Dimanche 4 février 2007
Ou parfois aurait été préférable l'application de la loi du désert...


Le 4 février 1936, le leader national-socialiste suisse Wilhelm Gustloff est assassiné à Davos par le sioniste David Frankfurter.

Le gouvernement national-socialiste allemand refuse toute mesure de rétorsion contre cette nouvelle provocation des ennemis de l'Europe.
Mais en souvenir de l'homme assassiné, un navire de croisière reçoit son nom.

Le Whilhelm-Gustloff sera coulé le 31 janvier 1945. A son bord, 5 348 réfugiés allemands périssent.


Ce même jour de février 1936, le militant d'Action française Raymond Lalande est lâchement assassiné par communiste.
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Dimanche 4 février 2007
4 février 2007-4 février 1807 : c'est aujourd'hui le bi-centenaire de la première réunion du grand Sanhédrin. par Napoléon Bonaparte. L'Empereur espérait se concilier la déjà crainte et courtisée "Communauté".

Dans ses Mémoires d'outre-tombe, François-René de Chateaubriand analyse cette entreprise :

"Remueur de tout, Napoléon imagina vers cette époque le grand Sanhédrin. Cette assemblée ne lui adjugea pas Jérusalem, mais, de conséquence en conséquence, elle a fait tomber les finances du monde aux échoppes des Juifs, et produit par là dans l'économie politique une fatale subversion."
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Dimanche 28 janvier 2007
Au fil de l'histoire, le 28 janvier...


1794 : Henri de La Rochejaquelein, général en chef des Chouans décidés à stopper la folie révolutionnaire, est tué par traîtrise par un soldat républicain auquel il venait de promettre la vie sauve s'il se rendait.

C'est ce jeune général, mort à 21 ans, qui avait déclaré :

"Si mon père était parmi nous, il vous inspirerait plus de confiance; car à peine me reconnaissez-vous. J'ai d'ailleurs contre moi et ma grande jeunesse et mon inexpérience; mais je brûle déjà de me rendre digne de vous commander. Allons chercher l'ennemi : si je recule, tuez-moi; si j'avance, suivez-moi; si je meurs, vengez-moi."




1957 : Plus de 300 algériens sont massacrés dans d'atroces conditions par les terroristes FLN, soutenus par la gauche française, dans le sud de la Grande Kabylie, à Mélousa. Aux yeux de leurs assassins, ils avaient commis le crime de vouloir rester fidèle à la France. Avec la complicité du général de brigade à titre provisoire De Gaulle, ce seront des dizaines de milliers de musulmans fidèles à la France qui seront abominablement massacrés dans les années qui suivirent.


1982 : lors des élections universitaires à l'Institut d'études politiques de Paris, le militant nationaliste Gauthier Guillet a la nuque tranchée. Il vient d'être attaqué par un groupe de l'Organsiation communiste internationale (OCI), groupuscule d'obédience trotskyste.
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Samedi 27 janvier 2007
Il y a 50 ans, ce 27 janvier 1957, les terroristes communistes et FLN posent trois bombes dans des cafés algérois, en fin d’après-midi. Les établissements du "Coq hardi", de "La Cafeteria" et de l'"Otomatic".
Les 3 bombes causent la mort de 4 personnes. Des dizaines d’autres sont blessés.


Le décuplement des attentats, lâches et aveugles, les viols, les émasculations, les éventrements et les milles atrocités commises par les terroristes du FLN et leurs soutiens "français" décideront le gouvernement socialiste à permettre l'emploi de la torture par l'Armée française pour mettre fin à ces agissements criminels.




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Vendredi 19 janvier 2007
Robert Edward Lee naquit le 19 janvier 1807, à Stratford, en Virgine.

Né dans la haute aristocratie sudiste, il connut des temps difficiles après la mort de son père, la famille étant confrontée à de nombreuses dettes. Eléve très brillant, il accède à West Point d’où il sort second. Il se destine à la carrière d’ingénieur mais doit servir dans l'armée. Il part au front, dans la guerre qui oppose les Etats-Unis d'Amérique au  Mexique ; il s'y illustre comme un brillant stratége et un courageux officier.
Il reprend ensuite son travail d’ingénieur, parvient à la surintendance de West Point, avant de repartir, en 1855, à la guerre. Elle se déroule alors contre les Indiens à la frontière du Texas. Malgré son déplaisir d'être éloigné de sa femme et de ses enfants, il continue à servir jusque au début des années 1860.


C'est alors que les nordistes déclarent la guerre et envahissent les Etats confédérés du Sud. Le chef des agresseurs, Abraham Lincoln, lui propose le commandement de l'armée des Etats-Unis. Il refuse, d'autant que la Virgine subit bientôt l'agression des Yankees. Ne pouvant prendre les armes contre son peuple, même s'il était lui-même hostile à la la sécession, il démissionne de l'Armée des EUA.


Durant la terrible guerre civile américaine, il s’engage totalement pour son peuple et sa patrie. Il est l’un des principaux artisans des grandes victoires sudistes : Bull Run, le 21 juillet 1861, la Bataille des Sept Jours, la seconde bataille de Bull Run, Fredericksburg, Chancellorsville…
Après la défaite de Gettysburg, en 1863, il remet sa démission. Conscient de sa valeur et de son charisme, le président confédéré refuse.

Monument représentant le général Lee en Virgine,
sur son célèbre cheval - gris - "Traveller".



Face à un ennemi supérieur en nombre comme en équipement, le général Lee oppose, jusqu’à la fin de la guerre, une résistance acharnée au général Grant, le sanguinaire commandement des armées yankees.
Nommé Général en chef de toutes les armées de la Confédération en février 1865, Lee ne plus empêcher l’écrasement du Sud et doit capituler à Appomattox, le 9 avril 1865.

Peinture représentant le général Robert Lee au milieu des ses troupes.




Après la guerre, il devint président de l'Université Wasingtion à Lexington, dont il fit une université réputée et recherchée. C’est sous autorité que se mettent en place les fraternités d’étudiants ; il ouvre les premiers départements de journalisme et de commerce, instaure un département d’espagnol. Malgré tout, les vainqueurs refusérent de lui rendre sa nationalité américaine.


Décédé le 12 octobre 1870, son corps repose dans la chapelle de l'université qu’il avait lui-même financé.







Stratége reconnu de tous, aimé de ses hommes, le général Robert E. Lee demeure l’incarnation de l’esprit sudiste : défenseur de l’esclavagisme par nécessité, conservant toujours une véritable éthique quant l’armée de Grant se livrait aux crimes les plus abjects, il demeure une figure primordiale du Sud. Les nordistes eux-mêmes s’inclinaient devant sa pure figure.


Les armes de la famille Lee

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Mardi 16 janvier 2007
Pour protester contre l'invasion de son pays, la Tchécoslovaquie, par les "libérateurs" de l'Armée rouge, Ian Palach s'immole par le feu sur la place Venceslas de Prague, le 16 janvier 1969.
A l'annonce de sa mort, les tchécoslovaques se rendent en masse sur la place pour lui rendre hommage .




Né le 11 août 1948, Ian Palach est âgé de 21 ans. Il mourra 3 jours après son geste, le 19 janvier 1969 des suites de ses blessures.
 

L'Union soviétique asservit un peu plus l'Europe. Mais face à ces nouveaux crimes, les complices américains et "Occidentaux" des héritiers de Staline laissent faire faire sans réagir cette nouvelle avancée communiste.


En février de la même année, Ian Zajíc s'immolera à son tour. Deux mois plus tard, un troisième étudiant, Evžen Plocek s'immole également.


In memoriam... Ian Palach


(Les photos sont extraites du documentaire Jan Palach réalisé sur place Raymond Depardon en 1969)
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Samedi 13 janvier 2007
Le premier numéro de L'Insurgé sort le 13 janvier 1937.
Jusqu'au dernier numéro, le 27 octobre de la même année, Thierry Maulnier (Jacques Talagrand) et Jean-Pierre Maxence y livreront une bataille sans faille au gouvernement de Blum et de sa clique, sans manquer de dénoncer  l'apathie des Français...

Nationaliste et socialiste, ils voient comme un triomphe d'être traîné devant les tribunaux.




"A l’instar de Maulnier qui préfaça Le Troisième Empire d’Arthur Mœller van den Bruck, le groupe [avec Maurice Blanchot] lit les penseurs de la révolution conservatrice d’outre-Rhin (Ernst van Salomon, par exemple), élabore un nationalisme révolutionnaire et social, se mue en droite révolutionnaire."

rapporte le site
www.europemaxima.com évoquant le livre de Nicolas Kessler, Histoire politique de la Jeune Droite (1929-1942). Une révolution conservatrice à la française, L’Harmattan, 2001.


Un parcours symbole de l'esprit des années trente que celui de cet organe aussi polémique qu'éphémère...
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Samedi 13 janvier 2007
Un document historique : une cérémonie à la "Casa Verde" des légionnaires roumains de la Garde de Fer. Ils poursuivent le combat de leur chef Corneliu Zelea Codreanu, assassiné par les sbires de l'Etat quelques années plus tôt.



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Mercredi 10 janvier 2007
Jean Mehay était assassiné le 10 janvier 1944.

Il rentrait du congrés régional de zone sud du mouvement des Jeunes de l'Europe nouvelle, qui s'était tenu le jour précédent, lorsqu'il fut lâchement assassiné par des partisans communistes.

Chef département des JEN pour le département du Rhône, il avait 28 ans.







Insigne du Groupe de protection des Jeunes de l'Europe nouvelle.


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Samedi 6 janvier 2007



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Mercredi 3 janvier 2007
Le 3 janvier 1946 était pendu en Angleterre William Joyce, pour haute trahison. Sa condamnation intervenait au terme d’un procès équitable qui donnent tout son sens à la notion de justice démocratique. : né Américain William Joyce – dit Lord Haw Haw – possédait en effet… la nationalité allemande ! Trahir un pays dont on n’est pas le ressortissant… il fallait y penser. Mais les juges aux ordres avaient d’autres motifs pour faire pendre cet homme…



William Joyce naquit le 24 avril 1906 à Brooklin (New York City), d’une mère protestante anglaise et d’un père catholique d’origine irlandaise. Son père ramena sa famille en Irlande peu après la naissance de William. Ils s’installère à Galway où le jeune garçon suivit l’enseignement des jésuites.
Curieusement, sa famille comptait parmi les loyalistes, favorable au maintien de l’autorité royale anglaise sur l’Irlande, soutenant les Blacks and Tans. C’est pourquoi la famille subit des attaques de l’Armée républicaine irlandaise (Irish republican army - IRA).
La famille dut quitter l’Irlande pour Londres après la proclamation de l’indépendance d’une partie de l’Irlande. William Joyce s’inscrivit à l’Université de Birkbeck où il brilla notamment en anglais, comme par ses qualités sportives (il pratiquait la boxe, la natation et l’athlétisme).




Intéressé par l’expérience fasciste en Italie, il rejoint le mouvement British Fascisti de  Rotha Lintorn-Orman et intègre parallèlement le parti conservateur. Assurant le service d’ordre d’une réunion des conservateurs, il dut s’opposer à une attaque communistes. Durant l’agression, l’un des communistes lui porta un violent coup de rasoir au visage. Il gardera toute sa vie une longue et impressionnante cicatrice, s’étalant de l’oreille à la bouche. Cette estafilade lui assurera un grand prestige auprès de ses camarades.
Cette agression exercera une influence importante ; elle le déterminera dans sa lutte contre le communisme et ceux qu’il identifie comme les promoteurs de cette idéologie mortifère : les juifs.
Il en gardera par ailleurs un goût prononcé pour la confrontation physique : il sera toujours au premier rang dans la rue, pour s'opposer aux rouges…

C’est dans les rangs de l’Union britannique des fascistes (British union of fascists – BUF), qu’il rejoint en 1932, que William Joyce va s’imposer comme un orateur de premier plan.
Le journaliste et romancier Cecil Roberts le décrit ainsi  :

"Thin, pale, intense, he had not been speaking many minutes before we were electrified by this man... so terrifying in its dynamic force, so vituperative, so vitriolic."

[mince, pâle, passionné, il n'avait parlé que depuis quelques minutes que nous étions déjà  électrifiés par cet homme... terrifiant par sa force puissante, si injurieuse, si décapante]

Son charisme est tel qu’il devient dès 1934 le responsable de la propagande du mouvement d’Oswald Mosley ; il n’a alors que 28 ans. Il ne tarde pas à s'imposer comme le second de Mosley. Aux réussites fascistes d’Italie, William Joyce est de plus en plus attiré par la nouvelle expérience politique d’Europe : la naissance de l’Allemagne nationale-socialiste. C’est un sujet de querelle sérieux avec Mosley qui lui reproche son antisémitisme l’admirateur de l’Italie fasciste et l’admirateur de l’Allemagne nationale-socialiste ont de plus en plus de mal à s'entendre. La rupture entre les deux leaders de la BUF intervient en 1937.
William Joyce se lance alors dans une grande campagne pacifiste, dénonçant sans relâche les fauteurs de guerre. Il fonde avec des anciens de la BUF une Ligue nationale-socialiste britannique (British National Socialist League), qui comptera peu d’adhérents, mais déploiera une intense activité, soutenue par les talents de propagandistes de Joyce.


Les bellicistes s’apprêtaient à interner William Joyce, le 26 août 1939, quand celui-ci s’échappa vers l’Allemagne en compagnie de sa femme Margaret. Il obtient rapidement la nationalité allemande, avant d’être embauché à la Rundfunkhaus pour être la voix anglaise de l’Europe nouvelle.

Il enregistra des émissions jusqu’au 30 avril 1945. Ecouter ses émissions était interdit par le gouvernement britannique ; toutefois, elles devinrent très populaires auprès du public anglais. Les auditeurs appréciaient son ton sarcastique ; en particulier, ses caricatures de Chamberlain puis de Churchill, comme des ministres anglais faisaient des ravages… L’impact de ses émissions purement politiques était bien moindre. Il donnait de plus des lectures de lettres de prisonniers britanniques, ce qui était très apprécié. Et si beaucoup lui reprochaient de justifier les bombardements allemands sur l’Angleterre, on portait à son crédit de n’attaquer jamais les membres de la famille royale.
Le nez cassé qu’il avait conservé d’une bagarre lui avait offert une tonalité unique et une voix reconnaissable entre toute. Et nombre d’anglophones – ses émissions étaient également diffusées sur le territoire américain – attendaient avec impatience le traditionnel appel « Germany calling, Germany calling » par lequel William Joyce débutait chacune de ses interventions (l’équivalent du : « L'Angleterre comme Carthage doit être détruite » de Jean Hérold Paquis…).
Par un étrange retour de choses, les nationalistes irlandais en guerre contre l’empire colonial, appréciaient eux particulièrement les chroniques politiques de « lord Haw Haw », appréciant cette arme pour lutter contre la propagande des démocraties.
Joyce annoncera prophétiquement que la « victoire » de l’empire britannique laisserait celui-ci « poor and barren »…
On estime à 6 millions le nombre d’auditeur régulier de Joyce en Grande-Bretagne.

Son ultime enregistrement se déroulera le 30 avril 1945 alors que la Bataille de Berlin s'achéve. Dans son dernier message, il regrettait que l’Angleterre ait refusé les demandes de paix de l’Allemagne ; il saluait enfin les soldats européens qui donnaient leur vie pour protéger l’Europe du communisme.


Joyce est rapidement arrêté, à la frontière danoise, trahi par sa voix, que deux officiers britanniques reconnaissent immédiatement. Alors qu’il va présenter ses (faux) papiers, un officier britannique lui tire une balle dans la jambe, de peur qu'il ne dégaine un pistolet.

C’est sur une civière qu’il est exfiltré vers l’Angleterre, où un procès est instruit depuis 1943.




Ce citoyen allemand, américain de naissance et irlandais de sang, est inculpé par un tribunal britannique pour haute trahison. L'évidence aberration juridique sera contourné par un tour de passe-passe juridique. Sa condamnation et son exécution, au-delà des invraisemblances juridiques, ont surtout étonné par leur extrémisme, pour un simple commentateur radio.
Sa popularité et son charisme expliquent sans doute le châtiment exemplaire qui lui fut réservé. Tout comme la haine de l’amiral de bateau-lavoir Muselier faillit coûter la vie à Henri Béraud, il n’est pas impossible que Churchill et quelques autres lui firent payer ses railleries par la mort.

A l’annonce du rejet de son appel, de nombreuses personnes intervinrent en sa faveur, manifestant jusque devant le Palais de Buckingham. On y remarquait même le duc de Bedford qui dénonçait la future exécution comme un crime.


Le dernier condamné pour haute trahison en Angleterre est allé courageusement au devant de la mort, au matin du 3 janvier 1946, à la prison de Wandsworth.
Il avait 39 ans.


Bibliographie :
Cole William, Lord Haw-Haw and William Joyce, Londres, Faber and Faber, 1964.
Farndale Nigle, Haw-Haw : the tragedy of William and Margaret Joyce, Londres, Macmillan, 2005.
Kenny Mary, Germany Calling - a personal biography of William Joyce, Dublin, New Island Books, 2003.
Martland Peter, Lord Haw Haw, The English Voice of Nazi Germany, Londres, National Archives, 2004.
Selwyn Francis, Hitler's Englishman, Londres, Routledge and Kegan Paul Ltd, 1987.
The Trial of William Joyce, Londres, William Hodge and Company, 1946.
The Trial of William Joyce, Londres, Jarrolds, 1946.
West Rebecca, The Meaning of Treason, Londres, Macmillan, 1949.

Par ailleurs, le romancier Kurt Vonnegut s’est inspiré de William Joyce pour composer le personnage de Howard W. Campbell, dans ses romans Mother Night et Slaughterhouse Fiveor. The Children's Crusade (traduit en français sous le titre Abattoir 5 ou la croisade des enfants).
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Mardi 2 janvier 2007
Ce jour marque la prise de Grenade aux derniers occupants musulmans de l'Espagne. C'est un siège de huit mois qui met un terme définitive à l'occupation musulmane, qui aura durée sept longs siècles.
La lutte, achevée par les Isabelle de Castille et Ferdinand II d'Aragon, façonne également un nouveau pays : l'Espagne, avec l'unification des anciens royaumes autrefois rivaux.

La Reconquista signe la victoire temporaire des Européens sur les peuples du désert.

La fin du dernier royaume musulman d'Espagne est suivit rapidement - mais théoriquement uniquement - de l'expulsion des Juifs, qui avaient de zélés collaborateurs de l'occupant ottoman. Interviendra également l'expulsion des Maures quelques années plus tard.


L'Entrée des Rois Catholiques à Grenade
(fresque de l'Alhambra du XVIe siècle)


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Mardi 2 janvier 2007
Lorsque le bruit se répand que Mendès France va venir au Maroc, mes amis décident de l’exécuter. Je devine qu’il ne s’agit plus là de politique, mais de vengeance. Ils veulent faire payer le prix fort à l’homme qui a entériné l’indépendance du Maroc et l’abandon de l’Indochine après Diên Biên Phû. Le plan consiste à le mitrailler en pleine ville sans se soucier des passants.
[...] Il est décidé, [...] que l’[assassinat] se déroulera dans un quartier peu fréquenté de Rabat, pendant que le président du Conseil se reposera à la Maison de France. Nous serons quatre, Beltran, son beau-frère, un certain Sérou, lieutenant aux Affaires indigènes, et moi, qui servirai de chauffeur.[...] J’ai rendez-vous avec le groupe de tueurs au Café de la Gare de Rabat. [...]
Enfin, à la nuit tombée, Sérou me demande de conduire le groupe à la Maison de France.
Je stoppe à quelques mètres de l’imposante bâtisse blanche devant laquelle se tiennent des gardes mobiles. Sérou m’ordonne de rester dans la voiture avec le beau-frère de Beltran et de me tenir prêt à démarrer sitôt qu’il reviendra. Puis il s’éloigne avec Beltran.
Les deux hommes réussissent à escalader le mur d’enceinte sans attirer l’attention des gardes. Derrière moi, le beau-frère de Beltran est de plus en plus inquiet. Au bout de quelques minutes, des rafales de mitraillette éclatent. Sérou, le souffle court, s’engouffre dan la voiture, et, braquant son arme vers d’éventuels poursuivants, m’ordonne de démarrer.

-  Beltran s’est fait descendre, annonce-t-il lorsque nous nous sommes suffisamment éloignés.
Soucieux du sort de mon ami abandonné aux gardes de la Maison de France, je ne pose aucune question sur Mendès France. Après avoir reconduit Sérou et le beau-frère de Beltran, je file à Casablanca. C’est là que, le lendemain matin, je découvre l’issue de notre expédition. C’est un véritable fiasco. Un gendarme a été touché au ventre. Selon les journaux, Beltran aurait reçu une balle dans l’épaule. Quant à notre cible, Pierre Mendès France, il n’était même plus à Rabat. [...]


Bob Denard, Corsaire de la République, Robert Laffont, avril 1998.




Et puis, pour le plaisir, Pierre Poujade évoquant
la Grande Figure de Pierre Mendes France (sic).





(et c'est tellement vrai...)
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Mercredi 27 décembre 2006

Il y a 105 ans, le 27 décembre 1901, les syndicalistes jaunes, ouvraient la première Bourse du travail indépendante, s'affirmant clairement sur la scène du syndicalisme français. Après d'intéressants succès durant les premières années, le syndicalisme anti-collectiviste sombra dès avant le déclenchement de la première Guerre Mondiale. C'est également l'histoire du rendez-vous manqué des nationalistes et du peuple ouvrier de France.


Pour aller plus loin, il est possible de consulter un ouvrage sur le site de la Biblithèque nationale de France :

Biétry Pierre, Les jaunes de France et la question ouvrière, Paris, P. Paclot, [1906] :


A noter deux études récentes consacrées à Pierre Biétry :

- Pineau Nicolas. Le syndicalisme des Jaunes et la pensée politique de Pierre Biétry : entre contre-révolution et fascisme, Toulouse 1, IEP, 2002.
- Christophe Maillard, "Pierre Biétry (1872-1918). Portrait d'un syndicaliste oublié à la Belle Epoque", Les cahiers d'histoire sociale, 2004, n°24 (automne-hiver),
pages: 145-163.


Je proposerais prochainement ici une biographie de l'autre grande figure - bien oubliée celle-ci - du syndicalisme jaune, Paul Lanoir.

Voici un article de Jean-Jacques Mourreau, paru dans le magazine Enquête sur l'histoire,  n°27 (juillet-août 1998), magazine auquel a succédé la toujours excellente NRH (Nouvelle revue d'histoire).





Un syndicalisme national. Les Jaunes contre les Rouges par Jean-Jacques Mourreau.


Dans le jargon syndical, leur nom demeure synonyme d’insulte, même si personne ou presque ne sait ce qu’ils furent. Ils voulaient la liberté du travail, l’organisation du droite de grève, l’accession à la propriété, l’entente cordiale entre l’ouvrier et le patron, la liberté d’association et d’enseignement, la décentralisation. Ils s’opposaient au collectivisme des Rouges…

 

Au terme d’une histoire édifiante dont il a achevé la rédaction le 10 juin 1936 à bord du Félix Dzerjinski, Aragon met en scène un “jaune” qui rallie des grévistes découragés[1]. Trente ans plus tôt, un romancier aurait aussi bien pu imaginer l’inverse. Le mouvement des Jaunes est né “dans la tourmente des grandes grèves qui éclatent de 1898 à 1901, dans beaucoup de centres industriels importants”, écrit l’historien israélien Zeev Sternhell[2], l’un des rares à s’être intéressé au sujet[3]. “C’est l’échec de ces grèves, dit Sternhell, avec leur cortège habituel de souffrances et de violences, la désorganisation momentanée des syndicats “rouges” et l’appui de certains parons, qui ont provoqué et facilité la création de syndicats indépendants”.

Pour comprendre, il faut ouvrier ce raccourci simpliste et rappeler que la vie politique de cette fin de ce siècle est singulièrement agitée : scandale politico-financier de Panama, attentas anarchistes, séquelles du boulangisme, affrontements entre dreyfusards et antidreyfusards. Les syndicats rouges font de la grève générale l’instrument de la lutte révolutionnaire destinée à détruire le capitalisme et la société bourgeoise. La loi Waldeck-Rousseau (1884) légalisant les syndicats fait fleurir des groupements indépendants, dont les premiers syndicats chrétiens formés sous la houlette de l’Eglise.

Le surgissement des Jaunes ne vient pas d’en haut,  souligne l’historient britannique Theodore Zeldin[4]. Il naît de la violence qui est faite à ceux qui refusent la loi des Rouges. Circonstances ? Le 1er novembre 1899, à Montceau-les-Mines, des mineurs qui refusent de participer à une grève politique, se sont retranchés dans le café de la Mairie. Assailli par les  Rouges, ils résistent aux coups de revolver, aux pierres et aux projectiles divers. La troupe, la gendarmerie interviennent.

Débloqués par les charges ce police, les assiégés remplacent les carreaux cassés par des feuilles de papier jaune dont ils avaient un stock “Ils étaient baptisés. Les Rouges, par dérision, appelèrent le siège social des indépendants qu’ils avaient saccagé : “Syndicat jaune”[5]

La résistance des ouvriers de Montceau-les-Mines est un signal. Le mouvement s’étend rapidement dans les bassins miniers, au Creusot, à Montbéliard et à Paris. En mars 1901, le cheminot Paul Lanoir[6], le “père des Jaunes”, est porté à la tête de l’union fédérative des syndicats indépendants (jaunes). L’ouvrier horloger Pierre Biétry [ci-dessous caricaturé par les rouges], transfuge du syndicalisme révolutionnaire, entre en scène en qualité de secrétaire général adjoint...


Pierre Biétry caricaturé.


Le mouvement des syndicats indépendants qui fait sien le symbole corsaire de la fleur du genêt, n’est pas une coquille vide. Il regroupe 317 syndicats et près de 100 000 adhérents. Il dispose d’un hebdomadaire L’Union Ouvrière et de l’aide du bonapartiste Laroche-Joubert, fabricant de papier à Angoulême. Le 27 décembre 1901, il ouvre à Paris la première bourse du travail indépendante[7]. Les élections de mai 1902 approchent...

A la veille de l’inauguration, le 23 décembre, Emile Loubet a reçu à l’Élysée ses représentants conduits par Paul Lanoir. Le président de la République, qui n’aime pas les socialistes, leur a prodigué ses encouragements. Il n’est pas le seul. Jules Méline, admirateur de Proudhon dans sa jeunesse, leur fait bientôt des clins d’œil et leur apporte le soutien de l’Association républicaine. On va jusqu’à dire que Waldeck-Rousseau aussi…

Le premier congrès des Jaunes se tient à Saint-Mandé les 27, 28 et 29 mars 1902. Le programme s’exprime par cette formule : “ Le Capital-travail et le Capital-argent sont les RRRR l’un à l’autre.”

Des dissensions éclatent peu après. Quels en sont tes motifs ? Biétry accusera Lanoir d’avoir cherché à complaire au patronat en se limitant à former “des groupes anti-grévistes avec des moyens d’existence identiques à ceux des Rouges.[8] En tout cas, Biétry fait sécession. Organisateur et meneur d’hommes, il est suivi par les ouvriers horlogers, la Fédération du Livre, les dessinateurs industriels, les employés de commerce, les employés du gaz. Le 1er avril 1902, les dissidents fondent la Fédération nationale des Jaunes de France. Ils se donnent le programme qu’ils réclamaient vainement à Lanoir.

 

Un programme prophétique

 

Les Jaunes ne se contentent pas de dénoncer la politisation des grèves et du syndicalisme. Novateurs sur bien des points, ils annoncent le syndicalisme réformiste et certains grands thèmes des droites à venir. Ils se déclarent hostiles aux socialistes collectivistes. A l’étatisme des Rouges ils opposent la décentralisation. Biétry précise : “Les Jaunes demandent à l’État de s’occuper de l’armée. de la marine, des relations étrangères, de la justice, etc., et de laisser aux initiatives privées des Français, – dans des divisions administratives régionales –, le soin de presque tout le reste...

Refus de la grève anarchique et révolutionnaire des Rouges. Cela ne veut pas dire qu’ils se prononcent contre le droit de grève. Ils réclament l’organisation du droit de grève (préavis) et des dispositions en faveur de l’arbitrage. Partisans de l’association du capital-travail au capital-argent, thème que l’on retrouvera plus tard traduit par la formule “association du Capital et du Travail”, ils récusent la lutte des classes et se prononcent pour l’entente des classes, Leur but est de “faire revivre la paix sociale, l’harmonie entre les hommes”. Biétry précise : “Leur lutte contre les monopoles, contre le socialisme, contre I’étatisme, rendra la liberté et donnera l’accès de la propriété à des milliers d’être humains jusqu’ici asservis par l’argent ou par l’Etat.”

 

 

Les Jaunes contre les Rouges :

soupe organisée par un syndicat jaune pour les ouvriers non grévistes

lors d'une grève, vers 1905, dans le bassin de Longwy.







 


Liberté d’association et liberté d’enseignement... “Les Jaunes demandent, explique Biétry, la liberté absolue d’association, supprimée par Ici Révolution qui nous a tous mis sous tutelle ; ils réclament la liberté de l’enseignement ; chacune de ces libertés aide les autres. Est-ce que les grondes universités anglaises ou allemandes sont déchues parce qu’elles ne sont pas sous la férule de l’État ? Est ce que leurs professeurs ne sont pas des homme de valeur ? Et cependant ils se développent en dehors de l’ingérence de l’Etat.”

Négation de la lutte des classes, anti-étatisme, accession à la propriété ouvrière, actionnariat populaire on cherche vainement ce sur quoi Sternhell peut faire peser le soupçon de fascisme. Est-ce parce qu’à l’internationalisme des Rouges, les Jaunes opposent “un patriotisme intelligent” ? Ou parce que, sacrifiant à l’esprit de l’époque qui dépasse le clivage gauche-droite, les Jaunes sont volontiers anti-dreyfusards ?[9].

Le mouvement des Jaunes bénéficie de l’appui d’anciens boulangistes de gauche, du bureau politique du duc d’Orléans, de royalistes comme la duchesse d’Uzès, du journaliste Rochefort. Soutenu par La Croix, alors à la pointe de l’anti-dreyfusisme, il attire les syndicats indépendants chrétiens. Ce qui ne va pas sans heurts. Le congrès de mars 1904 est marqué par l’expulsion des démocrates-chrétiens du groupe lillois de l’abbé Lemire. Dès lors, la guerre s’installe entre le mouvement jaune et les adeptes du Sillon de Marc Sangnier. A la fin de l’année 1905 dans Demain, Paul Bureau,  consacre deux articles  féroces à dénoncer les ambiguïtés perverses du mouvement des Jaunes ,allant jusqu’à parler d’associations hybride ou louche, mi-politiciennes, mi-professionnelles.”[10] De ce conflit, témoignent les souvenirs de Jules Zirnheld, l’un des fondateurs de la CFTC[11].

Le congrès de 1906 marque l’éloignement à l’égard des origines ouvrières. Biétry, qui ne parle plus de “socialisme national”, note “Ce qu’il y a eu d’admirable dans ce congrès, ce qui fait sa grande force, c’est qu’il représentait d’une façon parfaite notre belle et courtoise nation française, sans exclusion de personnes. Les ouvriers y causaient amicalement avec des patrons grands et petits, le soldat y coudoyait les généraux, la robe du prêtre n’y était point déplacée, le pasteur s’y rencontrait avec le paysan. L’ouvrier mineur serrait la main du représentant de la France d’autrefois ; l’industriel, le commerçant y faisaient cause commune avec des membres de l’Institut ; les poètes et les artistes y apportaient la note harmonieuse et élevée ; tous y étaient unis dans la même pensée de l’apaisement des esprits et de la réconciliation des cœurs.”

Alors, les jaunes recensent 409 syndicats ouvriers, 41 syndicats patronaux. Ils comptent, selon l’affirmation de Biétry, 500 000 membres “décidés à ne pas se laisser faire la loi par 337 000 Rouges, dont les deux tiers marchent, pour ne pas dire les trois quarts, la mort dans l’âme, dans la crainte de dures représailles”[12]. Les Rouges, quant à eux. intensifient l’agitation. Le 1er mai 1906, ils lancent des manifestations pour la journée de huit heures. Les Jaunes, pour leur part, s’opposent à cette revendication A la limitation uniforme, ils préfèrent des horaires adaptés aux particularités de l’entreprise et aux exigences de la production.

 

 

Ci dessous : la Bourse independante syndicat jaune de Fougeres, en 1907.




Le mouvement est un bel instrument de combat. Un réseau de presse décentralisé pour diffuser ses idées et ses mots d’ordre. Il a même le projet de transformer en quotidien Le Jaune dont le premier numéro était paru le 1er janvier 1904, comme organe de la Fédération des syndicats indépendants. Une forte implantation dans le nord de la France. en particulier dans l’Est (Meurthe-et-Moselle, Territoire de Belfort). Des relais hors de France : Suisse, Allemagne, Autriche et même en Russie. Des soutiens patronaux : celui de Henri de Belaigue et celui sans faille de Gaston Japy. Patron des usines Japy, de Beaucourt. près de Belfort, ce protestant, ancien élève de l’École polytechnique, ne limite pas son rôle à être la caution de Biétry auprès d’autres patrons, il est aussi un compagnon de lutte généreux et actif[13]. Des soutiens intellectuels : l’économiste libéral et catholique Paul Leroy-Beaulieu, membre de l’Institut, professeur au Collège de France, qui appartient au Conseil national des Jaunes de France.

Courtisé et soutenu par la presse, Biétry bénéficie à la fois du soutien des royalistes et des bonapartistes. Sternhell note les articles que le chef des Jaunes signe dans Le Soleil, l’organe royaliste, les relations qu’il entretient aussi avec l’Action libérale de Jacques Piou[14], la Ligue de la Patrie française, le soutien d’Édouard Drumont et de La Libre Parole, l’appui de l’ancien boulangiste Arthur Meyer. Biétry est l’enfant chéri de toutes les droites. Pour les gauches, il est “l’homme le plus détesté de France”, celui qui ose parler à la classe ouvrière. Biétry, quant à lui, se voit comme le champion providentiel des droites. Il songe dès lors à entrer en lice sur le terrain politique. Candidat à Brest contre le socialiste Émile Soude[15] lors des élections législatives de 1906, il bénéficie de l’appui d’une coalition hétéroclite où l’on retrouve des membres de l’Action libérale, de la très catholique Ligue des femmes françaises, d’ecclésiastiques et même de sillonnistes.

 

 

Jean Gauthier fondateur du syndicat jaune Bourse independante

lors de la greve de Longwy Moulaines (1905)


 

Le piège de la tentation politique

Élu député de Brest, le 20 mai 1906, Pierre Biétry a trente-neuf ans[16]. Il est à l’apogée de sa carrière. Le 15juin. à la Chambre, il se pose en rival de Jaurès. Les députés socialistes l’insultent. Il fait face avec calme, rompu qu’il est à l’épreuve de réunions autrement houleuses. A sa descente de la tribune, on l’acclame comme un triomphateur. La droite tout entière voit en lui son sauveur.

Grisé d’illusions, Biétry veut aller plus loin. Son dessein : faire naître une coalition des droites contre le bloc de gauche. Il constate bientôt son isolement. Les droites se dérobent. L’Action libérale de Jacques Piou qui a pensé l’utiliser, le tient maintenant pour un rival. L’Action française de Charles Maurras qui a cherché à capter son mouvement, lui coupe les vivres, lance ses propres organisations ouvrières, courtise l’extrême gauche et le considère en ennemi[17]. Lors du congrès de 1907, le mouvement se targue encore de grouper 852 syndicats ou associations, dont 439 syndicats ouvriers, 87 syndicats agricoles, 76 syndicats patronaux... et 12 journaux. Mais les défections se multiplient.

Le 23 mai 1908, Biétry lance le Parti propriétiste et se donne dix ans pour accéder au pouvoir. La Fédération des Jaunes est maintenue. Désorientée, ébranlée, elle se disloque. En 1909, elle tient son dernier congrès. En 1910, elle perd le contrôle sur les Jaunes du Nord. Elle finit par disparaître de l’horizon syndical. ses militants sont traqués par la “chasse aux renards” lancée par les Rouges[18]. Biétry connaît alors l’isolement et le regret d’avoir répudié son engagement syndical et ce “socialisme national” dont il se réclamait à ses débuts. Amer, il quitte la scène politique et bientôt la France[19]. Son aventure n’a duré qu’une décennie. Il n’en subsiste d’autre trace qu’une étiquette infamante.

Causes de l’échec ? La tentation de la “grande politique”, l’absence d’autonomie syndicale et de cohérence idéologique, le défaut de persévérance, la déloyauté des droites, mais aussi la courte vue du patronat qui ne conçoit le syndicalisme qu’inscrit dans la lutte des classes ou qu’en supplétif à sa dévotion.


 

Jean-Jacques Mourreau

 

 



[1] Les Beaux quartiers. Denoël, 1936.

[2] La Droite révolutionnaire, 1885-1914, Gallimard, 1997.

[3] Les historiens du syndicalisme français font curieusement l’impasse sur le mouvement de Biétry.

[4] Histoire des passions françaises, 1848 1945. Ambitions et amour, Le Seuil, 1978.

[5] Pierre Biétry, Les Jaunes de France et la question ouvrière. Paul Paclot & Cie, Paris,