Avertissement

Club Acacia a été fermée. Un blog au même nom a été ouvert.

Toutes explications et motifs seront donnés en temps utiles...

Nous reconstituerons en attendant les archives du site et ajouterons quelques articles qui nous seront communiqués.
Lundi 19 mars 2007
- Par MSR
Marcel Bucard est né dans la petite bourgeoisie provinciale de France, le 7 décembre 1895, dans la commune de Saint-Clair-sur-Epte. Il achève ses études au séminaire lorsqu’en, en 1914, la guerre éclate. Il a dix-huit ans et n’est pas mobilisable. Ce catholique s’engage comme volontaire pour défendre la France malgré la République maçonnique. Il n’est incorporé qu’en 1915, à Auxerre, au 4e Régiment d’infanterie ; il connaît les pires heures de la Grande Guerre : l’Argonne, le Chemin des Dames. Il y fait preuve d’un courage exceptionnel. Caporal à 18 ans, sergent, il est sous-lieutenant à 20, lieutenant à 21 ans, capitaine à 22.
Son engagement est exemplaire : le général Lachèvre dira qu’il appartient aux 20 premiers combattants de la Grande Guerre, aviateurs compris. Malgré trois blessures, il repart toujours combattre auprès de ses camarades. Son courage et son héroïsme lui valent l’admiration de ses chefs comme de ses soldats. A l’issue de la guerre, il peut défiler fièrement en arborant sur son veston sa légion d’honneur, sa médaille militaire et sa croix de guerre qu’accompagne 10 citations.

Candidat du Bloc national aux côtés d’André Tardieu, en 1924, il n’est pas élu : c’est la victoire du Cartel des gauches. Il se fait remarquer comme un orateur brillant. Il adhère très tôt au Faisceau de Georges Valois, dont il dirige le service de la propagande ; il collabore à de nombreux journaux de droite : le Nouveau siècle, l’Ami du peuple, la France combattante, l’Autorité et La Victoire. Marcel Bucard participe à la création des Croix de Feu dont s’emparera plus tard le colonel de La Rocque qui neutralisera la force des Anciens combattants : c’est lui qui prononce, le discours de fondation des Croix de Feu en 1928. Il a entre-temps rejoint le parfumeur corse François Coty, avant de rejoindre
, en 1932, Gustave Hervé à La Victoire, dont il devient le rédacteur en chef. C'est lui qui dirige la Milice socialiste nationale que l'ancien militant SFIO Hervé a créé.





Proche idéologiquement du fascisme, Bucard souhaite créer son propre mouvement. Ce sera Le Francisme. Le 29 septembre 1933, avec nombre de ses amis, il se rend sous l’Arc de triomphe, en chemise bleue, baudrier et, le bras tendu à la romaine, rend hommage au soldat inconnu. Ils prêtent serment :

« Nous jurons de mener à bien l’œuvre du francisme et d’accomplir la deuxième Révolution française pour la Paix, la Justice et l’Ordre ».

C’est dans le premier numéro du journal Le Francisme que fut publié le manifeste du nouveau mouvement, le 11 novembre 1933.
Nullement antisémite (ni même opposé à la maçonnerie), le mouvement accueillait alors les Juifs : le chansonnier Marc Hély, président de l’Union professionnelle des auteurs et compositeurs de musique y adhérait (et publia un article : « Antisémite ? Non ! Antimétèque ? Oui ! ». Toutefois – les faits sont têtus – après diverses incidents, agressions, poursuites, incarcérations… - le mouvement prit un tournant plus (modérement) antijuif.

Participant à « l’internationale fasciste », Marcel Bucard rencontra Benito Mussolini en 1935.

La haine mosaïque s’intensifia avec l’avènement de Blum et sa clique, d’autant que le mouvement séduit nombre de communistes. Les Francistes se conforment à la loi en transformant le francisme en Parti franciste. Le nouveau mouvement est immédiatement dissous. Les réunions sont interdites partout en France. Les locaux du journal furent perquisitionnés et le rédacteurs en chef, Paul Guiraud, arrêté. Roger Ramelot, gérant du journal, écopa de un mois de prison ferme. Marcel Bucard de 6 mois. Mais pour éviter des troubles, la peine fut assortie de sursis. « En raison de son passé militaire » osent dirent les magistrats de Front populaire. Entre 1933 et 1939, les francistes ont subi 149 attaques, 605 blessés, 1190 arrestations, 64 condamnations et 4750 interrogatoires de police.

Les Amis du francisme succédèrent alors au Parti franciste ; ils deviennent le Parti unitaire français d’action socialiste nationale.
Sa devise ? « Ni droite, ni gauche : en avant ! »
Et la répression politique s’intensifia en 1939 avec notamment de nouvelles perquisition de locaux.
Le commandement de réserve Bucard part quand même au Front en 1940, bien que réformé en  près de 20 ans plus tôt à cause de ses blessures de guerre… guerre déclarée par la France gouvernée par le Front populaire…
Son courage est à nouveau distingué : il obtient une onzième citation.

A son retour, il refuse de relancer les francistes. Proche du Maréchal Pétain, il obtient le soutien de l’Etat français qui espère ainsi contrecarrer le RNP. Mais celui qui proclame : « le vrai socialisme, c’est le Francisme » n’hésite pas à s’opposer à Vichy, notamment à la Charte du travail qu’il juge trop favorable au patronat.







Le mouvement franciste relancé parvient à se réimplanter : il compte plusieurs milliers de membres de 1943, notamment dans son organisation de jeunesse qui est l’une des plus abouties. Défavorable à la LVF, il ne peut empêcher nombre de jeunes francistes de s’engager, comme d’ailleurs dans divers régiments allemands. Isolé entre la Milice et les assassinats commis par les communistes, Bucard n’a d’autre choix après bien des hésitations que d’appeler ses membres à rejoindre la lutte armée : Milice, SD allemand,… Arrêté par les Allemands en juillet 1944, il est libéré grâce à Bassompierre à la fin du mois. Il passe alors en Allemagne puis tente de rejoindre l’Italie. Arrêté le 25 mai 1945, Marcel Bucard est ramené dans la France occupé par les communistes et leurs complices gaullistes.
Après une parodie de procès, ce héros des deux Guerres mondiales, qui n’avait souhaité que la réconciliation nationale et la grandeur de la France et fusillé par ceux mêmes qui sont les responsables de la haine entre Français et la déchéance de la France.

Le 19 mars 1945, à 10 heures 35, la salve déchiquette sa chemise bleue. Il meurt après avoir prononcé les dernières paroles du Christ : « In manus tuas, Domine, commando spiritum meum ». On refusa à sa famille qu’il soit enterré dans le caveau familial et repose donc au cimetière de Thiais.






Voir ici Le chant des Francistes (Le Baudrier)
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Samedi 10 mars 2007
- Par MSR
Ce chant traditionnel de marin raconte la triste histoire de Jean François de Nantes à son arrivée au port après vingt mois de campagne. Comme les autres chansons à hisser, dans la marine à voile, elle était entonnée par un soliste, le chanteur de bord. Elle n’était chantée, selon le capitaine Hayet, «qu’aux heures de lutte, avec la mer et le vent déchaînés, les hommes et le navire souffrant tous les tourments».
Du fait de sa ressemblance avec la mélodie d’un shantie anglais raillant Napoléon, on date ce chant du début du XIXe siècle, note Thierry Decruzy qui rajoute, que, «comme pour la plupart des chants de marins, il en existe une version “sans voiles” à ne pas mettre entre toutes les mains.»
Il existe de nombreuses variantes possibles : c. 1 : « Gabier de la Fringante » ; c. 2 « Débarque de campagne » ; c. 4 « Qui vaut une baleine » ; c. 5 « Carambole et largesse » ; c. 6 « L’amène dans sa soupente » ; c. 7 : « De concert avec elle » ; « Navigue par merveille » ; c. 8 « Montres et chaînes se baladent » ; « Jean François est malade ».




I. C’est Jean François de Nantes
Oué, oué, oué
Gabier sur la Fringante
Oh mes bouées
Jean François

II. Débarque en fin d’ campagne
Oué, oué, oué
Fier comme un roi d’Espagne
Oh mes bouées
Jean François

III. En vrac dedans sa bourse
Oué, oué, oué
Il a vingt mois de course
Oh mes bouées
Jean François

IV. Une montre, une chaîne
Oué, oué, oué
Valant une baleine
Oh mes bouées
Jean François

V. Branl’bas chez son hôtesse
Oué, oué, oué
Bitte et boss et largesse
Oh mes bouées
Jean François

VI. La plus belle servante
Oué, oué, oué
L’emmène dans sa soupente
Oh mes bouées
Jean François

VII. De conserve avec elle
Oué, oué, oué
Navigue mer belle
Oh mes bouées
Jean François

VIII. En vidant la bouteille
Oué, oué, oué
Tout son or appareille
Oh mes bouées
Jean François

IX. Montr’ et chaîne s’envolent
Oué, oué, oué
Mais il prend la vérole
Oh mes bouées
Jean François

X. A l’hôpital de Nantes
Oué, oué, oué
Jean François se lamente
Oh mes bouées
Jean François

XI. Et les draps de sa couche
Oué, oué, oué
Déchirent avec sa bouche
Oh mes bouées
Jean François

XII. Il ferait de la peine
Oué, oué, oué
Même à son capitaine
Oh mes bouées
Jean François

XIII. Pauvr’Jean François de Nantes
Oué, oué, oué
Gabier sur la Fringante
Oh mes bouées
Jean François




Ecouter le chant ici :





Ou ici

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Dimanche 4 mars 2007
- Par MSR
Erwan Bergot (11e Choc, Presses de la cité, 1986) raconte que c’est en se rendant pour des manœuvres dans le Tyrol qu’une trentaine de parachutistes du 11e Choc créèrent ce chant. Vraisemblablement adapté d’un vieil air germanique, c’est dans le train au départ de Paris que l’auteur composa les paroles. Selon un blog consacré au chant militaire, les auteurs de ce chant seraient le sergent Vincent Mayoly pour les paroles et le maréchal des logis Paul Pergola du 35e RALP. Ce dernier est mort en Algérie, en 1956.

Il s’agit d’un chant les plus populaires des commandos parachutistes.


Le 11e bataillon parachutiste de choc (BPC) a été créé 1er septembre 1946 à Mont-Louis. Il était spécialisé dans les missions secrètes pour le compte notamment du SDECE. En Indochine, des éléments du 11e BPC encadreront le Groupement de commandos mixtes aéroportés (GCMA). Le colonel Paul Aussaresses en assura le commandement à la fin des années 40.


Certaines versions font l’impasse sur le couplet n° 2. Quelques variations existent : au 1er couplet, «chez l’ennemi la vie sera très dure», couplet 3 diverses versions indiquent «En pagayant sur la mer toujours belle» au lieu de «En se larguant sur le terrain rebelle» puis deux lignes après « Demain peut-être elle sera éternelle » au lieu de « Ils peuvent demain devenir éternels ». Au même couplet, « sombreront (dans l’oubli) » remplace parfois « tomberont »
A la ligne 2 du dernier couplet, on retrouve : « Ils reviendront jusqu’à leur port », « Ils reviendront jusqu’au port », « Ils rentreront dans leurs ports » et même « Ils rentreront dans leur camp » qui semble fautif. « Ils sabreront le champagne » est parfois chanté à la place de « Et ils boiront le champagne ». Les couplets 2 et 3 sont parfois inversés.






I. Les commandos partent pour l’aventure,
Soleil couchant les salue.
Chez l’ennemi la nuit sera très dure
Pour ceux qui pillent et qui tuent.

France, O ma France très belle,
Pour toi je ferai bataille
Je quitterai père et mère
Sans espoir de les revoir jamais…
Lalalala, lala, lala, lala, lala, lala, lala, lalalala
Lalalala, lala, lala, lala, lala, lala

II. Loin du biffin qui toujours les envie
Un Dakota les dépose
Loin de la fille qui pour eux toujours prie
Dans leur pépin ils reposent

Refrain.

III. En pagayant sur la mer toujours belle,
Ils songeront à leur vie.
Ils peuvent demain devenir éternels,
Ils tomberont dans l’oubli.

Refrain.

IV. Si d’aventure la mort les refuse,
Ils rentreront dans leur port.
Et ils boiront le champagne qui fuse
A la santé de leurs morts.

Refrain.




Ecouter le chant ici.



ou ici :

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Vendredi 2 mars 2007
- Par MSR
C'est en 1960 qu'Edith Piaf a enregistré ce chant. La musique a été composée par  Marc Heyal sur des paroles de Michel Vaucaire. Les militaires, nombreux en cette période de guerre d'Algérie, l'ont rapidement adoptée, notamment comme chant de bivouac.
Toujours à la mode quelques années après, elle a connu, dans l'armée, une seconde version, due aux officiers du 1er REP alors emprisonné par De Gaulle, après l’abandon de l’Algérie.

Dans cette seconde version, le "Charles" désigne bien entendu le traître, que le pieds-noirs désignaient, en référence à ses attributs physiques, comme la Grande Zora.
Quelques petites explications pour comprendre le texte : le 18 janvier 1960, le général Massu, pourtant fidèles des fidèles gaulliste, accuse dans un journal allemand le traître De Gaulle de se préparer à livrer l'Algérie aux terroristes du FLN et de mener une politique de gauche. L'Algérie se soulève alors, et du 24 au 31 dont il est question dans le premier couplet, c'est la "Semaine des barricades".
Le général Gourault commandait le corps d'armée de Constantine,
le général de Pouilly était un autre régimiste commandant le Corps d'Armée d'Oran.

La version présentée ici a été enregistrée au Fort de Nogent, par les officiers du 1er REP, durant leur longue détention qui suivit les procès iniques de l'a-justice gaulliste. Mais il fallait punir à tout prix ceux qui avaient, pour seul tort, voulu demeurer fidèles à la parole donnée et sauver leur honneur de soldat et de Français...




Version des officiers du 1er R.E.P. :


Non rien de rien
Non, je ne regrette rien
Ni le mal qu’on m'a fait
Ni la prise du Corps d’Armée d’Alger
Non rien de rien
Non je ne regrette rien
Au REP les officiers
Sont tous fiers du passé.

I. Le 18 janvier

Résignés à en baver
Mise au trou de Gouraud
Charles les a à zéro.
Le 31 janvier
Postés prés du QG
La prise de la radio
Je repars à zéro.

Refrain.

II. A minuit l’régiment
Démarrait pour Oran
Kerville terrorisé
De Poully affolé.
Contingent loyaliste
Patrons anti-gaullistes
Bouillantaient contre nous
On se retrouve au trou.

Non rien de rien
Non, je ne regrette rien
Ni la folle équipée
Ni  [?]
Non rien de rien
Non je ne regrette rien
Et tous les officiers
Sont prêts à recommencer.



Ecouter le chant là :



ou ici





Version d'Edith Piaf :


Non, rien de rien

Non, je ne regrette rien.
Ni le bien qu’on m’a fait ni le mal
Tout ça m’est bien égal.
Non, rien de rien
Non, je ne regrette rien.
C’est payé
Balayé
Oublié
Je me fous du passé.

Avec mes souvenirs
J’ai allumé la nuit
Mes chagrins, mes désirs
Je n’ai plus besoin d’eux.
Balayées les amours
Avec leurs trémolos.
Balayées pour toujours
Je repars à zéro.

Non, rien de rien
Non, je ne regrette rien.
Ni le bien qu’on m’a fait ni le mal
Tout ça m’est bien égal.
Non, rien de rien
Non, je ne regrette rien.
Car ma vie
Car mes joies
Aujourd’hui
Ça commence avec toi.




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Samedi 24 février 2007
- Par MSR
C’est sur l’air de En passant par la Lorraine que Théodore Botrel écrit ce chant en 1899. André Galabru l’adpatera à son tour pour doter le 8e RPIMa d’un très beau chant, la Marche du 8e R.P.I.Ma. Il est connu parfois sous le nom de Vive le roi ou encore Nous sommes gars de Bretagne.

Ce chants célèbre les défenseurs de la France et du Roi face aux révolutionnaires. T. Botrel y évoque notamment Stofflet qui, justement, était Lorrain. Jean-Nicolas Stofflet, fils de meunier né le 3 Février 1753 à Barthélémont, servit la France dans l’armée de 1770 à 1786, avant de devenir garde-chasse des forêts de Maulévrier dans le Maine-et-Loire. Il prend les armes en mars 1793 et s’impose par sa bravoure et son audace comme un des principaux chefs de la résistance. On lui doit les victoires de Gesté, de Vezins puis de Vihiers et Bressuire le 24 février 1794. Il signera une trêve avec les républicains qui violeront leur promesse. Stofflet reprend les armes : le 26 Janvier 1796, il s’adresse à ses compagnons d’armes : "Braves amis, le moment est venu de vous montrer ; Dieu, le Roi, le cri de la conscience, celui de l’honneur et la voix de vos chefs vous appellent au combat. Plus de paix ni de trêve avec la République ; elle a conspiré la ruine entière du pays que vous habitez..." .
Il est arrêté par les révolutionnaires. Le 24 Février 1796, Hédouville écrit d’Angers au ministre de la guerre : "Stofflet a été pris cette nuit avec deux de ses aides-de-camp, deux de ses courriers de dépêches et un domestique dans la ferme de la Saugrenière… Ils ont été amenés ici aujourd’hui par le général Mesnage : ils seront jugés aujourd’hui et fusillés demain… C’est aux mesures rigoureuses du général Hoche et à la grande activité dans laquelle il a maintenu nos troupes, dans le ci-devant royaume de Stofflet, que nous devons la prise du parjure Stofflet, qui n’a pu parvenir à faire soulever les campagnes et qui va recevoir sa juste récompense."

Le lendemain, Stofflet comparaît devant un conseil de guerre. Il a été pris les armes à la main, en conséquence, il est condamné à mort. Quelques heures plus tard, il arrive au Champ-de-Mars et commande le feu en criant : "Vive la religion, Vive le Roi !".




1. Nous sommes gars de Bretagne
Fidèles au Roi, au roi
Nos aîeux ont fait campagne
Pour venger le Roi, le Roi
Et la lande armoricaine
En est rouge encore, dondaine :

Ah, ah, ah, debout les gars, vive le Roi !
Ah, ah, ah, debout les gars, vive le Roi !

2. Nos pêcheurs quittaient leurs roches
Pour venger le Roi, le Roi
Nos fermiers leurs moissons proches
Pour venger le Roi, le Roi
Nos messieurs les biaux domaines
Criant en chemin, dondaine...

Refrain.

3. Nos gars avaient à leur tête
Pour venger le Roi, le Roi
Bonchamps, Stofflet ou Charette
Ces vengeurs du Roi du Roi
Fronts de granit, cœurs de chêne
Tombaient en criant, dondaine &hellig;

Refrain.

4. Nos gars n’ayant point d’épé
Pour venger le Roi, le Roi
Leurs faux dans le sang trempées
Pour venger le Roi, le Roi
Fauchaient les Bleus par centaines
Comme les blés noirs, dondaine...

Refrain.

5. Ce fut une rude guerre
La guerre du Roi, du Roi
De nos gars n’en revint guère
Sont morts pour le Roi, le Roi
Mais de la Vendéte au Maine
Nous l’aimons toujours quand même...

Refrain.

6. Si la Nation française
Réclame son Roi, son Roi
Tous, comme en 93
Luttons pour le Roi, le Roi
S’il le faut, l’âme sereine
Marchons à la mort dondaine...

Refrain.











ou ci-dessous :

Ecouter le chant ici






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Mercredi 21 février 2007
- Par MSR
Le nom de cet ancien oppidum gaulois est entré dans l’histoire comme le symbole de la Grande Guerre. Ce n’est pas sans raison que l’on évoque «l’esprit de Verdun». Cette ville de la Meuse était devenue, après la guerre de 1870 le pivot de la défense du Nord-Est. Le capitaine Driant (cf. La Protestation) alerte rapidement les autorités sur le manque de moyens défensifs à Verdun, alors que les Allemands préparent l'attaque. Elle a lieu le 21 février 1916 à 16 h 45, après 9 heures de bombardements. L’héroïque résistance des Français ne suffit pas : les Allemands pénètrent la ville et submergent bientôt la 2e ligne de défense. Castelnau, l’envoyé de Joffre, ordonne alors de tenir. A tout prix.
Le 26 février, le futur maréchal Pétain prend la direction de la défense de Verdun. Chaque centimètre carré de terrain est disputé avec une ardeur prodigieuse. Des forts sont pris, perdus, repris et perdus à nouveau en quelques heures. Les Allemands progressent mais n’emportent pas de victoire décisive. Ils lancent une nouvelle attaque, le 21 juin, Thiaumont, Fleury et Froideterre tombent. L’offensive sur la Somme les oblige à desserrer l’étau sur Verdun : après une dernière attaque en juillet, les Allemands passent à la défensive. Douaumont est reconquis le 24 octobre, Vaux le 2 novembre.
Verdun ne sera complètement dégagé qu’en août 1917. De cette bataille emblématique de la guerre civile européenne, 163 000 Français ne reviendront pas ; les Allemands perdront à Verdun 143 000 hommes. Le Maréchal Pétain, attend quant à lui depuis plus de quatre-vingt-dix ans que sa dernière volonté soit respectée : reposer auprès de ses hommes, ses camarades tombés au champ d’honneur, au mémorial de Douaumont.

Les paroles de ce chant sont de Jack Cazol et Eugène Joullot ; la musique est l’œuvre de René Mercier. Il fut créé en 1916 ; Verdun a inspiré de nombreux autres chants.








I. Un aigle noir a plané sur la ville,
Il a juré d’être victorieux !
De tous côtés les corbeaux se faufilent
Dans les sillons et dans les chemins creux.
Mais tout à coup, le coq gaulois claironne :
Cocorico, debout petit soldat !
Le soleil luit, partout le canon tonne,
Jeune héros, voici le grand combat !

Et Verdun la victorieuse,
Pousse un cri que portent là-bas
Les échos des morts de la Meuse,
Halte-là ! On ne passe pas...
Plus de morgue, plus d’arrogance.
Fuyez barbares et laquais,
C’est ici la porte de France
Et vous ne passerez jamais !

II. Les ennemis s’avancent avec rage,
Enorme flot d’un immense océan
Semant la mort partout sur son passage
Ivres de bruit, de carnage et de sang
Ils vont passer... quand relevant la tête
Un officier dans un suprême effort,
Quoique mourant, crie : "à la baïonnette"
"Hardi les gars, debout, debout les morts !"

Refrain.

III. Mais nos enfants dans un élan sublime
Se sont dressés. Et bientôt l’aigle noir
La rage au cœur, impuissant en son crime,
Vit disparaître son suprême espoir
Les vils corbeaux devant l’âme française
Tombent sanglant, c’est le dernier combat
Pendant que nous chantons la Marseillaise
Les assassins fuient devant les soldats.

Refrain.



Ecouter le chant ci-dessous :



ou ici :



ou là : Ecouter le chant ici



La crypte de Douaumont où reposera un jour le corps du Maréchal,
le héros de Verdun



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Vendredi 26 janvier 2007
- Par MSR
Ce chant date de 1875 : les chasseurs à pied sont alors prêts d’être supprimé par le gouvernement républicain. Ils l’apprennent pendant qu’ils manœuvrent au camp de Chalon et créent ce chant ce chant en guise de protestation… ce sera donc La Protestation.
T. Bouzard rapporte que « les vitriers dont il question est le surnom donné aux chasseurs par les biffins à cause du sac à dos en toile cirée qui brillait au soleil et les faisait ressembler de loin à des vitriers. » D’autres couplets ont été ajoutés ensuite, notamment le 5e. Ils ne figurent pas dans toutes les versions. Ce 5e couplet a été ajouté après la Grande Guerre.

Chasseur à pied  (second empire)


 La mention des « chasseurs de Driant » fait référence à Emile Driant (photo à gauche), gendre du général Boulanger, officier et écrivain. Nationaliste pétri de catholicisme, homme d’une grande intelligence, ce lorrain s’engagea dans l’armée pour effacer la défaite de 1870. Il réussit une belle carrière, jusqu’à être nommé en juillet 1899 chef de corps du 1er bataillon de Chasseurs à pied à Troyes. Mais les influences francs-maçonnes lui font connaître de graves ennuis : mis aux arrêts par deux fois, écarté du tableau d’avancement, il quitte l’armée, dégoûté, en 1905.


Il poursuit son combat sur le terrain politique : il est élu député en 1910. Parallèlement, sous le pseudonyme de « Capitaine Danrit », il s’était illustré comme dans le roman d’anticipation ; ses ouvrages connurent de grands succès populaires.
En 1914, il a 59 ans et se porte volontaire. Il prend la charge en 1915 du bois des Caures, à Verdun. Il tente sans succès d’y faire amener des moyens : il pense que Verdun est susceptible de devenir un lieu stratégique. La suite lui donne raison : en février 1916, les Allemands lancent d’intensifs bombardements puis passent à l’offensive. Avec ses chasseurs, il oppose une résistance héroïque, mais doit finalement céder, faute de renfort. Alors qu’il se replie et que la plupart de ses hommes sont morts, il se retrouve dans un trou d’obus à côté d’un de ses soldats blessés. Alors qu’il s’arrête pour le panser, une rafale de mitrailleuse l’atteint en pleine tête.
Le surnom que ses chasseurs reçurent, les « Diables bleus », illustre bien leur valeur guerrière. Le 6e couplet a été ajouté à l’occasion d’un projet prévoyant de changer leur habit. Ce fut pour les chasseurs l’occasion d’émettre une nouvelle Protestation.


1. Nous sommes trente mille braves
Au képi sombre, au manteau bleu
Et nous voyons même les zouaves
Derrière nous, courir au feu.
Vous qui voulez qu’on nous supprime,
Qu’avez vous a nous reprocher ?
En guerre en paix, notre seul crime
C’est d’avoir su trop bien marcher.
Ne touchez pas aux corps d’élite ;
Chasseurs, chasseurs pressons le pas.
Qu’on nous fasse marcher plus vite
Mais qu’on ne nous supprime pas.

Encore un carreau d’ cassé,
Vl’ la vitrier qui passe...
Encore un carreau d’ cassé,
V’ l’a l’ vitrier passé.

2. Voyez un peu notre démarche,
Essayez de nous suivre au pas.
C’est notre bataillon qui marche,
Allons ne vous essoufflez pas
C’est le clairon c’est notre amour.
Fi du biffin qui lent se traîne
Trébuchant derrière un tambour,
Place aux chasseurs la route est large,
La route qui mène au combat.
Vous les verrez pousser la charge
Si vous ne les supprimez pas.

Refrain.

3. Visez-vous à l’économie
Des 5 milliards qu’on dû verser ?
Nous vous offrons tous notre vie
Pour vous les faire remboursez...
Ou tenez-vous au drapeau garance
Que nous donnons sans valoir mieux
Notre sang vert c’est pour la France
Rougira nos pantalons bleus
A nous les coups de main dans l’ombre
Qu’il faut exécuter tout bas
Notre tenue n’est pas trop sombre.
Vous ne la supprimerez pas !

Refrain.

4. Vous avez vu nos frères d’armes
Tomber partout pour le pays,
Vous leur avez donné des larmes
Epargnez donc leur vieux débris.
Seriez-vous plus durs que la guerre ?
Ne pouvez-vous pas ménager
Aux chasseurs dormant sous la terre
Quelques chasseurs pour les venger ?
Que la mitraille nous décime,
Elle a sur nous droit de trépas
Si elle le peut qu’elle ne nous supprimer,
Mais vous, vous ne nous supprimerez pas !

Refrain.

5. Vous avez vu la Grande Guerre
Faire nous des Diables Bleus.
Ce nom ceux qui le lui donnèrent
Allez, s’y connaissaient un peu.
Sur tous les fronts, Verdun, la Somme
Plus de cent fois renouvelés
Nos bataillons comme un seul homme
Devant la mort se sont dressés.
Chez nous pas de paroles vaines
Les chasseurs de Driant sont là !
Alors qu’aux morts on nous enchaîne
Mais qu’on ne nous supprime pas.

Refrain.

6. Notre drap bleu c’est le symbole
Du dévouement de nos aînés.
Nous y tenons plus qu’une idole,
Car il est leur linceul sacré.
Pourquoi nous mettre en drap moutarde,
Les chasseurs ne meurent qu’en bleu
Voulez-vous perdre une avant-garde
Qui fut toujours première au feu ?
Si vous respectez la mémoire
Des chasseurs qui par leur trépas,
Ont couvert la France de gloire
Vous ne nous supprimez pas.

Refrain.




Ecouter le chant ci-dessous :



ou là : Ecouter le chant ici





Le monument aux morts dressé à la mémoire du colonel Driant
et de ses chasseurs au Bois des Caures


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Samedi 20 janvier 2007
- Par MSR
Une video extraite des actualités allemandes de la Seconde Guerre mondiale, présentant Arno Brecker travaillant dans son atelier.
On y voit quelques-unes des oeuvres du plus grand sculpteur allemand du XXe siècle.



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Mardi 9 janvier 2007
- Par MSR
Ce chant date de l’époque de la terreur révolutionnaire : sur l’air de Aussitôt que la lumière, un chasseur du bataillon de la Déserte écrivit ces paroles.

«  L’élimination des Girondins de la Convention, le 2 juin 1793, et la dictature instaurée par le Comité de salut public dirigé par les Montagnards entraîna de nombreux soulèvements en province. Lyon s’insurgea sous le commandement de Louis-François Perrin, comte de Précy, ancien officier de marine et ancien commandant de la garde de Louis XVI. Assiégée par les armées révolutionnaires de Dubois-Cracé, la ville est bombardée faute de pouvoir être investie. Réduits à la famine, les Lyonnais se battent à moins d’un contre dix. Lyon est finalement prise le 9 octobre 1793 et condamnée à être rasée par la Convention. Fouché, le futur ministre de la police de l’Empire, applique et exécute les Lyonnais au canon !  »

(T. Bouzard, Anthologie du chant militaire français).



Il ne s'agit pas vraiment d'un chant contre-révolutionnaire, mais d'un chant de combat des Lyonnais, soulevés contre les horreurs de la Révolution.
Gauthier et Albitte sont les conventionnels représentants le Comité de Salut Public ; Montessuy est un fort situé au nord de Lyon.
Caron fait référence à Charon, le fils des Ténèbres et de la Nuit qui, dans la mythologie grecque assurait le transport des défunt vers le royaume des morts, grâce à sa barque.
Voir pour d'autres précisions l'article de Pierre Vial ci-dessous.

Ce chant est parfois aussi appelé Fantassin du Lyonnais ou encore La Ligue noire. Dans la version de Rémi Tryomphe, il n’y a que les couplets n°1, 5, 6 et 7. Dans la version présentée audio présentée ici, l’ordre est 1, 2, 3, 5, 6, 4 et 8. Les variantes de couplets sont nombreuses, mais le texte ne change pas, à l’exception, de l’avant dernière ligne du couplet 2, où l’on retrouve parfois "maigre" ou "même" à la place de "mâle"». Parfois également "N’est qu’un Jean-Foutre en amour" au couplet 6.

Le groupe parisien « punk rock hussard » Hotel Stella  la reprend (avec les couplets 1, 2, 3, 5, 6) dans une très bonne version rock, comme en témoigne la vidéo ci-dessous. Il s’agit d’un concert donné par le groupe dans le Berry.



 
I. Aujourd’hui la ligue noire
Vient se livrer à nos coups
Ami, verse-nous à boire
Et la victoire est à nous
Triples yeux ! remplis mon verre
Le vin fait de bons guerriers,
Bacchus mon Dieu tutélaire
Arrosera nos lauriers.

II. Un plat bougre nous menace
La colère est sur son front.
Crancé foutre, quelle audace !
Veut nous faire la leçon :
A nous, jour de Dieu, j’enrage !
Nous le fléau des pervers,
Nous dont le mâle courage
Se foutrait de l’univers.

III. Verse donc cher camarade
De soif tu me fais languir ;
Verse encore une rasade,
Et je veux vaincre ou mourir.
J’en veux foutre cent par terre,
Et de sang tout inonder,
Oui je veux, dans la poussière,
Rouler Albite et Crancé.

IV. Gauthier scélérat perfide,
Assassin du Lyonnais ;
Et toi Crancé parricide,
L’horreur de tous les Français.
Ambitieux sanguinaires !
Les Lyonnais sont tous prêts :
Ils embrassent leurs frères,
Mais puniront vos forfaits.

V. Peut-être au sein de la gloire
Un foutu morceau de plomb
M’enverra sur l’onde noire,
Vers ce bougre de Caron.
Content, je perdrai la vie,
Je m’en fous, j’aurai vaincu ;
Quand on meurt pour sa patrie,
N’a-t-on pas assez vécu ?

VI. Femme nargue le veuvage
Quand j’aurai rendu l’esprit ;
Dis-moi foutre est-on moins sage
Quand on n’a pas de mari ;
Mais garde-toi qu’un faux frère
Te fasse jamais la cour ;
Celui qui tremble à la guerre
Est un Jean-Foutre en amour.

VII. Tout l’univers nous contemple,
Amis frappons-en plus fort ;
Au monde donnons l’exemple
Aux brigands donnons la mort.
Canonniers ! brûlez l’amorce ;
Redoublons tous nos efforts,
Faisons leur entrer par force
La vérité dans le corps.

VIII. La liberté, la patrie,
Voilà le vœu de nos cœurs !
Pour cette muse chérie
Nous jurons d’être vainqueurs.
C’en est fait le canon gronde,
Nous ne voulons plus de paix,
Que tous les brigands du monde
Soient aux pieds des Lyonnais.

IX. Précy conduit nos phalanges,
Les lauriers seront pour nous,
Et du Rhône jusqu’au Gange
On dira que sous nos coups,
Des envoyés sanguinaires
Ont vu près de nos remparts
Une famille de frères
Qui pour père a le dieu Mars.

X. J’entends une canonnade :
Vite allons à l’ennemi !
Mais avant, une rasade
A la santé de Précy ;
Son nom qu’annonce la gloire,
Seul fait trembler Montessuy
On est sûr de la victoire
Quand on combat avec lui.



Ecouter le chant ici :


ou là : Ecouter le chant ici.
 


Ci dessous, une version rock par Hotel Stella







Le Devoir d’Histoire de Pierre Vial:
17 octobre 1793: Lyon l’insurgée est punie



“Verse donc, cher camarade,

De soif tu me fais languir,
Verse encore une rasade
Et je veux vaincre ou mourir”.

Les amateurs des chants de tradition connaissent ce passage de La Ligue noire, présentée comme “le chant des fantassins lyonnais”, dont les paroles datent du siège de Lyon, en 1793, par les troupes de la Convention.
Lyon, florissante depuis la fin du Moyen Age grâce à ses filatures de soie, ses imprimeries, ses banques reliées à l’Italie et à la Suisse, a vu son activité économique péricliter à cause de la Révolution. Au plan politique, “la ville de Lyon était soumise à la dictature d’éléments encore plus extrémistes que les sans-culottes parisiens” (Jean Tulard). La municipalité était dirigée par Marie-Joseph Chalier, surnommé “le Marat lyonnais”, dont les hommes de main, gens de sac et de corde, au nombre de 300, étaient surnommés “les Enragés”. Tout un programme… Programme d’ailleurs d’une grande simplicité: le 28 janvier 1793, Chalier jure, devant l’arbre de la liberté (sic), d’anéantir “les aristocrates, feuillants (c’est-à-dire membres du club des feuillants, partisans d’une monarchie constitutionnelle), modérés, agioteurs, accapareurs et autres usuriers”. Qui correspond à cette terminologie? C’est Chalier qui en décide, bien sûr. Et comment appliquer ce beau programme? Réponse évidente : la guillotine. Dans la nuit du 5 au 6 février, une grande rafle permet de saisir toutes celles et tous ceux qui sont, à tort ou à raison, considérés comme des ennemis de la Révolution. Une liste de 900 personnes, intitulée “Boussole des patriotes pour les diriger sur la mer du civisme”, est affichée sur les murs de la ville. Problème technique: comment tuer vite? Chalier explique devant le club lyonnais des Jacobins: “On les exécutera sur le pont Morand et les cadavres seront précipités dans le Rhône.
Exaspérés par ce débordement de fanatique sauvagerie, les Lyonnais se soulèvent, en mai, arrêtent Chalier et ses amis qui, après jugement, sont exécutés le 16 juillet. La ville est administrée par des Girondins, comme Biroteau ou Chasset, qui font rapidement une place aux royalistes, conduits par le comte de Précy (“Précy conduit nos phalanges” dit La Ligue noire). Ce militaire de carrière, lieutenant-colonel en 1788, a participé à la défense des Tuileries le 10 août 1792. Quand la Convention décide de briser Lyon par les armes, il quitte ses terres pour prendre la tête de dix mille volontaires en armes et organiser la défense de la ville. L’armée de la Convention est dix fois plus nombreuse, sous les ordres de Dubois-Crancé, Kellermann et Couthon, celui-ci étant le commissaire politique car il fait partie, à Paris, avec Robespierre et Saint-Just, du “triumvirat” qui dirige le Comité de salut public. Entre autres titres de gloire, Couthon a été l’un des organisateurs de la Grande Terreur (Michelet l’a surnommé “la seconde âme de Robespierre”).

Avec un pareil homme, les Lyonnais pouvaient s’attendre au pire. Ils ont eu le pire. Après avoir soutenu un siège très dur, du 14 août au 13 octobre, ne pouvant résister davantage, Précy et les combattants survivants entreprirent de percer les lignes ennemies pour gagner la Suisse. Seule une poignée d’hommes atteignit ce refuge.
Puis la répression s’abattit sur la population lyonnaise. Atroce. La Convention ayant décrété, le 17 octobre, que la ville devait être détruite et ne plus porter que le nom de Commune Affranchie, Collot d’Herbois et Fouché se chargèrent de la besogne. L’un, ancien comédien, avait participé aux massacres de Septembre, l’autre, ancien Oratorien vouant une haine hystérique au clergé, avait voté la mort de Louis XVI. Tous deux voulaient faire du zèle. Des arrestations massives provoquèrent l’entassement des “suspects” dans les prisons. Il fallait faire de la place. La guillotine ne fonctionnant pas assez vite — le pavage de la place des Terreaux disparaissait pourtant sous le sang —, on emmena, par groupes enchaînés, des centaines de personnes dans la plaine des Brotteaux et on tira sur eux au canon.

Aujourd’hui les restes de ces malheureux reposent dans une chapelle du quartier. Sur les murs sont gravés les noms des victimes de la Terreur. Je m’honore que le nom que je porte soit mentionné neuf fois. Il s’agissait, entre autres, d’un artisan menuisier de 43 ans, d’une Carmélite de 72 ans, d’un apprenti perruquier de 17 ans, d’un aubergiste de 38 ans… Tous dangereux terroristes, comme on peut l’imaginer.

[Article paru dans Rivarol]
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Mercredi 22 novembre 2006
- Par MSR
Le chant Les Canuts évoque les difficiles conditions de vie de ces ouvriers spécialisés dans le tissage de la soie à Lyon face au chaos du monde moderne. Le couplet où l’« on entend déjà la révolte qui gronde » évoque l’insurrection qui éclata à Lyon à la fin de l’année 1831. Elle commença par une grève, le 21 novembre : une minorité de patrons refusait l’instauration d’un salaire minimum, arguant de la concurrence anglaise. Dès le lendemain, le 22 novembre, les canuts se rendent maîtres de la rue : ils s’emparent d’une caserne et d’armes, tandis qu’une partie de la garde nationale les rejoint.

Chefs d'atelier et compagnons-ouvriers, prennent alors le contrôle de la ville. Ils refusent la récupération politique et conservent à leur lutte des objectifs purement sociaux : ils écartent donc les agitateurs républicains qui tentent d’imposer leur drapeau tricolore. L’étendard de la révolte sera la drapeau noir brodé de la devise :
"
Vivre en travaillant ou mourir en combattant".

Le roi, qui a définitivement tourné le dos à la Tradition, poussé par la bourgeoisie, envoie l’armée qui, le 5 décembre, met, dans le sang, un terme à l’insurrection.
Ce c
hant est le procès de la société née de 1789 : la révolution bourgeoise qui mit fin à la société aristocratique, asservit ouvriers et artisans par l'abolition des corporations et qui entraîna la France dans une industrialisation et un libéralisme qui ne tenaient plus plus comptent des intérêts des hommes, que de la nature ou de la nation.

Ce chant ne date pas des temps glorieux des barricades ; l’auteur en est en fait le célèbre Aristid
e Bruant (1851-1925). Auteur, compositeur et interprète, il connut la gloire en se produisant dans divers cabarets puis en effectuant de longues tournées à travers le monde.
Variante : couplet 1, ligne 2 : « Il faut avoir chasuble d’or ».




I. {Pour chanter Veni Creator
Il faut une chasuble d’or (bis)
Nous en tissons, pour vous, grands de l’Eglise
Et nous pauvres canuts, n’avons pas de chemises
C’est nous les canuts
Nous sommes tous nus.


II. {Pour gouverner il faut avoir
Manteau et ruban en sautoir (bis)
Nous en tissons pour vous, grands de la terre
Et nous pauvres canuts, sans drap on nous enterre
C’est nous les canuts
Nous sommes tous nus.


III. {Mais notre règne arrivera

Quand votre règne finira (bis)
Nous tisserons le linceul du vieux monde
Car on entend déjà la révolte qui gronde.
C’est nous les canuts
Nous n’irons plus nus.



Ecouter le chant ici :


ou là : Ecoutez le chant ici.

ou ici :






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Samedi 18 novembre 2006
- Par MSR
"Starship Troopers, film fasciste"
(Editorial du Libre Arverne n°213, 16/11/2006)


[...]
En fait, ce film est en quelque sorte une transposition dans un univers de science-fiction de la guerre germano-soviétique, du moins c’est la lecture que l’on peut en faire, avec la Fédération dans le rôle du Reich et les Insectes dans celui de l’URSS. Les parallèles entre la Fédération et le Reich sont nombreux et les clins d’œil, volontaires ou non, omniprésents. Dans la Fédération, seuls les anciens combattants ont le droit de vote et le droit de procréer, le reste de la population, les « civils », ne sont pas citoyens, ce qui est conforme à la pensée fasciste qui veut que seuls ceux qui agissent sont dignes de respect. Bien entendu, son emblème est un aigle ressemblant fort à l’hitlérien et sa capitale est à Genève, siège de la SDN et non New York, siège de l’ONU… Les médiats reprennent les mots d’ordre du régime. Ils ne cachent pas les défaites militaires mais incitent en permanence au recrutement et à l’effort de guerre totale de la population. Une scène assez comique montre un flash télé avec d’adorables bambins blondinets piétinant des cafards pour s’entraîner dès le plus jeune âge à la guerre contre l’insecte, comme le petit Pimpf et la petite Kinderscharin recevaient dès le Kindergarden l’explication des sacrifices que l’on demandait à leurs parents. Les uniformes de la Fédération sont la version modernisée des uniformes du IIIe Reich, mais avec des teintes grises argentées sur le noir, faisant implicitement référence au gris des chemises des fascistes américains. Le cas le plus flagrant de nazification des uniformes est celui du colonel Carl Jenkins, le « politique » chez les trois héros (vu sa tête, on pense que la famille Jenkins a immigré en Argentine en 1945…).



Ses pouvoirs télépathiques ont fait de lui un colonel dès sa sortie de l’université : il est capable de lire dans les pensées des insectes et des hommes. Les jeunes ayant ces pouvoirs sont versés dans un corps spécial dont le look est volontairement copié sur la Gestapo (gabardine noire) avec une casquette d’officier tirée de la SS. La fille du groupe, Carmen Ibanez, commence la guerre avec le grade de lieutenant dans la marine spatiale, l’équivalent futuriste des Panzers. Pilote hors pair, repérée par la capitaine Deladier (probablement une Française), elle intègre un corps d’élite qui a pour mission de pulvériser le nuisible avant que la troupe ne termine le travail. Comme dit un officier d’élite : « Ils gèlent la planète, nous, on vient pour le ravalement ». Johnny Rico, le fils à papa de la bonne bourgeoisie de Buenos Aires, intègre comme 2e classe l’infanterie motorisée et sert dans une unité de franc-tireur de la 6e division, une unité qui ressemble assez aux Waffen-SS de par leur utilisation. Et si Carl n’est pas un gestapiste, Carmen une officier des blindés et Johnny un Waffen SS du futur, si Verhoeven ne s’est pas inspiré de ces corps en réalisant son film, moi je m’appelle Mayer !


[LIRE LA SUITE]
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Lundi 13 novembre 2006
- Par MSR
C'est le poète allemand Ludwig Uhland qui est l'auteur des paroles originales.

Né le 26 avril 1787 et mort le 13 novembre 1862, dans la ville de Tübingen, Ludwig Uhland (ici à gauche, peint par Wilhelm Morff en 1818) étudia le droit et la philologie à Tübingen entre 1801 et 1811. Cela lui permit de travailler au sein du ministère de la justice, avant de devenir avocat. Il obtint en 1829 une chaire de professeur de langue et de littérature allemande à l’université de Tübingen. Cultivé et brillant, il partageait le goût des romantiques allemands de cette époque pour la période et la littérature du Moyen Âge.

Il demeure comme l’un des chefs de file les plus importants des romantiques Souabes, avec son ami Justinus Kerner et Eduard Mörike. Il est l’auteur de Ballades, des drames historiques (Ernst de Souabe, 1818), ainsi que d’essais, dont une monographie consacrée à Walther von der Vogelweide.
Son poème Der Gute Kamarad date de 1812, a été mis en musique par Friedrich Silcher en 1825 et le chant est devenu aujourd’hui très célèbre. Il accompagne encore aujourd'hui des enterrements militaires en Allemagne.

Comme la plupart des chants allemands, il a intégré le répertoire militaire français par l’intermédiaire de la Légion étrangère. A noter la proximité avec le chant que Jean de Brem a créé sur cet air,
La Cavalcade. Les deux chants sont d’ailleurs parfois mélangés.
La version du capitaine Selosse présente pour unique variante le fait d’indiquer "Nous allions comme deux frères" au lieu de "comme des frères" (couplet 1, ligne 4) et des reprises de fin de phrases. On trouve parfois à a dernière ligne du dernier couplet « Restons toujours unis ».
Ce chant a connu diverses adaptations à travers le monde.
Le groupe Panzerjäger a repris
J'avais un camarade dans son premier album.




J'avais un camarade


I. J’avais un camarade

De meilleur il n’en est pas
Dans la Paix et dans la Guerre
Nous allions comme des frères
{Marchant d’un même pas.

II. Mais une balle siffle
Qui de nous sera frappé ?
Le voilà qui tombe à terre
Il est là dans la poussière
{Mon cœur est déchiré.

III. La main, il veut me prendre,
Mais je charge mon fusil
Adieu donc adieu mon frère
Dans le ciel et sur la terre
{Soyons toujours unis.




Ecouter le chant ci-dessous :



ou là : Ecouter ici la version française.





Ich hatte einen Kameraden


I.Ich hatte einen Kameraden
Einen bessern findst du nicht
Die Trommel Schlug zum Streite
Er ging an meiner Seite
{In gleichem Schritt und Tritt.

II. Eine Kugel kam geflogen
Gilt sie mir oder gilt sie dir
Ihn hat ihn es weggerissen
Er liegt zu meinen Füssen
{Als wär’s ein Stück von mir.

III. Will mir die Hand noch reichen
Derweil ich eben lad :
Kann dir die Hand nicht geben
Bleib du im ewgen Leben
{Mein guter Kamerad...



Ecouter ici la version allemande.

ou ci-dessous :











Der Tod fürs Vaterland ist ewiger Verehrung wert par 
Georg Sluyterman von Langeweyde
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Jeudi 9 novembre 2006
- Par MSR
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Samedi 4 novembre 2006
- Par MSR
Ce chant a été créée en Allemagne sous le titre Wie oft sind wir geschritten (connu également comme Heia Safari !) par A. Aschenborn, sur une musique de Robert Götz. Il célèbre l’épopée coloniale du général Paul Emil Lettow-Vorbeck.

Cet officier (portrait à gauche) venait de prendre le commandement des forces allemande d’Afrique de l'Est (200 officiers et quelques compagnies d’askaris) lorsque la Première Guerre mondiale éclate. Elle lui donnera l’occasion d’écrire une des plus belles pages de l’histoire militaire. Son premier fait d’arme sera la défense de la ville de Tanga : attaqué par les 8000 indiens du Général Arthur Aitken, il les tiens en échec avec son petit millier de soldats avant de les repousser à la mer. Son but est désormais simple : résister le plus efficacement possible pour détourner le plus d’hommes possible du front prioritaire, le front européen, où se décidera la victoire finale.
A la bataille de Jassin, le 18 janvier 1915, il écrase de nouveau les Britanniques. Il mène alors une guérilla sans répit, s’introduit au cœur des provinces britanniques (Kenya et Rhodésie). Il lève une armée de 12 000 Africains encadrés par quelques Européens. Ces troupes sont les fameux Askaris de la chanson ; ils soldats lui seront loyaux jusqu’au bout, lui, l’officier européen qui s’adresse à eux dans leur propre langue.
A partir de mars 1916, Britanniques et Sud-Africains décident d’en finir et l’attaquent avec plus de 45 000 hommes. En excellent stratège, il évite le combat quand il le sait perdu et attaque quand il l’a décidé, où il l’a décidé. Malgré son infériorité numérique croissante, il remporte à nouveau une grande victoire à Mahiwa en octobre 1917. Après cinq jours de combats, il perd 96 hommes. Les britanniques en comptent 3000 dans leurs rangs.
Les combats se poursuivent au Mozambique puis au Tanganyika puis à nouveau la Rhodésie. Il remporte son ultime victoire en prenant la ville de Kasama, le 13 novembre 1918. La guerre est désormais finie. Lettow-Vorbeck se rend à la tête d’une armée invaincue.
Nationaliste, on le retrouve après-guerre à la tête d’un corps franc pour écraser une sédition communiste (avec le soutien de la Brigade de Hermann Ehrardt) ; il participe au coup d’Etat de Kapp puis devient député nationaliste. Il intégrera le ministère des Affaires étrangères sous le IIIe Reich – bien que n’ayant jamais été national-socialiste –. Il est réintégré en 1938 dans la Wehrmacht comme général. Sans retraite après 1945, il devient jardinier et publie des livres. Son ancien ennemi anglais le Maréchal Jan Smuth organise une souscription à son profit. Lors de ses obsèques, quelques Askaris survivants vinrent lui rendre un dernier hommage, en souvenir de cet officier colonial apprécié de tous, tant par ses officiers que par ses soldats ou ses ennemis.

Il s’agit du chant préféré du maréchal Erwin Rommel, dont l’épopée africaine, à la tête de l’Afrika Korps, est également entrée dans la légende.
Il n’est apparu que tardivement que tardivement en France, après 1962.
Variantes : pour le refrain : "Ô porteurs et ascaris haïlo / Haïlo west safari"  ou "O porteurs Et askari, Aillo, Aillo, Ay Safari" et encore "Oh! Oh! Oh ! porteurs / Et askari, / Aillo, Aillo, Aïdo / Aïdo, Aïe Safari". Le capitaine Selosse proscrit, dans le refrain l’usage de "Ay !" entre "Aillo" et "Aillo-Ay Safari". Au second couplet, on trouve parfois : "Et lorsqu’un jour nous partirons" ; "pour un dernier voyage" ; " Chantez-nous" ; "Les dieux".




Combien d’ fois a-t-on parcouru
Cette petite piste
En traversant la lande herbue
Lorsque le jour se lève
En écoutant le rythme
De la chanson intime


O porteurs
Et askari,
Aillo, Aillo, Ay Safari (bis).


Et quand un jour nous partirons,

Pour le dernier voyage.
Chante-nous cette chanson,
Comme un dernier hommage,
Et s’il ne pleure personne
Que Dieu nous le pardonne.


Refrain.






Ecouter le chant ci-dessous :




ou là : Ecouter le chant ici.

ou ci-dessous :



Charge allemande  : officier européen sabre au clair suivi des Askaris
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Samedi 21 octobre 2006
- Par MSR
Ce chant est généralement connu sous le titre Le Vin gaulois, mais on doit lui préférer celui de Chant du glaive ou de Danse de l’épée, car il ne s’agit nullement d’un chant à boire. D’après les études de Théodore Hersart de la Villemarqué qui le cite pour la première fois dans son Barzaz-Breiz, le Gwin ar C’hallaoued conduisait les guerriers celtes au combat au VIe siècle quand ils luttaient contre les Francs. Les sources du haut Moyen Age le confirme avec Grégoire de Tours dans son Historia Francorum (Histoire des Francs).

Les tribus Bretonnes faisaient de fréquentes incursions sur le territoire de leurs voisins gaulois. En particulier les Vénètes, guerriers particulièrement craints, menés par leur chef Waroch, organisaient de fréquentes attaques. Ils conquirent le Vannetais aux dépends des comtes Francs, et s’emparent de Vannes vers 578. Le troisième royaume armoricain, le Broërec (Bro Waroch ou Bro-Erec) voit alors le jour, aux côtés des royaumes de Cornouaille au sud et de Domnonée au nord. Ces expéditions avaient pour objectif premier la défense de la communauté ; il s’agissait parfois de s’assurer un ravitaillement nécessaire.

Aussitôt que revenait l'automne, [les Bretons] partaient, suivis de chariots et munis d'instruments de guerre et d'agriculture, pour la vendange armée.
Les raisins étaient encore sur pied, ils les cueillaient eux-mêmes.
Le vin était-il fait, ils l'emportaient.
S'ils étaient trop pressés ou surpris par les Francs, ils le buvaient sur place, puis emmenant captifs les vendangeurs, ils regagnaient joyeusement leurs bois et leurs marais.

dit Grégoire de Tours

La mélodie de la
Danse de l’épée se retrouve dans un manuscrit transcrivant des acclamations en usage dans l’Eglise du haut Moyen Age et remontant à Pépin le Bref.
Le chant a été introduit dans le répertoire français par le père Doncœur grâce à la publication de son célèbre recueil, Roland.
« Les historiens antiques racontaient l’effroi qui saisissait les combattants quand ils entendaient leurs adversaires entonner après leurs chefs les accents rudes de cet air sauvage. Il reste que ce chant est une véritable relique, un rescapé des siècles, notre plus ancien chant de combat, sorti tout armé de la mémoire populaire. Pour être chanté suivant l’usage antique, le meneur lance le couplet qui est repris par la troupe et enchaînés sans temps mort avec le refrain. On peut alors imaginer les deux armées face à face avant la ruée. Dans l’espace qui le sépare encore, le héros vêtu de ses plus beaux ornements de guerre vient, suivant la coutume, provoquer dans un combat singulier le champion du camp adverse. En s’élançant, il entonne Le Chant du glaive pendant que ses compagnons le reprennent, marquant le rythme en frappant leurs boucliers de leurs épées pour l’encourager.» (T. Bouzard)

La première version présentée ici est de loin la plus couramment chantée jusqu’au 7e couplet inclus. L’ordre des couplets varie parfois. Selon certains auteurs, il n’y a pas le « et » dans la phrase du refrain « Chêne, feu, rouge et soleil ». Les couplets suivants (8 à 12) figurent uniquement dans un carnet de chants scouts (Troupe Jeanne d’Arc). La seconde version est celle d’un carnet de chant des scouts d’Europe de Nice.


La version audio est celle de la Joyeuse Garde. Il existe une version intéressante en canon scandée qui a des accents plus martiaux. Le groupe Vae Victis, dans son album Quand les vents tournent a également repris ce chant.


.
Version n°1 :
1. Vive le vieux vin de vigne
Le vieux vin gaulois !

Tan, tan, terre et ciel
Chêne, feu, rouge et* soleil
Tan, tan, glaive clair
Flots de sang vermeil

2. Mieux que bière ou vin de pomme
Mieux vaut vin gaulois !

Refrain.

3. C’est le sang gaulois qui coule
C’est le sang gaulois !

Refrain.

4. Sang et vin mêlés ruissellent
Sang et vin gaulois !

Refrain.

5. Glaive maître des batailles
Glaive honneur à toi !

Refrain.

6. Chant du glaive bleu qui frappe
Chant du glaive roi !

Refrain.

7. Qu’au soleil le fer flamboie
Comme l’arc en ciel !

Refrain.

8. Flambeaux des quatre horizons
Fêtons le soleil !

Refrain.

9. Brasier de l’été nouveau
Fêtons le soleil !

Refrain.

10. Roue de lumière à minuit
Fêtons le soleil !

Refrain.

11. Vire au feu la ronde ancienne
Fêtons le soleil !

Refrain.

12. Fer et danse et feu de vin
Fer et danse et vin !

Refrain.




Version n°2 :




1. Chant du glaive de bataille,

Cher au dur guerrier !
Il fera plus d’une entaille,
Il fera crier.

Tann, tann ! dir ! oh ! dir !
Bois le sang et mords la chair ;
Tu vas resplendir
Glaive au rouge éclair !

2. Chant du glaive des ancêtres,
Qui répand l’effroi !
Nous n’aurons jamais de maîtres ;
Seul le glaive est roi.

Tann, tann ! dir ! oh ! dir !
L’aigle arrive ; il a du flair,
Tu vas resplendir
Glaive au rouge éclair !

3. Chant du glaive qui protége
Ceux que nous aimons,
Nos forêts, nos champs, la neige
De nos libres monts !

Tann, tann ! dir ! oh ! dir !
Prends ton brusque vol dans l’air
Tu vas resplendir
Glaive au rouge éclair !





Ecouter le chant ci-dessous :



ou ICI.
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44x2 ;
Aryanwear ;
Black Brain ;
Political soldier ;
Micetrap ;
Contrée médiévale ;


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