
Il y défend des positions nationalistes et révolutionnaires face à la tendance conservatrice. Il structure dans ce but les Groupes Nationalistes Révolutionnaires (GNR).

François Duprat collabora à de nombreux journaux nationalistes : Défense de l’Occident, de Rivarol, les Cahiers Universitaires, Europe Action