Avertissement
Toutes explications et motifs seront donnés en temps utiles...
Nous reconstituerons en attendant les archives du site et ajouterons quelques articles qui nous seront communiqués.



[Voici la seconde partie de l'article d'Antonio Gibello, "José-Antonio une pensée vivante" ; voir également :
première partie ; seconde
partie]
La constitution de 1978.
En 1978, des Cortes qui n'avaient pas à l'origine de caractère constituant, se dépêchèrent d'approuver la constitution en vigueur.
Comme la constitution de 1931, celle de 1978 fut la conséquence d'un pacte. Ce ne fut pas le pacte de San sébastian qui renversa la monarchie de Sagonte.
Ce fut le pacte de Paris qui contribua, avec l'appui de quelques uns de ses principaux bénéficiaires, à la chute du régime de Franco, parce que le régime de Franco aurait pu se
prolonger en une monarchie sociale, catholique et représentative, telle que le prévoyaient les Lois fondamentales.
A sa place, la constitution de 1978,,dans son article 1er, proclame que « La forme politique de l'Etat espagnol est la monarchie parlementaire », pour dans
son article deuxième, tomber dans la flagrante contradiction d'affirmer d'une part, que « la constitution se fonde sur l'indissoluble unité de la nation espagnole, patrie commune et
indivisible de tous les Espagnols » et puis admettre d'autre part, que cette même constitution « reconnaît et garantit le droit à l'autonomie des nationalités et la composent
et la solidarité entre elles toutes ».
Or si l'on reconnaît l'existence des « nationalités » et si l'on garantit « le droit à l'autonomie » où reste « l'indissoluble unité de la
Nation espagnole » ?
La constitution de la République ne s'était pas risquée jusque là. Et c'est pour cela qu'elle peut répondre par le caractère meurtrier des armes à la tentative de sécession de
la généralité de Catalogne. La Monarchie pourrait-elle le faire aujourd'hui si une semblable tentative était consommée, quand déjà Monsieur Pujol intervient dans des forums internationaux ou
assiste à des réunions de la section espagnole de la Trilatérale, ou au nom d'une Catalogne expressément différenciée de l'Espagne ?
La préoccupation de l'unité de l'Espagne peine certains hommes politiques.
Vous connaissez tous par les moyens d'informations quelques cris d'alarme exprimés dans des biographies politiques significatives.
A propos de la grave polémique suscitée par l'exclusion du castillan dans de nombreux centres scolaires de Catalogne, victime de ce que depuis les tribunes du nationalisme
catalan subtilement séparatiste l'on appelle « bain linguistique » , un journaliste, Julian Barriga rappelait que la deuxième préoccupation du Comte de Barcelone fut celle de
l'unité de l'Espagne et que la préoccupation pour l'unité de l'Espagne peine certains hommes politiques qui ont un sens spécial de l'Etat.
La gravité de la situation (plus lourde de conséquences que le problème économique que nous subissons et que nous pourrions surmonter) est telle, qu'il y a exactement un mois,
le Général Sabino Fernancez Campo, ancien Chef de la Maison du Roi, faisait cette déclaration : « Nous devons lutter contre le danger de désagrégation de l'Espagne, parce que pour
moi, avec tout le respect que m'inspirent les autonomies et leurs systèmes, l'unité de l'Espagne prime tout. Cela me préoccupe non par ce que l'on est train de voir, mais par ce qui peut se
passer. »
Et que peut-il se passer ?
Et bien, tout peut arriver. Il peut arriver que les Forces Armées, dont le gouvernement socialiste a rogné les effectifs, les laissant désarmées, dans des conditions si
précaires qu'elles consomment pour leurs exercices les réserves de munitions prévues en cas de guerre, et dont les unités d'élite ont été éloignées d'Espagne, ne puissent exécuter ce qu'exige
d'elles la Constitution dans son article huit, entre autre causes, par manque de moyens et d'instruction, et surtout de moral, les partis politiques de gauche les incitant à l'insoumission.
Nous avons parlé de la Catalogne, où le nationalisme du parti qui dirige la Généralité, maintient encore dialectiquement ses aspirations « à l'unité de l'Etat
espagnol », comme l'a dit Don Jorge pujol.
Et au pays basque ?
Au Pays Basque, monsieur Arzallus, ce jésuite irrité, déserteur du sacerdoce, qui dirige le Parti nationaliste Basque, n'a pas usé des subtilités de Pujol et a souvent répété
que lui-même ne se sent pas espagnol et que son parti, sans la violence de l'ETA mais dans le même but, aspire à l'indépendance de l'Espagne.
Voici donc, en partie, le panorama espagnol de nos jouis. Ce sont là les conséquences de la Constitution.
Et c'est là que réside radicalement le véritable problème de l'Espagne : être ou ne pas être une Patrie unie irrévocablement.
Devant une telle situation, je ne réaliserais pas le but que je me suis proposé en acceptant votre invitation, si je ne réaffirmais pas, comme tant d'autres Espagnols,
spécialement en ces jours de commémoration de la mort de José-Antonio, ma fidélité à sa doctrine, non seulement pour des raisons dues au passé, mais fondamentalement pour ma foi résolue en une
proche renaissance de l'Espagne, dans la paix et la justice.
Aujourd'hui comme il y a cinquante sept ans, il faut mobiliser la conscience des Espagnols, en particulier celle des jeunes générations, des travailleurs et des universitaires,
que les groupuscules plus ou moins nombreux, plus ou moins radicaux, plus ou moins activistes, de gauche et de droite, essayent de harceler avec leur démagogie.
Dans cette conviction, je vous invite à reprendre courage, à vous fortifier par l'étude, le dialogue et la réflexion, à vous répandre sur tout le campus soulevant une vague de
foi et d'espérance sur la réalité suprême de l'Espagne.
Aujourd'hui, l'Espagne est plongée dans une crise totale. L'y ont conduite l'incapacité et la corruption de la gauche au gouvernement, et l'égoïsme, la complicité et également
la corruption, à quelque degré que ce soit de la droite.
Dans une telle situation, José-Antonio s'adresse à la jeunesse en prononçant des paroles exigeantes. A l'occasion de son discours du 17 novembre 1935, il affirmait :
« Il faut proposer une tâche positive. Celle de donner à l'Espagne ces deux choses perdues : d'abord une base matérielle d'existence qui élève les Espagnols au rang d'êtres humains, puis la foi en un destin national collectif et la volonté résolue de renaissance »...
Que personne ne se dérobe aujourd'hui à cette mission qui est à nouveau celle de la relance physique, économique, sociale et morale de l'Espagne.

Cette tâche vous revient essentiellement à vous, universitaires, et spécialement à vous qui instruisez votre intelligence grâce au savoir et à l'éthique du droit.
«L'Espagne, disait José-Antonio en 1935, dans un cours adressé aux étudiants de cette faculté, a besoin d'urgence d'un niveau élevé de la moyenne intellectuelle ; étudier c'est
déjà servir l'Espagne »... Et il ajoutait : « mais personne, même s'il se spécialise dans un travail, ne peut se soustraire à l'effort commun de la
politique. »
Je pourrais continuer avec d'autres références fondamentales. Mais le temps est épuisé. Accourez si vous sentez l'appel du devoir, si vous aspirez à construire l'avenir de vos
propres mains, à la fontaine inépuisable de l'inspiration droite qui est celle de la pensée de José-Antonio.
La chute du communisme a plongé l'Europe et le monde dans la perplexité. Commentant cette crise, Peter Drucker a écrit récemment un livre intitulé : La fin du
capitalisme, dans lequel il analyse et sonde l'avenir de la société post-capitaliste. Dans ce livre nombreuses sont les coïncidences qui se profilent avec l'essence de la pensée de
José-Antonio, tout comme on perçoit des exigences identiques dans le magistère social des derniers papes, spécialement en ce qui concerne le caractère de participation du facteur travail dans les
résultats de la production économique.
D'autre part, Alain Touraine, dans sa Critique de la modernité, médite également sur l'avenir après le renversement des systèmes communistes en Europe et, bien qu'il
se montre partisan décidé du libéralisme politique fondé sur les partis politiques, il critique vivement ceux qui croient « que l'économie de marché peut être un instrument pour
construire la société de l'avenir, au seuil du vingt-et-unième siècle, s'ils oublient d'autres conditions requises fondamentales pour l'homme. »
Or, ces autres conditions requises fondamentales pour l'homme, qui affectent sa propre dignité, sa liberté essentielle, son droit à participer au destin commun de
la Patrie, en apportant son travail et son savoir, sont définis méthodiquement et avec une claire évidence dans la pensée de José-Antonio.
Suivons le chemin qu'il nous a tracé, assumons son exemple, et nous recouvrerons l'Espagne.

INDICATIONS CHRONOLOGIQUES
-1873 : La première République dure onze mois.
-1874 : Début du règne d'Alphonse XII.
-1898 : Guerre à Cuba contre les Etats-Unis L'Espagne perd ses dernières colonies : Cuba, Porto-Rico, les Philippines.
-1902 : Début du règne d'Alphonse XIII.
-1903 : Naissance de José-Antonio Primo de Rivera, fils du général Primo de Rivera, Marquis d'Estella et Grand d'Espagne.
-1923 : Avènement de la dictature du général Primo de Rivera *.
-1930 : Le général Primo de Rivera rend ses pouvoirs et quitte l'Espagne. Il meurt un mois et demi plus tard, à Paris.
Le 17 aout, pacte de San Sébastien qui réunit en « un comité révolutionnaire permanent » toutes les tendances anti-monarchistes. Parmi les signataires figurent Eduardo Ortega y Gasset*
et Manuel Azana *.
-1931: Victoire des Républicains aux élections municipales.
«La République du 14 avril» donne la majorité aux monarchistes mais choisit des conseillers républicains dans les grandes villes. Le Roi choisit l'exil. Cette République manifeste son
anticléricalisme et son anti-militarisme au lieu de prendre les mesures économiques urgentes.)
Les élections du 28 juin 1931 amènent une majorité écrasante du centre-gauche.
En septembre, José-Antonio se présente comme candidat aux Cortès, à Madrid. Il n'est pas élu. En décembre, démarrent les séries de grèves, les désordres, les incendies, les assassinats...
-1932 : Le 20 janvier, à Barcelone, la Confédération Nationale des travailleurs publie un manifeste déclarant la déception des travailleurs. «... l'Etat est le premier ennemi du peuple...» Le
gouvernement d'Azana fait immédiatement intervenir l'armée et la garde civile qui étoffent la rébellion en trois jours. Des centaines d'anarcho-syndicalistes sont jetés en prison. Le
« Groupement au service de la République » fondé par Ortéga y Gasset et qui avait largement contribué à la venue de la IIe République, dissout son mouvement. Déçu par cette République,
il ne cesse de répéter « Ce n'est pas çà ! Ce n'est pas çà ! »*.
-1933 : L'un des maux du pays est la catastrophique organisation économique, sociale et juridique des terres cultivables que l'Etat ne peut racheter. La noblesse n'en possédait que 10%,
l'expropriation toucherait donc la petite et moyenne bourgeoisie possédant. Les paysans s'impatientent. Le 10 janvier, les anarchistes proclament le communisme libertaire au village de Casa
Viejas*. La situation se gate. Azana fait dire au capitaine Rojas « Pas de prisonniers, pas de détenus. Après il n'y a que des innocents. Tirez au ventre, tirez au ventre ! ».
Le 29 octobre, meeting au « théâtre de la Comédie », fondation de la Phalange.
Le 3 décembre, après la dissolution aux Cortès, la droite et le centre obtiennent plus de 5 millions de voies ; la gauche, moins de 3 millions.
José-Antonio est élu député aux Cortès pour la province de Cadix.
-1934 : Fusion de la Phalange et des « Juntas Offensiva Nacional syndicalistas » (JONS). Les chefs de la FE de las JONS sont José-Antonio Primo de Rivera, Onésimo Redondo, Ruiz de Alda
et Ledesma Ramos. Création de la « Section féminine » avec Pilar Primo de Rivera à sa tête.
Socialistes et anarcho-syndicalistes préparent la révolution. Le 1er octobre, Gil Robles, président de la CEDA, renverse le gouvernement. Le 4 octobre, nouveau gouvernement. Le Parti Socialiste
Espagnol (PSOE) et l'Union Générale des Travailleurs (UGT) se réunissent et décident le soulèvement.
-1936 : Victoire du Front Populaire aux élections de février. Le 14 mars, la direction générale de la sureté ordonne la fermeture de tous les centres de la FE de las JONS et l'arrestation des
principaux chefs. José-Antonio est arrêté à son domicile et mis à la prison Modèle de Madrid.
Le 6 juin, après l'échec de plusieurs tentatives d'évasion, il est transféré à la prison d'Alicante. De là, il donne l'ordre aux Phalangistes de toute l'Espagne de collaborer au soulèvement
militaire qui se prépare. Le 20 novembre, José-Antonio est fusillé avec quatre autres jeunes, deux militants phalangistes et deux réquetés qu'il encourage en disant : « Courage garçons,
il ne s'agit que d'un moment. Nous obtiendrons une vie meilleure ! »
-1937 : Décret d'unification entre la CTC (Communion Traditionaliste Carliste) et la FE de las JONS. Naissance de la FET (Falange Espanola Tradicionalista y de las JONS)
-1939 : Victoire des Nationalistes.
-1955 : L'Espagne entre à l'ONU. Début de l'industrialisation, du tourisme (6 millions de visiteurs en 1960, 24 millions en 1970).
-1966 : Référendum sur les nouvelles lois organiques du Régime. Dissolution « de facto » de la FET y de las JONS. Apparition au sein du « Movimiento Nacional » et hors du
« Movimiento » (c'est à dire dans la clandestinité) d'organisations de contestation phalangiste.
-1969 : Juan Carlos est désigné comme successeur.
-1975 : Mort du général Franco.
-1978 : La Constitution. Légalisation des partis politiques. Reconstitution de la FE de las JONS. Raimundo Fernandez Cuesta légataire testamentaire de José-Antonio en devient le troisième chef
national ( après José-Antonio et Hédilla).
-1981 : Le 23 février, tentative de coup d'Etat militaire par le colonel Tejero.
-1982 : Victoire du PSOE.
(* renvoi dans le texte)
Plus :
- Discours prononcé par José Antonio Primo de
Rivera le 29 octobre 1933 au Théâtre de la Comédie de Madrid.
- La marche de Los Caïdos 2007.
- Jose Antonio, présent ! suivi de Cara al Sol.
[Voici la seconde partie de l'article d'Antonio Gibello, "José-Antonio une pensée vivante" ; voir également :
première partie ; troisième partie]
Y a t-il vraiment un renforcement indiscutable et indiscuté du système démocratique
?
Sans quelque intention offensive que ce soit envers la Haute magistrature du Roi, il y a lieu de se demander si ce système, (auquel il fait allusion avec un tel enthousiasme)
est le système démocratique actuellement en vigueur, ou s'il s'agit du système démocratique idéal et utopique. Si c'est celui fondé sur les partis politiques dans leurs structures actuelles et
les lois électorales en vigueur, ou s'il s'agit d'une aspiration idéale, académiquement irréprochable, qui ne ressemble en rien aux démocraties en vigueur dans le monde occidental auquel nous
appartenons et moins encore au régime qui survit, sous le signe de la terreur et du crime d'Etat, dans les « démocraties dites populaires ».
Parce que si l'exemple auquel nous faisons allusion est celui qui se débat dans les contradictions de l'Europe atomisée, de l'Europe qui s'affronte, celle dans laquelle nous
vivons, et dont la réalité la plus profonde est occultée par les centres du pouvoir politique et économique et leur information intoxiquée, non seulement il n'est pas indiscutable; mais plus
encore, il a déjà été « discuté » , et chaque fois avec plus d'intensité, par d'importants intellectuels clairvoyants et par des secteurs grandissants de citoyens européens et
espagnols.
Quelques exemples :
Franco Battiato, musicien italien très populaire, disait récemment que « les démocraties actuelles sont une farce ». Il contemplait sans doute la réalité
immédiate de son pays où la corruption est générale, aussi bien parmi les hommes politiques de gauche que de droite, aussi bien dans la banque que dans l'industrie, avec peut être une seule
exception : c'est bien le hasard qui est celle du Mouvement Social Italien : les juges n'ont rien pu y trouver de malhonnête.
Continuons cette foi-ci avec quelques références espagnoles, qui ne seront pas les affaires les plus significatives des scandales économiques du Parti Socialiste et de ses
compères au pouvoir, mais d'autres plus sérieuses et alarmantes. Il faudra y répondre rapidement si nous ne voulons pas périr en tant que nation.
A l' occasion de la crise dont souffre le journal Ya,( peu distincte de la persécution subie par le journal El Alcazar ou par El Independiante, (pour
signaler seulement les cas de journaux qui n'ont pas transigé avec la docilité exigée par le pouvoir) un journaliste connu affirmait que « il s'est produit un travestissement de la
démocratie par le pouvoir, comme si un système électoral, que je soutiens ne pas être démocratique (affirmait l'orateur) pouvait tout légitimer. » Et en référence au même thème, un
professeur de l'université d'Alcala de Henares, ajoutait que « les processus de détérioration du droit à l'information supposent une involution démocratique. »
Il y a mieux encore.
Julian Marias (penseur dont personne n'osera mettre en doute les ferveurs libérales) dans un article récent, publié dans «A.B.C.» le 23 septembre 1993, affirmait :
« J'ai l'impression que nous sommes enveloppés dans un filet de fausseté, chaque fois plus serré, il en peut être asphyxiant... » Et il ajoutait, en se référant toujours à
l'Espagne :
« la démocratie est faussée. Le seul système qui, à notre époque, peut avoir une légitimité – par des listes électorales closes et bloquées, c' est à dire, dépersonnalisées et irresponsables, par l'assujettissement à des ordres de parti qui annulent la liberté des représentants du peuple, par la lecture des discours dans un parlement où on ne parle pas contradictoirement, par l'appropriation indue qui fait ce Parlement de fonctions qui correspondent à d'autres pouvoirs de l'Etat, en même temps qu'il renonce aux fonctions qui lui appartiennent... »
Alors, pourquoi nous donner maintenant comme exemple « indiscutable », le système démocratique en vigueur ? Sera-ce parce que son implantation globale favorise
l'aspiration mondialiste de ses protecteurs de la commission Trilatérale, infiltrée dans tous les centres du pouvoir, même en Espagne ?

Un dernier apport documentaire, pour qu'il soit bien clair que la critique faite par José-Antonio du système démocratique libéral, ne constitue pas une
excentricité intellectuelle ni, tant s'en faut, un cas insolite manquant de vigueur actuelle.
Maurice Duverger, professeur à l'université de Paris et spécialiste de l'étude des partis politiques, affirmait déjà en 1950, que « l'organisation des partis n'est
certainement pas en accord avec l'orthodoxie démocratique... » et que « les parlementaires eux mêmes sont soumis à cette obéissance : la discipline du
parti. »
Il ajoutait encore : « Nous vivons avec une notion totalement irréelle de la démocratie. »
« "Gouvernement du peuple par le peuple", " gouvernement de la Nation par ses représentants" : [...] belles formules qui ne signifient rien. On n'a jamais vu un peuple se gouverner lui même, et on ne le verra jamais. »
Rousseau lui même l'a dit ; (il est l'auteur du Contrat Social et le père de la démocratie libérale) : « En prenant le terme dans la rigueur de son
acception, une véritable démocratie n'a jamais. existé et n'existera jamais ».
Nous nous trouvons alors devant un problème sans solution ? Je ne le crois pas.
Renoncement au système démocratique.
Déjà en 1931, José-Antonio dans une conférence sur la forme et le contenu de la démocratie, prononcée dans le local de l'Union Patriotique, au moment même où il reconnaissait
que « l'aspiration à une vie démocratique, libre et paisible, sera toujours le point de mire de la science politique, par dessus toute mode », faisait remarquer que si « la
démocratie a échoué comme forme c'est parce qu'elle n'a pas su nous procurer une vie vraiment démocratique dans son contenu.»

Il n'est donc pas contradictoire que, des années plus tard, quand sa maturité intellectuelle et politique est entière, José-Antonio renonce à la forme démocratique du système
des partis et favorise sa substitution, par la représentation familiale, municipale, syndicale, qui est une démocratie d'un contenu que ni les hommes politiques, ni les intellectuels de nos jours
osent même proposer, en raison de ce qu'elle présente comme modification révolutionnaire du système juridico-politique.
Et, même si pour les seuls effets dialectiques, nous admettons l'hypothétique virtualité politique du système démocratique libéral, tel que nous le connaissons dans la pratique
en Espagne et tel qu'il existe dans l'environnement européen et américain (qui encadre le monde occidental), c'est-à dire, tel que le Roi l'exaltait devant l'Assemblée Française, on ne pourrait
dire de ce système qu'il soit juste dans sa dimension économique ni dans la mise au point des relations sociales du travail qui dérivent de l'économie.
Un système démocratique, pour être parfait, même dans ses limites humaines, devrait être efficace autant au niveau de la politique (où à évidence il ne l'est pas) que dans le
tissu de la structure sociale et économique des peuples. Et même ceux qui le défendent avec le plus de ferveur, n'osent pas dire que les structures économiques et sociales, aussi bien celles de
la Communauté Européenne que celles des Etats-Unis d'Amérique du Nord (pour ne citer que deux zones d'influence qui font pression sur notre réalité sociale actuelle), soient économiquement
démocratiques.
Or, en suivant la pensée de José-Antonio, nous devons affirmer qu'il ne peut y avoir, qu'il n'y a pas, de démocratie politique possible sans convergence démocratique économique
et sociale, qui en aucun cas ne peut être égalitaire : ceci est un autre mythe antinaturel cultivé avec délectation par le sophisme libéral et par la démagogie marxiste. Cette convergence
démocratique économique et sociale doit être fortement solidaire et procurer à l'homme, à tous les hommes, par le fait même de l'être, « la manière de gagner avec son travail, une vie
humaine juste et digne », telle que la défendait José-Antonio et telle que nous, ses disciples, la défendons encore.

Le socialisme, réaction contre les abus du capitalisme.
José-Antonio reconnut, par pure cohérence intellectuelle et sens de la réalité politique, la légitimité de la naissance du socialisme comme réaction contre les abus du
capitalisme. Mais le socialisme enseigné par Karl Marx proclame la lutte des classes, qualifiée par José-Antonio de « dogme monstrueux » et propose comme scientifique,
l'interprétation matérialiste de l'histoire, qui apporte (nous l'avons déjà trop vu dans les dernières décades, dans les pays communistes), « comme le libéralisme économique : la
désagrégation, la haine, la séparation, l'oubli de tout lien de fraternité et de solidarité entre les hommes. »
Ce sont les paroles du Fondateur, dans son discours du 29 octobre 1933. Mais n'importe lequel d'entre nous pourrait ajouter à ces paroles (spécialement depuis l'écroulement du
socialisme réel, imposé par le Parti Communiste en Union Soviétique et dans les pays de l'Est de l'Europe, et survivant dans la Cuba de Fidel Castro, dans la Chine de Li Peng, en Angola,
Mozambique, Erythrée, Soudan, Abyssinie et une multitude de pays du Tiers Monde, en Asie, Afrique, Amérique et quelque peu en Europe) que, outre ce manque de solidarité et cette haine, le
socialisme, même dans sa version « sociale démocrate », a apporté aux peuples la pauvreté, l'injustice sociale, le viol des droits au travail des travailleurs, l'inégalité
devant la loi, la corruption , la fraude et la faillite morale et économique de l'Etat lui même et de ses institutions essentielles. Voyez la situation dans laquelle se trouve l'Espagne sous le
gouvernement socialiste.
Comme vous le voyez, presque sans en avoir l'intention, conduit par le fil de la pensée vivante de José-Antonio, nous sommes allés par étapes entre le passé et le présent,
comme très rapidement, nous le ferons vers le futur.
Face au libéralisme et socialisme, José-Antonio propose un faisceau d'actions.
José-Antonio ne se limite pas, cependant, à formuler une critique du libéralisme et du socialisme qui, à son époque, conduisirent à la désagrégation et à la perte de la
conscience nationale et de la conscience sociale, de la même manière qu'ils nous ont plongé aujourd'hui, nous, Espagnols, dans une impasse.

Mais devant la crise des valeurs, devant la perte de l'Etre de l'Espagne et du peuple espagnol, José-Antonio propose un faisceau d'actions qui synthétisent les aspirations les
plus décisives et les plus chères du peuple espagnol, et qui conjuguent tout ce qu'il y a de bon à droite et tout ce qu'il a de bon nourrit également les racines les plus nobles de la gauche.
Et, tout est fait en fonction et au service de l'Homme, de la Patrie et de la Justice sociale, qui forment la trilogie vers laquelle se fonde tout l'ensemble des idées
essentielles de José-Antonio, parce que, en plus de la valeur permanente de ses entités essentielles respectives, elles étaient dans les années trente – et le redeviennent dans cette décade des
années quatre vingt dix – sous le même système pseudo-démocratique, stérile et contradictoire, les concepts les plus menacés et ceux auxquels ils convient d'apporter les solutions les plus
urgentes.
Remarquez comment José-Antonio comprend l'homme. Déjà, dans les fameux « nous voulons » du discours de fondation, José-Antonio proclame :
« Nous voulons moins de verbiage libéral et plus de respect pour la liberté profonde de l'homme. Parce que l'on respecte seulement la liberté de l'homme quand on l'estime, comme nous l'estimons, porteur de valeurs éternelles ; quand on l'estime enveloppe corporelle d'une âme capable d'être condamnée et d'être sauvée. C'est seulement quand on considère l'homme ainsi, que l'on peut dire que l'on respecte vraiment sa liberté, et plus encore, si cette liberté se conjugue, comme nous le prétendons, avec un système d'autorité, de hiérarchie et d'ordre. »

Le programme de José-Antonio.
Et, qu'est ce qui est défendu dans le programme normatif rédigé par José-Antonio lui-même (c'était la synthèse des travaux présentés par le 1er Conseil National de
l'indissoluble unité de la Falange Espanola de las JONS) ?
Son septième point définit sans équivoque :
« la dignité humaine, l'intégrité de l'homme et sa liberté qui sont des valeurs éternelles et intangibles. Mais seul est libre celui qui fait partie d'une Nation forte et libre. Il n'est licite pour personne d'user de sa liberté contre l'union, la force et la liberté de la Patrie. Une discipline rigoureuse empêchera toute tentative d'empoisonner les relations, de désunir les Espagnols ou de les pousser contre le destin de la Patrie.»
Je veux ouvrir ici une brève parenthèse. En jugeant ces affirmations, il y eût alors (et il y a encore maintenant) ceux qui comprennent que José-Antonio proposa un système
dictatorial, « un Etat absorbant qui annule l'individualité ». José-Antonio répondit à cela avec des paroles qui prennent aujourd'hui, à nouveau, leur pleine signification et
plus encore, quand on reparle, maintenant depuis le sanhédrin du libéralisme capitaliste nord-américain, d'un nouvel ordre mondial sur la base de l'implantation universelle des lois économiques
du marché. A ce « nouvel ordre » capitaliste qui essaye d'imposer au monde la puissance militaire des Etats-Unis, doit s'opposer, l'Espagne et l'Europe. L'Espagne et l'Europe
peuvent opposer dans le domaine éthique et moral des idées et de la justice, un « nouvel ordre chrétien », et comme le disait José-Antonio « il faut commencer par
l'homme, par l'individu, comme occidentaux, comme Espagnols, et comme chrétiens » .Commencer par l'homme et passer par ses unités organiques, et ainsi nous passerons de l'homme à la
famille et de la famille à la commune et d'autre part au syndicat, pour parvenir à l'Etat, qui formera un tout harmonieux. Et il ajoutait :
« Dans cette conception politico-historico-morale avec laquelle nous contemplons le monde, la solution économique est implicite ; nous démolirons l'appareil économique de la propriété capitaliste qui engloutit tous les bénéfices pour lui substituer la propriété familiale, la propriété communale et la propriété syndicale. »
Et pour qu'il n'y ait pas d'équivoque au sujet de la finalité du mouvement, en un moment de profond pessimisme historique et de décadence matérielle et morale, José-Antonio
lance cette autre affirmation importante : « Nous ne satisfaisons pas nos aspirations en configurant l'Etat d'une autre manière. Ce que nous voulons c'est rendre à l'Espagne un
optimisme, une foi en elle-même, une ligne claire et énergique de vie en commun ».
Idée qu'il confirme et réaffirme en de multiples occasions en insistant sur le fait que notre régime – celui qu'il proposa et celui que nous défendons et proposons face à
l'Espagne sans vigueur ni guide de cette fin de siècle sera tout à fait un régime national et sera profondément social, sans démagogie, parce qu'il n'y en aura pas besoin, mais implacablement
anticommuniste, de sorte que « il faut relever sur une base matérielle humaine l'existence de notre peuple; mais il faut aussi l'unir par le haut : il faut lui donner une foi
collective, il faut en revenir à la suprématie du spirituel. »
Comme vous pouvez le voir, nous aurions beau le vouloir, que nous ne pourrions exposer dans le cours espace de temps d'une conférence plus ou moins étendue, la riche source
d'idéaux suscitée par la pensée de ]osé-Antonio.
Malgré tout, l'un de ses concepts fondamentaux requiert aujourd'hui une attention spéciale.
La constitution républicaine de 1931 fut le reflet des engagements pris dans le pacte de San Sébastien, en 1930, d'après Miguel Maura (cf. ses Mémoires) qui fut l'un
de ses signataires et le Premier ministre du gouvernement de la deuxième République. Parmi ces engagements, attentatoires à l'unité nationale, figurait la promesse faite aux représentants
catalans que, dès qu'elle serait au Pouvoir, la République concèderait à la Catalogne et au Pays Basque, leurs statuts respectifs d'autonomie. Dans les pages les plus tragiques de l'Histoire de
notre siècle sont écrites les conséquences que déclenchèrent ces concessions et ce manque de sens historique national.

Pour une unité de destin.
Au sujet du statut de la Catalogne octroyé par la deuxième République, la position de José-Antonio (et seulement la sienne), fut singulièrement énergique et définitive. Dans
son discours au cinéma de Madrid, le 19 mai 1935, José-Antonio remarque « quelques unes des trahisons définitives contre la Nation que nous devons à ces premiers hommes du 14
avril ».
D'abord, le statut de la Catalogne. Nombreux sont ceux parmi vous qui connaissez les idées de la Phalange sur ce sujet. La phalange sait fort bien que l'Espagne est diverse, et
peu lui importe. C'est justement pour cela que l'Espagne a eu, depuis ses origines, vocation à être un empire. L'Espagne est diverse et plurielle, mais ses différents peuples, avec leurs
coutumes, leurs caractéristiques, sont unis irrévocablement en une unité de destin dans l'universel. Peu importe que les liens administratifs se relâchent, mais à une condition : que cette
terre, à laquelle on donne plus de bien être, ait la conscience de l'unité de destin si affermie dans son âme, qu'elle n'aille jamais user de ce bien être pour conspirer contre son unité de
destin.
Or la Constitution (avec le consentement des partis de droite qui nous gouvernent maintenant) est comprise dans le sens de la i concession de l'autonomie à ces peuples qui sont
arrivés à leur maturité, à leur différenciation ; c'est à dire qu'au lieu de prendre des précautions et de se jeter dans les sondages pour voir si l'unité n'est pas en danger, on donne
l'autonomie à ces régions où l'unité a commencé à se briser, pour qu'elles finissent par se briser entièrement.
Que l'on tienne compte que quand José-Antonio dit ceci, il ne spécule pas sur un risque hypothétique. Il parle après qu'en octobre de l'année antérieure, c'est à dire, en
octobre 1934, le Parti Socialiste se fut lancé dans la révolution rouge des Asturies et après que le président de la Généralité, Lhuys Companys, eut proclamé depuis le Palais saint-Georges, la
République indépendante de Catalogne.
José-Antonio une pensée vivante (par Antonio Gibello)


«Plût au Ciel que mon sang soit le dernier sang espagnol versé dans des discordes civiles. Plût au Ciel que je trouve le peuple espagnol en paix ; il est si riche des qualités profondes : la Patrie, le Pain et la Justice. »
Et du soliloque adressé au peloton de la FAI, il reste le
témoignage de ces paroles émouvantes qui résument son élan vital permanent :
« Mon rêve est celui de la Patrie, du Pain et de la Justice pour tous les Espagnols, et
de préférence pour ceux qui ne peuvent gagner les bonnes grâces de la Patrie, parce qu'ils manquent de Pain et de Justice. »
La Patrie, le Pain et la Justice constituent la trilogie des aspirations sur lesquelles José-Antonio édifie toute sa pensée politique, pour un destinataire et un protagoniste
unique : l'Homme.
L'Homme considéré comme porteur de valeurs éternelles, c'est-à-dire, investi de qualités qui
sont consubstantielles à sa nature en tant que créature de Dieu et, par cela même, éternelles et intangibles, supérieures et antérieures à tout droit positif, parce qu'elles appartiennent à la
sphère des droits naturels. José-Antonio synthétise ces valeurs en trois dimensions qui sont : la Dignité, la Liberté et l'Intégrité de la personne humaine.
Il est important de considérer clairement cette valorisation de l'homme pour comprendre le pourquoi de la critique que José-Antonio fait aussi bien du système libéral
capitaliste que du système socialiste. N'oublions pas que José-Antonio, en s'opposant à l'Espagne de son temps, adopte envers elle, une attitude critique, logique et fondamentale. Il essaie
d'analyser intellectuellement un phénomène aussi bien politique, sociologique, économique que scientifique. C'est cet esprit critique qui va éclaircir et définir en ]osé-Antonio les maux qui
tenaillent et immobilisent un peuple qui avait accueilli avec allégresse le changement de la monarchie à la république, et qui avait espéré que ce changement de la monarchie apporterait, en fin
.de compte, la transformation radicale de la vie espagnole toute entière. Le groupe d'intellectuels qui, avec son manifeste, amena la chute de la monarchie et l'avènement de la seconde
république, l'avait poussé à cette joie, à cet espoir. Le manifeste fut signé par Ortéga y Gasset, Perez de Ayala et Maranon. Ils invitèrent les Espagnols à se mobiliser dans l'espoir d'une tâche
collective de renaissance nationale, qui marqua le destin de toute une jeunesse qui refusait de continuer à traîner la vie plate, sans envergure et sans horizon, à laquelle l'avait conduit la
décadence de la monarchie.
Pour comprendre depuis la perspective de notre époque, la pensée et l'ensemble des idées de José-Antonio, il est indispensable de les situer dans l'environnement historique,
social et culturel de leur époque.
D'autre part, ce que nous appelons « doctrine » de José-Antonio ne se limite pas à un programme constitué de définitions et de solutions concrètes, ni à un formulaire
hermétique composé de desseins plus ou moins immédiats.

Il s'agit d'un faisceau de vecteurs qui partent de l'homme, de la conception spirituelle de l'homme, face aux thèses matérialistes du capitalisme libéral et du capitalisme
d'Etat socialiste.
Et, de l'homme, on passe à son environnement le plus proche : la famille, la commune, le syndicat, pour culminer finalement à l'édification de l'Etat. Je parle de vecteurs
d'idées, c'est-à-dire, des axes de direction d'une pensée vivante que l'on peut projeter dans le temps et dans l'espace et, par cela même, d'une pensée dynamique, ouverte et pénétrante dans le
futur, comme des flèches lancées à l'infini.

C'est ce qui explique l'évolution logique et le développement que subirent les idées de José-Antonio, depuis leurs précoces participations dans les virevoltes politiques de
l'union monarchique, jusqu'à leurs mûres réflexions dans les journées déjà révolutionnaires, chargées de dramatisme et de vigueur, des discours prononcés au cours des années 1935 et 1936.
De l'union monarchique aux journées révolutionnaires.
C'est pour cela que j'insiste sur le fait que sa pensée ne serait pas compréhensible, sans la valorisation des événements qui marquent l'histoire agitée des années pendant
lesquelles il lui a été donné de vivre. Années marquées par de dramatiques événements : en 1909, la tragédie de Barranco del Loboa lorsque l'Espagne faisait la guerre en terre marocaine, et
la semaine tragique de Barcelone, conséquence directe de ce revers guerrier; 1917, la grève révolutionnaire suscitée par le parti et le syndicat socialiste UGT (Union General del Trabajo) ;
1921, le désastre de Annual et l'ouverture de l'enquête Picasso qui accusait le roi Alphonse XIII d'être responsable de l'hécatombe et qui aurait conduit donc huit ans plus tôt, à la chute de la
monarchie si le coup d'Etat du général Primo de Rivera, en 1923, ne s'était pas produit dans l'intervalle.
Ce fut précisément la dictature et le traitement ingrat qu'il subit de la part du Roi, qui furent directement à l'origine, de l'amour filial blessé et de l'entrée définitive
dans le tourbillon de l'action politique de José-Antonio. Quand José-Antonio fait irruption avec son discours fondateur de la Phalange espagnole, l'Espagne se trouve alors en campagne électorale.
La deuxième république avait déjà subi de graves crises : d'une part, le feu mis aux églises (en mai 1931) et la désaffection consécutives de ces intellectuels qui, après avoir participé à
son avènement, s'avisent de la trajectoire trompeuse de la république en disant : « ce n'est pas cela, ce n'est pas cela... » et d'autre part, le soulèvement militaire dû
à la politique de démantèlement de l'armée imposée par Manuel Azana. La tragédie de Casas Viejas, véritable insurrection prolétaire contre la république bourgeoise, pompeusement auto-proclamée,
république des « travailleurs de toutes les classes » survient également et de manière non moins significative.
Cette rébellion prolétaire, soutenue par un groupe d'anarchistes, fut étouffée par la brutale et expéditive méthode des « tirs au ventre » ordonnée par
« l'exquis » Manuel Azana lui-même. Cet Azana fut l'un des responsables les plus importants de la guerre civile.
José-Antonio affirme, en analysant la réalité qui l'entoure, (1933 est en Europe l'année où Hitler accède démocratiquement au pouvoir, et où le dixième anniversaire de la
Marche sur Rome voit le triomphe du fascisme italien de Mussolini) :
« Quand nous, hommes de notre génération, nous ouvrons les yeux, nous nous trouvons face à un monde moralement en ruines, un monde scindé par toutes sortes de différences ; et en ce qui nous concerne de près, nous nous trouvons dans une Espagne moralement en ruines, une Espagne divisée par toutes les haines et par tous les antagonismes ».
Le système libéral est responsable de la division de l'Espagne.
Quelles sont dans la pensée de José-Antonio les causes de cette division ?
En premier lieu, la doctrine libérale. La critique que José-Antonio fait du système libéral et de ses conséquences, garde aujourd'hui toute sa fraîcheur. Par le principe du
« laissez faire », du « laissez passer », l'Etat libéral se constitue « en simple spectateur des luttes électorales ». Dans le monde politique tout
cède devant la pratique du suffrage « cette farce des bulletins dans une urne en cristal ». Et dans le domaine économique, il abandonne le devoir de diriger qui lui échoit et
laisse les lois du marché déterminer la marche de l'économie.

Peu importe à l'Etat libéral fondé sur le système des partis politiques, (et nous sommes en train de constater le fait à nouveau en Espagne), que la lutte électorale débouche
irrémédiablement sur une lutte acharnée pour le pouvoir, en utilisant toutes les querelles bruyantes, tous les mensonges, tous les pactes, tous les dessous de table et toutes les tractations, en
marge de la volonté des électeurs et que, comme José-Antonio le déclara, le change en « système le plus ruineux de gaspillage d'énergies ». Peu importe à l'Etat libéral que les
partis « soient pleins d'ordures ». Comme rien ne l'affecte, mais au contraire paraît le réconforter, à savoir que le système capitaliste, version économique du libéralisme,
consente à ce que les lois du marché soient conditionnées et perverties, en les contrôlant, en les manipulant, en les prostituant moyennant la concentration financière et industrielle et
l'oligopole des canaux commerciaux de distribution. Ils ruinent le petit et le moyen chef d'entreprise, le travailleur autonome, le commerçant indépendant et, même les grandes entreprises de
création nationale que l'on voit soumises à la persécution et à la démolition par l'internationale de l'argent complice de ses cipayes intérieurs, souvent installés aux commandes.

Nous ne parlons pas seulement du passé. Cette réalité n'est pas uniquement celle d'hier, comme nous le verrons à présent.
En faisant cette critique du système libéral et capitaliste, José-Antonio ne se contente pas de le dénoncer dans son discours fondateur (considéré par lui-même comme un
prélude), mais il insiste lors de toutes ses interventions et écrits postérieurs, avec une précision et une rigueur intellectuelle croissante.
Dans ses discours à Valladolid (en José-Antonio mars 1934 et en mars 1935), dans la conférence du Cercle de l'Union Commerciale devant un auditoire de personnalités de la vie
économique, dans les deux meetings populaires du cinéma de Madrid en mai et novembre 1935, et finalement dans celle qui devait être sa dernière grande comparution publique dans la capitale de
l'Espagne : le discours du cinéma Europa, prononcé le 2 février 1936 en liaison radiophonique avec le cinéma Padilla, où il définit la position de la phalange avant les élections qui
devaient voir le triomphe du Front Populaire.
Une fois connue, l'impeccable rigueur de l'analyse de José-Antonio et spécialement les événements, et les diagnostics des intellectuels les plus rigoureux de notre époque (et
qui osent encore l'être), on est stupéfait par l'acharnement qui, à nouveau, se manifeste dans la défense et l'exaltation du libéralisme partisan et de l'économie de marché (instrument du
capitalisme international) comme unique débouché pour l'Europe et le monde après l'apparent écroulement du socialisme soviétique ; sans vouloir remarquer par myopie ou intérêt abâtardie,
étranger à l'intérêt des peuples européens et aux principes mêmes de notre culture et de notre civilisation, l'immense échec vécu aujourd'hui avec acuité par le système démocratique partisan et,
plus encore la crise profonde dans laquelle se débat dans le monde entier, l'économie capitaliste dont la perversité essentielle réside dans son injustice distributive.
Comme preuve de cette erreur de perception, je fais part curieusement d'un fait récent qui nous concerne, spécialement nous, Espagnols. Le 7 octobre dernier, dans son
discours devant l'Assemblée française ( significatif sans aucun doute non parce qu'on a mis en avant qu'il était le premier que prononçait un chef d'Etat espagnol, mais, selon mon jugement, il
est significatif parce qu'il exprime la subordination dont souffre l'Espagne, à l'égard de la politique française), le roi Juan Carlos fit ressortir « le rôle décisif des institutions
démocratiques dans l'idée européenne » et évoqua « l'originalité de la période actuelle de notre histoire » par deux remarques : « le renforcement indiscutable et
désormais indiscuté au moins de manière globale et radicale, du système démocratique et en second lieu, par l'existence de la Communauté Européenne ».
[seconde partie ; troisième partie]

Extraits des discours du Maréchal Pétain sur les trusts
« Le travail des Français est la ressource suprême de la Patrie. Il doit être sacré ! Le capitalisme international et le socialisme international qui l'ont exploité et dégradé font également partie de l'avant-guerre...
... Pour notre société dévoyée, l'argent, trop souvent serviteur et instrument du mensonge, était un moyen de domination... »
(Appel du 11 juillet 1940)
« Deux principes essentiels nous guideront : l'économie doit être organisée et contrôlée. La coordination par l'Etat des activités privées doit briser la puissance des trusts et leur pouvoir de corruption... »
(Message du 11 octobre 1940)
« Quant à la puissance des trusts, elle a cherché à s'affirmer, de nouveau, en utilisant pour ses fins particulières, l'institution des comités d'organisation économique... Les grandes sociétés s'y sont arrogé une autorité excessive et un contrôle souvent inadmissible. A la lumière de l'expérience, je corrigerai l'œuvre entreprise et je reprendrai contre un capitalisme égoïste et aveugle la lutte que les Souverains de France ont engagée et gagnée contre la féodalité. J'entends que notre pays soit débarrassé de la tutelle la plus méprisable : celle de l'argent.
La révolution nationale n'est pas encore entrée dans les faits parce qu'entre le peuple et moi s'est dressé le double écran des partisans de l'ancien régime et des serviteurs des trusts ».
(Allocution du 12 août 1941)
INTRODUCTION
Trusts et Révolution Nationale
Après bien d'autres témoignages portés contre les trusts, les discours du Maréchal Pétain sont des documents capitaux, sanctionnés par l'autorité de leur auteur. Dans la nation
française, et particulièrement dans ce qu'on appelle les masses populaires, règne un sentiment très profond auprès duquel ils auront trouvé écho. Dans ce domaine, une transformation affirmée dans
les textes et attendue dans les cœurs constitue un élément essentiel de la Révolution Nationale.
S'il est vrai que toute révolution débute par une prise de conscience, il faut donc se demander ce qu'il faut entendre par « les trusts ». C'est ensuite seulement que
l'on peut porter un jugement, envisager des réformes et des moyens de lutte. C'est ce que nous voudrions faire très brièvement dans cette brochure, en donnant essentiellement quelques éléments
d'information qui permettront, cas échéant, d'apprécier et de soutenir des mesures révolutionnaires.
Les trusts et le règne de l'argent
Quand on parle de lutte contre les trusts, le vocable de « trusts » ne désigne plus en aucune façon l'institution de droit anglo-saxon qu'il a qualifié à
l'origine. Il éveille un complexe de faits qui constituent l'ensemble du régime économique de notre époque. D'abord le règne de l'argent. La richesse à l'époque moderne possède un
caractère particulier : elle peut se traduire à n'importe quel moment en papier qui passe sans effort et sans laisser de traces d'une main à une autre ; le téléphone et le télégraphe
lui font franchir l'espace. Elle disparaît soudain en s'éparpillant dans une infinité de portefeuilles, elle se concentre brusquement dans les comptes d'une banque. Toujours mobilisée, ici elle
se concentre pour frapper, là elle s'évapore pour fuir la responsabilité ou les coups. Par rapport aux hommes, elle a conservé toute sa vertu tentatrice qui s'est parée de l'attrait nouveau de la
discrétion et de la facilité : tout s'achète, tout se vend, c'est le refrain facile du pessimisme. Tous profitent de ces avantages certains, mais tous ont l'intuition plus ou moins confuse
qu'ils entraînent de grandes injustices. C'est le triomphe d'un régime de valeurs fictives, de valeurs de représentation qui détachent la richesse des vrais biens que l'homme peut tenir dans ses
mains ou sentir sous ses pieds, qui sont des choses qui ont une histoire, une odeur, une dureté ou une douceur valables pour les yeux ou pour la peau. La richesse n'a jamais suffi à épanouir
l'homme, même celle des labours profonds ou des forges retentissantes. Mais la richesse moderne plus que toute autre est déshumanisée. Elle engendre la misère des facultés les plus précieuses de
l'homme et la misère tout court ; car des hommes meurent tous les jours de ce règne de l'argent, pas tous... Y échappent les habiles qui se débrouillent dans cet univers abstrait et
compliqué, les forts qui s'accroissent de toutes leurs rapines, les trusts en un mot.
Les trusts et le règne de la grande entreprise
Car le régime des trusts est constitué également dons la mentalité commune par l'existence des grandes entreprises, fruit de ce que l'on appelle en langage d'école, la
concentration économique (1). Ces grandes entreprises se sont constituées petit à petit aux dépens des plus faibles dont elles ont racheté les moyens de production et absorbé la clientèle. Le
chef de petite ou de moyenne entreprise éprouve quotidiennement combien le jeu de la libre concurrence, fondé en théorie sur des notions de liberté et d'égalité, tourne en loi de la jungle. Le
consommateur, sans pouvoir analyser lui-même la part de bienfaits ou de méfaits qu'il recueille dans cet état de choses, accuse finalement les trusts de ses malheurs, en vertu du réflexe aussi
éternel que l'humanité qui dresse les « petits » contre les « gros ».
L'efficacité de la lutte contre les trusts
Si l'on trace, face à ces constatations rudimentaires, l'histoire de la lutte des pouvoirs publics contre les trusts, on est frappé de la pauvreté des moyens de combat
(manifestations verbales mises à part) et des résultats. Il semble même que chez la plupart des gouvernants, « la lutte contre les trusts » ne corresponde à aucune idée arrêtée, à aucun
dessein politique, pas même à un réel jugement de valeur.
Il serait significatif à ce point de vue de comparer la campagne électorale du Front Populaire de 1936, les discours et les programmes des chefs de parti, avec la pauvreté des
réalisations. Pour des motifs militaires touchant aux exigences de la Défense Nationale on a nationalisé quelques très rares entreprises pour le compte du ministère de la Guerre. Pour le
ministère de l'Air la prétendue opération de nationalisation a conduit au renforcement des anciens industriels propriétaires. Ces quelques rarissimes opérations n'ont donné aux trusts que
l'occasion de montrer que – comme nous l'avons vu depuis – ils prendraient en temps et lieu leur revanche. Pour le surplus, la soudaineté des réformes sociales imposées en 1936 a amené
l'effondrement de bien des entreprises moyennes et petites dépourvues des crédits suffisants pour étaler en durée leurs charges nouvelles. En définitive, les trusts ont été les grands
bénéficiaires de 1936.
Des constatations aussi désenchantées conduiraient à se demander si les trusts sont tellement forts qu'il est chimérique de vouloir lutter contre eux, ou bien s'ils sont
tellement nécessaires et tellement bienfaisants qu'il faut les accepter tels quels, ou bien encore s'ils ne constituent pas à proprement parler un mythe. Nous pensons qu'ils ne constituent pas un
mythe, qu'une certaine lutte contre eux est nécessaire et que, quelle que soit leur force, elle est possible. Mais pour pouvoir justifier ces affirmations, il est nécessaire d'examiner d'un peu
plus près lia nature des trusts et de remplacer par des idées claires et précises les vagues notions que recouvre en général le vocable de « trusts ».
Méthode d'exposition : Les trusts comme le problème de structure
Ces deux intuitions du sens commun sur la notion de trust sont exactes. Ce sont bien de grands organismes (grandes entreprises) qui ont pu se créer grâce à la seule force
matérielle (règne de l'argent) qui tranche les différends dans le régime de libre concurrence. Il y aurait bien des manières d'aborder l'étude de leur nature et de leur rôle. Comme les trusts
caractérisent essentiellement une « structure » – de l'organisation économique, pour préciser les questions que l'on peut se poser à leur sujet, il est indispensable de commencer par
définir ce qu'est une « entreprise ». On verra alors sans peine que les trusts se caractérisent dans le cadre des entreprises à la fois par leur grandeur et la manière dont ils sont
gérés.
Notion d'entreprise
D'un point de vue économique, une entreprise se caractérise du double point de vue de l'unité de direction et de l'unité de bénéfice. Toute entreprise comporte d'abord une
direction unique à laquelle tous ses éléments sont subordonnés. Cette unité de direction apparaît facilement dans l'entreprise artisanale qui ne groupe souvent qu'un ou deux ouvriers et un
apprenti sous la direction du maître artisan. Elle est également très sensible quoique moins immédiate dans une gronde affaire industrielle où en remontant par tous les échelons d'une hiérarchie
parfois étendue on trouve une centralisation dans un homme ou dans un organisme unique : directeur général ou conseil d'administration. Cette unité de direction n'a qu'un seul but, en régime
capitaliste tout au moins, le bénéfice. L'entreprise ne peut fonctionner indéfiniment sans faire de bénéfices ; il faut traduire dans un rapprochement, dans une confrontation de tous
les services le résultat global, dont la direction est finalement responsable. Ainsi donc unité de direction, unité de bénéfice sont les deux aspects, l'un sur le plan des moyens, l'autre sur le
plan des résultats, de cette unité organique qui constitue une entreprise et l'oppose aux autres dans la lutte économique.
On peut vérifier l'intérêt de cette définition à propos d'une entreprise de construction automobile, si celle-ci possède des ateliers très différents, des usines très
dispersées, consacrées à la carrosserie, aux moteurs, aux châssis, aux pneumatiques, aux accessoires, aux engins militaires, elle constitue néanmoins une entreprise unique si toutes ces activités
aboutissent finalement à un résultat unique, un seul bénéfice poursuivi sous l'impulsion générale d'une direction unique. L'intérêt de cette définition est d'ailleurs précisément de faire toucher
du doigt l'unité réelle d'un groupe d'installations que l'isolement géographique, la diversité des fonctions, ou l'apparence juridique (nous insisterons longuement sur ce point) pourraient faire
considérer comme doués d'une autonomie propre.
Les formes d'entreprises
Cette définition de l'entreprise est une définition économique s'appuyant sur la réalité essentielle de l'effort économique. Elle permet déjà d'analyser la structure d'un
milieu donné en dénombrant les entreprises, en caractérisant leur complexité ou leur grandeur. Elle n'est pourtant pas suffisante pour définir une structure économique parce qu'elle laisse dans
l'ombre la « forme » de l'entreprise. Qui exerce l'unité de direction ? A quelles personnes sont destinés ces bénéfices qui justifient l'entreprise ? On pose ainsi le problème
des rapports entre les divers facteurs -travail, direction et capital – qui concourent à l'activité de l'entreprise. On soulève alors une question non plus seulement économique, mais également
juridique : les entreprises peuvent se couler dans le moule de différentes formes juridiques. Pratiquement cette question de formes est déterminante pour classer une structure dans le cadre
général du capitalisme; parce que c'est elle qui détermine si ce sont les mêmes personnes qui fournissent à la fois capital, direction et travail (entreprise artisanale) ou bien si ces trois
éléments appartiennent à des personnes séparées (société anonyme), ou bien si capital et direction sont réunis (société en nom collectif), etc... Chacun de ces éléments mérite d'ailleurs une
étude séparée. On peut se demander à qui par exemple appartient le capital, à l'Etat (entreprises publiques), aux consommateurs (formule coopérative), etc... Comme on le voit, l'étude des formes
d'entreprises soulève des questions capitales, dont seule la solution permettra de donner de la description et de la valeur d'une structure une image exacte.
Ces considérations dictent notre plan dans l'étude des trusts comme problème de structure. Il faut d'abord s'appuyer sur la notion d'entreprise et rechercher comment on peut
caractériser les trusts à cet égard. On peut rechercher ensuite quelles formes d'entreprises correspondent aux trusts.
Par rapport à la définition de l'entreprise, les trusts sont tout simplement de grandes entreprises. On peut donc les définir ainsi : ce sont des organisations
complexes qui ont pour objet de faire porter sur des ensembles de plus en plus vastes une unité de direction sanctionnée par une unité de bénéfice. La question capitale qui se pose à leur
sujet est la suivante : sont-ils le résultat d'une évolution nécessaire et inévitable, et en cas de réponse négative faut-il contrecarrer leur développement ? Pourquoi et comment ?
Nous essaierons de donner une réponse à ces questions dans une première partie « La grande entreprise ».
Par rapport aux formes d'entreprises, les trusts se caractérisent essentiellement par une direction qui échappe de plus en plus au contrôle du capital et du travail, par des
répartitions singulières du bénéfice, par une clandestinité générale de leurs opérations essentielles. Ils emploient essentiellement la forme de la société anonyme et de l'entente industrielle,
grâce auxquelles ils échafaudent de vastes structures qui présentent souvent un caractère international. La description de leurs formes fera l'objet de notre seconde partie.
Comme suite naturelle aux deux parties précédentes, une conclusion-critique présentera le jugement que l'on peut porter sur les trusts en fonction d'une économie que l'on
voudrait pénétrée de justice sociale et du respect de la personne humaine.
Le schéma de ce fascicule se présente donc de la manière suivante :
lre partie. Les trusts comme grandes entreprises : leur nécessité et leur valeur.
2e partie. L'organisation des trusts : sociétés anonymes et ententes industrielles.
Conclusion critique.
Remarque générale sur le caractère essentiel des problèmes soulevés
Avant de clore cette introduction, une remarque corrigera ce que la présentation du problème ainsi conçu a d'un peu sec, d'un peu scolaire. Le problème a été présenté sous l'angle d'une question
de structure économique, parce que c'est le plus juste, le plus clair, le plus apte à faire apparaître les perspectives d'une réforme. Mais il faut bien comprendre que ce sont tous les
problèmes économiques de notre époque que l'on met en cause. D'abord la question de savoir si l'économie d'une nation est ou doit être dirigée et vers quelles fins ; ensuite et par voie même
de conséquence la matière des prix, de l'épargne, du crédit, des rapports entre l'économie nationale et l'économie internationale, etc... Il n'y a pas une des difficultés de la science moderne
qui n'ait à être prise en considération en matière de trusts. Nous aurions donc pu écrire, pour éclairer les grands thèmes du débat, un véritable traité d'économie politique en tête de ces
développements. Nous avons préféré les faire apparaître au fur et à mesure du progrès de notre exposition pour ne pas surcharger au départ l'esprit de notre lecteur et lui laisser refaire
intellectuellement l'expérience de tous les réformateurs. Le problème des trusts ne saurait être justiciable de quelques slogans ou de faciles promesses. C'est à la base même de notre société
moderne que l'on s'attaque en en désirant la réforme. Seuls une ténacité indomptable, une prudence poussée jusqu'à la ruse et un idéal sans discussion ni faiblesse, éviteront d'écraser l'homme
sous les énormes rouages et le poids de matière que son génie inventif est venu animer des lois de la pesanteur en attendant celles de l'Amour.
Introduction du livre Les Trusts du professeur Paul Reuter, publiée par les Presses universitaires de France pour l'Ecole nationale des cadres d'Uriage.
(1) Dans la terminologie technique, on distingue les termes « trusts », « cartels », « ententes économiques ». Mais les auteurs discutent sur les définitions.
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